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01/10/2007

Des mots... qui fâchent...

Quelques sujets qui me tiennent à cœur…

J’ai découvert que tout le malheur des hommes vient d’une seule chose,
qui est de ne pas demeurer en repos, dans une chambre.
(Blaise PASCAL - 1623/1662)


Des « mots » … qui « fâchent »…

En prison, il y a un certain nombre de « sujets » qui prêtent à controverse, au moins, dans leur application si ce n’est pas dans leur sens… Je vous en soumets quelques uns.

REINSERTION :

Voilà le mot clef que tout détenu connaît, sous toutes ses formes : en négatif, dans la bouche de l’administration pénitentiaire et du JAP (Juge d’application des peines), précédé de « pas de », en positif, dans la bouche du détenu, précédé de « pour ma ».
Il est décliné de toutes les façons, et reflète ou devrait être le « mot clef » de toute détention.
Il a une très belle théorie, mais, une mise en application « déplorable »…
Il devrait être l’objet principal de toute détention et permettre au détenu de rendre son temps d’isolement « utile » et de se préparer à la sortie afin que toute « récidive » soit évitée, voire « impossible »…
Pour l’administration, elle passe par un suivi médical et psychologique, capable de guérir le corps et l’esprit, apprendre un métier, payer les parties civiles (somme due aux « victimes »), favoriser la vie en société, en bref, mettre tout en œuvre pour favoriser une « non-récidive ».

Les objectifs sont louables, mais, c’est leur mise en application qui est « catastrophique ». Je m’explique…

SUIVI MEDICAL et PSYCHOLOGIQUE :

La Justice impose, souvent, pour certains délits, un suivi médical et psychologique et les structures, devant réaliser cette tâche, sont là, mais leur caractère « obligatoire » leur enlève tout « attrait » et « efficacité ».
Seul « l’alcoolique » ressort, après une véritable cure de désintoxication forcée… mais est-il préparé à ne pas récidiver… Il « doit » suivre des séances collectives avec l’association « Vie Libre »…
Le « toxicomane » est « entretenu » dans sa « toxicomanie », et le médical lui fournit toutes sortes de produits de substitution. Celui qui veut « se désintoxiquer » y arrivera peut-être, mais ce ne sera pas « grâce au médical » ou « à l’administration », bien au contraire, puisque on va lui fournir des produits qu’il ne prendra plus, mais qu’il pourra « échanger » et donc, on en facilitera le trafic. Trafic, bien sûr, réprimé, à mon avis, plus pour la forme qu’avec la réelle volonté de se débarrasser de ce fléau du siècle.
Et j’ai, à l’esprit, plus de non-toxicomanes à l’arrivée qui sont devenus « toxicomanes » en prison… que de toxicomanes « guéris ». A moi-même, on a proposé « en remerciement d’un service », du cannabis ou autre produit…
Autour de la toxicomanie, s’est créé tout un commerce (échange), toute une délinquance (racket), toute une activité de chaque instant… cela occupe…
Je n’en dirai pas plus, mais je reste persuadé que « la prison » ne prend pas en charge le « toxicomane » et même « favorise » la toxicomanie, malgré quelques « actions » d’éclat…
Les « délits à caractère sexuel » sont traités par un suivi psychologique et psychiatrique, d’une efficacité que je ne suis pas à même de juger, mais qui ne me semble pas « perdurer », si je me fie au taux de récidive « officiel » ou « non officiel ». Ce qu’il y a de sûr, c’est que les auteurs de tels actes, sont rejetés par les autres détenus, et ce, au point que très souvent, pour éviter des « agressions physiques », l’administration est obligée de les « séquestrer » entre eux : ce qui est, bien sûr, « pervers »… La manifestation la plus visible du rejet se manifeste par un refus de leur « serrer la main » pour leur dire « bonjour » (alors que le serrage de mains est une coutume établie et respectée par tous), on ne leur parle pas…
Ainsi, si un détenu refuse de te serrer la main, c’est qu’il te considère comme « pointeur » (mot familier qui regroupe les auteurs de délits sexuels), il faut donc y réagir, et si le dialogue est « impossible » (ce qui est la majorité des cas), il te faut faire intervenir un tiers, pour faire reconnaître la vérité.
Si les « jeunes » sont souvent « trafiquants de stup », les « vieux » sont souvent « pointeurs ». Pour ma part, je n’ai pas eu à subir cette suspicion. Mais par contre, à Metz, avec un certain « effroi », j’ai appris que certains jeunes ne venaient plus prendre de livres à la bibliothèque parce que les deux bibliothécaires étaient des « pointeurs »… Vous voyez que cela peut aller loin, et, au jeune, à qui je pense actuellement, je lui ai proposé d’aller prendre des livres (à sa place)… ce qu’il a accepté, alors qu’il n’a pas accepté ma démonstration de l’absurdité de son attitude qui lui faisait plus de tort à lui qu’aux autres…
Vous avez, ci-dessus, les trois catégories de détenus qui bénéficient de la majorité du temps et des services du personnel médical.

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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent…
et des solutions proposées…


Vous trouverez ci-dessous, les dates de parution de mes articles…
Sur la journée du 17 mai 2007. Nous serons donc ensemble jusqu’au nouvel an 2008… si vous le souhaitez…

A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index sur la journée du 14 janvier)
Clémence et Paul Denis avaient tenté de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus.
Vous avez l’intégral de ce bouquin en début de blog, complété par vos questions / remarques et mes réponses…

A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.

Nota : Sur la journée du 21 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…



1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie
Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir sa version papier, vous pouvez l’acquérir en envoyant un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 7 Bld d’Alsace à 57070 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4).

"Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…" est en cours de relecture…. Peut-être sera-t-il publié ? En attendant, vous le découvrirez dans les jours qui suivent… Une version « papier » en auto-édition, est disponible, au prix de 17 €uros (frais d’envoi compris). Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (200 pages A4).

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