logo Blog50.com
Blog 50 est un service gratuit offert par Notre Temps

19/03/2007

Les nuisances sonores - La TV

La « TV », et, les nuisances sonores, en prison :

Son arrivée est relativement récente, dans les années 85. En général, la gestion du parc de postes est assurée par l’association socio-culturelle qui existe dans chaque prison.
Le détenu qui souhaite avoir la TV, doit la « louer » relativement cher : 32 à 40 €, selon les lieux. Dans ce prix sont inclus les abonnements à des chaînes payantes telles que Canal +, Ciné-Cinémas, Eurosport, … Ici, les indigents (ceux qui n’ont pas de moyen de la louer – pas de mandat – pas de travail) sont susceptibles d’avoir « gratuitement », les chaînes françaises et le canal interne qui reprend certains films, en plus de diffuser des informations internes.
En cas de détérioration « volontaire », on fait « payer » le poste à l’auteur des dégâts… ce qui me semble logique.
Je dois dire que la TV est devenue un « organe » indispensable à la quasi totalité des détenus. Pour ma part, elle est allumée du matin jusqu’au soir, même quand je suis absent, et même la nuit quand j’écris… Quand je retourne en cellule, l’entendre dès mon arrivée, me fait une présence… Dire que je l’écoute (regarde) en permanence ne serait pas juste. Mais, elle est là en bruit (léger) de fond…
Chacun y trouve ou n’y trouve pas ce qu’il en attend.
Pour moi, c’est une ouverture sur l’extérieur, le moyen de ne pas « rester dans l’ignorance » de ce qui se passe « dehors » et je privilégie les infos, dès le lever, à midi et le soir. Souvent, c’est FR3 qui me donne des nouvelles locales.

En général, passant d’une chaîne à l’autre, il n’est pas rare de « voir » plusieurs fois les mêmes images, parfois commentées différemment… !
A cela, je rajoute, de préférence, les films et certaines séries. N’étant pas fan de variétés et de reality-shows, je n’y vais que par zapping (pour ne pas mourir idiot).
Il faut avouer que malgré le nombre de chaînes (13, ici – 16 à Metz), il est parfois difficile de trouver quelque chose d’intéressant (d’inédit), et ce d’autant plus que les films passent d’une chaîne à l’autre, et sont repris sur chaque chaîne (payante) plusieurs fois… !
Mais le but du présent est de te parler de l’importance de la TV pour certains détenus.
D’emblée, je te dirai qu’ils n’ont pas, pour une très large majorité, les mêmes choix que les miens.
Ce qui est le plus regardé, entendu, je ne dirai pas « écouté », c’est MTV Trace (chaîne musicale à 100 %, plutôt hard et dans le vent), Eurosport, pour les matches de foot, M6 (musique, flash d’infos très court, séries), tout ce qui est reality-show (Star Academy, Co-locataires, bref, il y en a un presque chaque jour… !)
La 5 a ses adeptes (très peu), mais nous n’avons pas ici, le relais ARTE, en soirée, et beaucoup (peu) et moi, nous le regrettons, car il est vrai que l’on passe à côté de quelques bonnes soirées à thème.
Donc la TV est devenue pour la quasi totalité des détenus, un élément indispensable à la vie carcérale (il est vrai qu’ils sont nés « dedans », ce qui n’est pas le cas de ceux de ma génération…).
Je sais que certains « dehors » pensent que sa présence en prison est scandaleuse « Ils ont même la TV… ».


1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie (voir nos précédents échanges : index sur la journée du 14 janvier 2007, sur la journée du 21 janvier : un lexique vous donne quelques définitions de termes qui méritent une explication et/ou un commentaire).
Au fil des jours qui vont suivre, je vous mettrai sur ce blog, le texte de mon bouquin, n’hésitez pas à me mettre des commentaires, vos impressions, posez-moi des questions, il n’y en a pas d’indiscrète…

Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous n’avez pas la patience de le découvrir au fil des jours, vous pouvez l’acquérir en envoyant un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 31 rue des Allemands à 57000 METZ. Pour 13 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4).



Elle est devenue tellement indispensable que son retrait, au mitard (cachot) est ressenti comme une « vraie » peine, plus que l’isolement et l’inconfort matériel.
Entre nous, on parle rarement du contenu de la TV et des programmes vus. On y fait parfois référence, mais sans plus. Ce n’est pas un sujet de polémique »…
Mais il est vrai que ce que la majorité y recherche, c’est des variétés, de la distraction, des fictions d’un goût plus ou moins douteux.
Mais pour être honnête, avec le nombre de chaînes et donc la variété des choix…, y compris les chaînes payantes (payées) : Canal + et Ciné-Cinémas, il est possible de satisfaire la majorité des souhaits individuels (qui ne vont pas du côté de la culture…).
La TV a, ici, une alliée : la « Playstation » (qu’il est possible de « cantiner : 200 € environ) qui permet de « jouer » aux jeux vidéo, mais aussi, pour les nouvelles générations de consoles, de regarder des films en DVD.
Aussi, certains (une bonne majorité de « jeunes ») ont déjà vu les films récents (donc, avant la TV).
Il est possible, en théorie, de faire rentrer 5 DVD (et d’en faire sortir, autant), par semaine, au parloir.
Et avec un système d’échange bien organisé (pour cela, on peut leur faire confiance), cela fonctionne très bien… et toutes les nouveautés sont « parmi nous »…
Un deuxième équipement quasi généralisé est le combi radio-CD-K7 et il tient une place importante dans la vie d’un détenu.
Je me souviens t’avoir dit que j’avais été « agréablement » surpris par le calme retrouvé, ici.
En fait, à ce jour, je pense que j’ai apprécié cette non-nuisance, parce qu’à Metz, j’étais vraiment saturé.

Les interpellations y étaient permanentes et surtout la nuit, la musique « boum-boum » aussi, avec un sur-volume en soirée et en nuit, amplifiée par le calme et la non-activité de tout le monde.
Ici, cette nuisance, en réalité, existe aussi, et à la limite, elle est parfois plus gênante, parfois moins.
Tout d’abord, une précision technique :
A Metz, l’achat d’un poste « très puissant » n’était pas possible, et si un détenu arrivait, lors d’un transfert, avec un tel poste, celui-ci était retenu à la fouille. Ici, le choix semble plus vaste et certains ont vraiment des « monuments ».
Le vrai problème, aussi bien à Metz qu’ici, c’est que les murs sont en béton coulé, et donc, très porteurs des vibrations causées par « les basses »… !
De plus, ici, les portes sont ouvertes, ce qui veut dire que le gars, non seulement écoute « fort » sa musique, mais il sort de sa cellule et laisse sa musique, parfois porte grande ouverte…
Et puis, chacun a « sa » musique, certains étrangers ont « leur » musique. Tu peux imaginer le mélange.

A vrai dire, pour le moment, cette nuisance sonore, je l’imagine, je l’entrevois, plus que je ne la subis, en fonction de ce qui se passe pendant les week-ends, car, en journée, je suis absent de l’unité (puisque je suis en cours ou en salle informatique). Reste, l’entre-midi et les soirées. Entre-midi, à cette saison, c’est acceptable, en début de soirée 19-21 h, c’est plutôt pénible, mais on s’habitue un peu et il me faut augmenter le volume de la TV et fermer la fenêtre, c’est un peu pénible, mais bon, pas plus qu’autre chose.

Dernièrement, j’ai eu une partie de l’explication.
Comme je te l’ai déjà dit, ma cellule (ma fenêtre) se trouve à 15 m du mitard (cachot). Une partie de la peine réside dans le retrait de tout objet personnel et donc pas de TV, pas de lecteur CD.
En fait, que se passe-t-il ? Si tu as un copain au mitard, eh bien, tu fais « ta » musique pour lui aussi, d’où l’augmentation du volume pour que ce dernier puisse entendre du lieu où il se trouve…
Vous dire que cela le satisfait, je n’en suis pas persuadé, mais cela a lieu et semble leur apporter un certain réconfort… alors…
Mais ce qui, pour nous, est quand même gênant, c’est cette résonance dans les murs « béton »… et aussi, un certain « laxisme » de la part de l’administration qui laisse faire. Il est vrai que le volume est amplifié pendant l’absence de surveillants, mais lorsqu’ils font leur ronde vers 21 h, rares sont les surveillants qui font baisser le volume (mais cela arrive).
Pour être honnête, je vais conclure par une note « optimiste ».
Il faut reconnaître que la quasi-totalité des détenus sont , dirons-nous, raisonnables… c’est-à-dire que cette musique s’arrête ou se réduit d’une façon vraiment significative vers 21 h, donc au début des programmes de soirée.
Autre phénomène surprenant (dans le bon sens), c’est le silence de la nuit, à vrai dire après minuit, mais un silence surprenant, on ne croirait pas que 400 gars vivent (dorment) ici. Pas un bruit, pas de circulation sur la route qui passe derrière la prison. Le seul bruit que l’on entend est l’arrivée (le passage) des surveillants pendant leur ronde (ou plutôt le bruit des portes et serrures des grilles). Au petit matin, maintenant qu’il fait jour, on se réveille au chant des oiseaux.

Nous ne connaissions pas cela à Metz. Il y avait beaucoup d’insomniaques, ou en tout cas, beaucoup de dialogues permanents entre fenêtres, tout au long de la nuit.
Et comme il était plus facile (audible et non réprimandé) de dialoguer la nuit, ils le faisaient… et dormaient le jour…

16/03/2007

La récup...

Voici un mot qui fait vraiment partie du vocabulaire (ou plutôt, du fait) carcéral.

Tout se récupère…

Je vais essayer de t’expliquer pourquoi et l’usage qui en est fait.
Pourquoi ? C’est bien simple, un certain nombre de choses ne sont pas « cantinables ».
Nous n’avons donc pas la possibilité de les acheter, ou, les acheter « coûterait cher » et « le nombre à acheter », hors de proportion avec le besoin.
Ainsi, on (je) récupère tout. Dire « on », mot général, n’est pas d’actualité, car beaucoup préfèrent quémander, coup par coup, à un de leur co-détenu…
. trombone : c’est bien pratique,
. élastique (de toutes tailles) : cela peut servir et cela sert. Ainsi, pour fermer la porte de mon placard, j’ai mis un élastique, car l’aimant (d’origine) n’existe plus. Si je n’avais pas mis cet élastique, la porte resterait ouverte en permanence, donc, poussière, esthétique, etc…
. ficelle : ça peut aussi servir. En théorie, c’est interdit… mais en cantine, on te vend des lacets de 1,60 m… aussi l’interdiction de la ficelle (objet pouvant servir à se suicider) ne me semble pas tout à fait réaliste…
Bref, pour moi avec la jonction : ficelle + élastique + crochets (vendus en cantine), j’ai réussi à faire une espèce de ressort (groom) pour que la porte de ma cellule reste fermée-ouverte, lorsqu’il y a peu de vent… Par grand vent, c’est inefficace. Mais en temps ordinaire, cela fait une barrière quasi naturelle.
Ainsi, la porte ne reste pas ouverte, en permanence, mais elle n’est pas fermée (verrou ouvert) et celui qui veut venir et en a une raison, peut le faire, peut entrer, mais cela évite, quand même, et c’en est un des buts, les curieux et les sans-gênes…
. agrafes : il n’est pas possible d’acquérir une agrafeuse, ou pour le moins, personne n’en a. Un détenu m’a donné l’astuce de récupérer l’agrafe qui est mise pour fermer l’enveloppe de votre courrier (après son ouverture pour contrôle). Avec une aiguille (cantinable), il est très facile de faire des pré-trous et donc de « remettre » une agrafe déjà utilisée…
Là, il me faut faire une parenthèse. Il est dans les traditions, coutumes carcérales que celui qui est libéré, « distribue » à ses anciens co-détenus « amis »… ce dont il n’a pas (plus) besoin, et en particulier ce qu’il a acquis en prison. Et s’il est vrai qu’en général, le linge personnel est ramené « dehors », « le reste » (ou ce qui peut rappeler de mauvais souvenirs) reste en prison, à l’exception, peut-être, des objets d’une certaine valeur, comme un poste de radio… et encore, cela se négocie et se revend (échange).
Pour ma part, j’ai, plusieurs fois, bénéficié de ces « largesses ». Ainsi, j’ai : aiguilles, fil blanc, scotch, colle, crochets, cintres, cuvettes, vaisselle (en plus), cruche pour chauffage de l’eau (avec toto), claquettes pour douche, couverture et linge de maison (en surplus), bloc de papier à lettres, enveloppes, bic, timbres (de la part de ceux qui ont bénéficié de mes écritures), rallonge électrique, multiprise, toto, etc… que je n’ai jamais « acquis », mais que l’on m’a donné.
. les échanges : il est fréquent que l’on te propose un échange : timbre contre…, tabac contre…, unités téléphoniques contre…

Mais si l’échange n’est pas fait sur le champ, s’il ne s’agit que d’une promesse : « je te le rendrais »… il vaut mieux ne pas trop compter dessus… car le retour arrive si rarement que j’aurais tendance à dire « jamais »… ce qui t’oblige à dire des « mensonges pieux » du style : « j’ai pas »… « je n’ai que ce que j’ai besoin pour moi »…
. ce qui se donne fréquemment (et sans retour), ce sont les produits d’hygiène qui nous sont fournis, et dont l’usage n’est pas nécessaire (surnombre) ou demandé afin de rendre service à d’autres.
. les boîtes (flacons) de toutes sortes : moi, je les garde toutes, et souvent, elles sont bien utiles, pour moi, et pour d’autres, ainsi :
. les boîtes de Ricoré (grand modèle) sont idéales pour surélever le frigo et permettre un peu de rangement en dessous (camouflage = réserve de conserves).
. les barquettes (lavées et gardées – celles qui servent à nous apporter nos repas), et divers emballages : souvent, je les décore.
Ainsi avec des emballages du style tube de dentifrice, je me suis fait un présentoir pour brosse à dents, dentifrice, rasoir, etc… assez esthétique et pour le moins pratique et hygiénique… Je les utilise pour conditionner un certain nombre de petits objets : exemple : médicaments de la semaine, élastique, trombone, etc…).
. un certain nombre de flacons : ainsi, à Metz, il était possible de « cantiner » de grands flacons de Maxwell, qualité filtre de 200 g. Je m’en sers comme décoration (après y avoir collé une carte postale (reçue) et comme lieu de stockage, à l’abri de la chaleur et de l’humidité, de bonbons, petits gâteaux secs, sucre, etc… J’en ai un certain nombre (et j’en ai donné pas mal), c’est bien pratique et permet une meilleure conservation.
. bouteilles vides d’eau minérale. Encore une parenthèse : à mon arrivée, à Saint Mihiel, le hasard a fait que j’ai pu bénéficié d’un second matelas. Certes, il ne m’était nullement nécessaire pour « bien » dormir, mais, il avait l’avantage de surélever l’autre matelas et permettait de s’asseoir sur le lit, sans « sentir » la barre de pourtour (rambarde basse) du lit. Lors d’une fouille générale, destinée à « récupérer » tous ces objets « utiles », mais en double et qui, à force, devaient manquer ailleurs, il m’a donc été repris.
Un détenu m’a donné l’idée de remplacer ce matelas par des bouteilles d’eau, type Contrex, bien remplies. Il en faut 50… ce qui a été un peu long au départ (7 par semaine), mais une fois fait, c’est parfait et remplace le matelas sans inconvénient majeur. Depuis, ma consommation d’eau m’a permis d’équiper, déjà, deux autres détenus…
. récup d’atelier. Ce n’est pas une révélation que d’affirmer que de l’atelier arrive dans les unités un certain nombre de produits utilitaires (ou alimentaire, ou de luxe), échantillons conditionnés par les travailleurs.
Et s’il est vrai qu’en fin de chaîne (série), le retour en cellule du surplus est autorisé… ce retour ne se limite pas à ce surplus… et donc, circulent des pochettes de shampoing, après-rasage, parfum, bricoles de toutes sortes, gâteaux, même des choses qui nous sont, tout à fait, inutiles ( !), etc… et aussi des produits servant au conditionnement.
Ainsi, à Metz, j’avais « récupéré » : scotch double face, colle type UHU ou express, rouleau de scotch brun pour fermer les colis, clous ou crochets en L, etc…


1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie (voir nos précédents échanges : index sur la journée du 14 janvier 2007, sur la journée du 21 janvier : un lexique vous donne quelques définitions de termes qui méritent une explication et/ou un commentaire).
Au fil des jours qui vont suivre, je vous mettrai sur ce blog, le texte de mon bouquin, n’hésitez pas à me mettre des commentaires, vos impressions, posez-moi des questions, il n’y en a pas d’indiscrète…

Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous n’avez pas la patience de le découvrir au fil des jours, vous pouvez l’acquérir en envoyant un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 31 rue des Allemands à 57000 METZ. Pour 13 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4).



Je dois avouer qu’à mon arrivée, ici, un sérieux tri a été fait et je n’ai pas tout « récupéré »…
Encore aujourd’hui, il m’arrive de chercher quelque chose que j’étais sûr d’avoir, cela a été retenu et pourtant, j’avais pris la précaution de ne pas « transférer » le plus « interdit – non toléré »…
. papier déjà imprimé sur une face : la collecte est, pour moi, systématique, en effet, j’en utilise (pour l’impression en brouillon) beaucoup (autant que nécessaire) pour la (les) relecture(s) des textes et courriers faits pour moi-même, le journal ou un détenu. En effet, le papier « blanc » (ramette) est distribué au compte-goutte et donc, nous le réservons, au « tirage définitif ». Ainsi, à la surprise de beaucoup, je récupère aussi, souvent, les feuilles qui servent à nous indiquer le menu (composition) de notre repas (1/2 A4), dont le dos est vierge… je m’en sers comme brouillon et j’en fais un large usage pour toutes… mes petites notes, pense-bêtes, etc…
. il y a, aussi, quelques récups moins avouables (qui ne sont pas dans mes habitudes), telle que prendre le balai de l’unité et le réserver à son usage personnel, parfois, le démonter pour s’en servir comme d’une « antenne » pour son poste de radio, avec comme élément métallique, un cintre (fil de fer) et/ou un fil électrique…
. en théorie, et c’est le cas à Metz, il était « interdit » de garder (récupérer) des emballages (cartons) pouvant être utiles pour stocker, comme je le fais, du linge non utilisé en cette saison, une réserve de « vivres » et/ou de produits d’entretien… et/ou des bouquins à lire ou lus… bref, faire en sorte qu’il soit plus facile de ranger le bazar individuel. Il est vrai qu’en cellule, à 2 dans 9 m², c’est plus hard que seul, où même si tu as ton petit bazar… il ne gène personne.
. il est sûr qu’être un peu débrouillard a du bon, et savoir se faire aider n’est pas inutile, en détention.
. je dois te dire que je suis rentré dans des cellules où, outre l’odeur « douteuse », l’ordre et la propreté n’étaient pas au rendez-vous.
. à cet égard, ma politique, mon attitude sont claires : « je ne vais pas chez les autres », car, a priori, je n’ai pas besoin d’eux et c’est eux qui viennent chez moi, et seulement si c’est nécessaire… et mon souhait… autrement, il y a les couloirs… pour discuter.

Pour être à l’aise en détention, il est souvent utile d’être débrouillard. Je t’en donne deux exemples.
Je m’étais fabriqué un système de chauffage (vapeur) avec des bouteilles d’eau vides et le chauffage d’eau avec deux totos. Certes j’étais un peu victime de buée et donc d’humidité latente, mais avec un peu d’aération en hauteur, c’était tout à fait appréciable et mes rares visiteurs (auxi lors des repas et surveillants) en constataient l’efficacité, moi aussi…
En effet, comme je te l’ai déjà dit, à Metz, nous n’avions que le chauffage par le sol et celui-ci était quelque peu (beaucoup) déficient ou insuffisant.
Toujours à Metz, pour l’été, ma cellule étant en plein sud, je m’étais fabriqué un pare-soleil avec des capsules de pots de yaourt que j’avais collés sur du carton et que j’installais pendant les après-midis. C’était aussi très efficace, pour me protéger de la chaleur torride (pas de courant d’air possible).

14/03/2007

Fenêtres = poubelles

En prison, il y a des traditions, des habitudes qu’il est difficile de faire disparaître et même, ici, où il nous est distribué, chaque mois, sur demande, 30 sacs-poubelles, pour certains, la fenêtre semble être le chemin normal de leurs détritus.
Voyons, d’abord, la situation de Metz. Mais d’emblée, je peux t’affirmer que « partout » où cela est « possible » (du possible, nous reparlerons), cette tradition demeure…
Donc, à Metz, tout passe par les fenêtres… et sert à nourrir une colonie de rats. Cette pratique est fort peu « réprimée »… mais elle coûte, outre l’emploi de deux auxi, la coquette somme, selon une source bien informée, de près d’un million d’euros, chaque année, en dératisation périodique.
A décharge pour le détenu, en cellule, nous n’avions pas de poubelle et encore moins de sacs-poubelles…
Cependant, il était dans les attributions des auxi d’étage (et ils le faisaient) de collecter les déchets à l’issue de chaque repas. Il s’agissait de récupérer tous les plats-assiettes à alvéole (inox), puis les barquettes plastiques vides et les déchets.
Malgré une note de service à l’intention des détenus et du personnel pénitentiaire, cette « obligation » n’a été respectée que quelques jours, voire semaines pour les plus zélés… Il était pourtant simple : deux détenus, à la distribution = 2 plats-assiettes + x barquettes ; à l’issue du repas, le ramassage devait être : 2 plats-assiettes + x barquettes et les déchets.
Ce serait trop simple…

Les surveillants ne se sentaient pas chargés d’une telle mission – vérification, les auxi n’étaient pas là pour sanctionner leurs co-détenus…
Nous avons appris que l’administration avait l’intention de doubler les fenêtres de grilles (losange de 2 cm) qui empêcheraient l’envoi de déchets (et pain) et l’usage des yoyos. Le yoyo est un cordage (lamelle de drap !) qui sert à communiquer, à envoyer quelque chose, par la fenêtre, d’une cellule à l’autre, et malgré le décalage des fenêtres, cette pratique est courante bien que réprimable …
Une telle installation de grilles devant faire l’objet d’une autorisation municipale puisqu’elle touche à l’aspect extérieur des bâtiments, le maire de Metz s’y serait opposé, en disant que « les détenus n’étaient pas des animaux ». Merci à lui.
Cela n’a pas empêché la pose d’un certain nombre de grilles, dont j’ai vu l’installation. En effet, le stationnement et le chargement des fourgons cellulaires, arrivant ou partant, étaient bien visibles et lorsqu’ils ont lieu, chaque jour, plusieurs fois par jour, chaque fois ou presque, ils étaient accompagnés de cris d’hostilité et l’envoi de projectiles de toutes sortes (yaourt, boîte métallique (vide ou pleine), etc… tout était bon. Pour les protéger, une grille avait déjà été posée entre le bâtiment et le lieu d’embarquement, mais elle était d’une efficacité relative, car du 5ème étage, avec un bon tir, le projectile pouvait passer au dessus de la grille et aboutir…
Or, un week-end, un débile, mais il y en a, hélas, plusieurs, a trouvé le moyen de mettre le feu aux poubelles (contenairs) qui étaient stockées sous nos fenêtres. Les pompiers ont dû intervenir… et ils ont fait l’objet d’un « canardage » de projectiles de toutes sortes…

Résultat… ils ont porté plainte (à juste titre)… apprenant cela, les gendarmes et les policiers et les syndicats de surveillants ont aussi porté plainte…, et, ce qui devait arriver, arriva, par mesure de sécurité, un certain nombre de cellules ont été équipées, sur les 5 étages, de grilles (en losange de 2 cm).
Et la mise en place a été vite faite, avec une nacelle extérieure, niveau par niveau, en 5 jours… Les grilles étaient pré-prêtes, il ne restait qu’à les fixer par des boulons extérieurs. Et pour une fois, l’administration a été « diplomate »… Il est sûr que cela a provoqué une certaine révolution (agitation)… et ceux qui n’étaient pas satisfaits, ont été déplacés dans une autre partie du bâtiment et, en plus, ils (l’administration) ont fait d’une pierre, deux coups, car beaucoup de ces cellules n’étaient occupées que par un seul détenu (en effet, il s’agit de ce que l’on appelle « le petit quartier », donc, à priori, plus calme, plus protégé) et on les a mis en cellule de 2. Pour eux, difficile de refuser… ils étaient demandeurs… outre la vue et la cellule très obscurcies, plus de yoyos (et trafics) possibles…
Et de « nouveaux » arrivants ont été mis dans ces cellules, rendues libres (et doubles), les nouveaux ne connaissant pas l’ancien système, ils ne pouvaient que s’y adapter et l’accepter…



1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie (voir nos précédents échanges : index sur la journée du 14 janvier 2007, sur la journée du 21 janvier : un lexique vous donne quelques définitions de termes qui méritent une explication et/ou un commentaire).
Au fil des jours qui vont suivre, je vous mettrai sur ce blog, le texte de mon bouquin, n’hésitez pas à me mettre des commentaires, vos impressions, posez-moi des questions, il n’y en a pas d’indiscrète…

Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous n’avez pas la patience de le découvrir au fil des jours, vous pouvez l’acquérir en envoyant un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 31 rue des Allemands à 57000 METZ. Pour 13 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4).



Pour revenir à l’extérieur, donc, tout passait par les fenêtres : plats alvéolés (inox), barquettes plastiques, pain, boîte vide, bouteille vide, toute sorte d’emballages, déchets, vraiment tout ce qui aurait dû se trouver dans une poubelle. Cela occupait, chaque jour, au moins deux auxi (donc rémunérés) à qui on avait fourni des « casques »… Même s’ils n’étaient pas des cibles (n’exagérons pas), le risque de recevoir quelque chose de blessant n’était pas à exclure.

Donc, tous ces détritus, en majeure partie d’origine alimentaire, étaient comestibles pour nos amis les bêtes… qui étaient de deux sortes.
D’une part, des corbeaux (des corneilles, paraît-il), de taille imposante (de vrais poulets), sur une face du bâtiment, de l’autre, des pigeons (même gabarit). Bizarrement (ou naturellement), chaque groupe avait son territoire.
Outre ces volatiles, certes gênants, mais aussi distrayants… (il était fréquent de les voir se bagarrer pour « se » nourrir), il y avait (a) aussi, surtout, une colonie très importante de rats de taille majestueuse (de vrais chats) et périodiquement, une nouvelle nichée arrivait…
On m’a rapporté que, parfois, « ils » (les rats) rentraient dans les bâtiments : en sous-sol, sûrement, au RDC, absolument pas. J’en ai pris la confirmation auprès de détenus, ayant séjourné, longtemps, au RDC.
D’ailleurs, dans la journée, nous ne les voyions pas, ils sortaient à la tombée de la nuit et circulaient (se battaient) toute la nuit. Certes, cela fait un spectacle, mais un spectacle désolant. Outre le risque d’infections, de maladies, le côté « occupation des lieux » est un peu gênant…
Qu’y faire ? Faire la chasse aux pollueurs… et sévir… Je ne vois pas d’autre solution…

A Saint-Mihiel, comme tu le sais, nous avons « poubelle et sacs poubelle ». De plus, les humeurs étant plus calmes, il y a moins de choses qui passent par les fenêtres, mais il y en a quand même.
Ce qui est incompréhensible, c’est le laxisme de l’administration, les auteurs de ces envois seraient facilement identifiables.

Ici, les fenêtres sont alignées (4 niveaux) et bien séparées, l’une de l’autre, ce qui fait que les détritus se trouvent « toujours » en dessous d’une même rangée de fenêtres… et il serait facile de faire une vérification « de visu », avec très peu d’attente par un surveillant, à l’heure des repas.
Mais, ce n’est pas fait, et il y a donc deux « ramasseurs »… A priori, s’il y a bien quelques corneilles, à ma connaissance, il n’y a pas de rats… une fois, j’ai vu une petite souris… !

 
Accueil Blog50 | Créez gratuitement votre blog | Avec notretemps.com | Toute l'info retraite | Internet facile | Vos droits | Votre argent | Loisirs | Famille Maison | Cuisine | Jeux | Services | Boutique