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09/07/2007

Hubert - Jacques - J.B.

Quelques rencontres imposées : Hubert – Jacques – J.B.

Autre co-détenu, Hubert, plus jeune, moins de quarante ans, 36 si je me souviens bien, beaucoup plus intéressant au niveau humain. Il m’a bien accueilli et c’est lui qui m’a initié sur Jacques, pour éviter les conflits, et sur les habitudes de la cellule. Ils étaient, ensemble, depuis plus de six mois, tous les deux, sans un troisième, donc ma venue n’était pas désirée.
Hubert était là aussi pour agressions sexuelles et avait du prendre 7 ans, il en avait déjà fait 2 et attendait son transfert. Il avait un frère « surveillant » dans un centre de détention. Son ancienne profession était « éducateur » ou, en tout cas, il travaillait dans un centre où étaient accueillies des jeunes filles… d’où le délit. Lui ne niait pas une partie des faits mais prétendait qu’ils avaient été amplifiés par ses collègues de travail… va savoir…
Bref, pour moi, ce fut un compagnon d’infortune. J’avais plaisir à discuter avec lui, lorsque Jacques n’était pas là, car lorsque Jacques était là, il était le maître et pour éviter tout conflit, les échanges verbaux se limitaient aux banalités de la vie quotidienne de la cellule, de l’étage, de la maison d’arrêt… mais Jacques était souvent « absent » puisqu’il avait des permanences à tenir à la bibliothèque, même si ces »clients » étaient rares (rappel : JA = 18/21 ans, délinquants souvent en échec scolaire, donc la lecture…)
Avec Hubert, je m’entendais bien et nous nous entendions bien. Il était d’un abord facile et dès mon arrivée, il m’a mis à l’aise en me prodiguant conseils et aides. Lui, il travaillait, donc il quittait la cellule pour aller dans une salle (à côté de notre cellule qui nous servait aussi de salle d’activité-détente pour les week-ends et les jours sans travail – c'est-à-dire souvent) où avec quelques autres (vieux), il travaillait – en fait, ils faisaient des espèces de flots avec du ruban attaché par un morceau de scotch…il m’est arrivé d’aller les aider (mais nous en reparlerons), mais ce n’était pas vraiment passionnant et je préférais, de beaucoup, lire et écrire, pendant les longues heures où j’étais seul : Hubert au travail ( !) et Jacques à la bibliothèque.
Quand il nous a quitté, après plusieurs mois de cohabitation, j’étais un peu triste… surtout que je me retrouvais seul avec Jacques… ce qui m’était pas pour me remonter le moral. Mais cela ne dura pas longtemps. Lorsqu’ Hubert quitta Metz, il me laissa plusieurs de ses affaires (de confort, bricoles et autres) dont j’ai encore certaines. Il était très concret et bricoleur, astucieux et grâce à lui, notre cellule était pas mal aménagée et rendue plus pratique, rationnelle.
Il est donc en centre de détention, et je corresponds un peu avec lui… Il faut reconnaître que cet échange, c’est beaucoup de banalités, mais cela a l’air de lui faire plaisir, alors…
J.B. remplaça Hubert. Son prénom est Jacques, mais comme on avait déjà un Jacques, et comme il nous avait dit qu’il aimait bien le JB (whisky). D’ailleurs, c’était ses initiales. Lui, par contre, était bien plus âgé que nous, puisqu’il avait 72 ans. Je lui ai donc laissé mon lit (en effet, au départ d’Hubert, j’avais pris son lit (au Rdc du 2ième lit superposé) et j’ai repris ma place au dessus de Jacques… ce qui ne lui a pas trop plu, mais au dessus de J.B., j’aurais été en plein courant d’air et de plus, la vision couchée de la TV n’était pas bonne, aussi, je ne lui ai pas laissé le choix…
J.B. est un calme, très calme, trop calme, peu bavard, mais au demeurant, très blagueur et il nous sortait toujours des plaisanteries bien distrayantes… Je me suis bien entendu avec lui, et ce, d’autant plus que, bien que peu pratiquant, il accepta de prendre en charge la tenue de notre orgue (électronique) pendant les offices (messe) du dimanche et les préparations du samedi… donc, nous avions quand même quelques points communs.
Lui était là, il venait d’être jugé, en correctionnelle, pour agression sexuelle sur une de ses élèves (il était prof de piano, à domicile, de métier) dans des circonstances assez floues. Il nous a prétendu que c’était une machination : accusation de la fille (plusieurs années après) parce qu’il avait refusé les avances de la mère… Tout un programme : résultat = 1 an de prison ferme (à 73 ans) et 5 ou 7 années avec sursis (donc, non faites, s’il n’y a pas de récidive). Avec les grâces, il ne ferait que 9 mois et devait nous quitter en décembre 2002.
Départ qui a été fêté (à l’aumônerie)… et il n’est pas sorti… Une seconde affaire s’étant déclanchée, pour la même accusation… il espérait sortir en provisoire (en attente du 2ième jugement)… mais il était encore là, plusieurs mois après… J’espère, pour lui, qu’il sera innocenté… autrement il lui faudra faire sa nouvelle peine et la révocation du sursis (5 ou 7 ans, je ne sais plus…) et vu son âge… Par la suite, j’ai appris qu’il avait, de nouveau, été condamné, et il doit être, encore, en prison.
Il était vraiment sympa et même si nos échanges de conversation n’étaient pas d’un intérêt fondamental, c’était toujours distrayant et « intelligent », ce qui est déjà « exceptionnel », en milieu carcéral.
Vis-à-vis de nous, il n’a pas été très franc, car, par la suite, j’ai appris qu’il savait, dès juillet qu’il avait été mis en examen pour une autre affaire, mais je lui pardonne ce mensonge « pieux », car vraiment, en détention, il n’aurait pas (n’a pas) fait de mal à une mouche. Il était sûrement plus compréhensif que moi, en ce sens, que même si je n’avais pas d’animosité contre quiconque, j’évitais la « fréquentation » de certains, lui restait lui-même et savait s’adapter à chacun. Il est vrai que nous étions peu de vieux (une dizaine) et que nous vivions « en vase clos », sans nous mêler aux autres du JA. Mais parmi notre petit groupe, il y avait des cas… que je vais vous passer un peu en revue.
Tout d’abord, vis-à-vis de J.B., en fait, à son arrivée au JA, il n’était pas avec nous, il avait été mis dans l’autre cellule de 4, et ils étaient 4, nous 3. Dans cette cellule de 4, il a un peu souffert, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, il ne fumait pas, les trois autres, oui, comme des pompiers, il se couchait tôt, les trois autres, non et même ils travaillaient en cellule, donc, même parfois (et souvent) la nuit, pour gagner plus, et ils lui faisaient de petites « vacheries », pas véritablement méchantes, mais « gênantes », stressantes… D’ailleurs, ces trois-là, je les connais peu, ils sortaient rarement de leur tanière enfumée.
Bref, quand Hubert a été transféré, avec Jacques, nous nous sommes bien rendu compte qu’ « ils » n’allaient pas nous laisser à deux, et avec la complicité d’un surveillant qui est intervenu chez notre chef de bâtiment, il a fait déménagé J.B.
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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent…
et des solutions proposées…


Vous trouverez ci-dessous, les dates de parution de mes articles…
Sur la journée du 17 mai 2007. Nous serons donc ensemble jusqu’au nouvel an 2008… si vous le souhaitez…

A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index sur la journée du 14 janvier)
Clémence et Paul Denis avaient tenté de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus.
Vous avez l’intégral de ce bouquin en début de blog, complété par vos questions / remarques et mes réponses…

A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.

Nota : Sur la journée du 21 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…



1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie
Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir sa version papier, vous pouvez l’acquérir en envoyant un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 7 Bld d’Alsace à 57070 METZ. Pour 13 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4).

"Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…" est en cours de relecture…. Peut-être sera-t-il publié ? En attendant, vous le découvrirez dans les jours qui suivent… Dès qu’une version « papier » sera faite, je vous l’indiquerai.

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