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01/08/2007

Le délinquant sexuel (suite)

« Le délinquant sexuel » : - 2 -

Parmi les innocents, on trouve, retrouve, toujours ou très souvent, des problèmes familiaux, liés au couple. L’origine de la plainte n’est pas « toujours » la victime, mais un de ses proches, souvent la mère qui prend l’enfant comme otage et le manipule de telle sorte qu’il est obligé de confirmer les dires de sa mère contre son père ou l’adulte en question.
Un adulte se sert d’un enfant pour régler son problème personnel, je trouve cela quelque peu (très) écoeurant. Il se peut que ce soit la vérité… mais est-ce la vérité… Qui le sait, qui le saura ? Pas la justice, assurément.

Une constatation : il n’est pas rare que l’enfant « victime » garde des contacts avec son parent « pseudo bourreau », soit par courrier, mais aussi en venant le voir en prison… Cela me laisse perplexe… et m’interpelle. Pas vous ?

Les statistiques sont là pour nous dire qu’actuellement, 25 % des détenus y sont pour délits sexuels. C’est effrayant, surtout que j’ai pu constater que dans les dossiers, les plus vides, c’est à dire, sans fait concret, la peine minimum est de 5 ans.
Les grosses peines, je n’en côtoie pas, pour cause, car ils sont en Centrale (prison prévue pour les peines longues : + de 10 ans) et même si, aujourd’hui on a tendance à mélanger (plus qu’avant) les petites et les peines plus longues, ces dernières sont encore rares et concernent plutôt, ici, des « braqueurs ».

Le fait d’être « vieux », plus de 40 ans, te rend suspect aux yeux des autres détenus… quand tu es vieux, par a priori, tu es là pour une « affaire de cul »… telle est la pensée de beaucoup. Cet adage est aussi fort que « quand tu es jeune, tu es un dealer »… A toi de « prouver » le contraire.
Et cela est important, lorsque l’on sait que cette catégorie de détenus bénéficie d’un « rejet » manifesté par de nombreux sévices, parfois physiques, toujours mentaux et verbaux.

Je n’ai jamais bénéficié de cet a priori « négatif », car je n’ai jamais caché l’origine de mon arrivée et ceux qui en doutaient, ont été informés par les autres, et, étant écrivain, pour eux, c’était déjà une preuve en soi. Je vous ai déjà parlé dans « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » de Clémence et Paul Denis, du problème rencontré (et non résolu à mon départ de Metz) de la présence de deux bibliothécaires (pointeurs) dont la présence faisait que certains détenus préféraient se priver de lecture, plutôt que d’être « obligé » de les côtoyer, ne serait-ce que « furtivement »… Cela en dit long, sur le rejet.

Pour leur relation avec leur famille, elles sont très diverses et varient, bien sûr, en fonction de la nature des faits reprochés et surtout, de leur véracité.
Ils sont très souvent, au moins au départ « rejetés »…
Avec le temps, les années, la fibre familiale réapparaît parfois, au moins à travers le courrier et/ou le téléphone…
Le détenu souffre de cet isolement, et le supporte mal, il est fréquent que sa cellule soit décorée des photos (nombreuses parfois) de sa famille qui l’a rejeté.

Je voudrai encore, pour cette catégorie de détenus, vous faire part d’attitudes qui m’ont surpris et m’interpellent.
Nombreux sont ceux qui clament leur innocence avec plus ou moins de force… Un certain nombre, une bonne moitié, n’en parle jamais et cache l’objet de leur présence.
Un petit nombre assume et, même si, bien sûr, ils n’en font pas étalage, il en parle assez facilement, et ce sont souvent, soit des auteurs « par accident – par pulsion… », les faits sont connus et reconnus, regrettés, mais ils sont là.
D’autres, se disent victimes de « complot familial », et le fait d’en parler leur permet de s’en libérer… D’autres reconnaissent avoir été « légers » et trompés par l’âge réel de la « victime » (encore mineure sexuelle) au moment des faits.
Beaucoup affirment que la victime plaignante était, en fait, consentante et que son action n’est que le fruit d’une jalousie (suite à un abandon), ou, pour essayer de « toucher » des dommages et intérêts (parties civiles)… !!!

Maintenant, je vous parlerai de ma propre attitude à leur égard. Il est évident que je ne peux « approuver », « accepter » leurs « actes ».
Si j’essaie d’éviter le rejet, je n’en recherche pas la compagnie. Le fait de les côtoyer pourrait provoquer mon propre rejet (par d’autres), ce que je ne souhaite pas. Je reste donc sur mes gardes.
Une constatation qui en dit long. Au niveau « aumônerie »… à Metz, 700 détenus, nous étions 60 à 80, de toutes confessions, de tous âges. Ici, nous ne sommes qu’au maximum 20, et parmi les plus fidèles (12), 10 sont là pour délits « sexuels »… Le même rejet que celui connu à Metz à la bibliothèque, est manifeste. On me l’a dit et c’est d’ailleurs, à ce moment-là que j’ai fait le compte : « Je n’y vais pas… il n’y a que des pointeurs »… J’en ai parlé à notre aumônier qui m’a dit qu’il connaissait le problème, mais que ce n’était pas à lui de faire le tri (et je suis d’accord avec lui) et que, pour sa part, il essayait de compenser par une présence (visite) en cellule, le besoin de ceux qui ne venaient pas.
J’avoue ne pas trouver de solution pour une meilleure « intégration » de cette catégorie de détenus.

Le mieux que l’on peut leur offrir est l’indifférence, souvent, ils n’en demandent pas plus…
Même entre eux, réside une certaine distance. Beaucoup vivent « en reclus », « tout seul », avec un minimum de communication… C’est assez déroutant… mais j’avoue, le comprendre… même si je ne peux l’approuver… car je sais que dans cette catégorie, il y a des innocents…innocents…

En conclusion, posons-nous la question.
Mérite-t-il la prison ?
Pour beaucoup, c’est un lieu de refuge, le moyen de laisser au temps et à l’oubli, le temps de faire leurs œuvres. « Dehors », leur vie serait, parfois, plus en danger qu’ici.
Nombreux sont ceux qui, après jugement, essaient de faire reconnaître leur innocence. Ils font procédure sur procédure, pour faux témoignage, pour instruction dirigée, etc… Mais c’est, à ma connaissance, toujours en vain…

Sont-ils « récupérables » socialement. Les statistiques disent « oui », puisque le taux de récidive serait faible… Pour ma part, je pense aussi « oui ».
Ici, nombreux sont ceux qui travaillent, en silence, sans problème, ils ne font pas de vague, et à ce titre, ils sont « bien vus » par l’administration…

A leur sortie, pour eux, il serait, sûrement, préférable de changer de lieu de résidence… afin d’échapper à leur passé. Il me faut vous préciser que ce délinquant, en général, avait un travail, une famille, un toit et que, souvent, l’affaire se déclanche alors que l’intéressé ne s’y attend pas (plus)…

S’il accepte de quitter sa région, il lui sera facile de « refaire sa vie », à l’insu de son voisinage. Il est vrai que souvent la cellule familiale est brisée, et c’est souvent cela qui l’inquiète le plus.
Mais je pense que, s’il a la volonté (si on l’aide à se restructurer psychologiquement), il est tout à fait capable de se bien réinsérer. Il est vrai qu’une peine longue comme c’est souvent le cas (minimum 5 ans, plus souvent 10 ou 15) n’est pas pour faciliter les choses. Aussi mon sentiment est que la prison est pour eux, nécessaire pour les séparer de la victime et du voisinage, pour leur permettre de se remettre en question, pour se préparer à une nouvelle vie… mais une peine aussi longue est tout à fait inutile.
Un suivi « réel » suffirait.

Il est vrai que « la récidive » reste rare, mais si elle a lieu, elle est souvent en gros titres dans les journaux… ce qui me fait penser qu’un suivi « réel » et « discret » doit être mis en place. Il faut qu’il soit efficace et qu’il évite (empêche) tout risque de récidive.

Actuellement, rien n’existe, un fichier ADN est en train de se mettre en place, c’est tout et bien peu. Il me semble, dans ce domaine, que c’est, de nouveau, une lacune de notre système judiciaire… et politique.

Cette mesure me semblerait d’autant plus « juste » que ce délinquant, soit, est parfois « innocent » et le fruit d’une machination, soit, les faits sont si anciens qu’ils sont plus, dans sa vie, d’actualité, depuis longtemps, il a une vie « normale », soit, il est accusé de viol alors que le victime était consentante et c’est elle qui l’a « trompé » sur son âge… (cas fréquent).

J’ai souvenir d’un gars qui était homosexuel et qui ne s’en cachait pas et qui, d’ailleurs, était là, en récidive, (donc il a déjà été condamné pour cela) qui m’a expliqué qu’il était attiré par les jeunes – 18-20 ans, lui en avait la quarantaine.
La première fois, il savait que le jeune était mineur, la seconde fois, il m’a assuré, et je n’ai aucune raison de ne pas le croire, qu’il a été très naïf. Son compagnon n’avait que 14 ans, alors qu’il en faisait 20… Le jeune étant consentant et demandeur, et d’ailleurs, ce n’est pas lui qui a porté plainte, mais la DASS. En effet, le jeune était en foyer d’accueil, en fugue, donc en galère, recherché…

Sa négligence (ne pas s’être assuré de l’âge) va lui coûter quelques années de prison et de sa vie… Peut-on vraiment le considérer comme un « criminel »… !
Pour moi, il était sincère avec lui-même. Il reconnaissait avoir fait une erreur, il « assumait », méritait-il 5-7-10 ans de prison ? En fait, quand j’ai quitté Metz, il n’était pas encore condamné… la justice n’arrivait pas à retrouver « la victime »… mais je pense que cela n’empêchera pas sa condamnation puisque l’origine de la plainte était la DASS (partie civile et plaignante)… !

En fait, lui, n’avait aucun remords, n’avait pas l’intention de changer sa vie… il sera (je l’espère) à l’avenir plus prudent. D’ailleurs, en prison, il s’était trouvé des partenaires consentant… !

Pour conclure, je vous ferai une parenthèse sur la sexualité en prison : c’est un sujet « fréquent » de conversation, disons quasi permanent : le manque de « femme » et l’image qui est véhiculée n’est pas des plus reluisantes…
En ce qui concerne les pratiques homosexuelles. S’il y en a, et il y en a, elles sont discrètes, peu connues, pas acceptées des autres. Des pratiques « sous » contrainte, j’ai eu connaissance de certaines. Elles sont vite « étouffées » et les auteurs (protagonistes) séparés, voire l’un des deux, parfois les deux « transférés » (c’est à dire, envoyés dans une autre prison), même s’il n’y a pas eu de « plainte ».

Comme partout, comme dans beaucoup de circonstances, ici plus qu’ailleurs, il faut se méfier de ce qui est dit… il n’y a pas toujours que du vrai et l’exagération est coutumière…

………………………………………………………………………………………..

Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent…
et des solutions proposées…


Vous trouverez ci-dessous, les dates de parution de mes articles…
Sur la journée du 17 mai 2007. Nous serons donc ensemble jusqu’au nouvel an 2008… si vous le souhaitez…

A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index sur la journée du 14 janvier)
Clémence et Paul Denis avaient tenté de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus.
Vous avez l’intégral de ce bouquin en début de blog, complété par vos questions / remarques et mes réponses…

A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.

Nota : Sur la journée du 21 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…



1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie
Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir sa version papier, vous pouvez l’acquérir en envoyant un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 7 Bld d’Alsace à 57070 METZ. Pour 13 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4).

"Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…" est en cours de relecture…. Peut-être sera-t-il publié ? En attendant, vous le découvrirez dans les jours qui suivent… Dès qu’une version « papier » sera faite, je vous l’indiquerai.

Commentaires

Bonjour,
J'ai lu avec intérêt les deux articles sur les délinquants sexuels.
Tres intéressant et je trouve que ce que vous dites est vraiment ça. En autre, le fait que le délinquant a tout intérêt de changer de région pour sa réinsertion. Généralement ces personnes là vous le disent dès le départ qu'ils n'iront plus vivre dans la meme région et meme quitter la france.
Maintenant, dire qu'il n'y aura plus de récidive. Je reste sceptique tout de meme. Surtout quand les faits ont été commis sous l'effet de l'alcool. Est ce qu'une personne arrive à ne plus boire à vie??? Pendant sa détention c'est sûr. Mais une fois dehors ???
Quand pensez-vous ? La personne que je connais est en détention pour ces faits là. Elle attend son jugement (bientot 2 ans de détention provisoire). Si, je comprends bien si il est condamné pour 5 ans (peine minimum) cela veut dire qu'il aura fait déjà la moitié de sa peine et qu'il pourrait demander une liberté conditionnelle ? Le procès est prévu en octobre.
Merci pour vos réponses

Écrit par : barberoussebis | 01/08/2007

Plus de récidive… Je ne pense pas avoir écrit qu’il n’y aurait plus de récidive, je pense qu’il est plus facile de se réinsérer et de ne pas re-commettre ce délit-crime, si on change de région et si on est suivi (judiciaire et médical – à vie)… efficacement…
Je ne pense pas que l’alcool soit une circonstance atténuante… Ca explique, mais cela n’excuse pas… En prison, on arrive assez facilement à sevrer un alcoolique… avec une aide médicale. Moi qui bois « normalement » - un ou deux verres à table – parfois, ça me manquait surtout avec un bon morceau de fromage… mais pas au point de délirer…
Quant au retour de l’alcoolique – il le redoute ce retour – j’ai beaucoup d’exemples d’échec… et de retour en prison – en récidive – conduite avec alcool au volant – pour 6 mois… et on recommence… jusqu’au jour où il y a un accident grave… Ce qui me surprend, c’est qu’en prison, on arrive à les « guérir » et qu’une fois dehors, il y a rechute… Ne peut-on pas les obliger à un suivi médical… puisque d’eux-mêmes, ils n’arrivent pas à s’y contraindre…
Pour un tel délit, il est fréquent que la détention provisoire atteigne les 2 ans, cela permet aussi de constater son « souci-souhait » de ne pas récidiver… à travers le suivi régulier psy… obligatoire en prison…
Exact… il pourra demander une libération conditionnelle… si personne ne fait appel (victime, procureur ou lui)… autrement c’est reparti… pour 6 à 8 mois d’attente et re-jugement… Mais en la matière, il est rare qu’une libération conditionnelle soit accordée si rapidement… j’ai vu, en fin de peine (moins de 12 mois), mais en théorie, c’est possible…
De Paul Denis à Barberoussebis, le 2 août 2007à 08 h 45

Écrit par : Paul Denis | 02/08/2007

Bonjour,
Merci pour votre réponse à mes questions. Effectivement, je suis d'accord avec vous pour un suivi à vie. Mais est ce tjrs le cas et la réalité ? Pour l'alcool, c'est normal qu'en prison ils y arrivent car ils y sont contraints (médicaments, ...). Cela, leur permet de ne pas y penser et le sevrage se fait. Enfin, j'espère que la personne que je connais pourra s'en sortir une fois qu'il aura purgé sa peine et une fois en liberté tout en partant à l'étranger. Mais, je doute à cause du problème d'alcoolisme qu'il avait avant de rentrer en prison. J'espère me tromper.
Bonne journée à vous.
PS.: Vos résumés sur votre vie personnelle en prison sont tres intéressants, bien détaillés et on sent que c'est sincère.

Écrit par : barberoussebis | 02/08/2007

De suivi… il n’y en a que sur le papier…. Actuellement… au pire (au mieux) c’est pointer à la Police (ou gendarmerie) à date fixée d’avance et/ou répondre aux convocations du SPIP (service judiciaire de suivi) qui s’assurera « oralement » de son lieu de résidence et s’il travaille et s’il paie sa (ses) victime… donc autant être honnête et dire RIEN…
Si on peut réussir un sevrage en prison, on devrait être capable de réussir ce sevrage… dehors… on y trouve les même médicaments, j’espère…
S’il a un suivi judiciaire… en principe, il ne peut partir à l’étranger. Il peut déménager (ce que je préconise), mais pas quitter le pays…
Il faudra être présent, le soutenir avec diplomatie… mais être ferme sur certaines pratiques (alcool, relations, …).
Mes écrits… Ils n’ont aucun but mercantile, ni de but polémique… et c’est peut-être pour cela que je n’ai pas trouvé d’éditeur… Au départ, ils étaient destinés à « rassurer » ma famille, inquiète par les conditions matérielles (en prison) que j’allais subir… Par honnêteté, pour ceux que j’aime, je n’ai pas essayé de cacher la vérité, ni de dramatiser ce que je ressentais. S’ils vous semblent intéressants et utiles, faites connaître ce blog au plus grand nombre, et surtout aux familles de détenus…
De Paul Denis à Barberoussebis, le 2 août 2007à 18 h 30

Écrit par : Paul Denis | 02/08/2007

Bonjour.

Dans le cadre d'un article à paraître prochainement dans nos pages, je suis à la recherche de témoignages d'anciens détenus sur la manière dont les délinquants sexuels sont perçus en prison. Votre récit est intéressant. Pourrions-nous en parler par téléphone si toutefois vous êtes disponible?
D'avance merci.

Écrit par : charlotte | 22/08/2007

Pourquoi pas… Je ne suis pas un « ancien » délinquant sexuel… mais cette catégorie m’a, de toujours, intrigué et j’ai eu l’occasion d’en côtoyer un grand nombre… et je pense pouvoir répondre à votre attente. Je vous mets mon tél. sur votre mail.
De Paul Denis à Charlotte, le 23 août 2007 à 08 h 50

Écrit par : Paul Denis | 23/08/2007

bonjour,
Désolée je reviens vers vous en tant qu'ancien détenu.
Voilà, hier j'avais un parloir de prévu pour aller voir mon ami incarcéré à la MA de Gradignan. Je suis de Paris donc j'ai pris le TGV pour me rendre sur bordeaux dans la journée. Mon parloir était prévu à 14h55. Au moment, où ils font passer les familles sous le portique chacune à leur tour. Moi, j'ai sonné. Le surveillant m'a demandé de retirer mes ballerines. Je suis repassée et plus rien. Il m'a dit pas de parloir pour vous à cause de vos chaussures. J'étais verte. Je lui ai demandé si je pouvais prendre les chaussons dehors qui mettent à la disposition des familles. Il m'a répondu non vous avez sonné une première fois c'est fini. Je lui ai dit que je venais de Paris et qu'il pourrait faire un effort. Il n'a rien voulu savoir. Pas de parloir et je suis repartie prendre mon train de retour sur Paris. Trouvez-vous ça normal de la part des surveillants ??? J'ai écrit ce matin au directeur de la MA de Gradignan en RAR mais j'attends rien d'extraordinaire. Je trouve lamentable de tels agissements alors qu'après on parle de réinsertion des détenus le mieux possible. Tout ça me fait sourire. J'imagine dans quel état devait etre mon ami avec un parloir annulé.
Merci de m'avoir lu et j'aimerais avoir votre ressenti.

Écrit par : barberoussebis | 23/08/2007

Parloir refusé… Un scandale de plus… Mais vous avez été imprudente, car vous auriez du savoir que tout objet métallique pose problème, j’en parle dans le blog… il me semble.
Mais il est vrai que vous avez raison de réagir et de manifester le cas auprès de la direction de l’établissement… mais quant au résultat… !
Ce que je crains, en plus, c’est que l’on n’ait rien dit à votre ami et que lui a pu penser que vous n’êtes pas venue… et donc, il faut lui écrire, de suite, si ce n’est fait… pour le tranquilliser, car il doit gamberger, pas en bien…
De Paul Denis à Barberoussebis, le 24 août 2007 à 8 h 45

Écrit par : Paul Denis | 24/08/2007

Merci à vous pour votre réponse. Mes chaussures au pieds étaient des ballerines plates. Effectivement, il n'était pas au courant de cet incident. La visiteuse de prison a contacté sa mère le lendemain pour connaitre le motif de ce parloir annulé. J'ai écrit au directeur de la MA en recommandé AR. Et j'ai contacté l'OIP qui m'ont proposé de diffuser cet incident par voie de presse (J'attends la réponse de mon ami). Je tiens à vous préciser que j'ai envoyé une carte à mon ami pour lui dire pourquoi je n'étais pas présente au parloir et ce avant de reprendre mon train de retour à bordeaux.
Connaissez vous l'OIP ? Et pensez vous que je dois accepter leur proposition ?
merci pour vos réponses.

Écrit par : barberoussebis | 24/08/2007

Vous avez bien réagi… Je connais bien sur l’OIP, mais je suis plus sceptique sur l’efficacité d’une telle « publicité »… qui, au final risque d’être défavorable à vous et à votre ami…
Ce qui est inadmissible, c’est que le problème étant résolu… on vous ait quand même refusé l’accès au parloir. Vous auriez pu demander (exiger) l’intervention du Chef des parloirs (il y en a toujours un), mais pareil, au final… c’est vous qui auriez eu des problèmes (tracasseries, parloir perturbé, etc…). Le problème est que vous êtes tributaire du bon vouloir d’individus pas toujours bien dans leur peau… et cela s’en ressent dans leurs manifestations de leur « pouvoir »…
De Paul Denis à Barberoussebis, le 24 août 2007 à 22 h 15

Écrit par : Paul Denis | 24/08/2007

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