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23/04/2007

En guise de conclusion

A tous ceux qui m’ont permis de passer ces longs mois… sans embûche…
A tous ceux que mon éloignement n’a pas laissé indifférent qu’ils se soient manifestés, ou qu’ils s’en soient abstenus…

En guise de conclusion,

Dès les premiers jours, mon fils Victor, dans sa première lettre, en citant NIETZSCHE, m’a placé la barre très haute : "Tout ce qui ne me tue pas, me rend plus fort, accroît ma puissance, car s'il ne dépend pas de nous d'aller contre les événements, du moins est-il en notre pouvoir de les assumer, de les dépasser et d'en tirer profit...".
Dès mon arrivée à la Maison d’Arrêt de Metz, une phrase de l’Etranger d’Albert Camus, m’a interpellé (un co-détenu l’avait affichée sur notre panneau d’affichage) : « C’est un homme banal, innocent, que la Justice prend pour un criminel (un coupable). Tout cela parce qu’il refuse de mentir et d’entrer dans son jeu ». Celle-ci me semblait résumer ma situation.
La vocation première de la prison qui n’est, selon la loi, que de « priver de la liberté d’aller et venir » m’a guidé dans mes objectifs.

Ces trois phrases ont été constamment à mon esprit, pendant ces près de 34 mois.

Les deux premières étaient faciles, pour moi, elles ne dépendaient que de moi, elles ne résumaient que mon intime conviction, et le fruit de ma vie passée, ce que mes parents m’avaient appris de la vie, ce que la vie familiale et professionnelle m’avait fait mettre en pratique.
Bien vite, je me suis rendu compte que ce que disait la loi n’était pas le quotidien de ce que je vivais et allais vivre et il m’appartenait de ne pas me laisser dépasser par les événements…

Je ne conteste pas le fait que ce que l’on m’a reproché soit le fruit d’une attitude « hors-norme », et je ne prétends pas que c’était ce qu’il y avait de mieux à faire.
Dans les affaires, il y a des hauts et des bas. Et soyez-en bien sûr, j’ai une conscience et elle ne me reproche rien. Il me semble que je n’ai pas été un « danger public ».
Mais c’est fait, je le regrette, cela a été jugé, et il n’y a pas lieu de revenir sur la décision prise, même si je trouve « souvent » que celle-ci est quelque peu disproportionnée, pour ne pas dire « excessive »…

Ma seule volonté, dès le départ, a été d’assumer, en espérant et en faisant en sorte que ma propre famille ne souffre pas trop de cette situation.

Mon seul souhait a été de faire en sorte que ma période de détention ne soit que la « privation d’aller et venir », et pas plus.

Certes, ce ne fut pas facile, tous les jours.
Et pendant les quatre premiers mois, j’ai souffert « intellectuellement » et « mentalement » de « l’inactivité » et de « l’inutilité » de mon temps. Je n’y étais pas habitué…

Dès que j’ai pris « les fonctions d’écrivain », outre les avantages, en confort matériel, incontestables, ma vie entre ces murs a pris, à mes yeux, un autre sens.
En fait, je mettais tout en œuvre, pour moi-même et pour les autres, pour appliquer la pensée de Nietzsche.
C’est ainsi que jusqu’aux derniers jours, puisque ma dernière demande a été examinée le 13 septembre, j’ai tout mis en œuvre pour écourter ce temps d’éloignement… ( demande de confusion de peines, demande de non-révocation du sursis, demande de libération conditionnelle (JAP + en appel), demande de semi-liberté)… Je n’ai jamais été suivi, je n’ai jamais été compris, entendu…

Mais ces demandes (répétées) ont eu, pour effet, qu’en attendant une échéance plus favorable à ce qui était prévu, je ne pensais pas que je resterai, en prison, aussi longtemps… et cela aussi, m’a (nous a) permis de survivre… sans une « permission de sortir » pour renouer avec la famille et chercher du « travail »…


1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie (voir nos précédents échanges : index sur la journée du 14 janvier 2007, sur la journée du 21 janvier : un lexique vous donne quelques définitions de termes qui méritent une explication et/ou un commentaire).
Au fil des jours qui vont suivre, je vous mettrai sur ce blog, le texte de mon bouquin, n’hésitez pas à me mettre des commentaires, vos impressions, posez-moi des questions, il n’y en a pas d’indiscrète…

Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous n’avez pas la patience de le découvrir au fil des jours, vous pouvez l’acquérir en envoyant un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 7 Bld d’Alsace à 57070 METZ. Pour 13 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4).



Comme vous le savez, j’ai toujours été « actif » : actif, pour m’occuper, mais aussi « actif » pour rendre service.
De cela, j’ai conscience, même si cela n’a pas été du goût de tout le monde… mais on ne se refait pas… si facilement.
Et cela m’a valu une diminution de mes remises de peines supplémentaires (RPS) = 2 x 10 j de RPS au lieu de 2 x 1 mois.

L’important était donc d’être occupé, car c’est, assurément, la seule façon de supporter un tel éloignement de sa famille, dans de telles conditions.

Je pense avoir « réussi » ma détention, mais vous le savez, comme pour tous les détenus, même les « meilleurs », les plus « résistants », les plus « adaptables », cette période n’a pas été « agréable » pour moi… !

En détention, consciemment et inconsciemment (souvent, j’espère), on est le fruit d’attitude de mépris, de brimades, de manque de respect de la personne humaine, aussi bien de la part d’autres détenus que d’autres intervenants (surveillants, intervenants extérieurs).
Certains êtres humains sont ainsi faits…
Ce n’est certes pas « physique » (au moins à mon égard), mais c’est souvent psychologique et extrêmement « déstabilisateur »… et je comprends très bien que certains (plus faibles) ne soient pas capables de résister, d’où les « pétages de plomb » (« réprimés »… et dont on en recherche pas l’origine), et pire, les suicides… j’en ai connu, en 33 mois, au moins 5, des tentatives, une bonne dizaine… des automutilations…, trop souvent.

Vous comprendrez qu’on n’arrive pas à ce stade, à de telles extrémités, sans motif… « valable »… même si beaucoup sont jeunes… ils ne sont pas tous « débiles » et/ou « incapables » (au sens médical et juridique).
L’accumulation de petits détails, pris individuellement « insignifiants », peut produire des effets très pernicieux…

Ce qui est plus malsain, en détention, c’est l’obligation que vous avez de supporter tout cet environnement hostile, je pense particulièrement :
. au bruit perpétuel (musique, cris, dialogues hauts et forts, etc…),
. à la surpopulation qui fait que les équipements sanitaires (et services communs – salles d’activité, parloirs, cuisine, etc…) ne sont plus adaptés au nombre, ce qui provoque, immanquablement, la présence d’une saleté latente qui déteint sur les lieux, mais aussi sur les individus et provoque des maladies suspectes,
. au laxisme de certains décideurs qui, trop souvent, ressemble à de la faiblesse, et lorsque l’autorité réapparaît, elle n’est plus comprise et elle provoque des conflits qui auraient pu (du) être évités,
. à une cohabitation forcée avec certains individus dangereux, peut-être pas physiquement, mais pour l’influence néfaste qu’ils peuvent avoir sur certains détenus influençables ou avides de connaissances délictueuses… !

Bien sûr, tout cela ne produit pas une situation inacceptable, insurmontable… mais cette situation est tellement négative que l’on est en droit de se demander si elle a sa raison d’être…
La prison a-t-elle vocation d’être une école de la délinquance… ? Pourquoi y a t il autant de récidivistes, d’allers et retours… ? Cette question s’est-elle imposée aux décideurs ?

Je crois qu’il est temps de regarder la vérité, en face…, même si elle doit faire mal…

Ne croyez-vous pas… ?

Aussi, vous comprendrez qu’une détention longue, si elle ne déstabilise pas complètement l’individu, elle le choque plus que la « normale »…, c’est pour cela que je la trouve trop longue, d’autant plus qu’elle ne sert pas à la réinsertion « vraie ».

En qualité d’écrivain et de confident (obligé), j’ai eu connaissance de « réels » projets, tout à fait réalisables et allant dans le sens de la « vraie » réinsertion… et ils n’ont pas abouti… pourquoi ? Parce que « ne pas prendre de risque » est la devise de certains décideurs, ce qui provoque des remises en liberté… sans préparation, sans accompagnement, et donc, des « retours »… en prison… et après, ces mêmes décideurs ont l’audace de dire « je vous l’avais bien dit »… !

Moi, j’ai 60 ans, une famille, des amis, une personnalité qui me permettront de reprendre, assez facilement, je l’espère… une vie « normale » et « honnête », sans dérapage… mais je reste l’exception qui confirme la règle.

Il n’y a pas que du négatif, dans une prison, on y rencontre aussi des personnes formidables qui font tout pour ne pas t’abaisser, pour te redonner confiance en toi-même, certains surveillants nous appellent Monsieur et vouvoient, disent « Bonjour », certains même referment ta porte (le matin lorsqu'ils voient que tu es encore couché…). Bref, le respect existe… mais c’est aussi l’exception qui confirme la règle.

Entre détenus même, il existe un certain respect « individuel » et « réciproque », et s’il est vrai que la majorité pense d’abord à elle-même, il y a aussi, chez les détenus, une solidarité « exceptionnelle »… mais cela reste des exceptions qui confirment la règle…

Certaines fonctions (très proches des détenus) sont tenues par des êtres « remarquables », aussi bien à l’Ecole qu’en formation, et dans les aumôneries. Ce n’est plus un métier, c’est plus qu’une vocation, c’est un « apostolat » …
Pour tenir, croyez-moi, il faut vraiment être « accroché » et croire que l’homme… n’est pas aussi noir qu’il peut paraître.
En général, la majorité des détenus leur rend cet hommage par leur respect… ce qui me fait penser que quand on sait « le prendre » et qu’on le respecte… un détenu est un être comme les autres, pas meilleur, mais pas plus mauvais que beaucoup d’autres.

Pour revenir à ma détention personnelle… elle m’a permis à maintes reprises de faire le point sur mon passé, à extrapoler sur le futur…

Avec le recul, un de mes regrets est de m'être laissé autant accaparer par mes différents métiers, mon travail (que j’aimais bien) et de ne pas avoir su profiter d’une vie de famille heureuse et de nos enfants petits… Ils n’ont pas l’air d’en avoir trop souffert, mais pour ma part, quand je me retrouve seul dans le noir, je ne les vois pas « petits »… et quand je vois où tout cela m’a mené, je pense que j’aurais mieux fait de plus profiter de la vie, au quotidien…
Certes, j’ai l’impression que nous avons bien vécue, sans excès, mais aussi, sans privations fondamentales…

Ce n’est pas le moment de regretter, mais parfois, on se surprend, soi-même, en pensant qu’on aurait pu organiser notre vie d’une autre façon. Un simple choix (décision) à un certain moment peut changer tout le futur…

Ainsi va la vie…

Mais je suis pour rester optimiste et je sais que j’ai encore de bonnes années, devant moi… certes il me faudra organiser notre nouvelle vie, mes nouvelles activités professionnelles, mais cela ne me semble pas « mission impossible »…

En étant, de nouveau, l’exception qui confirme la règle, je dirai que cette période de détention me laissera des mauvais souvenirs, mais aussi de bons souvenirs…

Je sais, déjà, que je ne respecterai pas la tradition qui veut que tu dois quitter la prison, sans te retourner.

La prison m’a pris 34 mois de ma vie, mais je sais que ce ne sera pas, en vain…

Un grand merci à tous ceux qui m’ont soutenu et aidé, mentalement et matériellement.

Une nouvelle page s’ouvre…

20/04/2007

La sortie... se prépare...

La sortie de prison… il y en a toujours « une »…

Elle doit se préparer.
Les travailleurs sociaux sont là, en principe, pour aider à la réinsertion et à la sortie, dans de bonnes conditions. (voir le fiche faite sur le sujet, réf. dans le sommaire sur la journée du 14 janvier)

Il y a cependant des obstacles qui feront que rien de ce qui est prévu, ne va arriver.

Au niveau psychologique
: Un ancien détenu, à sa sortie, n’est plus le même. Quoi qu’en disent certains, la prison traumatise, et c’est la capacité de chacun de s’adapter qui fera la différence.
Le passé ressurgit et choque.
Le présent n’est pas ce que l’on a connu.
Il ne faut pas redouter de rencontrer ceux que l’on a connus. Ils auront, soit une attitude silencieuse, comme si rien ne s’était passé, soit, ils seront attentifs à ton attente et prêts à t’aider. Il n’y a pas de milieu. Rares sont ceux qui posent des questions. Nombreux sont ceux qui savent écouter et attendre que tu souhaites parler de cette tranche de ta vie.
Même ceux qui ont dit du mal de toi, en ton absence, sauront se taire en ta présence…

Au niveau « santé »
: Même si tu n’as pas été « malade » en prison, il n’est pas sûr que ton état de santé ne se soit pas dégradé (mauvaise nutrition, mauvaises conditions d’hygiène), aussi, il me semble important qu’une visite chez ton médecin traitant et un bilan complet soient faits afin de s’assurer que la détention n’a pas entraîné des aggravations de l’existant ou provoqué de nouvelles maladies…

Outre les troubles du sommeil inévitables, après quelques jours de liberté, tu vas traverser une période « dépressive », d’une durée variable, mais qui peut être longue… rien ne va comme tu le voudrais… Il est important de savoir la gérer, avec l’appui de ses proches ou d’une aide extérieure.

Au niveau professionnel
: Il te faudra redémarrer, et ce n’est pas le plus simple.
L'étiquette restera longtemps et le trou dans ton CV sera dur à expliquer.
Il n’y a pas, cependant, de raison de « cacher » la vérité qui, un jour ou l’autre, se saura…
Ce peut être un re-départ, dans une autre branche, l’ancienne t’étant interdite par décision de justice.
Ne pas oublier que l’extérieur ne t’a pas attendu et que nul n’est irremplaçable… C’est à toi de te rendre « utile »…

Au niveau financier
: Ton pécule va vite « fondre », même s’il était important. Tu as, peut-être, perdu la notion de la valeur des choses et tu seras tenté d’acheter des choses inutiles.
C’est aussi, souvent un nouveau départ, la famille ayant épuisé les « réserves », s’il y en avait.

Peu d’aides permettent à l’ancien détenu d’attendre un travail correspondant à ses capacités et souhaits. Il te faudra faire avec les lois du marché qui ont changé et qui, souvent, ne te seront pas favorables.


1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie (voir nos précédents échanges : index sur la journée du 14 janvier 2007, sur la journée du 21 janvier : un lexique vous donne quelques définitions de termes qui méritent une explication et/ou un commentaire).
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Quelques conseils à la famille et aux proches d’un détenu « sortant » :

. Allez le chercher si vous le pouvez et s’il vous l’a demandé. Se retrouver « seul », sur le trottoir, est difficilement supportable,

. Ne vous étonnez pas de ses attitudes « expressives » qui peuvent vous choquer, mais qui, pour lui, ont un sens. Il retrouve une « liberté » de mouvements, perdue…,

. Vous pouvez le prendre dans vos bras, même si ce n’était pas dans votre habitude « avant », et si cela le ne sera plus, plus tard. Il a besoin de ce contact physique pour s’assurer qu’il est « encore » aimé,
Il n’est pas rare que le détenu pleure… Ce n’est qu’un signe de décompression qui n’a rien à voir avec un autre sentiment, ce n’est que l’émotion du moment et du souvenir… Dans ce cas, il est préférable de ne rien dire et de passer à la suite des évènements,

. Il vous faudra savoir l’écouter, ne pas le questionner. D’ailleurs, à sa sortie, l’ancien détenu est trop préoccupé par le présent pour parler du passé. Chaque chose en son temps, s’il veut s’exprimer, il le fera spontanément, au moment où il le jugera opportun. Sachez être patient (lui, il l’est devenu) et s’il ne s’exprime « jamais », ce n’est pas grave, le présent témoignage vous aura fait découvrir l’essentiel de ce qu’il a vécu,

. Pour l’ancien détenu, les moments de silence (sans échange de paroles) sont nécessaires. Il a eu tant de moments de silence, que cela lui reste « longtemps »… un besoin. Sachez respecter son silence…,

. Même s’il a été privé de "bonnes" choses, en général, son souhait n’est pas de faire un repas gastronomique qu’il ne supporterait pas… De plus, sa présence dans un restaurant va le gêner, il se croira « surveillé » (observé) comme si son état d’ancien détenu était inscrit sur son front.
Ce sentiment, il l’aura, également, dans la rue.
Tout va l’agresser : les bruits, les lumières, l’espace non limité…
N'oubliez pas que ce monde extérieur l’a rejeté, momentanément.
Un retour en famille ou dans un groupe de familiers, au calme, sera apprécié à sa juste valeur.

. Ne pas oublier que les premières nuits sont, aussi, des épreuves et la redécouverte de nouvelles sensations, liées à l’environnement et à ceux qui l’ont rencontré.
C’est toujours pendant les nuits que le passé et le présent se remettent à leur juste place…

18/04/2007

Les Droits des détenus...

Droits et Obligations (à connaître), (suite)
extraites du Code de Procédure Pénale (CPP),
rédaction inspirée de celle du « Guide du Prisonnier » (O.I.P.)

LES DROITS DES DETENUS

Le détenu est toujours en droit de contester une décision des autorités pénitentiaires (cf. sanction disciplinaire, refus de l’entrée d’un livre, permis de visite retiré, agrément retiré, etc…).
Depuis plusieurs années, le législateur essaie de faire entrer le « droit commun » en détention…
Mais cela est difficile à mettre en place et les répercussions sont lentes…

Les démarches à suivre sont :

. « recours gracieux » auprès de l’autorité qui a pris la décision,
. « recours hiérarchique » auprès du supérieur de l’auteur de la décision,
. « autorités administratives et judiciaires (DR et Tribunal Administratif, en général) mais aussi magistrats et élus,
. « commission d’accès aux documents administratifs »,
. « commission nationale de déontologie de la sécurité »,
. « médiateur de la République »

Motifs à invoquer :

. illégalité de la décision
. l’équité : « pourquoi moi et pas lui »

Recours gracieux :

= contestation « écrite » détaillée (circonstances et conséquences négatives) à la personne dont émane la mesure critiquée,
. délai de 2 mois, la réponse au « recours gracieux » doit être donnée dans les deux mois,
. la « non-réponse » dans les 2 mois équivaut à un refus (décision implicite de rejet) et permet la contestation devant le juge administratif,
. une entrevue avec le chef d’établissement peut être demandée, la demande doit être « motivée », si c’est le cas, le directeur se doit de recevoir le détenu.

Recours hiérarchique :

Pour demander l’annulation d’une décision prise, en s’adressant, par écrit, au supérieur de l’auteur de la décision.
Il n’a pas d’effet suspensif sur la décision prise.
En cas de refus, le détenu doit contester les deux décisions devant le Tribunal administratif.
Le recours hiérarchique est obligatoire avant un recours devant un juge.
En matière de sanction (prise en Commission de discipline), le recours doit se faire auprès du Directeur Régional (DR), dans un délai de 15 jours. La décision du DR se substitue à celle de la Commission de discipline. C’est donc la seule décision du DR qui pourra être contestée devant le Tribunal administratif (TA).


1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie (voir nos précédents échanges : index sur la journée du 14 janvier 2007, sur la journée du 21 janvier : un lexique vous donne quelques définitions de termes qui méritent une explication et/ou un commentaire).
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CONTROLE DES ETABLISSEMENTS PENITENTIAIRES

En théorie, un certain nombre de fonctionnaires, de parlementaires, de membres de commission sont tenus de vérifier l’état des établissements pénitentiaires, les conditions de détention, les conditions sanitaires et médicales.
En pratique, faute de temps et de moyens, ces contrôles sont très rares pour ne pas dire inexistants.
Au mieux, ils interviennent lors de plaintes et/ou d’événements graves (rébellion, évasion, nombreux suicides, etc…).
Un détenu peut saisir le « médiateur de la République ».
Pour se faire, il doit avoir fait un recours (rejeté) de l’autorité compétente, passer par un parlementaire (député ou sénateur).
La réclamation individuelle ne peut concerner qu’un « préjudice » qu’il subit personnellement, lors d’un litige qui l’oppose à l’administration (ex. : transfert, affectation, accès aux soins, conditions matérielles de détention, etc…).

Un « détenu « VICTIME » d’une infraction pénale.

Un détenu peut être « auteur » d’actes punissables, mais il peut aussi être « victime » d’un acte qui peut (doit) être poursuivi, étant une infraction pénale.

Marche à suivre :

Types d’actes : vol, violence physique de la part d’un (de) détenu(s), d’un (de) surveillant(s).

S’il a été « blessé »… il doit faire constater par le médecin de l’établissement ses blessures.
C’est ce document qui servira de base. S’il n’a pu être reçu, sur le champ, par le médecin, il devra signaler cet empêchement au procureur de la république.

Porter plainte : devant le Procureur de la République, directement ou par l’intermédiaire d’une autorité qui aura eu connaissance de l’infraction et qui devra saisir le procureur.

Suite de la plainte :
. Le procureur n’est jamais obligé de poursuivre l’infraction, en cas de classement sans suite, le détenu (victime d’une infraction) peut déclencher des poursuites pénales, dans ce cas, il faut déposer une plainte « avec constitution de partie civile » devant le doyen des juges d’instruction du Tribunal du lieu de détention,
. dans ce cas, il sera demandé une consignation (blocage d’une certaine somme d’argent), mais en général, le détenu en est « dispensé » parce qu’insolvable et susceptible de bénéficier de l’aide juridictionnelle,

. Une instruction est alors ouverte, mais cela peut tourner court si les faits dénoncés ne sont pas punissables (ce qui est souvent le cas, en cas de « classement sans suite » par le procureur. Il peut être fait appel (sous 10 jours) de cette ordonnance de refus d’informer.

. Un membre du personnel pénitentiaire qui est témoin ou a connaissance d’un délit ou d’un crime est obligé de le porter à la connaissance du procureur, sans délai.
Il se doit d’intervenir pour empêcher le délit dans la mesure où il peut l’empêcher sans risque pour lui ou pour les tiers présents.
Ne pas le faire est passible d’une condamnation de cinq ans d’emprisonnement.

 
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