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22/01/2007

Ma journée d'écrivain...

Te voilà donc écrivain…, je trouve cela génial.
Je savais que tu saurais t’occuper d’une manière et d’une autre, mais je dois dire que je suis particulièrement fière de toi et que je te reconnais bien là. T’enrichir (psychiquement, j’entends) en aidant les autres est une qualité que je te connaissais déjà, mais je suis très heureuse de te voir l’appliquer ici.
J’espère que ceci te permet enfin de passer le temps plus agréablement. Au moins, ton nouveau rythme te permet d’avoir des journées plus ressemblantes à celles de l’extérieur, c’est toujours mieux qu’une journée à ne pas bouger.


La journée de l’écrivain :
Pour le moment, je ne peux pas me plaindre, mon emploi d'écrivain a le "pouvoir" de m'occuper et de faire passer le temps.

Le reste de la journée est d'une banalité et d’une monotonie que je vais te décrire.
J'allume la TV vers 6 h 50 (sur France 2) pour avoir la météo et les nouvelles.
A 7 h 10 – 7 h 15, je me lève, je déjeune + toilette + rangement de la cellule et un dernier café : il est 8 h. J'ai oublié de dire que vers 7 h 30, j'ai une première visite qui vient voir si je suis toujours "en vie" et prendre mon courrier et les bons de cantine.
De 8 h à 11 h : écrivain et bibliothèque.
A 11 h : retour en cellule, en général, je commence une lettre jusqu'à 11 h 40, puis repas qui nous est apporté. C'est mangeable, rarement bon, toujours déséquilibré. Je l'améliore avec des légumes frais, du fromage et des laitages (achetés en cantine).
A 12 h 15, promenade d'une heure (s'il ne pleut pas et s'il ne fait pas trop chaud). En fait, il s'agit de "tourner" dans un espace (à l'air libre).
A 13 h 15 – 13 h 30, retour en cellule. En général, le courrier nous est amené vers 13 h 30. Alors, c'est un dernier café (Maxwell, qualité filtre, décaféiné) et il est 14h.
De 14 h à 17 h : bibliothèque et écrivain.



1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie (voir nos précédents échanges : index sur la journée du 14 janvier 2007, sur la journée du 21 janvier : un lexique vous donne quelques définitions de termes qui méritent une explication et/ou un commentaire).
Au fil des jours qui vont suivre, je vous mettrai sur ce blog, le texte de mon bouquin, n’hésitez pas à me mettre des commentaires, vos impressions, posez-moi des questions, il n’y en a pas d’indiscrète…

Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous n’avez pas la patience de le découvrir au fil des jours, vous pouvez l’acquérir en envoyant un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 31 rue des Allemands à 57000 METZ. Pour 13 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4).




A 17 h, retour en cellule, en fait douche + "salon" (discussion entre nous) jusqu'à 17 h 30 : repas du soir (pas mieux qu'à midi), ici, on appelle cela : la gamelle.
Vers 18 h, après la récupération des plateaux et déchets : fermeture "définitive" de la porte jusqu'au lendemain.
Autant te dire tout de suite qu'il vaut mieux ne pas être malade la nuit, il n'y a plus de surveillant à l'étage. Il n'y a que des rondes = toutes les 2 heures (je pense) d'une efficacité qui reste à prouver. Elles n'empêchent pas les suicides…
Pour moi, c'est vaisselle + courrier ou lecture + TV, jusqu’à 22 h 30 ou 24 h, selon les programmes TV.
Pour tout dire, dès que je suis en cellule, j’allume la TV : cela fait une présence.
Chaque soir, vers 19 h, je choisis mon programme de la soirée.
Au niveau lecture, j’ai un peu ralenti : faute de temps (c’est le comble, mais c’est vrai). En effet, je ne peux lire qu’entre midi (si je ne vais pas en promenade, mais la promenade est prioritaire : c’est le seul exercice physique que je fais) ou le soir, mais pas longtemps, car la lumière bien que suffisante, n’est pas terrible (à contre-jour pour lire) ou le week-end.
Comme tu le vois, mes journées sont bien plus « calmes » et « sans surprises » que les vôtres. En fait, quand je me retrouve « seul » en cellule, je ne m’ennuie pas (non plus) parce que j’ai toujours quelque chose à faire et tout s’harmonise sans lassitude. Je suis rarement « inactif »…
Pour être honnête, je te dirai qu’il est vrai que mon nouveau monde (non choisi) m’a bien accueilli.

Je suis « reconnu » de tous et salué par une très grande majorité (même s’ils n’ont jamais fait appel à mes services), on m’appelle « l’écrivain »…
Il est vrai (aussi) que je ne participe pas aux activités « collectives » telles que promenade normale (2 h 30 à 3 h) à 50, dans le même espace que nous à 12 h 15 (nous sommes en principe, une quinzaine de « travailleurs » ou « isolés » = ceux qui ne doivent pas être avec d’autres ou pour leur sécurité) /ou/ sport (2 fois par semaine), ce n’est pas mon truc ; de plus, c’est toujours de là que démarrent les bagarres et problèmes, même si on n’est que témoin, c’est toujours dérangeant /ou/ en activité (salle de 20 m2) une vingtaine de gars, où ils peuvent jouer aux cartes, dames, échecs, fumer, s’engueuler, etc…

Commentaires

RAS. Il est vrai que tu étais bien occupé et surtout bien organisé. J’admire.
Pour moi, ce n’était pas la même chose et l’ennui commençait au réveil pour se terminer quand le sommeil arrivait… c'est-à-dire tard dans le nuit. Donc, rien de captivant, rien de positif, que des prises de tête avec les potes.
D’Alex, le 23/01/07

Écrit par : Alex | 24/01/2007

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