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26.01.2007

« Impressions » d’arrivant…au bout de 6 mois

Aujourd’hui, j’ai envie de faire le point sur les premières sensations que l’on ressent lorsque l’on « tombe » (rentre) en prison, et, en particulier, sur cet environnement nouveau : sensations réfléchies et partagées par plusieurs détenus avec lesquels j’en ai parlé.
Le plus surprenant ce sont toutes les portes, en fait, c’est ce qui choque (traumatise) le plus. Ainsi pour aller du « parloir » à ma cellule, il y a 8 portes (pour 200 m maxi). Pour ceux qui viennent me voir (parloir), il y en a 6 (pour 30 m maxi).
Ici, les portes s’ouvrent électriquement et se referment de même, et il y a donc, chaque fois, un « clac! » retentissant, et comme une 2ème porte ne peut être ouverte si la précédente n’est pas fermée, tu es sans cesse en train d’entendre et d’attendre les « clac ! » d’ouverture et de fermeture. Et toutes ces opérations se font « de visu » par l’opérateur (un surveillant).

Ainsi, quand tu es en cellule, tu vis la circulation dans le couloir au rythme des « clac! ».
Même l’ouverture (manuelle, à clef) des cellules voisines est entendue (bruyamment). Ainsi, tu prévois les « visites » (en fait, tu es très rarement « surpris ») et tu connais les sorties. La nuit, ce sont les seuls bruits que l’on entend, lors des rondes : une toutes les 2 heures ==+ aussi, il vaut mieux ne pas être malade la nuit ou avoir de mauvaises idées… En effet, entre deux rondes, on a tout le temps de mourir… et il y a des suicides...
Outre ce « clac! », le passage de chaque porte ne se fait pas sans difficulté (contrainte), il faut attendre la disponibilité ou le bon vouloir du surveillant qui actionne (de visu), éventuellement se faire connaître à chaque point « stratégique » et dire le motif du déplacement. Puis il y a les blocages (de mouvement) nécessités par des mouvements collectifs (plusieurs étages, ou par étage, pour les promenades ou sport /ou/ par le passage d’un détenu particulièrement protégé, surveillé et en tout cas accompagné /ou/ les prioritaires : les gradés et le personnel « civil » (souvent féminin), travailleurs sociaux, intervenants, personnel d’entreprises extérieures (qui viennent pour des travaux). Bref, cela fait que pour les 8 portes (mon exemple), il faut au moins 5 à 10 minutes pour faire les 200 m. Par expérience, si on voyage beaucoup, comme moi, on sait qu’il faut éviter certaines heures (sport surtout qui provoque six blocages par jour de 10 à 15 minutes…, c’est long en raison du manque d’organisation et d’un minimum de discipline…).
Mais, comme on s’amuse à le dire ici, on a le temps…



1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt

Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie (voir nos précédents échanges : index sur la journée du 14 janvier 2007, sur la journée du 21 janvier : un lexique vous donne quelques définitions de termes qui méritent une explication et/ou un commentaire).

Au fil des jours qui vont suivre, je vous mettrai sur ce blog, le texte de mon bouquin, n’hésitez pas à me mettre des commentaires, vos impressions, posez-moi des questions, il n’y en a pas d’indiscrète…

Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous n’avez pas la patience de le découvrir au fil des jours, vous pouvez l’acquérir en envoyant un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 31 rue des Allemands à 57000 METZ. Pour 13 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4).



Encore une sensation forte, à l’arrivée, mais on ne le comprend que par la suite, et cette fois, en positif.

Et cela est peut-être du à une idée d’architecte.

En effet, en prison, il y a, bien sûr, des barreaux, beaucoup de barreaux, sur chaque ouverture (fenêtres) ou passage (portes), mais ici, ces barreaux sont horizontaux, contrairement à l’image de barreaux verticaux, attachée aux prisons. Cette sensation «inhabituelle » et cette vision « agréable » font que l’impression de prison est un peu estompée. Cela peut te sembler un détail, mais crois-moi, c’est terriblement important pour le moral : le fait de « casser » l’image ancrée dans notre subconscient.
Paradoxalement, le seul endroit où les barreaux sont verticaux, est l’entrée de l’infirmerie… un endroit qui, en théorie, devrait être plus « ouvert » et sécurisant.

Commentaires

Ah oui ! les portes… le clac, l’attente, c’était galère.
Un barreau reste un barreau. A y réfléchir, ce que tu dis sur les barreaux horizontaux, c’est peut-être juste, mais moi, j’avais pas fait la différence.
De Alex, le 27.01.07

Ecrit par : Alex | 27.01.2007

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