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15/10/2007

La sécurité... (suite)

La Sécurité – Suite –

Revenons à la sécurité : Je pense que bon nombre de détenus doivent être atteints du syndrome de la nuit (tombée de la nuit) : à savoir que les angoisses se manifestent, souvent, à ce moment de la journée et se manifestent par une excitation particulière, cela, je l’ai constaté et surtout « entendu », à travers la « frappe » de portes…. A Metz, la nuit, c’est le moment où les « risques » sont les plus nombreux. Comme déjà évoqué, les moyens de prévention et d’alarme ne sont plus en état… de fonctionnement : ce qui a pour conséquence qu’en cas de besoin, il faut « guetter » le passage (silencieux) des surveillants lors de leur ronde, il doit en avoir 3 ou 4, à des heures irrégulières. En cas de nécessité, comme indiqué plus après, pour Saint Mihiel, toute une procédure doit être mise en place et donc, les secours arrivent toujours tard, parfois trop tard… ! A Metz, un motif d’interpellation pouvait être bénin, comme le fait que les plombs (fusibles) ont sauté (et ils sautaient souvent) – soit 4 cellules sans courant électrique, donc pas de TV, pas de lumière, etc… et de l’énervement dans l’air, la frappe contre les portes pour alerter quelqu’un qui ne peut vous entendre… etc…
Pour conclure sur Metz, si « le pétage de plomb », et les agressions « verbales » étaient fréquentes, les agressions physiques « graves » étaient rares, ou, pour le moins, pas plus fréquentes et graves que dans un quartier populaire, et ce, avec moins de moyens d’agressions, en effet, tout objet tranchant ou dangereux (bombe contenant des gaz - cf… laque, bombe à raser, spray, etc…) sont interdits, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y avait aucun objet tranchant « fait maison » qui circulait…
A Saint-Mihiel : les murs d’enceinte « béton » sont moins hauts, en raison d’une partie grillagée, surmontée de fil de fer barbelé, il n’y a pas de miradors, mais des caméras (il y en aurait 26). Au niveau de l’enceinte, elle est surveillée par un véhicule qui tourne « fréquemment », jour et nuit.
Contrairement à Metz, il n’y a pas de filins, au dessus des cours de promenade, aires de sport ou cheminement… Mais penser qu’il pourrait y avoir « évasion par hélicoptère » me semble hors de propos, en raison du fait que les gars sont jugés et les détenus qui sont ici, le sont pour une durée, en théorie, relativement courte (- de 5 ans). Certes si le nombre des peines « longues » devait augmenter, il y aurait lieu de revoir le système de sécurité.
Comme à Metz, les lumières sont allumées, en permanence, la nuit, à l’extérieur et dans les parties communes. Au niveau « sécurité individuelle », je pense que les risques sont, peut-être, plus grands qu’en maison d’arrêt, parce qu’il y a, aussi, plus de déplacements permis. Et en plus, les déplacements non autorisés sont souvent « tolérés » : visite à la grille d’une unité qui n’est pas la sienne.
En théorie, et c’est ce que personnellement, je fais, j’indique « toujours » au surveillant où je vais.
En théorie, ce devrait être inutile puisque pour participer à une activité, il faut y être au préalable « inscrit », ce qui fait, en pratique, que l’on sait où tu es (tu devrais être) si on consulte la liste.
Et en pratique, en général, on te trouve « rapidement » pour aller à un RDV non prévu ou pour une signature. A Metz, tous les mouvements étaient inscrits et il y avait des appels « théoriques » pour savoir où étaient les détenus : à l’école, à l’infirmerie, en promenade, en sport, etc… Ici, ce doit être la même chose, mais les résultats doivent être moins fiables car, il me paraît « certain » que de nombreux surveillants se préoccupent fort peu de savoir où sont les détenus sous leur responsabilité…
Les appels « sûrs » sont ceux qui ont lieu, à l’heure des repas et surtout, au début et à la fin de chaque service (de surveillants). Ainsi, à 7 h, le surveillant ouvre ta cellule pour s’assurer que tu es « encore » vivant, à 13 h (changement d’équipe), même assurance. A 12 h 30 et à 19 h 30, un nouveau tour pour s’assurer que la porte de la cellule est bien « fermée ».
La nuit à Saint-Mihiel, il y a aussi 4 à 5 rondes dont deux contrôles visuels, pour notre unité, vers 21 h, pour s’assurer que l’œilleton (de la porte) est bien dégagé et que le lit est visible (il est vrai que comme beaucoup, je mets un cache (bouchon) sur l’œilleton pendant la journée, car s’il est vrai qu’il ne me gêne pas de laisser ma porte ouverte, je n’apprécierai pas d’être « espionné » par un détenu
Rappel : le surveillant a la clef, donc, s’il veut y entrer, je ne peux lui en refuser l’accès, bien sûr. En ce qui concerne le lit, il se peut qu’il soit quelque peu masqué, si la porte du cabinet de toilettes est ouverte à 100 %. Deuxième contrôle visuel, autour de 5 h du matin, avec allumage de la lumière + « regard », quelques secondes (en général, je l’entends).

Chez les plus jeunes (détenus), la violence est souvent latente et, pour un rien, une pécatille, un mot de travers, un coup est vite parti, souvent sans gravité , mais il est là, parfois avec gravité, et il fait l’objet d’un « rapport » et de sanction, et même l’objet d’une « plainte officielle ».
En réalité, il est difficile d’éviter, malgré les efforts visibles et sincères de l’administration, tout conflit.
Si tu as la volonté d’éviter tel ou tel de tes co-détenus, tu y arrives, mais il faut être vigilant, éviter les mouvements « de foule », car « ton » protagoniste peut donner mission à un autre de te porter un mauvais coup.
A Saint-Mihiel, comme partout, maintenant, je pense, tout le personnel pénitentiaire et tous les intervenants extérieurs sont équipés de ce fameux boîtier d’alarme, évoqué lorsque j’ai parlé de Metz. Sa mise en route est relativement récente, je pense, fin 2002. Mais, pour l’avoir vu fonctionner et m’en être fait expliquer le fonctionnement, il est d’une efficacité exemplaire : trois moyens d’alerte (bouton poussoir, tirette, mousqueton de sécurité – en fait, il est prévu pour être mis en ceinture et le fait d’arracher ce cordon de sécurité déclanche l’alarme – je dois avouer que de nombreux intervenants extérieurs ne le mettent pas en ceinture et le tiennent dans leur déplacement à la main et qu’il est, souvent, sur le bureau, pour les surveillants, même attitude « légère »…
Par contre lorsqu’il est déclanché, en quelques secondes – minutes (mais peu) cinq ou six, surveillants et chefs (équipés) arrivent sur les lieux exacts, de l’appel, et les perturbateurs sont maîtrisés, manu militari.
Comme déjà évoqué, à Saint Mihiel, il y a aussi des portes à ouverture électro-magnétique, mais je ne suis pas sûr que, malgré nos 26 caméras, ces ouvertures se fassent, toujours de visu. La majorité des portes s’ouvre, avec l’intervention d’un surveillant (ouverture électrique à l’entrée du bâtiment), ailleurs, ouverture manuelle, donc, pour nous, un confort moindre et souvent des « attentes »…
J’ai entendu dire que certains établissements étaient équipés 100 % « portes à ouverture électrique », y compris les cellules. Je dois dire que ce système aurait l’avantage d’alléger le travail « fastidieux » des surveillants, d’en réduire, peut-être, le nombre (hélas) ou mieux, ils les rendraient plus disponibles pour aider (écouter) les détenus… qui sont, souvent, demandeurs d’écoute. A suivre…

La Sécurité…, la nuit …

A Saint-Mihiel, je peux vous confirmer, hélas, que les interphones que nous avons en cellule, fonctionnent bien.
En effet, j’en ai eu la confirmation lors de tentatives de suicide ou d’accident dont si je n’ai pas été le témoin oculaire (puisque cela s’est passé la nuit), j’en ai été le témoin auditif et j’en ai entendu les « confidences ».
Donc, il y a interphone et possibilité de dialoguer avec le PC (poste de commandement), au moins la nuit. En cellule, nous n’avons qu’un bouton d’appel qui, de jour, actionne un voyant lumineux extérieur à la cellule et visible (de loin) par le surveillant qui passe.
La nuit, je pense que le système est relié au PC, et alors, c’est lui (eux) qui interroge la cellule et essaie de savoir ce qui se passe… On peut lui répondre… Mais il faut avouer que le temps de la mise en route d’éventuels secours, peut être long.
En effet, la nuit, les cellules sont fermées et les surveillants (qui ne font que des rondes) n’ont pas la clef (rappel : les portes sont équipées de trois fermetures : une clef de confort, celle que j’ai, une clef de sécurité (passe) qui ne se manœuvre que de l’extérieur et qui fait coulisser deux pennes d’un bon 1,5 cm de diamètre, et un loquet sur lequel peut être fixé un cadenas, par exemple, en attente d’expertise ou du passage de la police, en cas de décès douteux).

Bref, la nuit, seul un gradé, appelé par les surveillants, peut intervenir et ouvrir la cellule. Cela prend donc, un certain temps, et c’est lui qui décide de l’appel ou non du SAMU, en sachant que dans les prisons que je connais (Metz, Saint-Mihiel, Nancy, Bar le Duc, Epinal, par ouie dire), il n’y a pas de service médical « de nuit ».
Et c’est aussi pour cette raison, je pense, que l’infirmerie n’est pas équipée de chambre-cellule-lit de nuit et que le cas échéant, tu es soigné en cellule ou à l’hôpital, il n’y a pas de lieu intermédiaire…
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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent…
et des solutions proposées…


Vous trouverez ci-dessous, les dates de parution de mes articles…
Sur la journée du 17 mai 2007. Nous serons donc ensemble jusqu’au nouvel an 2008… si vous le souhaitez…

A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index sur la journée du 14 janvier)
Clémence et Paul Denis avaient tenté de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus.
Vous avez l’intégral de ce bouquin en début de blog, complété par vos questions / remarques et mes réponses…

A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.

Nota : Sur la journée du 21 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…



1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie
Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir sa version papier, vous pouvez l’acquérir en envoyant un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 7 Bld d’Alsace à 57070 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4).

"Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…" est en cours de relecture…. Peut-être sera-t-il publié ? En attendant, vous le découvrirez dans les jours qui suivent… Une version « papier » en auto-édition, est disponible, au prix de 17 €uros (frais d’envoi compris). Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (200 pages A4).

Commentaires

simplement pour te dire que je passe de temps en temps voir tes notes, intéressant témoignage pour ceux qui ne connaissent pas l'univers carcéral...

Écrit par : folflo | 15/10/2007

Témoignage, certes, mais je pense et sais qu’il est utile pour tous ceux qui ont un proche « en prison »… et il y en a plus de 60.000, cela fait beaucoup de familles et amis… aussi, est-il important que vous m »aidiez à le faire connaitre, ce blog, puisque les éditeurs ne veulent pas de mes bouquins… Pas d’autre choix…
De Paul Denis à Folflo, le 21 octobre 2007 à 22 h 40

Écrit par : Paul Denis | 21/10/2007

Les commentaires sont fermés.

 
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