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21/09/2007

Portrait de Sami (suite)

Sami – suite –

Au départ, et parce que les occasions d’être seuls ou avec l’un ou l’autre de ses compagnons « habituels » étaient rares –
Rappel, une conversation à 2 est difficile si on est plus de 3 ou 4 (à marcher ensemble, côte à côte) – d’ailleurs, la norme des marcheurs était 3, souvent 2, parfois 4, très rarement plus – bref, nous avons plutôt parlé des alentours médiatiques et autres (son accueil, en prison) plutôt que de lui et de son affaire à proprement parlé.

L’accueil fut froid, il fut vite repéré et notre cour de promenade était relativement proche des fenêtres des cellules des autres détenus. A plusieurs reprises, j’ai entendu des cris, des injures qui lui étaient adressées, du type « salaud, violeur, brûleur de fille, je te tuerai, tu mérites pas de vivre et, en plus, tu fais le fier ». Rappel, sa démarche, un peu saccadé et le fait qu’il se tenait très droit, pouvaient faire croire qu’il était hautin… mais il ne l’était pas.
Bref, la « vox populi » et la presse l’avaient condamné. De plus, il avait la fâcheuse habitude (fréquente chez beaucoup d’agressés verbaux) de vouloir se défendre « verbalement » et d’essayer de voir d’où venaient ces injures.

Dès le départ, je lui (leur) ai dit que c’était ce qu’il(s) pouvai(en)t faire de pire : répondre. En bon philosophe, je leur rappelai que « le mépris et l’indifférence » sont souvent plus blessants pour l’auteur d’une injure que la réponse qu’il pouvait faire.
Cela il l’a vite compris et il s’est rendu compte pour l’appliquer que cette théorie était bonne et d’ailleurs, la fréquence des interpellations qui au départ, était quasi quotidienne, s’est estompée…

Une fois, je lui ai demandé s’il s’était déjà fait agressé physiquement du style coup de poing ou croche-pied lors d’un croisement dans un couloir ou un escalier. Il m’a répondu que oui et que c’était pour cela qu’il était là (avec nous) et classé DPS. Il me précisa même et me le montra que « maintenant », il ne se déplaçait plus sans un Bic dans la poche arrière de son jeans : « arme » pouvant être utile pour se défendre, il est vrai qu’un bon coup de crayon à bille dans les côtes, le dos ou ailleurs, ne devait pas faire de bien. Je ne pense pas qu’il l’ait utilisé une fois, mais il l’avait sur lui, à cet effet. Et je pense que cela devait le sécuriser…

Il me faut vous préciser que les DPS (Détenu particulièrement signalé – je dirais plutôt surveillé -), sans être « encadrés », 24 h/24, sont quand même plus particulièrement « protégés » et « à l’œil » de la part des surveillants. Etant peu nombreux à poser de « réels » problèmes « permanents », même s’ils circulaient moins que les autres, leur déplacement, pour les besoins du service, se faisait sans « accompagnement » la plupart du temps, mais en général, « ils » évitaient les lieux « fréquentés » à risque, du style sport, bibliothèque, et même aumônerie (messe), pour certains.

Bref, après quelques approches « ponctuelles », l’occasion se fit que je me suis retrouvé seul avec un de ses habitués et donc, j’ai essayé d’en savoir plus et en prêchant (au départ) le faux pour connaître le vrai, il s’est lâché et en une heure, on peut en dire des choses et ce, d’autant plus que cette « spontanéité » s’est manifestée plusieurs fois.

En fait, de nouveau, comme pour d’autres, il trouvait en moi une oreille « attentive » qui ne le condamnait pas, qui ne l’interrogeait pas si ce n’est par quelques onomatopées ou très brèves questions pour qu’il soit plus précis…
Il me raconta donc sa version des faits qui d’ailleurs se rapprochait beaucoup de sa version « officielle », reprise par les médias, même si elle n’était pas admise.

Donc, un dimanche, en fin d’après-midi, après une nuit de beuverie (bière + fumer du cannabis) et engueulades avec sa copine (mère de leur fille), il prit une petite route de campagne, souvent déserte surtout un dimanche à cette heure. Il heurta « accidentellement » un (ou plutôt) une cycliste qu’il renversa.
Sur le coup, il ne se rend pas très bien compte et après quelques secondes, il réagit, et instinctivement, fait marche arrière ou demi-tour, je ne sais plus, pour revenir sur le lieu du choc.
Effectivement, il trouva une jeune fille (17/18 ans), plus ou moins consciente, dans le fossé, il panique un peu, se ressaisit, se rend compte qu’elle est bien blessée, et s’efforce de lui venir en aide en essayant de la faire monter (tirer) dans la voiture. Ce qu’il réussit, avec mal, lui-même n’est pas d’un gabarit du type costaud, et elle, faisait son poids. Bref, si elle ne parle pas, elle geint, elle est donc en vie. Et les voilà repartis vers la ville la plus proche pour chercher (trouver) du secours.
Rapidement, il se rend compte que ladite jeune fille ne réagit plus et qu’en fait, elle est morte… nouvelle panique. Que faire ? Malgré un état second (reste d’alcool et état euphorisant du cannabis), il se dit qu’il faut faire quelque chose et qu’en fait, il avait tué cette jeune fille.
En quelques secondes, il décide de planquer le corps, on verrait plus tard.
Ce qu’il fit.
Le lendemain, les vapeurs de l’alcool s’étant dissipées, la dispute, avec sa copine, passée, il lui en parle. Et à deux, donc ensemble, ils décident de cacher l’accident et de faire disparaître les indices et le corps. Que faire ?
Le vélo (ou cyclomoteur, je ne sais plus), on n’en parle pas, et ce, d’autant plus qu’il n’est plus là…. !
Le corps pose problème, il est là, « ils » le retrouvent, l’enfoncent dans les bois et s’activent pour le faire disparaître en imaginant le brûler. Mais un corps, cela ne brûle pas si facilement que cela et la crémation est lente et donc, au final, pas complète et les restes dissimulés seront facilement identifiables.
Sur ce, nouvelle brouille avec sa copine qui panique plus que lui et ils (ou lui) décident de retourner là où il habitait et c’est là qu’il est arrêté, huit jours plus tard, et qu’il avouera l’accident, la crémation…

En ce qui concerne les détails « croustillants » de l’affaire et quelques peu « irréalistes » ou pour le moins « incompréhensibles » ou en tout cas qui montrent leur (à tous deux) déséquilibre psychologique et qui expliquent les déclarations floues et discordantes, je vous les résume.
On a prétendu, les témoins, car il y en aurait eu, qu’il roulait très vite, or le choc n’a pas été « mortel », cela a été prouvé par les experts. Il n’aurait pas freiné, mais des marques de pneu étaient toujours visibles, huit jours plus tard, mais il avait pris, par la suite, la peine de charger ses 4 pneus... !
On aurait, on a retrouvé, un voire deux préservatifs avec son sperme, l’un dans la voiture, l’autre sur les lieux de la crémation. Qui a profité de son ardeur sexuelle, à ce moment là, sa copine, sa victime ? Je ne sais, il ne m’en a pas parlé et je n’ai pas voulu approfondir ce côté malsain des faits et cette attitude quelque peu surprenante : comment un être humain « normal » peut-il éprouver un plaisir (un besoin) sexuel dans de telles conditions… Cela dépasse ma compréhension, et ma vision de l’être humain…, mais je ne suis pas psy.
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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent…
et des solutions proposées…


Vous trouverez ci-dessous, les dates de parution de mes articles…
Sur la journée du 17 mai 2007. Nous serons donc ensemble jusqu’au nouvel an 2008… si vous le souhaitez…

A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index sur la journée du 14 janvier)
Clémence et Paul Denis avaient tenté de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus.
Vous avez l’intégral de ce bouquin en début de blog, complété par vos questions / remarques et mes réponses…

A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.

Nota : Sur la journée du 21 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…



1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie
Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir sa version papier, vous pouvez l’acquérir en envoyant un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 7 Bld d’Alsace à 57070 METZ. Pour 13 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4).

"Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…" est en cours de relecture…. Peut-être sera-t-il publié ? En attendant, vous le découvrirez dans les jours qui suivent… Une version « papier » en auto-édition, est disponible depuis Septembre 2007, au prix de 17 €uros (frais d’envoi compris). Pour 13 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (200 pages A4).


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