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30/03/2007

La sortie... il y en a toujours une...

Aujourd’hui, je te transmets le texte d’une fiche que j’ai réalisée et qui est (devrait être) donnée au détenu, un peu pommé, avant sa libération. Cette fiche, agrémentée de dessins, explique et met en avant certains points importants, à ne pas oublier… une fois « dehors »…

Informations recueillies et rédigées par PDG, à la demande de l’Aumônerie catholique du Centre de Détention Régional de Saint-Mihiel. Atention : chiffres et mesures énoncées sont celles en application au 01/12/03.
Les informations recueillies ont été relues et vérifiées par nos différents partenaires, et en particulier, par des Travailleurs sociaux et l’ANPE-ASSEDIC.

La Sortie…. :

Ta sortie est proche, il te faut la préparer

Si tu as une famille.

Tu vas la retrouver, c’est bien.
Tu as un logement qui te recevra, c’est tant mieux.
Tu as un employeur et un travail qui t’attendent, c’est merveilleux.
Il ne me reste plus qu’à te souhaiter « Bon vent »,
mais certains conseils qui vont suivre pourront t’être utiles.

Si tu es seul.

Une fois de plus, il te faudra te prendre en charge pour trouver tout ce dont tu as besoin, certes, il y a des organismes qui peuvent t’y aider, mais ils ne sont là que pour t’assister et, non pour faire tout à ta place.

C’est à toi à te prendre en responsabilité.

Nous allons passer en revue toutes les étapes et obstacles qu’il te faudra franchir.

L’extérieur :

Il est sûr qu’après quelques mois, voire quelques années de détention, la vie « dehors » a changé. Même si tu regardes, régulièrement, les infos et certaines émissions de TV, tu ne peux pas « vivre » l’extérieur, en étant entre quatre murs.
Alors, prudence, commence par observer les changements et essaye de t’y adapter. C’est à toi de « changer », le monde extérieur a, lui, évolué pendant ton absence. Je pense, en particulier, au code de la route, nouveau sens giratoire, nouvelles limitations et contraintes, nouveaux concepts de la vie.
N’oublie pas que c’est à toi de t’adapter, revois le monde d’un œil neuf et sois prêt à le vivre pleinement, sans le critiquer.

Tes « nouvelles » relations avec ta famille tes amis doivent être ressentie dans le même esprit : recevoir et percevoir l’autre, en oubliant le passé, « l’avant » détention.
Toi, tu as changé, eux, aussi.
Ils ont du se passer de toi, pendant un certain temps.
Tu ne peux pas « t’imposer »…
Tu as, certes, ta place, mais, n’oublie pas qu’ils ont eu l’obligation de se passer de toi, pendant ton absence et qu’a priori, cela n’a pas été de leur faute...
Un premier conseil. Si tu as fait un séjour en prison, ce n’est pas écrit sur ton front, alors vis le présent, oublie le passé et redémarre une nouvelle vie.

Tes préoccupations « réelles » et « vitales » se résument en peu de mots : nourriture, boulot, dodo, vie sociale, vie personnelle. Je ne pense pas qu’il y ait un ordre de préférence : tout est important, tout est à prendre en compte, en même temps ou presque.
Voyons tout d’abord :

Le logement :

Ton lieu d’implantation est « vital ». Il peut être imposé par un emploi en vue, mais je pense que cela doit être ta première préoccupation, et dès maintenant, tu peux réfléchir si tu as intérêt à retourner dans « ta » ville, ton quartier.
Il peut y avoir des obstacles : tentation de récidive, regard de l’entourage, mauvais souvenirs.
Ce nouveau départ peut être l’occasion de changer carrément de région, pourquoi ne pas aller à Aix ou à Brest.
Au moins là, tu n’es pas connu, et il sera plus facile de mettre en pratique les « bonnes » résolutions que tu as prises, tout au long de ces longs mois de solitude.
Il ne te sera pas plus difficile de trouver un logement là que dans ta ville où ton passé risque de te rattraper, même si tu as payé ta dette à la société.
C’est, peut-être, l’occasion de t’assurer un « vrai » nouveau départ, dirons-nous quasi « vierge »…
Dans chaque département, il existe des organismes, les mêmes ou d’autres, qui peuvent t’aider à trouver un logement.

Parmi les organismes susceptibles de t’aider à trouver un logement, tu peux t’adresser aux organismes qui possèdent des logements dits sociaux (HLM, OPAC), souvent, tu y es prioritaire.
Certes, ce n’est pas le Pérou, mais tu y trouves un toit (de plus, souvent, il n’est pas demandé de caution (somme à verser, d’avance, pour garantir un ou deux loyers).
Il y a quand même, parfois des listes d’attente, aussi, n’est-il pas superflu de t’y préparer (inscrire) dès maintenant (voir nota A).
Il y a les propriétaires privées (attention, certains bailleurs (propriétaires) demandent un garant (une personne qui assure que tu paieras ton loyer et qui est susceptible de suppléer à tes « oublis » = payer à ta place) qui, parfois, ont des appartements réservés à des cas sociaux (dont tu fais partie, hélas !), qui ont bénéficié d’aide de l’Etat et dont la garantie et la distribution sont assurés par des organismes d’Etat (préfecture) de type GIPDAL.
Si tu as la possibilité de présenter un garant et de payer une caution, tout le parc immobilier français s’offre à toi…
Dans certains régions, certaines associations nationales ou locales, peuvent t’aider à trouver un logement « provisoire », le temps de te retourner et de trouver mieux : en foyer, en maison d’accueil, en appartement indépendant. Je pense à la Communauté d’Emmaüs, au Secours catholique, à certaines aumôneries de prison, à certaines associations (se renseigner auprès de la mairie et de son service social qui peut te fournir les lieux de contacts (voir nota A).
Le problème du logement étant résolu, et je pense que ce problème « vital » peut et doit être réglé, pendant ta fin de détention (voir nota A), il reste à prendre en charge tes moyens de subsistance : le travail et parfois, avant lui, l’octroi de certaines aides.
Les titulaires du RMI peuvent, par l’intermédiaire du Travailleur social qui a instruit leur dossier, obtenir le FSL (Fonds de Solidarité Logement) qui permet :
D’assurer la caution (remboursable par l’intéressé), payer le 1er loyer, parfois, la première année d’assurance habitation et qui fonctionne pour l’achat de mobilier et d’appareils électroménagers (dans ce cas, c’est une aide non remboursable). Nota. : les moins de 30 ans n’ont pas droit au FSL.

Nota A : N’oublie pas que ton travailleur social - CIP (Conseiller d’Insertion et de Probation) peut t’aider dans cette démarche, notamment en te trouvant les « bonnes » adresses, vois également avec l’écrivain qui a, peut-être, une lettre-type qui pourrait t’aider à rédiger ta propre lettre de motivation.



1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie (voir nos précédents échanges : index sur la journée du 14 janvier 2007, sur la journée du 21 janvier : un lexique vous donne quelques définitions de termes qui méritent une explication et/ou un commentaire).
Au fil des jours qui vont suivre, je vous mettrai sur ce blog, le texte de mon bouquin, n’hésitez pas à me mettre des commentaires, vos impressions, posez-moi des questions, il n’y en a pas d’indiscrète…

Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous n’avez pas la patience de le découvrir au fil des jours, vous pouvez l’acquérir en envoyant un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 31 rue des Allemands à 57000 METZ. Pour 13 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4).



Certaines aides financières :


Les aides, susceptibles de t’être versées, varient selon ta situation (durée de détention) et ton âge.
Si ta détention a duré plus de 36 mois (3 ans), tu « perds » tous tes « droits acquis » ASSEDIC, « droits » acquis par un travail et cotisations antérieures à ta détention.
Si tu as moins de 26 ans (et moins de 36 mois de détention et des « droits acquis »), tu peux bénéficier de l’ARE (Aide au Retour à l’Emploi), comme tout chômeur.
Prévoir inscription ANPE + ASSEDIC et production de feuilles jaunes (attestation d’emploi de ton (tes) employeur(s)) sur trois dernières années d’activité salariée).
Si tu as moins de 26 ans (et une détention supérieure à 2 mois) et pas de « droits acquis », tu as droit à aucune aide sauf l’AI (Allocation d’Insertion), soit 282,30 €, pendant six mois (renouvelable une fois).
Quelque soit ton âge, si tu as travaillé, pendant plus de 5 ans, en 10 ans, mais moins de 36 mois de détention, tu peux bénéficier de l’ASS (Allocation Spécifique de Solidarité) qui équivaut à peu près au RMI (Revenu Minimum d’Insertion), soit 411,70 €.
Si tu as plus de 50 ans et moins de 60 ans, tu peux prétendre à l’ARE (voir ci-dessus), à l’AI (voir ci-dessus), à l’ASS (voir ci-dessus), mais si tu as plus de 36 mois de détention, tu as perdu tous tes « droits acquis » et donc, il ne te reste plus qu’une possibilité, le RMI (362,30 €, pour une personne seule - sans charge de famille + éventuellement, une aide au logement de 49,40 €).
Pour permettre à tout un chacun d’avoir un « minimum », il est prévu de créer un RMA (Revenu Minimum d’Activité) qui viendrait en complément, d’un autre revenu ou allocation. Attendons sa mise en place, pour en savoir plus.

Si tu bénéficiais, avant ta mise en détention de l’AAH (Allocation Adulte Handicapé), tu devrais en bénéficier, au taux plein, dès ta libération. Pour éviter tout retard, prévenir la CAF (Caisse d’Allocation Familiales) d’accueil, et ta actuelle CAF (lieu de détention), de ta date de libération prévisible, et ce, deux mois à l’avance.

Pour obtenir le RMI :

Il faut, tout d’abord, t’inscrire à l’ANPE + ASSEDIC = une seule inscription à faire auprès de ton ASSEDIC (de résidence = où tu habites).
Tu peux « demander » le RMI (Revenu Minimum d’Insertion) que si tu as été « refusé » par les ASSEDIC (pas d’indemnisation, prévue par les textes, cf ci-dessus). Nota : ton inscription à l’ANPE + ASSEDIC peut se faire, quelques mois avant ta « sortie » = remplir le formulaire intitulé « Inscription comme demandeur d’emploi », disponible auprès de ton travailleur social (CIP = Conseiller d’Insertion et de Probation) - Tu dois fournir : pièce d’identité ou titre de séjour (avec autorisation de travail) pour les étrangers + copie de ta carte de Sécurité sociale et attestation(s) d’employeur(s) (feuilles jaunes) des 13 derniers mois (voir les 5 dernières années) et un RIB ou RIP (Relevé d’Identité Bancaire ou Postal) + bulletin de sortie du Centre de détention.
Tu dois « passer » par le CMS (Centre Medico Social) et ton AS (Assistante Sociale) ou par le CCAS (Centre Communal d’Action Sociale) de ta mairie de résidence.
Ceci n’est possible que lors de ta sortie, une fois dehors, mais cela se prépare, ici = collecter les pièces ci-dessus, y compris un certificat de non-imposition à l’IR (Impôt sur le Revenu).

Rappel : même si tu n’es pas « imposable », en raison de tes faibles revenus (voire nuls), tu as intérêt (voire l’obligation) de faire une « déclaration de revenus » (en février, de chaque année). Nota : il n’est pas trop tard pour faire les déclarations non faites.

Tout ce qui précède concerne les aides que tu peux obtenir si tu ne travailles pas.

A la recherche d’un travail :


Il est bien clair que ton objectif doit être de travailler dans un secteur où tu t’y trouveras bien, ce sera un gage de bonne réinsertion.
Pour t’y aider, l’Etat est susceptible d’aider ton futur employeur s’il t’emploie, sous certaines conditions, à savoir, tu peux :
. Souscrire un CDD (Contrat à Durée Déterminée) ou un CDI (Contrat à Durée Indéterminée) = l’idéal.
. Commencer un apprentissage (de 1 ou 2 ans), si tu as moins de 26 ans (formation + travail).
. Conclure un contrat de qualification (1 ou 2 ans), si tu as moins de 26 ans (formation + travail - mieux rémunéré que l’apprentissage, moins aidé par l’Etat, plus facile à obtenir par l’employeur).
. Faire un CES (Contrat Emploi Solidarité) de 3 à 12 mois, avec une collectivité de droit public (mairie, administration, école), ou, autres associations. La durée du travail est de 20 heures/semaine, avec une rémunération égale au SMIC (Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance), au prorata des heures faites. C’est souvent un bon départ pour une reprise du travail, mais la rémunération ne permet pas de « vivre » ! C’est ce qui t’est proposé, lors d’un « chantier extérieur », mais là, tu es, encore, pris en charge par l’administration pénitentiaire qui t’assure le gîte et le couvert…
. Faire un CIE (Contrat Initiative Emploi), en CDD (entre 12 et 24 mois) ou en CDI, avec tout employeur affilié à l’UNEDIC, c’est à dire toute entreprise sauf tout ce qui est administratif ou para-administratif. La durée de travail est de 35 heures/semaine, avec une rémunération conforme à la convention collective (avec comme minimum le SMIC). Le CIE peut être à temps partiel (attention : il faut plus de 120 heures de travail, pour bénéficier des prestations sociales et/ou droits ASSEDIC futurs).
Tu as tout intérêt, à prévoir et préparer, ici, dès que possible, un CV (Curriculum Vitae) qui résumera, ton état-civil, ta formation, ton parcours professionnel, et tes projets et souhaits.

Ton travailleur social et/ou l’écrivain peuvent t’aider dans sa rédaction.
Tout ce qui précède, bien sûr, n’est qu’un résumé « simplifié » des différentes possibilités, en matière d’aides financières et de recherche d’un emploi. Selon ton cas « personnel », ton travailleur social pourra « affiner » ce qui précède. De plus, sais-tu que très régulièrement (chaque mois ou presque), un Conseiller d’emploi de l’ANPE de Commercy (et particulièrement chargé de « l’Accueil spécifique « Ancien détenu » (accueil qui existe dans de nombreux centres ANPE)) vient nous informer (s’inscrire auprès de ton CIP) en information collective et en entretien individuel.

RAPPEL : Il te faut être inscrit à l’ANPE + ASSEDIC pour bénéficier de la quasi-totalité des aides et, surtout, des soins médicaux « gratuits », pendant une année, pour toi et tes ayants-droits (épouse et enfants), après ta « sortie » de détention.

Avant de te « lancer » dans la recherche d’un emploi, tu peux, dès maintenant, et, au plus tard, dans tes six derniers mois de détention, préparer cette étape, essentielle de ta réinsertion « réussie ».
. Avec les ASSEDIC, tu peux conclure un PARE (Plan d’Aide au Retour à l’Emploi) = suivi individuel régulier et personnalisé et des allocations qui ne diminuent pas...
. Avec la SIGES (et en accord avec ton CIP), tu peux « faire un bilan de compétences » qui te permettra de bien « cibler » tes aptitudes, tes centres d’intérêt et tes compétences intellectuelles et professionnelles pour tel ou tel métier (s’inscrire auprès de la SIGES Formation).

Je ne voudrais pas terminer ce propos sur le « travail » sans te rappeler qu’il existe une autre possibilité pour vivre de son travail, c’est « en créant ton entreprise ».

Quelques rappels :

Carte d’identité : Quand tu es arrivé en prison, t’a été retenue ta carte d’identité. Si elle est « périmée », tu as tout intérêt à prévoir son renouvellement deux mois avant la date présumée de ta sortie. Pièces à fournir : acte de naissance + 2 photos d’identité + 2 enveloppes timbrées + justificatif de domicile + 1 formulaire à remplir.
Ton CIP et/ou l’écrivain peuvent t’aider dans cette démarche.

Tu es prioritaire, dans de nombreuses démarches, auprès de l’ANPE (voir le Conseiller d’emploi, chargé de l’accueil spécifique « ancien détenu »), auprès des organismes sociaux (HLM pour le logement, CAF pour le RMI).

Vie Sociale :

Comme déjà dit, l’extérieur ne t’a pas attendu, peut-être, il ne t’attend pas du tout, c’est donc à toi de faire en sorte qu’il te reçoive dans les meilleures conditions.
Pour ce faire, de nombreuses associations (spécialisées en réinsertion) ou autres (ouvertes à tous) sont susceptibles de t’aider à faire ce pas social, à rencontrer du monde.
Le pire est de te « retrancher » dans ton chez soi = boulot + dodo = point final.
Il faut vivre, et vivre, c’est communiquer.
Donc, je te conseille, selon tes goûts et tes capacités, de participer à des activités « collectives » sportives et/ou culturelles auprès d’associations proches de ton domicile.
La mairie pourra te renseigner sur ce qui existe dans ton secteur et t’indiquer des contacts.
Un conseil : ne pas crier sur les toits d’où tu sors, mais, ne pas le cacher, non plus.
L’honnêteté et la franchise, en la matière, sont payantes.
De toutes les façons, un jour ou l’autre, cela se saura, alors autant prendre les devants (avec les formes) et faire en sorte que le passé reste le passé et que l’on sache que tu es « volontaire » pour repartir sur de « nouvelles bases »…

Vie Personnelle :

Je ne t’en parlerai pas, c’est ton affaire, tes choix, mais…
N’oublie pas que l’homme est fait pour vivre en harmonie avec ses semblables, en se respectant soi-même et en respectant les autres.

N’oublie pas qu’une « sortie », cela se prépare, si tu ne veux pas aller au casse-pipe… et si tu veux réussir ta réinsertion, c’est à dire ton retour à la vie de tous les jours.

Informations recueillies et rédigées par PDG, à la demande de l’Aumônerie catholique du Centre de Détention Régional de Saint-Mihiel. Atention : chiffres et mesures énoncées sont celles en application au 01/12/03.
Les informations recueillies ont été relues et vérifiées par nos différents partenaires, et en particulier, par des Travailleurs sociaux et l’ANPE-ASSEDIC.

Commentaires

pourquoi publier ces notes la nuit ??
que craigniez vous ??
et merde ..il faut assumer

Écrit par : bernard | 30/03/2007

Bonjour,
Je voulais revenir sur votre histoire. Pourquoi ne pas essayer de contacter l'association le courrier de bovet pour voir si eux peuvent vous aider à publier votre histoire ? Où rencontrer des personnes qui suivent des détenus par courrier afin que vous leur racontez lors de réunions votre vécu de "détenu" cela peut etre un début. Connaissez vous le courrier de bovet ? Des bénévoles s'engagent a entretenir une correspondance avec des détenus durant toute leur incarcération.
bon courage tout de même -

Écrit par : barberoussebis | 30/03/2007

Une bonne réinsertion,la peine accomplie devrait se faire naturellement,après un travail de fond pendant l'incarsération ,afin que ce ne soit pas une nouvelle rechute !

Écrit par : ventdamont | 30/03/2007

Assumer… bien sur… Je viens seulement de comprendre ton commentaire, Bernard.
Voilà comment je procède : comme vous le savez, mon bouquin est écrit et j’en ai fait une pré-édition « papier », donc tous mes textes sont déjà en informatique, et je ne fais que du copier-coller.
Donc, une fois par semaine, je « prépare » les textes à publier, et je programme la mise en page, au jour dit… Si c’est fait la nuit, c’est pour « aider » la mise à jour « automatique » (je pense) de Blogs50… et donc éviter l’encombrement du à ceux qui agissent « en direct »… sur l’actualité.
De plus, je me suis rendu compte que « mes » visiteurs sont souvent matinaux…
Je ne crains rien du tout, j’assume et je n’ai pas honte de moi-même, pas plus que du motif qui m’a envoyé en prison…
Je ne ressens aucune honte à parler de cette période (ce qui n’est pas le cas de certains membres de ma famille.. !).
Je ne ressens aucune rancœur…
Actuellement, je milite dans plusieurs associations pour que cela bouge… et que les conditions de détention s’améliorent… pour tous…

De Paul Denis à Bernard, le 31 mars 2007 à 14 h 40

Écrit par : Paul Denis | 31/03/2007

Vous l’avez compris, mes écrits sont destinés à ceux que la prison intéresse : les familles, et tous les accueillants, ainsi que les professionnels curieux…
Je connais « Le courrier de Bovet »… il font un travail admirable… ils sont formidables… ils sont plus qu’utiles… Comme je vous l’ai déjà expliqué… Le courrier, une simple carte reçue d’un proche et même d’un inconnu est la preuve que l’on existe encore, que l’on n’est pas oublié… Ces écrits sont lus (déchiffrés parfois), relus sans cesse…
Moi, j’étais privilégié, j’avais une trentaine de correspondants réguliers (minimum un aller-retour par mois), donc je n’attendais plus le courrier, j’étais surpris quand je n’en recevais pas… mais, une fois de plus, j’étais un privilégié… Par le courrier j’étais « dehors », sans ce courrier, ce livre n’aurait pas vu le jour… Tous ces écrits, lorsque j’ai pu les dactylographier (en prison), mes correspondants les ont eus. Ma fille qui prenait sur son jour de congé pour venir me voir… m’écrivait une, deux, trois fois par semaine (elle m’avait promis, tous les jours !).
Vous comprenez que pour moi, ce que font ces bénévoles me semble admirable, peut-être qu’un jour, je les rejoindrais… mais je reconnais qu’écrire à quelqu’un que je ne connais pas, n’est pas ce que je préfère… Ainsi, en ce moment, j’écris un peu dans l’inconnu… Quand je faisais mes chroniques et courriers, en prison, j’imaginais les questions qu’allaient se poser mes destinataires et j’écrivais en conséquence.. Vous comprenez, et souvent j’adaptais mon « texte de base » au destinataire, cette remarque est très vrai, surtout les 15 premiers mois de ma détention, quand je n’avais pas d’ordinateur à ma disposition, et lorsque je recopiais et adaptais mon « tronc commun ».
Pour compléter votre information… Aujourd’hui, je fais partie d’une association qui s’occupe de l’Accueil des Familles (qui vont au parloir), j’apprécie beaucoup cette rencontre et je m’efforce de les aider. Mon bouquin est à la disposition de ceux qui le veulent (accueillants et visiteurs)… Je participe aussi aux travaux de l’O.I.P. (Observatoire International des Prisons) et de la Ligue des Droits de l’Homme, ainsi qu’au Groupe Mialet-Lorraine qui milite et dont le ligne de conduite est « ensemble pour une autre Justice »… Vous voyez que je suis bien occupé… et cela me plaît bien…

De Paul Denis à Barberoussebis, le 31 mars 2007 à 14 h 30

Écrit par : Paul Denis | 31/03/2007

Pour une peine courte… la prison, c’est du gardiennage… Pendant un temps, on a rejeté l’indésirable…
Pour une peine d’une année… un programme de réinsertion devrait être obligatoire… et s’il n’y a pas d’effort de réinsertion… pas de remise de peines… donc 12 mois = 12 mois, pas 9…
Sans cette contrainte (peut-être la première que cet individu connaîtrait), il ne sera pas possible de mettre en place des actions de réinsertion… Le plus dur, comme toujours, est de commencer, de se jeter à l’eau… Et puis, il y a les copains… qui ricanent… Une fois en formation, tout se passe bien… Et puis, si c’est pour quelques mois de moins, on ferait l’effort…
De Paul Denis à Ventdamont, le 31 mars 2007 à 14 h 50

Écrit par : Paul Denis | 31/03/2007

bonsoir,
merci encore pour vos réponses. En effet, vous avez un emploi du temps assez chargé. Et vous mettez vos expériences de détenu au service d'association. Moi, je suis adhérente depuis plus d'un an au courrier de bovet, j'écris depuis plus d'un an à un détenu qui était mon petit ami avant l'incarcération. Mais je coince pour aller le voir au parloir. Difficile pour moi je n'arrive pas à aller l'affronter dans cet univers carcéral. Que pouvez-vous me conseiller ? On s'écrit régulièrement - IL se trouve en MA et attend son procès. Dans ses courriers il y a des hauts et des bas. Et en ce moment ce sont plutot des bas. Il espace de plus en plus ses réponses dans mes courriers. Que faire ? Le seul lien pour nous est le courrier malheureusement.

Écrit par : barberoussebis | 31/03/2007

Surprenant votre attitude… Pourquoi se cacher sous l’étiquette du Courrier de Bovet, ne serait-il pas plus simple de lui écrire sous votre propre nom ???
Je comprends mal ce besoin d’anonymat, vis-à-vis de celui que vous aimez, avez aimé… Je ne sais comment circule les courriers, mais j’avais cru comprendre que les correspondants du Courrier de Bovet devait « garder une certaine distance » et par nécessité, pas entretenir des relations trop affectives… sans pour cela… être trop impersonnel… d’où la difficulté évoquée par moi, dans ma précédente réponse à vous-même…
Je comprends mal, également, votre réticence à « l’affronter » (quel affreux mot, trop combatif à mon goût).
Soit, il est quelque chose pour vous, et il vous faut lui marquer votre attachement par votre venue… Soit il vous est indifférent, alors pourquoi iriez-vous ?
Vous savez le parloir est une épreuve pour le détenu… Il redoute le parloir, tout en le désirant… C’est un moment riche en émotion qui arrache le détenu de son train-train sans vie, sans émotion, sans sentiment… et qui le jette, pour quelques minutes, dans son passé affectif et familial. Essayez d’y aller, une fois que vous aurez pris votre décision, comme si vous alliez voir un malade à l’hôpital…, ignorant l’environnement…, ignorant les autres, ne vous occupant que de celui que vous venez visiter. Pour la première visite, ne serait-il pas possible que vous accompagniez un membre de sa famille, ce qui vous permettrait d’éviter le face à face, à deux, ue vous semblez redouter…
Le courrier est un lien très important… je le considère plus efficace pour aider un détenu que le parloir… une lettre se pense, se relit… au parloir, des mots peuvent échapper et choquer…
Vous savez, même le plus « fort » est mal dans ses baskets… tant qu’il n’est pas jugé… Même si on sait que l’on sera condamné… on espère toujours l’inespérable… et, le jugement et la condamnation apportent un réel soulagement, quelqu’en soit l’issue… On est mieux dans sa tête et tout devient supportable… Soyez patiente, autant que lui, l’est… Restez optimiste… ne rentrez pas dans son jeu… Pas de déprime, elle n’apporte rien de positif…
De Paul Denis à Barberoussebis, le 31 mars 2007 à 23 h 20

Écrit par : Paul Denis | 31/03/2007

bonjour,
Je reviens sur ma correspondance avec ce détenu. Je ne lui écris pas sous couvert du courrier de bovet (en anonyme). Mais sur ma propre identité. Seulement, à la suite de son incarceration j'ai eu besoin de comprendre le milieu carcéral et je cherchais des associations qui parlaient du milieu carcéral et le courrier de bovet m'a semblait le plus approprié. J'ai acheté beaucoup de livres aussi que je lis et dévore. car pour moi c'était l'inconnu. Et, je dois dire que ça m'a beaucoup aidé et ça m'a permis de rester son amie son porter aucun jugement sur ce qu'il a fait. Je fais abstraction de tout ça. Mais c'est sur que le courrier pour un détenu est important c'est également mon avis. Mais, je trouve que depuis sa confrontation avec la victime ses courriers sont espacés de plus en plus. J'ai écris 3 lettres et elles sont restées sans réponse ? Je n'insiste pas -

Écrit par : barberoussebis | 01/04/2007

Oui, il faut insister…
Je comprends mieux et j’avais mal interprété votre attitude de réserve…

Bravo pour votre recherche, si vous avez trouvé des ouvrages qui parlent de la prison, vue par d’anciens détenus, ca m’intéresse… pas les VIP…

Si vous voulez rester son ami, vous devez continuer à lui écrire, même s’il ne répond pas… il répondra, c’est certain… Laissez-le couver son amertume, ce sont les regrets qui font de l’effet. Si vous arrêtez de lui écrire, il va se croire rejeter… même par vous…. Ce qui n’est pas ce que vous souhaitez, je pense… Je ne suis pas psy, mais j’ai connu ses moments d’angoisse… il lui faut refaire ses repères et vous en êtes un… Donc, écrivez-lui, sans lui faire de reproches, mais réclamez, gentiment, des nouvelles, en joignant un timbre (au cas où tu n’en aurais plus..)

De Paul Denis à Barberoussebis, le 3 mars 2007 à 8 h

Écrit par : Paul Denis | 03/04/2007

Merci encore pour votre réponse. Pour les livres, j'ai lu l'affaire dills, laurent jacqua, deux livres écrits par badinter, la prison vue de l'intérieur, le calvaire des innocents (affaire d'outreau), femmes de détenus, y a t il un vie après la prison, les affaires judiciaires, fraternité à perpète, les aveux d'un juge d'instruction, etc...

Écrit par : barberoussebis | 03/04/2007

Plus curieuse que moi,… vous êtes… et je vous admire… Par curiosité et parce qu’on en a tellement parlé, j’ai lu Dills, Le Floc Pregent, Doc Vasseur, ils m’ont tous les 3 décu… : Dills a déformé la vérité, Vasseur n’a cherché que le scandale, Loic le Floch Pregent est un VIP et sa détention n’a rien à voir avec nous… Je crois que Laurent Jacqua (sidéen, il me semble) a un blog sur le site du NouvelObs. De qui est « La prison, vue de l’intérieur » des surveillants ? un aumônier ?

De Paul Denis à Barberoussebis, le 3 mars 2007 à 19 h 40

Écrit par : Paul Denis | 03/04/2007

le calvaire des innocents une justice injuste est de pierre rancé - la prison vue de l'intérieur - oui des psy, aumoniers, surveillants, directeurs, etc... albin michel preface patrick chamoiseau - J'ai beaucoup aimé ce livre car les explications et indications son bien expliquées et nous de l'extérieur on comprend mieux le fonctionnement de l'univers carcéral - IL y a aussi pauvreté en prison et perpétuité de anne marie marchetti - la vie ordinaires des assises de marie pierre courtellemont - je termine là chronique de mon erreur judiciaire de alain marécaux (huissier dans l'affaire outreau) et que dieu ait pitié de nous de dominique weil (pretre de l'affaire outreau). Par contre, j'ai lu également les deux livre de vasseur (sur la prison et les hopitaux) je les ai trouvés tres réalistes. C'est sur que ça a fait de scandale dans le sens où ce qu'elle décrit est bien la vérité sur l'état desastreux des prisons et des hopitaux. Oui, je suis allée sur le blog de Jacqua et j'ai lu son livre. La seule critique que j'ai à faire c'est qu'il a aggravé son cas avec toutes ses évasions. Il a rien fait pour se faire un peu oublier - IL a était plus dans la provoc. Sa femme donne des interviews sur le nouvel observateur. Le milieu carcéral me passionne énormément.
Pour vous faire une parenthèse, j'ai eu des nouvelles de mon ami détenu, il me demande de ne plus lui écrire que je reprenne ma liberté car l'attente pour lui du courrier l'angoisse. IL me donne rendez vous dans 10 ans à sa sortie voilà ses paroles sur son courrier d'hier. Je vais respecter son choix mais je pense que lui fera le premier pas pour m'écrire à nouveau. J'ai senti que depuis février il n'était pas bien (confrontation avec la victime) à travers le peu de courrier que je recevais et hier la confirmation est tombée. La déprime pour lui et il s'autodetruit en se punissant. Qu'en pensez vous ?

Écrit par : barberoussebis | 04/04/2007

Ne vous découragez pas…
Merci pour les infos données sur la littérature carcérale.
A propos de votre ami, certes, il faut respecter son choix… mais ne désespérez pas d’un retour… cependant, je ne pense pas qu’il en sera à l’origine. A votre place, je profiterais de quelques occasions majeures (fête, anniversaire, autre évènement qui a marqué votre vie, ensemble) pour lui envoyer une petite carte…
C’est sur, il s’autodétruit et c’est pas l’idéal… Dire qu’il se punit est un peu fort, je n’ai jamais ressenti ce sentiment chez d’autres détenus. C’est plutôt un sentiment d’impuissance à répondre à votre attente… et une peur que vous le quittiez, il préfère que la rupture vienne de lui… C’est pou cela que l’arrivée de votre courrier l’angoissait… il craignait un rejet… Il est déjà rejeté par la société… alors, cela lui suffit…
Aussi, dans un premier temps, vous pouvez lui dire que cela vous fait du bien, à vous, de lui écrire…et que vous ne comprenez pas pourquoi il veut vous rejeter… Vous verrez sa réaction, s’il y a un envoi/retour de sa part.
Voilà mon sentiment… A vous de voir ce qu’il y a lieu de décider et de faire…
De Paul Denis à Barberoussebis, le 4 mars 2007 à 20 h

Écrit par : Paul Denis | 04/04/2007

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