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21/02/2007

Le personnel... L'affaire

Les questions que tu ne me poses pas, mais qui méritent une réponse…


Le personnel :

Au dessus du surveillant qui côtoie, sans cesse, le détenu, il y a les chefs (gradés) avec qui tu as peu de contact, sauf problème, au dessus des chefs, la direction et les services administratifs que tu ne vois jamais ou presque (comptabilité, courrier, greffe, etc…).
Parlons des surveillants (gardiens), que l’on peut classer dans différentes catégories.
Il y a les « bons », souvent des anciens, pour qui ce n’est pas un métier, mais une vocation. On le sent, ils sont là pour t’aider, et non, pour te faire des misères. En général, ils sont respectés par tous et/ou, en tous cas, ils savent se faire respecter, et ce, sans éclat.
Il y a le surveillant « moyen » (de base) qui fait son boulot comme il ferait un autre boulot. Il ne faut pas trop le solliciter, sa disponibilité ne t’est pas acquise.
Il y a celui qui se fout de tout, aussi bien de toi que de son boulot. S’il n’avait pas les clefs, on pourrait s’en passer.
Il y a les stagiaires (souvent Bac +, mais le niveau requis n’est que le brevet)… Je les plains, ils entrent souvent par hasard ou obligation, dans un monde qui leur est étranger et, par définition, hostile (du moins, le pensent-ils). C’est par eux que tu apprends « ce qui devrait être fait », car, en général, ils respectent les consignes données, à la lettre.
Un seul regret : il faudrait leur faire faire une semaine d’observation, au début, cela leur éviterait une formation « inutile » : plus de 60 % (paraît-il) ne poursuivent pas après leur stage pratique !!!
Les surveillants sont « hommes » ou « femmes ».
En général, si tu respectes l’autre, l’autre te respecte.



1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie (voir nos précédents échanges : index sur la journée du 14 janvier 2007, sur la journée du 21 janvier : un lexique vous donne quelques définitions de termes qui méritent une explication et/ou un commentaire).
Au fil des jours qui vont suivre, je vous mettrai sur ce blog, le texte de mon bouquin, n’hésitez pas à me mettre des commentaires, vos impressions, posez-moi des questions, il n’y en a pas d’indiscrète…

Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous n’avez pas la patience de le découvrir au fil des jours, vous pouvez l’acquérir en envoyant un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 31 rue des Allemands à 57000 METZ. Pour 13 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4).



L’affaire :

C’est ainsi que l’on nomme, la raison pour laquelle tu es là.
C’est souvent un sujet « tabou » qui attire la curiosité, car l’on veut savoir ce que l’on reproche à celui avec qui on parle.
Il y a autant d’affaires qu’il y a de détenus. Chaque cas est particulier.
L’essentiel est de rester « honnête » avec soi-même et avec l’autre. Mentir n’est jamais bon. Un jour ou l’autre, la vérité apparaît et alors, ce peut être le moment des représailles.
Il est sûr qu’il est souvent difficile d’assumer soi-même ce que l’on te reproche, alors le communiquer à d’autres est encore plus « délicat ».
Très souvent, le coupable se dit innocent, c’est la faute d’un autre. En fait, la prison est remplie de beaucoup d’ «innocents-coupables » ou de « coupables-innocents », au choix.
Au demeurant, je pense qu’à part quelques « rejets systématiques » (violeurs, pédophiles principalement), une entente sans a priori est souvent de mise. On ne se préoccupe pas du pourquoi tu es là, mais de qui tu es, et je crois que c’est tant mieux.
Avec le temps, on apprend à se connaître, on choisit ceux de qui on s’entoure, et sans rejeter les autres dont on ne se préoccupe pas. C’est au moins, ce qui devrait être mis en pratique, ce qui n’est pas toujours, hélas, le cas.
Les jeunes étant, en général, assez intolérants envers l’autre…

Inutilité de la prison :

Au lieu d’entretenir une surpopulation, à la réflexion, je suis persuadé que la prison n’est pas toujours la solution la mieux adaptée à « la faute ».
La prison reste un lieu où les « mauvaises » rencontres sont plus fréquentes… que les « bonnes ». On y apprend beaucoup de choses, crois-moi… et pas toujours de bonnes… choses.
Celui qui veut être « initié », peut l’être sans difficulté. C’est plutôt le contraire qui est difficile : ne pas se laisser influencer…
Aussi notre société ne joue-t-elle, peut-être, pas la bonne carte en introduisant en prison des délinquants, certes, mais en fait des « petits » délinquants qui auraient besoin d’un accompagnement socio-familial éducatif, plutôt qu’une répression inadaptée…
Pour s’en convaincre, si c’était nécessaire, il suffit de consulter les statistiques et de calculer le taux de récidivistes…
Pour ma part, je l’évalue à 60 à 70 % … (au moins) ! Les statistiques officielles disent 30 à 50 %.

Aussi, pour mon cas personnel, ce qui me pèse le plus est, assurément, l’inutilité de mon temps, l’inactivité qui me sont imposées, alors que j’ai bien l’impression qu’il y aurait eu moyen de prévoir/trouver, une situation aussi contraignante pour moi, mais qui serait plus utile à la société. Que de gâchis…

Le bracelet :

Les médias parlent beaucoup de ce nouveau mode d’incarcération…
Voyons les chiffres : en 2004, l’aménagement de peines accordé, par les JAP, le plus souvent, est un régime de semi-liberté (6.500), ou le contrôle par bracelet fixe (5.600) – surveillance et autorisation de sortie contrôlées à heure fixe -, ou, depuis peu, le bracelet électronique (GPS) qui suit le détenu-libéré, m par m, minute par minute (1000 aujourd’hui, prévu pour 2007 : 3000). Les libérations conditionnelles arrivent bien après, quelques centaines.
Il est à constater que le nombre de libérés, en fin de peines, sont la majorité. Il est vrai qu’avec le jeu des grâces et remises de peines, le temps prévu est bien réduit - Ainsi, pour moi, sur 58 mois, il aurait pu être de 33 mois. J’en ai fait 34, sans une permission de sortie...
Quand on sait qu’il n’y a que 49.000 places pour plus de 65.000 détenus, que le coût d’un bracelet (GPS) est de 40 €/jour (9 € en Amérique !), un bracelet fixe : 11 €, et qu’une journée de détenu en prison coûte 60 € (de 90 à 120 €, si on compte tout : bâtiment, personnel, coût d’entretien d’un détenu), on est en droit de se dire qu’il est urgent de trouver une solution.
Cela est d’autant plus évident pour tous ceux qui touchent, de près ou de loin, la prison, que la détention n’est pas un lieu idéal pour acquérir une « vraie » réinsertion.
Avec l’économie faite, il serait peut-être judicieux de former de « vrais » éducateurs qui seraient là pour prévenir une certaine délinquance…

Commentaires

les chiffres parlent oui ...
mais l'humanité dans tout ça ??

Écrit par : bernard | 23/02/2007

De l’humain, il n’y en a pas dans la Justice et dans la Prison.
En prison, tu es un numéro… Tout le monde est à la même enseigne. Tu passes inaperçu… pour la majorité. Seuls, sont remarqués… les casse-pieds… et les « trop » bien pour être en prison (c’est leur avis)…
Mais pas celui de la Justice qui, elle, ne tient pas compte de la situation personnelle du délinquant, encore moins de sa famille, et de la situation dans laquelle l’incarcération de l’un d’entre eux, va mettre toute la famille…
J’ai connu des situations plus qu’inquiétantes et qui, bien au-delà du temps de prison, va nuire à ces personnes…
Sois bien persuadé que PERSONNE ne sort indemne d’un temps de prison, quelque peu long (plus de 6 mois, à mon avis). Alors pense à tous ceux qui font une détention préventive (avant d’être jugé) et qui sont reconnus « non » coupables avant même tout jugement… Imagine leur état d’esprit… Comprends leur haine… de cette Justice Inhumaine et Injuste qui condamne avant même tout début de preuve…

De Paul-Denis à Bernard, le 24 février 2007 à 14 heures.

Écrit par : Paul Denis | 24/02/2007

Le personnel

C’est vrai, il y a des « bons », mais je dois dire qu’on se rappelle plus des « pas bons » qui visiblement n’aimaient pas leur boulot.
Il fallait toujours « pleurer » pour obtenir le peu auquel on avait droit… et puis, le respect de leur part, je te dis pas, c’est pas toujours au top, aussi il ne faut pas s’étonner que certains détenus leur faisaient la vie dure… C’est la vie… œil pour œil, dent pour dent…

L’affaire

C’est vrai qu’en prison, comme ailleurs, on aime bien savoir à qui on a « affaire », cela évite des mots de travers et des conflits pour des conneries.
De toutes façons, moi, j’étais toujours sur mes gardes et j’avais peu de potes, mais assez pour rester cool et bien délirer.

De Alex, le 24 février 2007

Écrit par : Alex | 24/02/2007

Inutilité de la prison

C’est dur à dire, mais je crois qu’un peu de prison, ça fait pas de mal à certains, pour d’autres cela ne sert à rien, et ils continuent leur business et reviennent.
Moi, la deuxième fois, ça m’a bien fait réfléchir et je ne suis dit, jamais une autre fois et même si aujourd’hui, c’est dur, je ne craque pas et ne retourne pas dans mes conneries…
C’est vrai qu’il faudrait trouver autre chose qui évite de foutre la vie d’un gars à zéro et qui, en même temps, le punisse pour de bon.

Le bracelet

C’est un fil à la patte. Je ne sais pas si j’aurais aimé, mais je pense que c’est quand même mieux que la prison, car tu restes en famille et tu ne perds pas ton taf, si tu en as un.
Je ne sais pas ce que tu appelles un « vrai » éducateur. J’en ai connu plusieurs et à vrai dire, ils ne m’ont pas tellement aidé à ne pas faire de conneries.

De Alex, le 24 février 2007

Écrit par : Alex | 24/02/2007

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