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12/11/2007

La Retraite : un droit ?


LA RETRAITE : un droit ou une condamnation supplémentaire ?



St Mihiel, le 15 Décembre 2003



Monsieur le Président de la République
Palais de l'Elysée
55 rue du Faubourg Saint-Honoré
75008 PARIS



Objet : Droits à la retraite


Monsieur le Président de la République,

Permettez-moi de revenir devant vous.
Mon courrier du 5 Mai dernier n’a pas eu l’écho que j’en attendais.
Certes, le Ministre de la Justice m’a fait répondre, la réglementation « en cours » qui est loin de me satisfaire et surtout, de respecter les droits de tout citoyen qu’il soit « détenu » ou non, c’est à dire son droit à bénéficier d’une retraite équitable, en raison de ses périodes d’activité professionnelle.
En effet, le détenu travaille pendant de nombreuses heures pour une rémunération médiocre, rémunération qui est compréhensible, compte tenu de sa situation privilégiée et de la conjoncture actuelle.
Mais pourquoi priver le détenu de ses droits à la retraite sous prétexte qu’il est « sous payé », alors que tout un chacun n’est pas privé de ce même droit lorsqu’il est « demandeur » d’emploi indemnisé ou non.

Vous trouverez en annexe, un résumé de la situation et une analyse, faite de l’intérieur, du travail en milieu carcéral, et ceci en partant du rapport n° 330 – 2001-2002 du Sénat.
J’ai souhaité le lire, pensant y trouver une réponse à nos attentes.
Ce ne fut pas le cas…
Vous souhaitant bonne réception du présent courrier.




DROITS à la RETRAITE des détenus en milieu carcéral



Tout a commencé, fin avril 2003, lors d’un débat à la TV (notre seule source d’information) sur le projet du gouvernement, au sujet des « retraites ».
Je me suis dit que c’était le moment (peut-être un peu tard) d’interroger nos dirigeants sur mes (nos) préoccupations en matière de retraite et de travail, en milieu carcéral.

Bien sûr, je m’en étais déjà préoccupé bien avant, et dès mon arrivée en Maison d’Arrêt, puis en Centre de détention, je m’étais « renseigné ».

Comme les avis et « affirmations » étaient divergents, j’avais demandé à mon épouse de se renseigner à la source (la CRAV) qui gère le calcul des trimestres validés, puisque c’est de cela qu’il s’agit.

Ci-dessous, je vous recopie l’essentiel de ma lettre du 5 mai 2003 au Président de la République, qui reprend les informations que j’avais reçues, à savoir :

En effet, sur ma demande, je n'ai obtenu que des informations contradictoires :
1. A la Maison d'Arrêt de Metz, l'administration pénitentiaire m'a "affirmé" que dans la mesure où je travaillais, mes trimestres me seraient validés (réponse spontanée).
2. Au Centre de Détention Régional de Saint-Mihiel, l'administration (après vérification auprès de …) m'affirme que, pour les détenus, les trimestres étaient toujours "validés" (même pour les périodes non travaillées), au même titre que les périodes de chômage.
3. Sur interrogation, les services de la CRAV disent (confirment) à mon épouse que, pour qu'un trimestre soit validé, il faut un salaire "déclaré" de 1366 Euros/ trimestre (minimum).

Ma demande et un essai de « revendication » :
Pour ma part, et c'est en cela que ma demande se justifie, je souhaiterais que soit précisée "clairement" la situation des détenus, vis à vis de leur future retraite.
Il me semble que ces périodes de travail "rémunérées" (à bas prix), en raison du fait, je pense, que les détenus sont déjà "assistés" (nourris, logés, entretenus partiellement), devraient être "validés" comme périodes de "travail" (trimestres), mais "banalisées" (c'est à dire, hors prises en compte) pour le calcul des 25 meilleures années.
Excusez-moi de me permettre d'attirer votre attention sur une situation qui préoccupe, quand même, beaucoup de citoyens qui, en raison de leur formation parfois longue, auront, déjà, du mal à "valider" 160 trimestres…, avant leur 65 ème anniversaire!

Je ne vous cacherai pas que la position de la CRAV m’a quelque peu dérouté et j’ai donc, moi-même, écrit à la CRAV pour avoir une confirmation écrite de la chose…
J’ai reçu beaucoup de demandes et formulaires concernant ma « carrière », mais aucune réponse « claire », d’où l’idée d’interpeller le Président Jacques CHIRAC, sur ce problème de calcul des droits à la retraite.

Ne sachant pas faire les choses simplement, j’ai, avec une lettre d’accompagnement, envoyé 15 copies de la lettre au Président de la République (Premier ministre, Ministre des affaires sanitaires et sociales, Ministre de la Justice + 12 représentants de la Nation : 5 sénateurs + 7 députés – de tout bord).

J'ai quelque peu mobilisé, et, à ce jour, j'ai obtenu, trois réponses « de courtoisie », deux questions écrites ont été présentées au gouvernement, j’en ai les copies, mais pas encore la réponse… !

Et surtout, par l’intermédiaire d’un député, j’ai obtenu une réponse du Ministre de la Justice « claire », « précise » et « complète » de la situation actuelle.

Pour tout vous dire, elle ne m’a rien appris. En effet, entre temps, j’ai rencontré, en centre de détention, un détenu (depuis trois ans) qui avait travaillé en détention, pendant deux années, et je lui ai fait demandé un « relevé de carrière », auprès de sa CRAM.
Son interprétation était claire et confirmait les informations reçues par mon épouse, avec la précision que le salaire « annuel » était validé en trimestre, en fonction de son total divisé par ces fameux 1.366 Euros (ou l’équivalent de l’époque).
Voici la réponse, claire, précise et complète du Ministère de la Justice (Cabinet du Garde des sceaux, le chef du cabinet) :

… A la suite de mon dernier courrier, j’ai l’honneur de vous faire part des éléments suivants : depuis le 1er janvier 1977, en application des articles L.381-31, R. 381-103 à R. 381-120 du Code de la Sécurité sociale, les détenus qui travaillent acquièrent des droits à une pension de retraite ultérieure, par le versement de cotisations sociales au titre de l’assurance vieillesse. Les cotisations sociales sont payées par l’administration pénitentiaire seule quand le détenu est employé au service général ou par l’employeur (administration pénitentiaire ou concessionnaire) et par le détenu dans les autres cas.

Les détenus en placement à l’extérieur ou en semi-liberté sont affiliés au régime dont relève l’activité qu’ils exercent et bénéficient des prestations de droit commun.

En vue de faire valider les droits ouverts au titre de l’assurance vieillesse des détenus concernés, et conformément au décret du 24 mars 1972, codifié à l’article R. 243-14 du Code de la sécurité sociale, l’administration pénitentiaire produit chaque année une déclaration annuelle des données sociales auprès de la CNAVTS, et ce, quel que soit le régime de travail (service général, régie, concession), l’administration pénitentiaire assurant auprès des organismes sociaux le rôle d’employeur des détenus effectuant un travail en détention.

Les périodes de travail en détention sont ainsi prises en compte pour le calcul des trimestres de cotisations ouvrant droit à pension. Le versement des cotisations assurance vieillesse par l’établissement à l’URSSAF de son ressort entraîne la validation d’un trimestre civil dans la limite de 4 trimestres par an.

Toutefois, les trimestres d’assurance ne sont validés intégralement qu’en fonction du montant des salaires soumis à cotisations. Ainsi, début 2003, pour valider un trimestre, il faut avoir cotisé sur un salaire brut de 1.366 euros (chiffre 2003), soit 200 fois le taux horaire du SMIC.

Le calcul de la pension qui sera versée à la liquidation des droits repose, comme en droit du travail, sur trois éléments :

. le taux, pourcentage qui est appliqué au salaire de référence pour calculer le montant de la pension.
. le salaire annuel moyen, ou salaire de référence auquel est appliqué le taux. Il est actuellement calculé à partir du salaire annuel des 25 meilleures années.
. la durée d’assurance, ou nombre de trimestres pendant lesquels l’assuré a cotisé. En 2003, le nombre de trimestres nécessaires pour l’obtention d’une pension normale est de 160.

La règle, en vigueur, est claire.

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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent…
et des solutions proposées…


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. Nous serons donc ensemble jusqu’au nouvel an 2008… si vous le souhaitez…

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Vous avez l’intégral de ce bouquin en début de blog, complété par vos questions / remarques et mes réponses…

A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.

Nota : Sur la journée du 21 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…



1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie
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31/10/2007

Utilité et/ou Inutilité de la prison.... (suite 2 et fin)

Utilité et/ou inutilité de la prison ? (Suite et fin)


Le CONDAMNÉ CONDAMNÉ…

C’est le gros du bataillon. Il a commis un délit, une infraction, un crime, il a été condamné. Il subit sa condamnation. Il parle peu du passé, peu du futur. Il sait pourquoi il est là, il assume. Il accepte la situation présente.
Il vit, le mieux possible, sans vague, mais il ne faut pas essayer de le raisonner. Son avenir sera ce qu’il sera. Il ne se projette pas dans son avenir.
Il sait que ce ne fut qu’un accident de parcours. Il souhaite que cela ne se reproduise pas. Il veut retrouver la vie normale qu’il a connue et qu’il retrouvera, un jour.
Il a parfois des regrets, parfois l’espoir d’une vie meilleure.
Il n’a pas de réponse à faire lorsqu’on l’interroge sur le pourquoi, le comment, il en est arrivé là. D’ailleurs, il ne voit pas comment il aurait pu faire autrement.
C’est la fatalité, c’est elle qui lui fixera son avenir, souvent il ne sait pas pourquoi, il en est arrivé à cette situation. C’est le type même du détenu, futur libéré qui a besoin d’une aide et d’un suivi psychologique et matériel, qui a besoin d’une surveillance « réelle », afin d’éviter tout dérapage… futur.
Il a beaucoup de mal à se projeter dans l’avenir. Il redoute le retour et le regard des autres. Il a peur de s’être marginalisé et de le rester.
Pour lui, qu’il soit auteur d’agressions sexuelles, de crime passionnel ou accidentel, il est clair que sa culpabilité, il l’a déjà reconnu, aussi est-on en droit de se demander si la prison ou pour le moins, une présence longue en prison, est nécessaire. Souvent, d’autres peines, plus pénibles et plus contraignantes sont possibles à trouver.
La prison ne lui apportera rien. Il n’en sortira pas meilleure, bien au contraire, puisque la prison lui aura ôté tout lien avec la vraie vie, celle qu’il faut affronter chaque jour, puisque la prison va le marginaliser en lui ôtant son travail, en brisant son couple et/ou sa famille.

UTILITE de la prison :

Pour beaucoup de catégories de délinquant, la prison n’est pas « la solution ».
Elle est cependant utile lorsqu’elle met fin à une série de crimes, ou à une série d’infractions graves préjudiciables à la vie humaine.
Elle peut être utile comme moyen d’intimidation, pour faire comprendre que cela arrive et peut se prolonger, mais faudrait-il encore que la prison soit pénible. Je ne pense pas qu’il faut revenir aux conditions de détention qui existaient au bagne, mais je pense que la vie en prison n’est pas aussi pénible que certains le croient. J’ai souvent pu constater que de nombreux détenus s’y trouvaient très bien. Ils savaient se refuser ce qui ne leur est plus accessible (vie sexuelle, petits plaisirs quotidiens). Bref, ils savent s’adapter et faire coïncider leurs besoins avec ce qui est possible. Je pense que c’est le propre de l’être humain d’être aussi adaptable. Il sait trouver ses limites et son bonheur dans les contraintes qui lui sont imposées. D’ailleurs, cette adaptabilité est un gage de survie en prison. Le plus pénible ne se trouve pas dans les conditions matérielles de détention, mais dans les conditions psychologiques qui parfois frisent l’inhumanité.
L’environnement humain est imposé, la cohabitation est imposée, c’est elle qui est souvent pénible : ne pas pouvoir choisir avec qui on va partager son temps…

Ce qui est pénible aussi, pour le détenu, c’est de savoir qu’il a laissé ou mis son entourage en de réelles difficultés matérielles. Il se rend compte qu’à cause de lui, d’autres sont malheureux.
Il s’isole, il est isolé de son milieu naturel.
Il se rend compte qu’il est tout à fait impuissant pour tenir son rang social.

La prison a tendance à niveler les différentes classes sociales. Mais ne vous y trouvez pas, malgré ce qui est affirmé, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne, tout le monde n’est pas respecté comme cela devrait l’être.
Il est vrai que la réaction de l’entourage du détenu et de l’encadrement (qui fait son métier), n’est la le même vis-à-vis d’un jeune parfois turbulent, que vis-à-vis d’un ancien chef d’entreprise, que vis-à-vis d’un bon français moyen.

Pour conclure, je redirai qu’il est indispensable que l’on trouve des peines moins perturbatrices de la vie sociale et plus propices à un réel abandon de la délinquance. Dans de nombreux cas, c’est possible. Il y va de l’avenir de notre pays.

Je n’ai pas parlé de la deuxième fonction de la prison qui est de prévoir la réinsertion sociale des détenus. Il n’y a rien à dire, car rien n’est fait ou si peu que cela frise la plaisanterie…

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26/10/2007

Utilité et/ou Inutilité de la prison....

Utilité et/ou inutilité de la prison ?

Pendant la rédaction et la mise en page de ce deuxième ouvrage, j’ai créé des blogs pour y diffuser mon premier bouquin : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » de Clémence et Paul Denis. J’ai eu quelques commentaires de lecteurs, et cela m’a permis de réfléchir sur quelques pistes non encore approfondies.


Il est commun d’entendre et de dire : « S’il est en prison, c’est qu’il le mérite, je ne vais pas le plaindre »…

C’est souvent vrai, mais le problème n’est pas là. Il faut se poser le question : est-ce que la prison lui sera « utile », lui permettra de repartir sur de nouvelles bases… ?

Comme vous le savez, j’ai été pendant de nombreux mois en prison (34 mois) et pendant aussi de longs mois auxi-écrivain.
Cette fonction m’a permis d’observer et de rencontrer de nombreux détenus, de tous âges, de toutes nationalités, de toutes conditions sociales, responsables de toutes sortes de délits ou crimes.
Par obligation, j’ai été le confident spontané de beaucoup de situations, de passés et de futurs, d’espoir et de détresse humaine.

Cette expérience me permet d’avoir une vision de ce qu’apporte, au détenu, la prison qui n’est pas celle que de nombreux militants mettent en avant, celle que de nombreux politiques voudraient mettre en place.

Rappelons que l’administration pénitentiaire a deux fonctions essentielles, à en croire, le Code de Procédure Pénale (CPP, art. D 188 et D 189) : la garde des personnes privées de la liberté d’« aller et venir » par décision de justice et la réinsertion sociale des détenus.
Le motif de l’incarcération et l’environnement social et psychologique du détenu n’est donc pas une priorité pour la prison.

Si l’on veut parler de ce qu’apporte au détenu, la prison, il faut se préoccuper de son état d’esprit quand il y rentre, de sa faculté de s’adapter à ce monde qui lui est imposé et qui, a priori, au moins le pense-t-il, lui est hostile, de sa volonté à faire en sorte que sa vie future, quand il sortira de prison, ne sera pas la même que celle qui l’a amené en prison.

Chacun réagit différemment et cela en premier chef, en raison de son sentiment de responsabilité dans sa présence en ces lieux.
Bien que cela ne soit pas si évident, chacun pouvant évoluer au fil du temps, je pense qu’il faut « classer » les détenus en fonction de leur culpabilité ressentie ou non.

Si un individu est innocent, c’est lui d’ailleurs le seul a avoir le pouvoir d’affirmer qu’il est innocent, puisque lui, il sait s’il a fait ce que la société et la justice lui reprochent, il ne peut pas réagir, vis-à-vis de la prison, de la même façon que celui qui se sait coupable de ce qui lui est reproché.

Pour l’INNOCENT, le fait d’être en prison est / doit être insupportable. Sa seule possibilité de s’opposer à cette incarcération injuste est de proclamer son innocence en demandant, en redemandant sa mise en liberté, s’il est prévenu (détenu non jugé), en faisant appel des décisions prises (appel, cassation, révision), accompagné ou non de grève de la faim ou de manifestations de refus de la situation qui lui est imposé. Ne pas oublier le proverbe, tout à fait appliqué, en l’espèce : « Qui dit mot, consent ».
Ainsi, le fait de ne pas faire appel est un « signe » (une preuve pour la Justice que la condamnation est justifiée… Cette interprétation du non-appel me semble tout à fait en dehors d’un contexte réaliste. Beaucoup de détenus m’ont affirmé qu’ils n’avaient pas fait appel de la décision, parce qu’ils pensaient qu’ils n’avaient pas eux-mêmes assez d’éléments pour faire modifier l’interprétation répressive de la justice. A aucun moment, ils ne pensaient que la condamnation était justifiée (juste).

En prison, l’innocent n’est pas cru par les autres et par l’administration qui suit la vision donnée par la Justice.
Il est vrai que tout détenu, à un moment ou à un autre, se dit innocent, ou pour le moins, condamné ou condamnable beaucoup trop par rapport à ce qu’il a le sentiment d’avoir fait de mal.
En prison, l’innocent reste un calme révolté en silence. Il refuse sa situation présente, il essaie de s’en sortir avec les moyens que la loi lui donne.
Son séjour ne lui sera bien sûr d’aucune utilité. Bien au contraire, il en ressortira forcément aigri contre une société qui l’a mal jugé et qui, aussi et surtout, si la détention injuste a été un peu longue, qui lui a cassé sa vie sociale et professionnelle.

Le FAUX INNOCENT, c’est celui qui se dit innocent, mais qui en fait, ne l’est pas ou en tout cas, n’est pas en mesure de prouver son innocence, parce qu’il a, à un moment ou à un autre, avoué, parce que de nombreux indices, faits ou circonstances font penser qu’il est coupable ou qu’il a, en tout cas, beaucoup de choses à se reprocher qui font qu’il ne peut être considéré comme innocent.

Ce détenu est, assurément, le plus difficile à comprendre, à défendre. D’ailleurs, sa propre attitude est souvent, d’un jour à l’autre, changeante. Son humeur est changeante aussi, ce qui déroute celui qui doit statuer sur son sort.
J’ai souvenir d’un gars qui était accusé de pédophilie, qui clamait son innocence et qui avait, par des faits concrets, réussi à me convaincre qu’il était innocent, que ce qu’on lui reprochait n’avait pas pu se passer. Eh bien, ce gars, en détention, quelques mois plus tard, a manifesté des tendances homosexuelles… Que faut-il penser ? Etait-il innocent ?

La présence en prison du « faux innocent », est pénible pour lui-même, mais surtout pour son entourage (les autres détenus), car sans cesse, il se plaint de ce qui lui est imposé, sans pour cela mettre tout en œuvre pour prouver son innocence, si bien que les autres détenus sont déroutés et l’isolent, en se moquant de lui (quelque fois ouvertement).

La prison lui sera-t-elle utile ? On peut l’espérer. Peut-être, lui permettra-t-elle de bien se comprendre lui-même, en le forçant à se regarder, en l’obligeant à se rendre compte que son attitude – délit a bien eu lieu et donc qu’il est normal qu’il soit puni.
Cependant, je ne suis pas convaincu qu’un séjour prolongé soit d’une réelle utilité et ce, d’autant plus qu’en prison, il ne recevra aucun soutien qui lui permettrait de faire ce retour sur lui-même. Ce qu’il lui faut, c’est un suivi psychologique « réel » qui lui permette de changer son état d’esprit et sa façon de vivre en société… et ce, bien au delà de son temps de détention, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.
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