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06/08/2007

Le Barbare..., L'Alcoolique..., Le Trafiquant de cigarettes...

« Le barbare » :

Je ne sais comment ils doivent être appelés. Ce qui est sûr, c’est qu’avec violence, ils ont pratiqué des actes que l’on peut qualifier de « barbare » et/ou contre nature. Cela passe par la séquestration, par des sévices physiques (très divers), parfois sexuels.
Il m’est difficile d’imaginer de tels actes et lorsque je suis en présence de l’auteur… je reste souvent perplexe et le connaissant mieux, je suis surpris qu’il ait pu commettre de tels actes.
Aussi, pour ma part, je pense qu’ils sont avant tout des malades, ce qui ne les excuse pas, mais ils ont besoin de soins et surtout d’un suivi que ni la prison, ni l’après-prison ne leur offriront…
Certains restent assez « indifférents »… au point de se demander s’ils ont des regrets, un remords…
Certains n’en parlent « jamais »… et l’on peut « supposer » qu’ils ont agi sous le coup d’une pulsion incontrôlable… une fois… mais peut-on être sûr qu’il n’y en aura pas une autre.
Leur présence, ici, certes, est justifiée, mais elle ne devrait être que le tremplin vers une nouvelle vie « sous contrôle ».
Ceux que j’ai connus, sortaient d’un milieu familial très perturbé, pour ne pas dire inexistant, … ceci peut expliquer cela… Il est probable que la violence a fait partie de leur quotidien, même si eux, sont passés au stade supérieur…
Sans prise en charge « réelle » seront-ils capables de vivre une vie normale ?

« L’alcoolique » :

C’est souvent une situation aggravante d’une autre infraction (accident automobile, agression, etc…).
En prison, ils sont bien pris en charge… en raison d’un sevrage médicamenteux. Il paraît que c’est dur, très dur, au départ.
Je me souviens avoir croisé un gars à Metz, qui était là pour l’alcool, arrêté lors d’un banal contrôle de police avec un taux d’alcoolémie qui aurait dû le tuer… depuis longtemps. Au bout de quelques semaines, physiquement, on lui donnait 20 ans de moins (rides disparus, peau saine, comportement et langage corrects)… une « transfiguration ».
Ils sont, outre le côté médical, « soutenus » par l’association « Vie libre » qui s’occupe des anciens alcooliques. Ils ont, d’ailleurs, une « obligation » judiciaire de participer à ces rencontres hebdomadaires.

Le problème, d’après ceux que j’ai côtoyés, réside dans le fait que, de retour, à la vie « en liberté »… la tentation est trop grande, et eux, trop faciles, ce qui veut dire que l’alcoolisme reviendra… et revient, dans de trop nombreux cas, un peu comme le fumeur qui a du mal de se débarrasser de ses « habitudes »…

En prison, ils ne posent pas de problème. Ils se reconnaissent comme « malades » et acceptent de se soigner. Sa famille le soutient et l’aide.
Le danger est le retour à la vie, après sevrage. Sera-t-il capable de poursuivre cette abstinence… ?

« Trafiquant de cigarettes » :

Voilà des gens heureux. Notre système judiciaire est tel que les risques encourus (peine de prison, amende) sont, par la loi, si limités que le passage en prison ne leur pose aucun problème. C’est un incident.
Peut-être, un camion a été perdu… mais c’était un camion volé… et la marchandise, confisquée, … mais sa valeur d’achat a été, au préalable, ou sera, largement compensé par d’autres voyages.

Vous l’avez compris, je vous parle de « maîtres » dans ce trafic (qui se disent « chauffeurs occasionnels »), mais qui, en fait, travaillent pour leur compte, à 2 ou 3. Et même si l’un est pris, les autres sont passés… et dans six mois, il retrouvera sa place.
Jusqu’à maintenant, la France n’était qu’un transit vers l’Angleterre, avec les hausses actuelles, je crains fort que la France devienne « terre d’accueil ».

Il m’a été agréable de terminer ce panorama de mes co-détenus, par ce type de détenu « heureux »… ou presque.

Volontairement, je ne vous ai pas parlé de gens de mon espèce qui sont en prison pour délits d’argent et/ou fiscaux. J’ai connu aussi, à Metz et ici, quelques trafiquants de cartes bancaires, un escroc à l’association caritative, un employé de banque qui volait ses clients, quelques escrocs à l’assurance ou au crédit, mais vraiment, ici, nous sommes des « marginaux », des « exceptions », peut-être 5 ou 6/400…

En guise de conclusion, s’il peut y en avoir une, je ne peux que vous dire que je suis très sceptique sur la capacité de la « seule » prison pour produire la réinsertion…

Je vais vous donner mon opinion personnelle sur la politique actuelle, vis à vis des délinquants.

Je suis obligé de reconnaître et reconnais que le tout répression de Sarkozy, porte ses fruits. On s’aperçoit que la présence des radars sur nos routes, limite (réduit) le nombre d’accidents et donc, de morts, c’est donc une bonne chose.
La peur du gendarme et la présence de la police, de plus en plus fréquente, en coup de poing, dans les quartiers chauds, difficiles, même si elles ne sont pas appréciées par les locaux, permet « d’ébranler » les trafics en tout genre.
Dire qu’ils les feront « disparaître » me semble quelque peu utopique. Mais c’est pour le moins la manifestation d’une volonté de mettre fin à certaines pratiques délictueuses. A ce titre, elles sont « utiles ».

Mais la répression ne guérit pas le mal, il le plâtre, l’ampute ponctuellement de quelques uns de ses ténors. J’ai à l’esprit la réflexion d’un de mes co-détenus qui était accusé d’être la « tête de réseau » en matière de revente de stupéfiants. Il me disait : « Je suis peut-être là, mais dehors, cela continue pareil, donc on ne peut pas dire que j’étais la tête de réseau ». Bien sûr, son interprétation des faits est toute personnelle, et son « remplacement » par un autre n’est pas une preuve de son innocence.

Et cette constatation me permet de faire la transition avec ce qui me tient le plus à cœur : la réinsertion.
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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent…
et des solutions proposées…


Vous trouverez ci-dessous, les dates de parution de mes articles…
Sur la journée du 17 mai 2007. Nous serons donc ensemble jusqu’au nouvel an 2008… si vous le souhaitez…

A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index sur la journée du 14 janvier)
Clémence et Paul Denis avaient tenté de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus.
Vous avez l’intégral de ce bouquin en début de blog, complété par vos questions / remarques et mes réponses…

A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.

Nota : Sur la journée du 21 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…



1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie
Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir sa version papier, vous pouvez l’acquérir en envoyant un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 7 Bld d’Alsace à 57070 METZ. Pour 13 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4).

"Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…" est en cours de relecture…. Peut-être sera-t-il publié ? En attendant, vous le découvrirez dans les jours qui suivent… Dès qu’une version « papier » sera faite, je vous l’indiquerai.

03/08/2007

Le braqueur...., Le grand voleur...

« Le braqueur » et/ou « le grand voleur » :

J’ai plus souvent rencontré des complices, des co-auteurs, plutôt que des « meneurs », cerveaux, ceux-là s’ils ont été pris, ce qui n’est pas toujours le cas, sont en Centrale… Mais, j’ai fréquenté de « petit braqueur » (de bureaux de tabac, pharmacie, bijouterie, etc…).
Si je mélange ces deux catégories, ce n’est pas pour faire vite, mais parce qu’ils se ressemblent bien.
Certes le « braqueur » est souvent plus violent, au moins dans sa manifestation, il n’agit pas à couvert, mais en plein jour.
Le « grand voleur », ils s’appellent, eux-mêmes, les « détrousseurs de château » agissent la nuit, en l’absence de leurs victimes, le plus souvent, il n’y a pas de violence, pas de menace sur personne.
Certes leur butin n’est pas le même, la braqueur recherche essentiellement de l’argent « liquide » ou le précieux (bijouterie), le voleur, tout ce qui se vend le mieux.
Tous les deux font partie de réseaux internationaux pour écouler leur butin. Chez eux, on retrouve que rarement quelque chose. Ils ont des planques. Leur arrestation nécessite souvent de longues et minutieuses filatures… afin qu’il y ait « flag ». Pour les confondre, la prise sur le fait est indispensable, tout autre arrestation si rien n’est découvert, et c’est le plus souvent le cas, se termine par un non-lieu… alors que la police est « sûre » qu’ils en sont les auteurs…
Leur véritable problème, c’est qu’ils ne savent pas faire « autre chose ». Ils n’ont jamais fait autre chose. Les récidivistes sont fréquents. Les peines souvent courtes – 2 à 5 ans. En général, ils ne sont pas dans « la misère », à la sortie.
Souvent, ils sont réceptifs à un changement de vie. Ils en manifestent l’intention, en formation, on en retrouve beaucoup. Ils sont souvent pleins de bonne volonté.
Mais je crains qu’entre le vœu et la réalité, il y ait un fossé… ce qui me fait penser cela, est le taux de récidive dans cette catégorie. J’aurai tendance à penser qu’il s’agit d’un état quelque peu « maladif » et que le seul remède serait le suivi et la contrainte à une vie « normale ». En discutant avec eux, on peut comprendre qu’ils ne souhaitent pas « recommencer », mais ils se voient mal capables de faire une activité dite « normale ».
Je viens, dernièrement, de discuter avec un jeune (35 ans) qui était, ici, pour braquage, et un peu avant sa sortie, je lui ai demandé. Que vas-tu faire ? J’ai été « surpris » de sa réaction et de la rapidité de sa réponse : « J’ai tout prévu ». Il avait un peu de « réserve ». Il avait décidé de faire au moins « un », peut-être, 2 ou 3 voyages vers la Hollande, pour y acheter un ou 2 kilos d’héroïne. Il avait en poche : adresse où acheter bien et pas cher. Il savait à qui il devait la revendre « en gros ».
En fait, ici et ailleurs, je ne sais : il avait obtenu tous les renseignements nécessaires. Et je pense, sincèrement, qu’il le fera. Son programme était simple. Faire quelques voyages et ensuite aller s’installer, au calme, dans le midi, avec un petit job, pour s’occuper, dans un bar ou un snack… Il avait « fait » tous ses calculs. Et je le crois capable de les mettre en pratique…
Et quand on connaît les marges dans ce « commerce »… il y a de quoi rêver. Par rapport au producteur, c’est du 3 à 4.000 %. Je ne connais pas tous les chiffres et intermédiaires (mais ils sont nombreux…, pour brouiller les pistes) mais le petit revendeur vend 10 fois plus cher, ce qu’il a, lui-même, acheté « cher » à son chef de réseau. (A la lecture d’un dossier pénal, j’ai vu que les douanes estimaient le bénéfice du transporteur/grossiste à 30 € par gramme, pour 1 kg, cela fait 30.000 €… A raison de 2 kg par voyage et 2 voyages par mois… cela laisse rêveur…). Information confirmée à travers de nombreux témoignages. Vous voyez la marge, et je ne suis pas sûr que le revendeur soit le plus grand bénéficiaire de ce trafic… !

Pour revenir à mon « braqueur » ou « grand voleur » et parler de leur lien avec leurs attaches familiales, je dirai que souvent ils travaillent « en famille », dans ce sens que ne pouvant agir « seul », ils privilégient la famille (frère, père, cousin), car il existe entre eux, une solidarité qu’ils n’obtiennent pas toujours avec d’autres qui risquent de les « donner » en cas d’arrestation, et pour le partage, c’est plus facile, il n’y a pas de rivalité : « On travaille ensemble ».
Ici, ils restent unis à leur famille et ne souffrent pas d’un rejet familial. Ils sont attendus. La prison n’est pas une fatalité, elle fait partie des risques « calculés ». Les allers et retours sont fréquents.
Pour leur éviter la récidive, très souvent, il leur est interdit de retourner dans leur région d’origine… ce qui n’est pas forcément une bonne décision… la Justice leur offre un nouveau terrain de conquête… !
Leur souhait, malgré les risques certains, est de pouvoir revenir dans leur région d’origine… Et pourtant, il est bien évident que les services de police… vont avoir l’œil, sur eux…
Réaction quelque peu incompréhensible… pour moi… Mais je ne suis pas « eux »…

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01/08/2007

Le délinquant sexuel (suite)

« Le délinquant sexuel » : - 2 -

Parmi les innocents, on trouve, retrouve, toujours ou très souvent, des problèmes familiaux, liés au couple. L’origine de la plainte n’est pas « toujours » la victime, mais un de ses proches, souvent la mère qui prend l’enfant comme otage et le manipule de telle sorte qu’il est obligé de confirmer les dires de sa mère contre son père ou l’adulte en question.
Un adulte se sert d’un enfant pour régler son problème personnel, je trouve cela quelque peu (très) écoeurant. Il se peut que ce soit la vérité… mais est-ce la vérité… Qui le sait, qui le saura ? Pas la justice, assurément.

Une constatation : il n’est pas rare que l’enfant « victime » garde des contacts avec son parent « pseudo bourreau », soit par courrier, mais aussi en venant le voir en prison… Cela me laisse perplexe… et m’interpelle. Pas vous ?

Les statistiques sont là pour nous dire qu’actuellement, 25 % des détenus y sont pour délits sexuels. C’est effrayant, surtout que j’ai pu constater que dans les dossiers, les plus vides, c’est à dire, sans fait concret, la peine minimum est de 5 ans.
Les grosses peines, je n’en côtoie pas, pour cause, car ils sont en Centrale (prison prévue pour les peines longues : + de 10 ans) et même si, aujourd’hui on a tendance à mélanger (plus qu’avant) les petites et les peines plus longues, ces dernières sont encore rares et concernent plutôt, ici, des « braqueurs ».

Le fait d’être « vieux », plus de 40 ans, te rend suspect aux yeux des autres détenus… quand tu es vieux, par a priori, tu es là pour une « affaire de cul »… telle est la pensée de beaucoup. Cet adage est aussi fort que « quand tu es jeune, tu es un dealer »… A toi de « prouver » le contraire.
Et cela est important, lorsque l’on sait que cette catégorie de détenus bénéficie d’un « rejet » manifesté par de nombreux sévices, parfois physiques, toujours mentaux et verbaux.

Je n’ai jamais bénéficié de cet a priori « négatif », car je n’ai jamais caché l’origine de mon arrivée et ceux qui en doutaient, ont été informés par les autres, et, étant écrivain, pour eux, c’était déjà une preuve en soi. Je vous ai déjà parlé dans « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » de Clémence et Paul Denis, du problème rencontré (et non résolu à mon départ de Metz) de la présence de deux bibliothécaires (pointeurs) dont la présence faisait que certains détenus préféraient se priver de lecture, plutôt que d’être « obligé » de les côtoyer, ne serait-ce que « furtivement »… Cela en dit long, sur le rejet.

Pour leur relation avec leur famille, elles sont très diverses et varient, bien sûr, en fonction de la nature des faits reprochés et surtout, de leur véracité.
Ils sont très souvent, au moins au départ « rejetés »…
Avec le temps, les années, la fibre familiale réapparaît parfois, au moins à travers le courrier et/ou le téléphone…
Le détenu souffre de cet isolement, et le supporte mal, il est fréquent que sa cellule soit décorée des photos (nombreuses parfois) de sa famille qui l’a rejeté.

Je voudrai encore, pour cette catégorie de détenus, vous faire part d’attitudes qui m’ont surpris et m’interpellent.
Nombreux sont ceux qui clament leur innocence avec plus ou moins de force… Un certain nombre, une bonne moitié, n’en parle jamais et cache l’objet de leur présence.
Un petit nombre assume et, même si, bien sûr, ils n’en font pas étalage, il en parle assez facilement, et ce sont souvent, soit des auteurs « par accident – par pulsion… », les faits sont connus et reconnus, regrettés, mais ils sont là.
D’autres, se disent victimes de « complot familial », et le fait d’en parler leur permet de s’en libérer… D’autres reconnaissent avoir été « légers » et trompés par l’âge réel de la « victime » (encore mineure sexuelle) au moment des faits.
Beaucoup affirment que la victime plaignante était, en fait, consentante et que son action n’est que le fruit d’une jalousie (suite à un abandon), ou, pour essayer de « toucher » des dommages et intérêts (parties civiles)… !!!

Maintenant, je vous parlerai de ma propre attitude à leur égard. Il est évident que je ne peux « approuver », « accepter » leurs « actes ».
Si j’essaie d’éviter le rejet, je n’en recherche pas la compagnie. Le fait de les côtoyer pourrait provoquer mon propre rejet (par d’autres), ce que je ne souhaite pas. Je reste donc sur mes gardes.
Une constatation qui en dit long. Au niveau « aumônerie »… à Metz, 700 détenus, nous étions 60 à 80, de toutes confessions, de tous âges. Ici, nous ne sommes qu’au maximum 20, et parmi les plus fidèles (12), 10 sont là pour délits « sexuels »… Le même rejet que celui connu à Metz à la bibliothèque, est manifeste. On me l’a dit et c’est d’ailleurs, à ce moment-là que j’ai fait le compte : « Je n’y vais pas… il n’y a que des pointeurs »… J’en ai parlé à notre aumônier qui m’a dit qu’il connaissait le problème, mais que ce n’était pas à lui de faire le tri (et je suis d’accord avec lui) et que, pour sa part, il essayait de compenser par une présence (visite) en cellule, le besoin de ceux qui ne venaient pas.
J’avoue ne pas trouver de solution pour une meilleure « intégration » de cette catégorie de détenus.

Le mieux que l’on peut leur offrir est l’indifférence, souvent, ils n’en demandent pas plus…
Même entre eux, réside une certaine distance. Beaucoup vivent « en reclus », « tout seul », avec un minimum de communication… C’est assez déroutant… mais j’avoue, le comprendre… même si je ne peux l’approuver… car je sais que dans cette catégorie, il y a des innocents…innocents…

En conclusion, posons-nous la question.
Mérite-t-il la prison ?
Pour beaucoup, c’est un lieu de refuge, le moyen de laisser au temps et à l’oubli, le temps de faire leurs œuvres. « Dehors », leur vie serait, parfois, plus en danger qu’ici.
Nombreux sont ceux qui, après jugement, essaient de faire reconnaître leur innocence. Ils font procédure sur procédure, pour faux témoignage, pour instruction dirigée, etc… Mais c’est, à ma connaissance, toujours en vain…

Sont-ils « récupérables » socialement. Les statistiques disent « oui », puisque le taux de récidive serait faible… Pour ma part, je pense aussi « oui ».
Ici, nombreux sont ceux qui travaillent, en silence, sans problème, ils ne font pas de vague, et à ce titre, ils sont « bien vus » par l’administration…

A leur sortie, pour eux, il serait, sûrement, préférable de changer de lieu de résidence… afin d’échapper à leur passé. Il me faut vous préciser que ce délinquant, en général, avait un travail, une famille, un toit et que, souvent, l’affaire se déclanche alors que l’intéressé ne s’y attend pas (plus)…

S’il accepte de quitter sa région, il lui sera facile de « refaire sa vie », à l’insu de son voisinage. Il est vrai que souvent la cellule familiale est brisée, et c’est souvent cela qui l’inquiète le plus.
Mais je pense que, s’il a la volonté (si on l’aide à se restructurer psychologiquement), il est tout à fait capable de se bien réinsérer. Il est vrai qu’une peine longue comme c’est souvent le cas (minimum 5 ans, plus souvent 10 ou 15) n’est pas pour faciliter les choses. Aussi mon sentiment est que la prison est pour eux, nécessaire pour les séparer de la victime et du voisinage, pour leur permettre de se remettre en question, pour se préparer à une nouvelle vie… mais une peine aussi longue est tout à fait inutile.
Un suivi « réel » suffirait.

Il est vrai que « la récidive » reste rare, mais si elle a lieu, elle est souvent en gros titres dans les journaux… ce qui me fait penser qu’un suivi « réel » et « discret » doit être mis en place. Il faut qu’il soit efficace et qu’il évite (empêche) tout risque de récidive.

Actuellement, rien n’existe, un fichier ADN est en train de se mettre en place, c’est tout et bien peu. Il me semble, dans ce domaine, que c’est, de nouveau, une lacune de notre système judiciaire… et politique.

Cette mesure me semblerait d’autant plus « juste » que ce délinquant, soit, est parfois « innocent » et le fruit d’une machination, soit, les faits sont si anciens qu’ils sont plus, dans sa vie, d’actualité, depuis longtemps, il a une vie « normale », soit, il est accusé de viol alors que le victime était consentante et c’est elle qui l’a « trompé » sur son âge… (cas fréquent).

J’ai souvenir d’un gars qui était homosexuel et qui ne s’en cachait pas et qui, d’ailleurs, était là, en récidive, (donc il a déjà été condamné pour cela) qui m’a expliqué qu’il était attiré par les jeunes – 18-20 ans, lui en avait la quarantaine.
La première fois, il savait que le jeune était mineur, la seconde fois, il m’a assuré, et je n’ai aucune raison de ne pas le croire, qu’il a été très naïf. Son compagnon n’avait que 14 ans, alors qu’il en faisait 20… Le jeune étant consentant et demandeur, et d’ailleurs, ce n’est pas lui qui a porté plainte, mais la DASS. En effet, le jeune était en foyer d’accueil, en fugue, donc en galère, recherché…

Sa négligence (ne pas s’être assuré de l’âge) va lui coûter quelques années de prison et de sa vie… Peut-on vraiment le considérer comme un « criminel »… !
Pour moi, il était sincère avec lui-même. Il reconnaissait avoir fait une erreur, il « assumait », méritait-il 5-7-10 ans de prison ? En fait, quand j’ai quitté Metz, il n’était pas encore condamné… la justice n’arrivait pas à retrouver « la victime »… mais je pense que cela n’empêchera pas sa condamnation puisque l’origine de la plainte était la DASS (partie civile et plaignante)… !

En fait, lui, n’avait aucun remords, n’avait pas l’intention de changer sa vie… il sera (je l’espère) à l’avenir plus prudent. D’ailleurs, en prison, il s’était trouvé des partenaires consentant… !

Pour conclure, je vous ferai une parenthèse sur la sexualité en prison : c’est un sujet « fréquent » de conversation, disons quasi permanent : le manque de « femme » et l’image qui est véhiculée n’est pas des plus reluisantes…
En ce qui concerne les pratiques homosexuelles. S’il y en a, et il y en a, elles sont discrètes, peu connues, pas acceptées des autres. Des pratiques « sous » contrainte, j’ai eu connaissance de certaines. Elles sont vite « étouffées » et les auteurs (protagonistes) séparés, voire l’un des deux, parfois les deux « transférés » (c’est à dire, envoyés dans une autre prison), même s’il n’y a pas eu de « plainte ».

Comme partout, comme dans beaucoup de circonstances, ici plus qu’ailleurs, il faut se méfier de ce qui est dit… il n’y a pas toujours que du vrai et l’exagération est coutumière…

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