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29/01/2007

Ambiance...

Comme tu peux t’en douter, la prison, c’est un monde à part, un peu (beaucoup) hors du temps, hors du lieu, hors des contraintes avec ses moments de rigolade, mais surtout avec ses obligations et l’obligation de supporter ses compagnons de route (d’infortune)…

Mon emploi d’écrivain a l’avantage « certain » de me permettre d’occuper mon temps avec une certaine utilité.
Pour moi, c’est primordial, ne rien faire m’aurait été très pénible et si pendant quatre mois, je n’ai rien fait si ce n’est lire et jouer au tarot, j’en avais l’overdose et si je n’avais pas eu, en plus, à m’occuper de ma défense et de mon procès, je crois bien que j’aurais « pété les plombs » (comme on dit ici). Et, crois-moi, c’est fréquent… et toujours pénible de voir dans quel état « l’incarcération » peut mettre certains individus… et ce, malgré une médicalisation optimum pour 3/4 des détenus (calmant, somnifère, et toutes sortes de saloperies (comme nous, nous disons) qui ont, certes, leur nécessité un certain temps, mais ils sont mal contrôlés et sources de « trafic ». Ici, les mélanges « maison » sont fréquents avec Subutex ou Méthanol, etc…, bref de quoi « exploser » ou pour le moins « s’évader » et si on rajoute à cela la « fumette »… Bref, je suis entré dans un monde que j’ignorais et si on ne le côtoie pas, on ne peut l’imaginer…
Pour dire vrai, ma plus grande tristesse est la séparation de ma famille qui m’est imposée.



1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie (voir nos précédents échanges : index sur la journée du 14 janvier 2007, sur la journée du 21 janvier : un lexique vous donne quelques définitions de termes qui méritent une explication et/ou un commentaire).
Au fil des jours qui vont suivre, je vous mettrai sur ce blog, le texte de mon bouquin, n’hésitez pas à me mettre des commentaires, vos impressions, posez-moi des questions, il n’y en a pas d’indiscrète…

Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous n’avez pas la patience de le découvrir au fil des jours, vous pouvez l’acquérir en envoyant un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 31 rue des Allemands à 57000 METZ. Pour 13 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4).



Pour le côté matériel, je fais partie des privilégiés, je sais m’adapter et le reste est « supportable », surtout que je ne suis pas obligé de participer à des activités « collectives » pour trouver un minimum de relations humaines.

Je passe « au mieux » mon temps, je ne souffre pas trop de la promiscuité imposée et bien réelle.

Pour bon nombre de détenus (et en particulier, pour ceux qui y reviennent et donc qui y ont leurs habitudes), on ne peut pas dire que la prison est un lieu redouté où on se sent brimé. Ce n’est pas le bagne ; certes, la liberté n’existe pas (plus), mais une certaine organisation de vie existe qui fait que l’ambiance n’a rien de très désagréable.
En chaque chose, on recherche ce qui est plaisant, on masque ce qui fâche, on transforme ce qui peut l’être. En fait, on vit dans un monde irréel, faux, artificiel.
Les relations « de prison » n’existent pas. Les promesses faites (à la sortie) sont rarement respectées, les retrouvailles (hors murs) plus que rares.
L’individualisme est de mise, chacun vit pour lui-même et les rapports « vrais » avec l’autre sont rares, les échanges, de même.
Il est vrai que comme écrivain, j’ai été le témoin, le confident d’un certain nombre de détenus. Ont-ils été sincères, je ne sais, je les ai écoutés, j’ai essayé de répondre à leur attente, mais, malgré ma « fonction » et l’aide que j’ai pu apporter à certains, je ne peux pas dire que des relations « suivies » ont pu se créer.
Il y a, il y aura de très rares exceptions, peut-être…

Le lieu n’ayant pas pour vocation d’être agréable, en cela, il réussit, mais l’humain ayant la faculté de s’adapter, il s’adapte à ce cadre rigide et quelque peu hors du commun, en sachant l’apprivoiser, en sachant le transformer… en un lieu de vie… où chacun y trouve ce qu’il y apporte.

Commentaires

Juste quelques lignes pour te dire que je suis à jour de tes notes. Les barreaux horizontaux, c'est une surprise ! Comme vbeaucoup, je les imaginais verticaux. L'adaptation des hommes à leur sort, c'est une chance pour les gens enfermés. Et je ne suis pas surpris que peu de relations perdurent en dehors des murs.

Bonne journée

Le grillon

Écrit par : christian | 29/01/2007

Tu es un fidèle, merci de ton assiduité, ce sont des lecteurs comme toi (qui met ses commentaires) qui me persuade que mon bouquin devrait être lu par TOUS….
Les barreaux, je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite. D’ailleurs, toutes les ouvertures sont horizontales. A Metz, dans les parties communes (couloirs et salles d’activités ou scolaires), il n’y avait pas de véritables fenêtres, mais les murs étaient percés de bandes (sur toute la hauteur) vitrées (ouvrantes ou non) de 10 à 12 cms (on ne pouvait pas y passer la tête, mais un bras facilement). On s’y croyait pas en prison…
En ce qui concerne l’adaptation humaine, j’y ai beaucoup réfléchi, car parfois, vis-à-vis de ma famille, j’avais un peu honte de me trouver « bien » en prison.
De ma réflexion, il ressort qu’un être « équilibré » sait s’adapter… Un exemple : lors de la disparition d’un intime (décès), après une période souvent courte, on reprend le dessus… et la vie continue. Ceux qui n’arrivent pas à reprendre le dessus, dépriment, voir meurent rapidement (je pense aux vieux qui se laissent mourir). Dans la pratique, je me rends compte (et c’est bien) que les difficultés rencontrées sont « dépassées » pour que la vie de tous les jours soit supportable…
Les relations après détention… Je ne me l’explique pas, peut-être notre subconscient rejette-il cette période qui fut désagréable et tout ce qui s’y rattache…
Moi-même, je m’étais dit que je serai meilleur que les autres… Eh bien, après deux ans, je n’ai plus le courage d’écrire à des détenus (anciens dehors ou encore en prison). Et pourtant, je m’étais fait la liste de ceux que je voulais soutenir par mes courriers… Soit j’ai écrit et je n’ai pas eu de réponse (malgré mes timbres), soit il y a eu quelques échanges, puis plus rien, pour certains même, j’ai préparé des lettres que je n’ai pas envoyées… Pourquoi ?????
De Paul Denis à Christian et aux autres… le 29 janvier 2007

Écrit par : Paul Denis | 31/01/2007

Waw, chouette site, grand merci à vous pour votre aide, et je suis 100% d'accord avec vous... Permettez-moi d'insister, oui votre blog est vraiment excellent, il me faut maintenant parcourir le reste de votre blog... J'attends avec impatience la suite !

Écrit par : sodomie | 08/04/2012

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