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16/05/2007

4. Interrogatoires pendant "la Garde à vue"


Reprenons notre investigation…


Donc, la police fait son enquête, en souterrain. A ce moment là, il me semble « évident » que l’enquêteur en sait plus que toi sur toi-même et il s’est déjà fait son cinéma, son intime-conviction.
Il te convoque donc (toi, le coupable), te met en examen et si cela doit durer (plus que quelques heures) avec l’accord du procureur, il te met en « garde à vue »… et tu subis les conditions matérielles invoquées précédemment. Voilà une des raisons pour laquelle ta présence, en hôtel de police, peut contenir trois nuits, puisque le décompte ne se fait qu’à partir de la « mise en garde à vue », et se termine que lors de la décision de ta libération, sous contrôle judiciaire, ou, de ta présentation au juge d’instruction.

Interrogatoires : Méthodes

Ce dont je ne vous ai pas encore parlé, c’est que la procédure « garde à vue » et ses antécédents et suivants, peuvent être faits par la police, mais aussi, par la gendarmerie. A priori, il n’y a pas de concurrence, chaque corps ayant son territoire… Certes, dans les grandes villes, comme à Metz, nous avons droit aux deux… Pour ma part, je n’ai jamais été en « garde à vue » chez les gendarmes, mais il paraît que c’est aussi « crade », si ce n’est plus. Par contre, j’y ai déjà été interrogé.
En effet, il faut vous dire que ce sont des lieux que je connais « bien », car, dans le cadre de mes fonctions, j’ai « souvent » été amené à « témoigner », à « confirmer » les déclarations d’un de mes clients... Donc, ces « espaces » ne me sont pas inconnus, et ce, d’autant plus qu’avec l’expérience, tu te rodes à ce type d’interrogatoires quelque peu spéciaux.
Pour en revenir à la « gendarmerie », je vous dirai que je la connais peu, mais, elle m’a laissé une mauvaise image de ce qui doit (devrait) être fait. Chaque fois que j’y suis allé, toujours pour les autres, en fait, on ne m’interrogeait pas, « on » voulait que je donne mon accord sur des déclarations « pré-écrites ». Certes, elles n’étaient pas écrites avant mon arrivée, mais « ils » auraient voulu que je déclare ce qu’ils voulaient, dans leur charabia, peu compréhensible pour moi ou pour le moins qui ne correspondait pas à ce que j’avais envie de dire. Et, je me souviens bien qu’à plusieurs reprises, il m’est arrivé d’être obligé de dire : « ce n’est pas ce que je vous ai dit, veuillez rectifier ». Ce qui était fait avec mauvaise grâce et souvent avec des menaces du style : « Si vous ne dites pas ce que l’on veut, on va vous garder (ce qui n’est pas possible), ce sera plus long (ce qui est vrai), nous, on a le temps, nous, on sait, etc… ». Et de plus, ce qui est pénible, c’est que toi, tu es seul, eux, ils sont plusieurs et se relayent, ils prennent leur temps… Le temps joue pour eux et sur tes nerfs… et il faut mieux ne rien prévoir quand tu vas à un tel rendez-vous… car autrement, tu t’énerves et tu as tendance à accepter n’importe quel terme et, en tout cas, certaines explications des faits, de leurs dires que tu n’avais pas « vus » de cette façon-là. En effet, ces « dépositions » se passent toujours de la même manière que je vais vous exposer, et ce, que tu sois témoin ou que tu sois prévenu (pseudo coupable), aussi bien à la gendarmerie qu’à la police.
. Il faut partir (arriver) avec l’idée « vraie » qu’ « ils » sont en possession de 80 % à 90 % des réponses qu’ils attendent de toi.
. Eux sont bien « dans leur sujet »… Pour toi, tu y arrives, en ne sachant pas pourquoi tu es convoqué. En effet, les convocations sont assez laconiques : « Vous êtes prié de vous présenter le… à … heures, au bureau … de la Gendarmerie + adresse… (ou Hôtel de Police + adresse), muni de la présente et d’une pièce d’identité. Si ce rendez-vous ne vous convient pas, merci de téléphoner au…, poste…, pour en fixer un autre » + un article de loi qui dit, en substance, que la présentation est « obligatoire » et que ne pas s’y rendre, te met en infraction avec la loi… « (déjà, une menace…). En fait, dans cette convocation, ce qui est important, c’est le bureau… Car, avec l’expérience, tu sais de quoi il s’agit, mais nous en reparlerons.
. « L’interrogatoire » commence par un contrôle d’identité, père, mère, situation familiale, activité professionnelle… et tu ne sais toujours pas pourquoi tu es là.
. Enfin, on te dit ce pourquoi on veut t’entendre…
. On sait que… et on voudrait que vous disiez ce que vous en pensez.
. Arrivent les questions orales, suivies en général, très rapidement, au fur et à mesure, de la rédaction écrite de celles-ci et de tes réponses. Et c’est là que les difficultés commencent (au moins pour moi), car tes réponses, elles sont transcrites (alors que tu es silencieux), elles te sont relues : « Vous (tu) êtes (es) d’accord… » et moi, bien sûr, je ne suis pas toujours (souvent) d’accord, puisque ce n’est pas moi qui les ai écrites, et qu’elles sont dans un jargon qui « leur » convient, pas à moi, et qui est souvent « ambigu » ou à « double sens ».
. Je manifeste mon opposition. Ce qui ne plait pas. Le ton monte. Je suis parfois obligé de dire « Ce n’est pas ce que j’ai dit », Réponse : « Mais c’est la même chose », Réponse : « Non, et cela, je ne vous le signerai pas »… Menaces : « Je n’ai pas que cela à faire… » (rappel : en contradiction avec : « j’ai tout mon temps »…). « Si vous (tu) ne signez (signes) pas, je vous (te) garde…, etc… »
. « Non, on recommence et je vous dicte… ce que je signerai… ». Et on est reparti, pour un tour.
. Avec l’expérience et si je connaissais « déjà » mon interlocuteur, je lui proposais « d’amblée » de « l’aider » dans sa rédaction… en lui laissant le temps de taper « à deux doigts »… !!!
. Bref, cela prend toujours un certain temps, plus que celui que l’on a prévu. Mais une rédaction « à mon goût » passe par cette démarche quelque peu « agressive »… autrement, tout et n’importe quoi, peut être transcrit et ce qui est « écrit et signé » est « écrit et signé » avec les conséquences que l’on peut imaginer et dont nous reparlerons.

Cette rédaction est d’autant plus importante que si « à la relecture », tu donnes une nouvelle « version » de tes déclarations, vicieusement, « ils » écrivent : « Mr. … nous demande de rectifier sa déclaration précédente, comme suit… »… Vous sentez la nuance…
. Arrive le moment de la relecture… souvent, pas piquée des hannetons au niveau du style et des fautes d’orthographe… J’avoue que quand c’était « compréhensible », je laissais passer, car autrement, cela aurait duré une heure de plus… mais ce qui aurait pu porter à confusion, je l’ai toujours fait « rectifier… ». Il faut avouer que depuis qu’ils sont informatisés, c’est plus plaisant, mais leur informatisation est « récente ». J’avais « usé » déjà deux générations d’ordinateurs que « eux » n’en étaient pas encore équipés… !!!
. Voici donc, le grand schéma de ce qui t’attend, si, un jour, tu es « convoqué » en gendarmerie, ou par la police.
D’amblée, je te dirai qu’avec la police, pour moi et à Metz, cela s’est toujours passé dans de meilleures conditions matérielles et de compréhension. Moins de menaces, moins d’esbroufes, plus d’humanité, tu es « considéré », surtout quand tu es là que comme « témoin ». Une fois, je me souviens être tombé, une fois, sur un petit « merdeux » (excusez le terme, mais, je n’en trouve pas d’autre), tout juste sorti de l’école… qui savait « tout » mieux que moi, qui aurait voulu m’apprendre mon métier. Au point que le ton est monté et que j’ai fini par lui dire : « Ecrivez ce que vous voulez, mais je vous préviens, je ne le signerai pas. C’est moi qui suis interrogé, c’est pas vous, c’est moi qui ai quelque chose à dire, c’est vous qui êtes là pour écrire ce que je vous dis ». Bref, son chef a du intervenir pour le calmer et la transcription s’est faite sous ma dictée…
. Pour conclure sur la méthode, ce qui est pernicieux dans le système, c’est que, eux sont « dans le sujet », eux savent « ce qu’ils savent déjà » et « ce qu’ils veulent t’entendre dire ». Toi, tu arrives, avec tes préoccupations du jour et on t’interroge sur des faits ou supposés faits qui ont eu lieu, parfois plusieurs années auparavant… dont tu ne te souviens plus ou, en tout cas, que tu n’as pas « en l’esprit »… il faut se remettre dans le bain. Je me souviens qu’une fois, il m’a fallu une bonne demi-heure avant que je me souvienne de l’individu dont il s’agissait et que j’avais fort peu connu, il était de Sarrebourg, et bien qu’il soit « notre client »… il ne l’était plus et sa présence parmi nous, ne m’avait pas marqué… si bien qu’il était, pour moi, difficile et pénible de faire des affirmations à son sujet.
. Je vous avoue que je n’aimais pas être convoqué par la gendarmerie, car "leurs" méthodes ne me plaisaient pas. Je ne vous dirai pas que j’étais content d’être convoqué par la police… mais je savais que cela se passerait bien et que je n’en sortirai pas stressé et/ou sur les nerfs.
Pour conclure ce préambule et revenir sur mon propos initial qui reste « l’avant jugement », je te dirai que « la garde à vue » est le rendez-vous ultime… et que de nombreux passages (pour moi) dans ces lieux, ne se sont pas terminés, bien sûr, par cette procédure.

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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent…
et des solutions proposées…


Vous trouverez ci-dessous, les dates de parution de mes articles…
Sur la journée du 17 mai 2007. Nous serons donc ensemble jusqu’au nouvel an 2008… si vous le souhaitez…

A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index sur la journée du 14 janvier)
Clémence et Paul Denis avaient tenté de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus.
Vous avez l’intégral de ce bouquin en début de blog, complété par vos questions / remarques et mes réponses…

A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.

Nota : Sur la journée du 21 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…



1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie
Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir sa version papier, vous pouvez l’acquérir en envoyant un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 7 Bld d’Alsace à 57070 METZ. Pour 13 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4).

"Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…" est en cours de relecture…. Peut-être sera-t-il publié ? En attendant, vous le découvrirez dans les jours qui suivent… Dès qu’une version « papier » sera faite, je vous l’indiquerai.

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