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18/07/2007

Le délinquant - Les stups

Le « délinquant »

Je vais essayer de vous présenter le pourquoi du comment. Il n’y a pas de fatalité…

Curieux de nature, lorsque j’entre dans « l’intimité » de quelqu’un, j’essaie de savoir d’où il vient, et essaie de lui trouver « des excuses ».
Il est vrai qu’il existe une certaine similitude entre la situation sociale du délinquant, en rapport avec son délit.
J’avoue que, spontanément, et aussi en raison du rôle social (involontaire) que j’ai eu en qualité d’écrivain, j’ai eu connaissance d’un certain nombre de situations.
Mes sources sont multiples, mais la plus fiable est le dossier pénal (avis à partie ou jugement), la principale est les dires de l’intéressé, mais aussi, le « on dit que »…
Je vais schématiser, mais je pense que je ne peux pas faire autrement, et pour « simplifier »…, je vais tenter d’expliquer que certains délits sont liés à certaines situations sociales.
Commençons par le plus simple.

« Les stupéfiants » ou « le négoce de mort » :

Il y a plusieurs types de délinquants dans le domaine des stupéfiants, mais l’objectif du délinquant est avant tout : le gain facile de sommes importantes, rapidement. Pour le « passeur » : c’est simple, il s’agit d’une rémunération d’un risque calculé (ou non). Pour le dealer (celui qui vend) : un moyen de vivre « facile », souvent, il revend une partie de ses achats pour payer sa propre consommation.
J’ai rencontré plusieurs (beaucoup) de passeurs et de dealers qui n’étaient pas « consommateurs ».
Le lien avec le milieu social est difficile à faire, il y a de tout, et pas de fatalité… En fait, pas de lien avec le milieu social. Il est vrai qu’en général, au départ, il y a désoeuvrement, le manque d’occupation et de travail, la mainmise des autres… Le rôle de la famille est souvent bizarre. Certains avouent avoir agi, en le cachant à leur famille… Je trouve les familles « un peu légères », puisque le train de vie du délinquant (voiture, habits neufs et de marque) ne les aurait pas « surpris »…
Certains agissent en milieu familial. Ici et ailleurs, on retrouve des fratries – 3 ou 4 de la même famille ou cousins. Tout le monde est au courant et en profite. C’est une activité familiale et, en fait, ils sont, à ce jour, soutenus par leur famille et réseau… et ici, il ne leur manque rien.
Une anecdote : à la lecture d’un dossier, je constate qu’une femme était impliquée dans le trafic, sa date de naissance était très proche de la mienne. Je dis au gars : « C’est drôle, ta mère a le même âge que moi », sa réponse : « Mais ce n’est pas ma mère, c’est ma grand’mère »… Du coup, j’ai pris un coup de vieux… Ceci vous prouve bien que « l’union familiale » existe…
Si certains prétendent qu’ils ne recommenceront plus… je suis très sceptique… car, ici, ils continuent leur trafic… Beaucoup pensent et souhaitent « recommencer » jusqu’à un certain âge : 30-40 ans et se faire un magot et en vivre. Ce dont je doute, car, à les entendre, le fruit de leur business est quasi utilisé, sur le champ, en dépenses journalières : voiture, restau, vêtements, entourage. Ils ne sont pas économes, encore moins fourmis…
Nouvelle digression : parmi les plus jeunes qui sont ici, et encore plus à Metz, dans les jeunes mineurs… il y a beaucoup de dealers… en fait, ils sont utilisés par des adultes… car « souvent »… les plus jeunes ne sont pas mis en prison, et s’ils sont là, c’est en raison de la « répétition » des délits et des arrestations. A mon avis, dans les – de 20 ans : 80 % sont là pour stupéfiants pour cette seule raison. Et puis, une fois commencée… on continue…
Pour la majorité, on ne peut pas dire que l’origine de leur délinquance trouve leurs origines dans leur « source familiale »…
Je suis donc « hors sujet », mais comme ils sont nombreux « en prison », je ne pouvais les passer sous silence.
Espoir de réinsertion : nul. Et je ne pense pas être sévère. En effet, même si une bonne volonté est affichée… ici…, une fois dehors, elle disparaît et en 30 mois, j’ai entendu plusieurs fois qu’un tel était « retombé » après 3 ou 4 mois de « liberté »… Ils sont, ici, demandeurs d’aucune formation, d’aucun travail, et à la sortie, ils ne peuvent que retourner dans leur milieu « naturel ».
La seule solution serait : la libération conditionnelle avec l’obligation de travailler « normalement » et d’en vivre, avec un suivi et une surveillance « efficaces »… mais ce n’est pas dans l’air du temps, puisque l’on préfère la répression… !

A la relecture, je m’aperçois que je ne vous ai pas expliqué pourquoi, j’avais écrit à côté de « les stupéfiants » : « le négoce de mort ».
Vous l’avez compris, cette expression, je l’ai retrouvé dans plusieurs dossiers pénaux, dans la bouche de juges, et cela se comprend.
Quand vous le faites remarquer aux intéressés, ceux-ci vous répondent, à juste titre à leurs yeux, qu’ils ne sont pas des meurtriers et qu’ils ne répondent qu’à une demande, ce en quoi, le terme de « négoce » se justifie…
J’avoue que cette catégorie de détenus n’est « particulièrement » sympathique, non pas en raison de leur délinquance, mais parce que, pour moi, ils reflètent bien la carence de nos systèmes éducatifs et judiciaires.
En effet, au départ, ils sont rejetés par un système qui ne les a pas compris. Etant brouillé avec l’école et sans formation initiale, ce n’est pas, en prison, que cela va changer. En fait, ils ne connaissent pas la contrainte, et toute contrainte leur est « insupportable »… et le proverbe « Aide-toi, le ciel t’aidera » n’a pas de sens pour eux.
A un moment donné, il leur a été fait une proposition alléchante… ils l’ont acceptée… et la suite vous la connaissait. Ici, en Centre de détention, ils sont très nombreux, pour un ou deux ans, et souvent très jeunes (- de 25 ans). Et je me dis que c’est du gâchis… Mais je ne sais comment on peut les aider à s’en sortir si telle était leur volonté… ce dont je ne suis pas sûr du tout… De toute façon, cela ne pourrait se faire sans contrainte et qu’avec un suivi…
C’est ce que je pense… et c’est, hélas, pas pour demain…

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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent…
et des solutions proposées…


Vous trouverez ci-dessous, les dates de parution de mes articles…
Sur la journée du 17 mai 2007. Nous serons donc ensemble jusqu’au nouvel an 2008… si vous le souhaitez…

A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index sur la journée du 14 janvier)
Clémence et Paul Denis avaient tenté de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus.
Vous avez l’intégral de ce bouquin en début de blog, complété par vos questions / remarques et mes réponses…

A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.

Nota : Sur la journée du 21 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…



1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie
Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir sa version papier, vous pouvez l’acquérir en envoyant un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 7 Bld d’Alsace à 57070 METZ. Pour 13 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4).

"Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…" est en cours de relecture…. Peut-être sera-t-il publié ? En attendant, vous le découvrirez dans les jours qui suivent… Dès qu’une version « papier » sera faite, je vous l’indiquerai.

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