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17/10/2007

La Prison et la TV....!

Les prisons et la TV

Il est vrai que la TV nous (vous) bombarde d'émissions… Comme dans tout, il y a du bon et du mauvais…, mais, en règle générale, d'après ce que j'ai appris de ceux qui ont déjà fait plusieurs établissements, la situation générale n'est pas digne d'un pays civilisé qui se veut être un pays "moralisateur" : aucun bien-être, aucune sécurité en cas de sinistre…, aucune considération (respect) de l'être humain (à Nancy, ils sont, pour certains, à 14 dans une cellule… Imaginez l'intimité et le respect possibles… Imaginez les "sources" de conflit possibles.

A Metz, ce n'était pas "merveilleux", mais ce n'était pas l'enfer que connaissent (supportent) certains : délabrement des installations, cafards, pas d'hygiène + le surpeuplement "généralisé".

Etre en surnombre n'est pas, en théorie, une catastrophe, mais ce qui est grave et désastreux, ce sont les structures (douches, cuisines, salles, etc.…et peut-être même le nombre de surveillants (si on les écoute) qui sont prévues pour le nombre prévu : 439 places pour plus de 640 détenus à Metz… Il ne suffit pas de mettre un lit (matelas) de plus…

En Centre de détention, nous sommes ce que le nombre de places prévoit et les conditions "matérielles" légales (1 détenu par cellule) sont plus acceptables et respectées. Nous sommes privilégiés par rapport aux Maisons d'Arrêt qui ont l'obligation de "recevoir" ce que la "Justice" leur envoie…

N'en doutez pas, les mutineries, pétitions internes et évasions ont "toujours" existées… mais on n'en parlait pas… De plus, les "discours" et "déclarations" ne reflètent que rarement la réalité… on ne vous dit pas tout… on pèche par omission…

Et si on ne laissait "en prison" que les délinquants "dangereux" et/ou "non récupérables", croyez-moi, il y aurait de la place… et cela coûterait moins cher (coût de revient d'un détenu entre 90 et 120 euros/jour…! (chiffre officiel, selon les structures…).

Très souvent, une détention longue, plusieurs dizaines de mois, ne sert à rien et donc ne se justifie pas… Pour moi, au moins 1/3 des 60.000 détenus (actuels) pourrait être "dehors" "surveillé et contrôlé"…

L'adage qui veut que "la prison soit l'école du crime" ne me semble pas tout à fait hors de la réalité.
Celui qui souhaite (ou veut) être initié… l'est, facilement.
A ce niveau là, la solidarité existe et tu es vite informé des techniques bonnes et moins bonnes de te faire une vie "facile", dehors.
De plus, les mauvaises habitudes (pratiques) sont vite prises…
Je ne crois pas que la violence physique soit un des problèmes majeurs de la vie carcérale. Ce qui est néfaste à notre société, c'est que celui qui est "irrécupérable", pourrit celui qui aurait pu être "récupéré".
J'ai vu un petit voleur à la tire, sortir au bout de six mois, complètement "accroc" au haschisch…, alors qu'il ne consommait pas avant…
Moi-même, je ne peux dénombrer le nombre de fois où sa consommation m'a été proposée (offerte)… en remerciement du service rendu…. Que va-t-il faire à sa sortie, ce "petit" voleur, si ce n'est revoler, non plus pour permettre à sa petite famille de survivre (de toutes façons, sa copine et leur enfant l'ont quitté – une des conséquences "indirectes" et fréquentes de toute détention), mais pour s'alimenter en cannabis…

Post-scriptum : Soyez sans crainte, je n'y ai jamais goûté… un spécialiste (Vincent) m'a dit, sur ma demande, ne voulant pas mourir idiot : "Si elle était bonne, peut-être, je te laisserais y goûter, une fois, pour voir, mais, ici, elle est tellement "dégueulasse" que j'en aurais honte…".

Et cela, je pense que c'est notre système judiciaire et pénitentiaire qui en est responsable… A ce stade, la politique de l'autruche n'a pas lieu d'être… Et les efforts faits pour éviter les échanges "illicites" ne portent pas de fruit, car en amont, il n'y a aucune volonté "réelle" de voir "changer" quelque chose.
En effet, je suis et reste persuadé, au moins à Metz, et, ici, aussi, qu'il serait facile d'éviter les mélanges néfastes aux plus faibles et influençables.
La topographie des lieux s'y prête et/ou a été prévue pour… En tout cas, rien n'est fait dans ce sens et c'est au coup par coup, souvent après l'incident que des modifications sont apportées…
En fait, l'état actuel des prisons (tensions, surpeuplement, etc…) tient au fait que, faute de réelle volonté (et capacité) de réinsertion et de suivi (après libération), les récidivistes sont "nombreux", à Metz, plus de 50 %, malgré une très grande majorité de – de 35 ans…!

Et parmi les "récidivistes", on trouve beaucoup de consommateurs de stupéfiants et cela me semble inévitable puisqu'en prison, ils ne sont pas "obligés" de se désintoxiquer…
On leur donne des produits de substitution, tout au long de leur incarcération et à la sortie… re-trafic, et c'est reparti…, et cela revient…
Pour moi, cette méthode de "préserver" un calme relatif me semble scandaleux. Quand vous en parlez, entre quatre yeux, avec un membre du personnel pénitentiaire et/ou médical, c'est le motif que l'on vous donne : "préservation du calme", ce qui laisse entendre que l'intérêt de l'individu (et de la société) passe après… ou, on ne s'en préoccupe pas… en prison.

Tout ce qui précède et mes autres textes / constats, devraient vous faire "sentir" que les nombreux "reportages TV" ne montrent et ne disent que ce que l'on veut vous montrer (démontrer…)… C'est si souvent incomplet que la vérité s'en trouve "déformée"…

En fait, lorsque l'on parle des prisons, il faut ne pas faire d'amalgame. Il y a les Maisons d'Arrêt (comme Metz) avec le surpeuplement et ses conséquences et les Centres de Détention ou Centrales (+ de 10 ans).

En Maison d'Arrêt, c'est du "gardiennage", du "parcage", tu es en attente, tu es sans cesse "encadré", contrôlé, je dirais même "canalisé". Tu ne peux que subir.
Aucune initiative vous est permise (ex.: tel jour, telle heure : douche).

En Centre de Détention et/ou Centrale, tout est fait et dirigé vers la réinsertion (et ce, même si tous les moyens d'une bonne et réelle réinsertion ne sont pas mis en place (ex.: équipement insuffisant, pas assez de travail ou par à coup (il faut tout finir en 3 jours, et ensuite, ne rien faire pendant 10).
Cette réinsertion passe par la prise en charge "personnelle" de sa propre destinée. Cela passe par le choix de ce que tu veux faire : travail, formation, ne rien faire et du choix de tes activités (sport, bibliothèque, école, activités diverses).
On ne te demande que de manifester ton intention en t'y inscrivant. Après, tu y vas si tu veux. Si tu n'y vas pas, personne ne te dira rien : aucune réflexion, aucun blâme (nota : pour le travail et la formation, les absences doivent être motivées. Même si ce n'est pas très bien vu, tu peux demander de ne pas aller travailler tel jour, pour convenance personnelle).

On te propose, tu disposes. On te laisse "libre" jusqu'au moment où il apparaît clair que tu n'es pas capable de gérer toi-même, cette autonomie.
Et cela fait (provoque) des crises (conscience d'une injustice) de la part de ceux qui se retrouvent en régime fermé, ou semi-fermé alors que si tu discutes avec eux, tu te rends compte que l'origine de leur situation restrictive n'est que le fruit de leur non-autonomie qui passe par le respect des consignes (interdits) et des autres (détenus et surveillants).

Aux ateliers (ou formation), la même politique de prise d'autonomie est appliquée. Tu t'écartes de la normale (ou sécurité), tu es éjecté.
Pour ma part, je pense que c'est une attitude (de l'administration) saine, et ce, d'autant plus que chaque mesure de restriction est revue, chaque quinzaine, sur décision collective des intervenants (évidemment, les détenus ne sont pas représentés dans cette instance interne, il ne faut pas trop demandé…).

Mais tranquillisez-vous, je ne suis pas parmi ceux qui sont le plus à plaindre, le plus malheureux, mon "mental" pallie et masque les désagréments de ma vie carcérale…

Je sais m'occuper et ainsi le temps passe…, mais il faut avouer qu'ici, nous vivons au ralenti… le temps ne compte pas… Nous sommes là et il s'écoule et nous rapproche de la sortie… alors, laissons-le couler…


A la relecture de ce texte, sur les "Prisons et la TV" : une réflexion n'est revenue, qui peut vous faire comprendre l'accueil reçu, et surtout l'état d'esprit dans lequel on est accueilli :
En effet, une des premières questions que l'on (l'administration) te pose quand tu arrives, est : "Etes-vous déjà venu, ici". Il est vrai qu'en cas de réponse positive, le questionnement (informations à donner) peut être différent… mais le fait que ce soit la préoccupation première de ton "premier" interlocuteur est quelque peu surprenante, pour ne pas dire traumatisante.
D'ailleurs, à notre niveau (détenus), à l'arrivée à l'étage, en quelques secondes, nous comprenions à qui nous avions à faire. Ce questionnement "direct" est tout à fait inutile et ne peut que déstabiliser (perturber) l'arrivant qui n'a pas besoin de cela pour l'être, croyez-moi.
Il ne faut pas oublier que lors de ton arrivée en prison : soit, tu as subi 48 h (ou plus) de "garde à vue", dans des conditions matérielles et psychologiques "déplorables", soit, tu viens de sortir du tribunal qui t'a condamné, en "comparution immédiate" à x mois de prison et donc, "cassé" ta vie présente.
A la vue de ton désarroi, il ne faut pas être fin psychologue pour "savoir", si tu connais les lieux…
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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent…
et des solutions proposées…


Vous trouverez ci-dessous, les dates de parution de mes articles…
Sur la journée du 17 mai 2007. Nous serons donc ensemble jusqu’au nouvel an 2008… si vous le souhaitez…

A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index sur la journée du 14 janvier)
Clémence et Paul Denis avaient tenté de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus.
Vous avez l’intégral de ce bouquin en début de blog, complété par vos questions / remarques et mes réponses…

A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.

Nota : Sur la journée du 21 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…



1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie
Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir sa version papier, vous pouvez l’acquérir en envoyant un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 7 Bld d’Alsace à 57070 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4).

"Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…" est en cours de relecture…. Peut-être sera-t-il publié ? En attendant, vous le découvrirez dans les jours qui suivent… Une version « papier » en auto-édition, est disponible, au prix de 17 €uros (frais d’envoi compris). Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (200 pages A4).

15/10/2007

La sécurité... (suite)

La Sécurité – Suite –

Revenons à la sécurité : Je pense que bon nombre de détenus doivent être atteints du syndrome de la nuit (tombée de la nuit) : à savoir que les angoisses se manifestent, souvent, à ce moment de la journée et se manifestent par une excitation particulière, cela, je l’ai constaté et surtout « entendu », à travers la « frappe » de portes…. A Metz, la nuit, c’est le moment où les « risques » sont les plus nombreux. Comme déjà évoqué, les moyens de prévention et d’alarme ne sont plus en état… de fonctionnement : ce qui a pour conséquence qu’en cas de besoin, il faut « guetter » le passage (silencieux) des surveillants lors de leur ronde, il doit en avoir 3 ou 4, à des heures irrégulières. En cas de nécessité, comme indiqué plus après, pour Saint Mihiel, toute une procédure doit être mise en place et donc, les secours arrivent toujours tard, parfois trop tard… ! A Metz, un motif d’interpellation pouvait être bénin, comme le fait que les plombs (fusibles) ont sauté (et ils sautaient souvent) – soit 4 cellules sans courant électrique, donc pas de TV, pas de lumière, etc… et de l’énervement dans l’air, la frappe contre les portes pour alerter quelqu’un qui ne peut vous entendre… etc…
Pour conclure sur Metz, si « le pétage de plomb », et les agressions « verbales » étaient fréquentes, les agressions physiques « graves » étaient rares, ou, pour le moins, pas plus fréquentes et graves que dans un quartier populaire, et ce, avec moins de moyens d’agressions, en effet, tout objet tranchant ou dangereux (bombe contenant des gaz - cf… laque, bombe à raser, spray, etc…) sont interdits, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y avait aucun objet tranchant « fait maison » qui circulait…
A Saint-Mihiel : les murs d’enceinte « béton » sont moins hauts, en raison d’une partie grillagée, surmontée de fil de fer barbelé, il n’y a pas de miradors, mais des caméras (il y en aurait 26). Au niveau de l’enceinte, elle est surveillée par un véhicule qui tourne « fréquemment », jour et nuit.
Contrairement à Metz, il n’y a pas de filins, au dessus des cours de promenade, aires de sport ou cheminement… Mais penser qu’il pourrait y avoir « évasion par hélicoptère » me semble hors de propos, en raison du fait que les gars sont jugés et les détenus qui sont ici, le sont pour une durée, en théorie, relativement courte (- de 5 ans). Certes si le nombre des peines « longues » devait augmenter, il y aurait lieu de revoir le système de sécurité.
Comme à Metz, les lumières sont allumées, en permanence, la nuit, à l’extérieur et dans les parties communes. Au niveau « sécurité individuelle », je pense que les risques sont, peut-être, plus grands qu’en maison d’arrêt, parce qu’il y a, aussi, plus de déplacements permis. Et en plus, les déplacements non autorisés sont souvent « tolérés » : visite à la grille d’une unité qui n’est pas la sienne.
En théorie, et c’est ce que personnellement, je fais, j’indique « toujours » au surveillant où je vais.
En théorie, ce devrait être inutile puisque pour participer à une activité, il faut y être au préalable « inscrit », ce qui fait, en pratique, que l’on sait où tu es (tu devrais être) si on consulte la liste.
Et en pratique, en général, on te trouve « rapidement » pour aller à un RDV non prévu ou pour une signature. A Metz, tous les mouvements étaient inscrits et il y avait des appels « théoriques » pour savoir où étaient les détenus : à l’école, à l’infirmerie, en promenade, en sport, etc… Ici, ce doit être la même chose, mais les résultats doivent être moins fiables car, il me paraît « certain » que de nombreux surveillants se préoccupent fort peu de savoir où sont les détenus sous leur responsabilité…
Les appels « sûrs » sont ceux qui ont lieu, à l’heure des repas et surtout, au début et à la fin de chaque service (de surveillants). Ainsi, à 7 h, le surveillant ouvre ta cellule pour s’assurer que tu es « encore » vivant, à 13 h (changement d’équipe), même assurance. A 12 h 30 et à 19 h 30, un nouveau tour pour s’assurer que la porte de la cellule est bien « fermée ».
La nuit à Saint-Mihiel, il y a aussi 4 à 5 rondes dont deux contrôles visuels, pour notre unité, vers 21 h, pour s’assurer que l’œilleton (de la porte) est bien dégagé et que le lit est visible (il est vrai que comme beaucoup, je mets un cache (bouchon) sur l’œilleton pendant la journée, car s’il est vrai qu’il ne me gêne pas de laisser ma porte ouverte, je n’apprécierai pas d’être « espionné » par un détenu
Rappel : le surveillant a la clef, donc, s’il veut y entrer, je ne peux lui en refuser l’accès, bien sûr. En ce qui concerne le lit, il se peut qu’il soit quelque peu masqué, si la porte du cabinet de toilettes est ouverte à 100 %. Deuxième contrôle visuel, autour de 5 h du matin, avec allumage de la lumière + « regard », quelques secondes (en général, je l’entends).

Chez les plus jeunes (détenus), la violence est souvent latente et, pour un rien, une pécatille, un mot de travers, un coup est vite parti, souvent sans gravité , mais il est là, parfois avec gravité, et il fait l’objet d’un « rapport » et de sanction, et même l’objet d’une « plainte officielle ».
En réalité, il est difficile d’éviter, malgré les efforts visibles et sincères de l’administration, tout conflit.
Si tu as la volonté d’éviter tel ou tel de tes co-détenus, tu y arrives, mais il faut être vigilant, éviter les mouvements « de foule », car « ton » protagoniste peut donner mission à un autre de te porter un mauvais coup.
A Saint-Mihiel, comme partout, maintenant, je pense, tout le personnel pénitentiaire et tous les intervenants extérieurs sont équipés de ce fameux boîtier d’alarme, évoqué lorsque j’ai parlé de Metz. Sa mise en route est relativement récente, je pense, fin 2002. Mais, pour l’avoir vu fonctionner et m’en être fait expliquer le fonctionnement, il est d’une efficacité exemplaire : trois moyens d’alerte (bouton poussoir, tirette, mousqueton de sécurité – en fait, il est prévu pour être mis en ceinture et le fait d’arracher ce cordon de sécurité déclanche l’alarme – je dois avouer que de nombreux intervenants extérieurs ne le mettent pas en ceinture et le tiennent dans leur déplacement à la main et qu’il est, souvent, sur le bureau, pour les surveillants, même attitude « légère »…
Par contre lorsqu’il est déclanché, en quelques secondes – minutes (mais peu) cinq ou six, surveillants et chefs (équipés) arrivent sur les lieux exacts, de l’appel, et les perturbateurs sont maîtrisés, manu militari.
Comme déjà évoqué, à Saint Mihiel, il y a aussi des portes à ouverture électro-magnétique, mais je ne suis pas sûr que, malgré nos 26 caméras, ces ouvertures se fassent, toujours de visu. La majorité des portes s’ouvre, avec l’intervention d’un surveillant (ouverture électrique à l’entrée du bâtiment), ailleurs, ouverture manuelle, donc, pour nous, un confort moindre et souvent des « attentes »…
J’ai entendu dire que certains établissements étaient équipés 100 % « portes à ouverture électrique », y compris les cellules. Je dois dire que ce système aurait l’avantage d’alléger le travail « fastidieux » des surveillants, d’en réduire, peut-être, le nombre (hélas) ou mieux, ils les rendraient plus disponibles pour aider (écouter) les détenus… qui sont, souvent, demandeurs d’écoute. A suivre…

La Sécurité…, la nuit …

A Saint-Mihiel, je peux vous confirmer, hélas, que les interphones que nous avons en cellule, fonctionnent bien.
En effet, j’en ai eu la confirmation lors de tentatives de suicide ou d’accident dont si je n’ai pas été le témoin oculaire (puisque cela s’est passé la nuit), j’en ai été le témoin auditif et j’en ai entendu les « confidences ».
Donc, il y a interphone et possibilité de dialoguer avec le PC (poste de commandement), au moins la nuit. En cellule, nous n’avons qu’un bouton d’appel qui, de jour, actionne un voyant lumineux extérieur à la cellule et visible (de loin) par le surveillant qui passe.
La nuit, je pense que le système est relié au PC, et alors, c’est lui (eux) qui interroge la cellule et essaie de savoir ce qui se passe… On peut lui répondre… Mais il faut avouer que le temps de la mise en route d’éventuels secours, peut être long.
En effet, la nuit, les cellules sont fermées et les surveillants (qui ne font que des rondes) n’ont pas la clef (rappel : les portes sont équipées de trois fermetures : une clef de confort, celle que j’ai, une clef de sécurité (passe) qui ne se manœuvre que de l’extérieur et qui fait coulisser deux pennes d’un bon 1,5 cm de diamètre, et un loquet sur lequel peut être fixé un cadenas, par exemple, en attente d’expertise ou du passage de la police, en cas de décès douteux).

Bref, la nuit, seul un gradé, appelé par les surveillants, peut intervenir et ouvrir la cellule. Cela prend donc, un certain temps, et c’est lui qui décide de l’appel ou non du SAMU, en sachant que dans les prisons que je connais (Metz, Saint-Mihiel, Nancy, Bar le Duc, Epinal, par ouie dire), il n’y a pas de service médical « de nuit ».
Et c’est aussi pour cette raison, je pense, que l’infirmerie n’est pas équipée de chambre-cellule-lit de nuit et que le cas échéant, tu es soigné en cellule ou à l’hôpital, il n’y a pas de lieu intermédiaire…
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12/10/2007

La sécurité...

La Sécurité

Je vais vous parler « Sécurité » en prison. Pour ma part, je pense qu’elle existe et je ne me suis jamais senti en insécurité, je n’ai eu connaissance que de peu de cas de violences « physiques » graves… mais il y en a…

Voyons tout d’abord ce que l’administration met en place.
En Maison d’arrêt : Le régime général (et exclusif) est « fermé », c’est à dire que l’on demeure, en cellule, tout le temps sauf si on a une bonne raison d’en sortir : on vient te chercher et/ou tu dois manifester ton intention de participer à telle ou telle activité (sport, promenade, douches, bibliothèque, école, etc… non, il n’y a pas de « etc »).
Il y a beaucoup de portes à ouverture electro-magnétique, actionnées par un surveillant qui te voit. Une porte ne peut pas être ouverte si une autre est ouverte…

Tous les espaces « à l’air libre » (promenade, sport, cheminement vers…) sont équipés de filins anti-hélicoptères.
Le tour d’enceinte est équipé de 4 ou 5 miradors avec un surveillant dedans 24 h/24 qui a, à sa disposition, un fusil (sous vitre à briser) + téléphone + moyen d’alarme. Il doit, jour et nuit, appeler le PC (poste de commandement) à heures prévues d’avance (pour s’assurer qu’il ne dort pas… !).

Les seuls lieux où « l’agression » est facile, ce sont les aires de promenade et de sport, car la promiscuité y règne et il est rare que quelqu’un s’interpose (détenu ou surveillant seul) – on attend que le renfort arrive. A priori, le mélange des étages était évité, mais ce n’est pas systématique…

Les surveillants étaient équipés de boîtier « anti-agression » qui leur permettait de lancer « la cavalerie », il était possible d’identifier celui qui avait déclenché l’alarme et son emplacement lors du déclanchement.

Quand tu es en cellule (rappel : à deux), plus rien ne te protège de ton co-détenu, au moins à mon époque. En effet, d’une part, les boutons d’appel (interphone) ne fonctionnaient plus, les œilletons étaient masqués (noircis). Seuls tes cris pouvaient faire intervenir un surveillant qui passerait par là…
Je pense que le « danger » est réel… Mais il est vrai que, sur demande double (du sortant et du receveur), il est possible de changer de cellule et c’est relativement fréquent, jusqu’au moment où tu trouves quelqu’un avec qui tu t’entendes bien, mais tu n’es jamais à l’abri d’un « conflit », d’un « pétage de plomb » qui peut avoir des conséquences fâcheuses et laisser des marques… Il est vrai, qu’alors, à moins que cela ne soit manifeste, les deux protagonistes sont punis (prétoire)…

Faisons une parenthèse, pour parler du prétoire. Il s’agit, en fait, d’un tribunal interne à la prison. Jusqu’à une période rapprochée (2000-2001, je pense), tu ne pouvais pas t’y faire assister par un avocat, aujourd’hui, oui – par ton avocat ou un avocat, commis d’office (choisi par le bâtonnier, volontaire et payé par la Justice). Le prétoire est présidé par le chef d’établissement ou son représentant, y participent un représentant des travailleurs sociaux et un chef qui fait office de rapporteur. Avant le prétoire, il doit y avoir un « rapport d’incident », mais tout « rapport d’incident » ne donne pas lieu à un passage au prétoire… On te dit, par écrit, ce que l’on te reproche, tu peux y relater comment l’incident a commencé, s’est déroulé, s’est terminé. Donc, il y a souvent deux rapports, celui du plaignant (victime – surveillant ou détenu) et celui de l’accusé. Il fait référence au Code de Procédure Pénale (CPP) et/ou au règlement intérieur, et il t’est indiqué ce que tu risques : cela passe par la « relaxe », par un avertissement, par une peine de mitard (cachot, isolement) avec sursis, par une peine de mitard ferme de 1 à 45 jours (maxi), si plus, (rare) avec une interruption « obligatoire » de quelques jours. C’est souvent 3-4 à 7-15 jours. En cas de découverte de produits stupéfiants ou de violence avec dégât physique ou matériel, l’affaire peut être et se concrétise, en plus, par des mois de prison, infligés par le Tribunal correctionnel, 6 – 12 mois ou 2 ans, etc…
De toutes les façons, le passage au prétoire est toujours synonyme de prolongation de détention, parce que le passage en ce lieu est toujours « assorti » d’une suppression de RP (Remise de peines) : s’il y a « sursis », le double de nombre de jours de sursis, s’il y a mitard, le triple du temps de mitard. Le maximum étant, bien sûr, ce qui peut être accordé (3 mois + 2 mois (RPS).
Cette parenthèse est valable pour toutes les prisons.

Deuxième parenthèse : le mitard (cachot). Je ne connais pas (je n’ai pas vu) ceux de Saint Mihiel (mais ce doit être un peu près équivalent), mais j’ai vu ceux de Metz, pour y être allé faire des courriers. Il s’agit donc de cellule d’isolement, tu ne peux prendre aucune de tes affaires personnelles, si ce n’est un ou des livres, du papier et un crayon. Si tu fumes, « en principe », on (le surveillant) te donne ta cigarette, sur demande, idem pour l’allumer. Tu as droit à une heure quotidienne de promenade (seul) dans un local quasi fermé de 30 m², pour la douche, ce doit être plusieurs fois par semaine, mais je ne pense pas tous les jours, mais cela doit dépendre aussi (comme souvent) du détenu et du surveillant.
La cellule est de la même taille qu’une autre, mais elle est imputée d’un sas en grille afin d’avoir aucun contact entre le détenu et le visiteur. Les repas sont « passés » par un guichet avec des couverts en plastique. La cellule est nue avec un WC à la turque, et un robinet avec eau froide (bouton poussoir) au dessus (pas de lavabo), le lit (très étroit) est en pierre avec une table en pierre. A priori, le matelas n’est donné que la nuit. Il n’y a pas de chauffage. C’est donc assez spartiate et, l’hiver, très pénible. Le plus dur doit être le fait de ne pouvoir parler, échanger… Il y a des combines, mais elles sont dures à mettre à exécution et risquées… Et malgré cela, le mitard a ses « habitués »… difficile, pour moi, à comprendre…
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