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08/08/2007

La réinsertion... Une nécessité ou Un mythe...

La réinsertion :

Pour la quasi totalité des délinquants, y compris moi, je pense que la détention était nécessaire… Pour le moins, elle permet de prendre un certain recul sur les faits et nos circonstances de vie.
Il est vrai que parfois, elle pourrait être évité et ils existent des moyens bien plus contraignants que la prison, qui peuvent passer par l’obligation de « travailler », de « changer de région », de « suivre une thérapie », « d’accepter de changer tout simplement ».

La prison a la faculté de mettre à l’écart les délinquants.
La prison est aussi une bonne école de la délinquance.
Celui qui veut « acquérir » des techniques de délinquance, des méthodes d’acquisition de l’argent facile, des adresses, des conseils, etc… tout cela, il le trouve « gratuitement » en prison.
Moi-même, j’ai été, à plusieurs reprises, sollicité. Le seul « regret » de certains, c’est d'être en prison, pour « si peu de choses », alors que d’autres, pour quelques mois de plus, ont tiré profit de leur délinquance, beaucoup plus qu’eux.
Et l’adage qui dit que la prison est « l’école du crime » ou « de la délinquance » reste une réalité, bien concrète…

Et pour éviter cette promiscuité « pernicieuse » ; il n’y a pas 36 solutions, je n’en vois que deux :

- soit, il faut « parquer » les délinquants, selon leur délit (les stupéfiants avec les stupéfiants, les voleurs avec les voleurs, les violeurs avec les violeurs, etc…) ce qui implique des Maisons d’arrêt à casiers, sans communication entre ces casiers, puisque c’est lorsque tu es en préventive (donc non condamné) que tu es le plus en relation avec des gens qui t’étaient inconnus, avec des délits qui t’étaient inconnus, parfois bien tentant…
Ce clivage n’est pas d’actualité, dans les faits, puisque l’on vit une surpopulation carcérale qui oblige les meilleures volontés à ne pas respecter un minimum de précaution…

- soit, il faut « réduire », le temps de détention à son minimum, et nous avons vu que dans de nombreux cas, c’était tout à fait possible, souhaitable pour ne pas dire nécessaire : ce qui aurait un avantage certain, cela permettrait d’appliquer la politique « quasi indispensable » de Sarkozy, le « 100 % répression »… on saurait où les mettre. Les places se libéreraient rapidement, et, se rempliraient rapidement. La construction de nouvelles prisons serait tout à fait inutile, seule la rénovation (ou le remplacement) des prisons-poubelles s’imposerait, ce serait quand même moins coûteux, en argent et en personnel.
Mais, pour que cette réduction du temps de prison ne soit pas un retour à la case « départ », il faut, et là, c’est une obligation que tous les délinquants soient « libérés » ou « maintenus en liberté » (pour ceux qui n’ont pas encore connu la prison) dans le cadre d’une « libération conditionnelle », c’est à dire avec une épée de Damoclès sur le tête, et avec l’obligation d’être suivi et encadré.
Pas de la façon dont c’est fait actuellement, c’est à dire un simple contrôle administratif de présence et d’occupation (souvent le résultat de faux en écriture… = nouveau délit), mais un véritable suivi sur le tas, un « suiveur » pour 10 ou 15 gars, un suivi quotidien quand c’est nécessaire, et en tout cas au départ, un suivi mais aussi une aide, un soutien de chaque instant.

C’est une nouvelle profession à inventer, entre le psychologue et le travailleur social, entre le « grand frère » et « le chef de clan », entre le père de famille et l’ami.
Bref, quelque chose d’atypique, qui doit être capable d’évoluer, au jour le jour, qui doit rendre des comptes, qui doit être là, chaque fois que nécessaire, et en tout cas, qui doit répondre à « tout appel » que celui-ci soit visible ou qu’il soit invisible.
Vous allez me dire que cela va coûter de l’argent, oui, mais pas plus que la prison…
Rappel : un détenu coûte entre 90 et 120 €/jour, ce qui nous donne pour 15 gars « suivis » un crédit journalier de minimum 1.000 €… Imaginez ce que l’on peut faire en matière de réinsertion avec 1.000 €/jour.

De plus, ces « anciens détenus » vont entrer « obligatoirement » sur le marché du travail « légal », donc ils vont générer des cotisations sociales, de l’impôt. Je ne peux pas dire qu’ils vont faire marcher l’économie, car cela, avec de l’argent « sale », ils le faisaient déjà très bien avant…
Il me semble qu’à l’intérieur des prisons, tous les partenaires reconnaissent que le présent système est tout à fait inefficace pour enrayer la recrudescence de la délinquance et la récidive, sous une forme ou une autre.
Les détenus ne sont pas satisfaits, du peu d’aide qui leur est donné afin qu’il leur soit possible de sortir de la spirale dans laquelle ils sont engagés…
L’administration est quasi dans l’impossibilité matérielle de faire respecter « l’ordre » et « la loi », en dedans de ses murs… c’est un comble.

Au risque de choquer quelques uns, je vous le répète, pour quelqu’un un peu philosophe et/ou opportuniste, dans les conditions matérielles actuelles de certaines prisons, la vie y est plus « agréable » que pour certains de nos co-citoyens… dehors.
Il est vrai que parfois (et encore souvent) la vie matérielle en milieu carcéral est encore au Moyen-Age où aucune règle d’hygiène et de sécurité n’existe… ou presque.
Pour en finir, je vous dirai, sans être prophète, que si rien n’est fait, dans un sens allant à favoriser la réinsertion avant la répression, la France va au casse-pipe…
On n’arrête pas la délinquance en la muselant « ponctuellement », on arrête la délinquance en mettant tout en œuvre pour l’empêcher, pour l’éviter, pour la « soigner » dès les premiers éternuements.
Courage, les beaux parleurs, et les politiques, vous avez du boulot sur la planche, sur le tas, pas dans vos ministères et bureaux luxueux…
Ouvrez les yeux, essayez de comprendre et « agissez », avant qu’il ne soit trop tard.

A bon entendeur, salut !
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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent…
et des solutions proposées…


Vous trouverez ci-dessous, les dates de parution de mes articles…
Sur la journée du 17 mai 2007. Nous serons donc ensemble jusqu’au nouvel an 2008… si vous le souhaitez…

A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index sur la journée du 14 janvier)
Clémence et Paul Denis avaient tenté de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus.
Vous avez l’intégral de ce bouquin en début de blog, complété par vos questions / remarques et mes réponses…

A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.

Nota : Sur la journée du 21 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…



1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie
Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir sa version papier, vous pouvez l’acquérir en envoyant un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 7 Bld d’Alsace à 57070 METZ. Pour 13 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4).

"Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…" est en cours de relecture…. Peut-être sera-t-il publié ? En attendant, vous le découvrirez dans les jours qui suivent… Dès qu’une version « papier » sera faite, je vous l’indiquerai.

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