logo Blog50.com
Blog 50 est un service gratuit offert par Notre Temps

10/10/2007

Fausses affirmations...

Fausses… affirmations…

Aussi bien à Metz qu’ici et qu’ailleurs, d’après ce que j’en ai appris, il est « d’usage » de ne pas dire la vérité aux « détenus »…
A cela, il y a plusieurs raisons que j’entrevois, même si je ne peux les accepter.
Soit, on ignore la vérité, mais pour « ne pas le paraître », on raconte n’importe quoi et on n’a pas le courage de dire « Je vais me renseigner ».
Soit, on connaît la vérité, mais on ne veut pas la dire, parce que l’on sait qu’elle va fâcher… Est-ce une lâcheté ou une stratégie pour « ménager » la chèvre et le chou, car la vérité apparaîtra toujours un jour ou l’autre… mais en attendant « le calme » a été maintenu…
Soit, on ne dit pas la vérité, en raison de son incompétente et de son incapacité à l’assumer…
Ce qui est grave, c’est que c’est cette troisième hypothèse qui est la plus répandue dans l’esprit des détenus, et le détenu rajoute même que son interlocuteur « s’en fout » et que sa seule préoccupation est d’attendre la fin du mois et sa fiche de paie…
En réalité, pour ma part, mon sentiment est que, par tradition, par habitude, peut-être, par nécessité, pour éviter tout conflit, nos différents interlocuteurs ont pris « l’habitude » (fâcheuse, certes…) de ne dire la vérité que lorsque cela est indispensable et au dernier moment et tout cela, au nom du « calme » que l’on souhaite « obtenir » (maintenir).

Cette attitude est d’autant plus fâcheuse qu’elle ne permet pas au détenu de connaître ses droits et, en particulier, ses réelles possibilités de réinsertion.
On ne sait pas mettre « cartes sur table » et dire : « C’est ainsi », « Voilà les possibilités qui s’offrent à toi. Tu fais cela, tu auras droit à cela ».
Sans cesse, en interrogeant les autres, le détenu apprend que l’information donnée est fausse (erronée ou incomplète). Même lorsque l’on lui présente une situation, tout ne lui est pas dit « en même temps ».
Cette attitude ne peut être admise.

Certes, certaines fois, pour dire la vérité, il y a des formes à respecter et il faut tenir compte du « récepteur »… mais ce n’est pas une raison, pour lui cacher « sa vérité ». Même le détenu, le plus primaire, avec les formes, est capable de comprendre ce qu’il a fait, qu’il a des droits et qu’il a des devoirs… Il est vrai que parfois, cela peut prendre un certain temps et nécessiter un peu de diplomatie…
Ce qu’il y a de sûr, et cela je l’affirme, haut et fort, je n’ai jamais induit en erreur un détenu, venu interroger l’écrivain. Il m’est arrivé de dire « je ne sais pas », mais je n’ai jamais donné des informations en sachant qu’elles étaient fausses et/ou « tronquées ».
Et c’est, peut-être, ce qui n’a pas plu… à certains…

Ce qui me semble, également, inquiétant, c’est qu’un certain nombre d’avocats, je dirai même une bonne majorité, tiennent le même langage.
Pourquoi ? Pour ne pas inquiéter son « client » !!!
Et pourtant, il est, en général, payé pour assister le prévenu. Alors, pourquoi ne pas lui dire ce qui l’attend, son intime conviction, ce que son passé et son expérience lui font redouter… Ainsi, il serait, peut-être, plus facile de se défendre, de se préparer « psychologiquement » et cela éviterait, à mon avis, le stress qui fait partie prenante de tout jugement et vous fait perdre vos moyens… Si vous savez ce qui vous attend, vous pouvez réagir, et donc, vous défendre, au risque d’être insolent…
Quand j’ai été écrivain, j’ai connu un prévenu, accusé d’attouchements et/ou de pratiques pédophiles, sur allié (beau-fils). Certes, quelque peu primaire et naïf, son avocat lui disait et il le croyait (plus qu’il me croyait), qu’il allait « sortir » en libération provisoire, qu’il allait être « blanchi »… Par expérience, dans ce type d’affaire, je peux vous affirmer que, s’il y a doute, il bénéficie toujours à la victime ou pseudo victime « mineure », jamais à l’auteur présumé… Et il vient, après 2 ans et demi d’attente, d’être condamné à 10 ans de prison : peine « moyenne », mais qui prouve que sa responsabilité avait, quand même, été retenue, le minimum étant 5 ans…

………………………………………………………………………………………..

Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent…
et des solutions proposées…


Vous trouverez ci-dessous, les dates de parution de mes articles…
Sur la journée du 17 mai 2007. Nous serons donc ensemble jusqu’au nouvel an 2008… si vous le souhaitez…

A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index sur la journée du 14 janvier)
Clémence et Paul Denis avaient tenté de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus.
Vous avez l’intégral de ce bouquin en début de blog, complété par vos questions / remarques et mes réponses…

A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.

Nota : Sur la journée du 21 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…



1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie
Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir sa version papier, vous pouvez l’acquérir en envoyant un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 7 Bld d’Alsace à 57070 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4).

"Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…" est en cours de relecture…. Peut-être sera-t-il publié ? En attendant, vous le découvrirez dans les jours qui suivent… Une version « papier » en auto-édition, est disponible, au prix de 17 €uros (frais d’envoi compris). Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (200 pages A4).

08/10/2007

La vie en société...

LES PARTIES CIVILES

C’est ce qui est du aux « victimes »…
Le paiement des parties civiles (ou plutôt son non-paiement) est souvent un argument utilisé par l’administration et/ou le JAP (donc la loi), pour « mesurer » la bonne volonté du condamné. Il paraît que la réinsertion passe par là… J’en doute pour les raisons suivantes :
. Si le détenu ne travaille pas, le paiement est, en fait, assurer par la famille… !
. S’il travaille : déjà, il ne gagne pas beaucoup, pour de nombreuses heures de travail, alors lui demander de faire plus, me semble du « sadisme »… il est vrai qu’un versement « volontaire » de 10 €/mois n’est pas trop pénalisant, mais à quoi sert-il lorsque l’on en doit des centaines de milliers… Si on était payé « normalement », ce paiement volontaire pourrait être plus conséquent.
Rappel : sur toutes les rémunérations (travail, formation, auxi) et sur les sommes reçues de l’extérieur (et ce, au delà de 200 € par mois), 10 % sont « automatiquement » (prévu par la loi) retenus pour les parties civiles. Mais en fin de détention, cela ne fait pas des sommes « énormes » : à ce jour, après 20 mois de « travail », je n’ai que 326,23 €. Croyez-moi…, en faire une carotte… un argument de réinsertion me semble quelque peu excessif.

LA VIE EN SOCIETE

Ce n’est pas ce qui est mis « en avant » dans les bienfaits possibles de la détention. Mais, pour ma part, je pense que la prison pourrait être une « bonne » école d’insertion sociale.
Mais, en pratique, cela ne se passe pas ainsi, et, à mon grand regret, j’applique et j’essaie de faire appliquer le principe suivant : « Il n’y a autour de nous que deux sortes de détenus : ceux dont tu apprécies la compagnie, et ceux que l’on doit ignorer ». En réalité, il n’y a pas de « milieu », et pour ce milieu, « l’échange » doit et se limite souvent à « Salut » et une poignée de mains et un « Comment cela va ? ». La réponse n’est pas attendue (entendue), et de toutes façons, elle ne créera pas un dialogue constructif…
La cohabitation « agréable » et « sans ennui » est à ce prix.
Chacun pour soi, ne te préoccupe que de toi-même et de ceux dont tu apprécies la présence… Et encore, cela semble bien éphémère, puisqu’une fois dehors, malgré ses promesses, le « sorti » ne pense plus à toi et ne t’écrit même pas un petit mot… Cela se comprend, mais c’est souvent assez déprimant… En cas de transfert (changement de lieu de détention), il existe souvent un échange épistolaire, ne serait-ce que pour comparer les conditions de détention, mais tout cela semble bien superficiel… et en tout cas, cela ne prépare pas à une nouvelle vie sociale… et sortir n’est pas toujours un moment « agréable »… Et je reste persuadé que pour certains… c’est le début d’autres difficultés qui commence… Difficultés « prévisibles » et qui auraient pu être « évitées » s’il y avait eu « réinsertion » et, je crains fort, que la « récidive » sera pour lui, la seule solution de survie… Et le cycle reprend… Ici, certains en sont à leurs 4ème ou 5ème allers-retours en 10 ou 15 ans…
Et aussi, je crois que l’on est en droit de se poser la question. A quoi sert la prison ? N’y a-t-il pas d’autres solutions « plus contraignantes », « plus propices » à l’apprentissage de la vie en société, « plus susceptibles » d’éviter la récidive.
Pour ma part, avant pour l’éviter ou après une courte période de prison, je verrai :
. L’obligation de travailler « normalement » et « légalement »…
. La semi-liberté (prison, la nuit, travail, le jour)…
. L’obligation d’indemniser « les victimes »…
. Et surtout, la surveillance « en milieu ouvert » des condamnés, par des éducateurs qui ont le temps d’écouter, de suivre, de poursuivre, de surveiller, et quelques pouvoirs…
. L’obligation de juger « vite ». J’ai en tête, le cas d’un jeune (- de 30 ans) qui avait commis un délit (stup), mais qui, entre temps, s’était, on peut le dire « réinsérer » : travail régulier + compagne + enfant…, et que, 4 ans après… on l’enferme pour deux ans… Tout a été cassé : plus de boulot, copine et enfant, partis avec un autre… Quelle réinsertion pourra-t-il avoir ? On (ou je) comprend son amertume et son sentiment de haine, vis à vis de cette justice « aveugle »… et mal adaptée.

………………………………………………………………………………………..

Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent…
et des solutions proposées…


Vous trouverez ci-dessous, les dates de parution de mes articles…
Sur la journée du 17 mai 2007. Nous serons donc ensemble jusqu’au nouvel an 2008… si vous le souhaitez…

A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index sur la journée du 14 janvier)
Clémence et Paul Denis avaient tenté de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus.
Vous avez l’intégral de ce bouquin en début de blog, complété par vos questions / remarques et mes réponses…

A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.

Nota : Sur la journée du 21 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…



1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie
Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir sa version papier, vous pouvez l’acquérir en envoyant un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 7 Bld d’Alsace à 57070 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4).

"Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…" est en cours de relecture…. Peut-être sera-t-il publié ? En attendant, vous le découvrirez dans les jours qui suivent… Une version « papier » en auto-édition, est disponible, au prix de 17 €uros (frais d’envoi compris). Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (200 pages A4).

05/10/2007

La Formation professionnelle...

LA FORMATION PROFESSIONNELLE

A priori, selon ce que j’en ai appris par d’autres, de la « formation professionnelle », en Maison d’arrêt, il n’y en a pas ou très peu. La seule formation assurée passe par l’Ecole, et elle s’agit, surtout, de remise à niveau scolaire et de l’initiation à certaines langues (anglais et espagnol), à l’informatique, beaucoup d’illettrisme, et du FLE (Français langue étrangère – pour les étrangers) et préparation à certains diplômes : CEG (certificat d’enseignement général = niveau certificat d’études), et autres. Par correspondance, il est possible de faire à peu près tout. Le plus souvent, la totalité des frais s’il y en a, est prise en charge par l’Ecole (et/ou l’administration pénitentiaire). Ne rêvez pas… cela ne concerne, néanmoins, qu’une trentaine de détenus / 400 et on retrouve, comme toujours, les mêmes détenus, dans plusieurs cours… et l’absentéisme est fréquent.

Au niveau formation professionnelle « vraie », elle n’a lieu que dans les Centres de détention, et cela peut se comprendre, car, pour exister et être efficace, elle ne peut s’adresser qu’à des détenus, ayant une certaine durée de peine… Ici, par exemple, elle concerne environ (maxi) 45 détenus, en 4 formations. Comme pour l’Ecole, on passe de l’une à l’autre…. ! La seule « qualifiante » réelle avec passage d’un diplôme « officiel » est le CAP de Pâtissier-Confiseur.
Les groupes sont de 15 maxi – beaucoup d’absentéisme, et cependant, ces formations (contrairement à l’Ecole) sont rémunérées et les absences non justifiées ne sont pas payées (bien sûr). Ce qui est moins « compréhensible », c’est que quand ce sont les profs qui sont absents… on n’est pas payé, non plus…
Ce qui « pèche », dans les formations, c’est la motivation des participants… Elle peut être de plusieurs ordres… Mais ce qui apparaît, en premier, est le fait que ces formations sont rémunérées et plusieurs ne sont là que pour cela… Aucun ou presque n’a « réellement » un projet professionnel en rapport avec la formation suivie, ce qui explique le passage d’une formation à l’autre, l’une après l’autre… Ainsi, dans ma promo CAP, sur les 27 détenus qui sont passés par elle, seuls 3, dont moi, estimaient que celle-ci pourrait leur être utile, un jour. Et dans les 3, il y a avait un boulanger… !
Ce qui y est un peu pénible, c’est le manque d’intérêt « évident
Une partie du manque d’intérêt peut être justifié par la diversité des détenus et de leur niveau initial qui fait que certains « décrochent » très vite, malgré le niveau du CAP. De plus, il faut tenir compte du facteur « détention » avec ses hauts et ses bas, ses moments de « blues », l’incertitude de l’avenir, les problèmes familiaux, les problèmes d’intendance (cantines qui n’arrivent pas, etc…), problèmes de personnes (individualisme ou problème d’intégration), de parloirs « fantômes » (quand le visiteur n’est pas là), etc…

Il est vrai qu’il est, peut-être, un peu facile, pour moi, de critiquer la formation professionnelle dispensée en milieu carcéral… Mais ceux qui sont chargés de la mettre en pratique, ne recherchent pas toujours, à mon avis, l’intérêt pour le détenu et les critères de « sélection » semblent me manquer d’objectivité… Mais, suis-je moi-même « impartial »…

………………………………………………………………………………………..

Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent…
et des solutions proposées…


Vous trouverez ci-dessous, les dates de parution de mes articles…
Sur la journée du 17 mai 2007. Nous serons donc ensemble jusqu’au nouvel an 2008… si vous le souhaitez…

A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index sur la journée du 14 janvier)
Clémence et Paul Denis avaient tenté de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus.
Vous avez l’intégral de ce bouquin en début de blog, complété par vos questions / remarques et mes réponses…

A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.

Nota : Sur la journée du 21 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…



1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie
Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir sa version papier, vous pouvez l’acquérir en envoyant un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 7 Bld d’Alsace à 57070 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4).

"Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…" est en cours de relecture…. Peut-être sera-t-il publié ? En attendant, vous le découvrirez dans les jours qui suivent… Une version « papier » en auto-édition, est disponible, au prix de 17 €uros (frais d’envoi compris). Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (200 pages A4).