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05/03/2007

Journée-type...

Pour la cellule, je te donne quelques détails et différences, par rapport à Metz :
. en mieux : l’espace « toilettes » (plus petit, mais mieux agencé, avec un bon éclairage, une tablette (à Metz, il n’y en avait pas), une belle glace, un lavabo qui a la forme carrée d’un évier (ce qui facilite la vaisselle, avec une petite tablette pour poser (genre, mini égouttoir), un WC, une prise de courant.
Moi, j’y ai mis ma grande poubelle (au moins 60 l),
. en moins bien : le lit et l’armoire sont fixés au sol, donc pas d’initiative « privée ».
Moi, j’ai mis le frigo (sous la TV), à côté de la fenêtre (qui peut être ouverte à 100 %). Comme à Metz, les cellules, côte à côte, sont inversées, ce sont les sanitaires qui servent de pivot. Toutes les portes s’ouvrent dans le même sens (face à l’arrivée dans l’unité). Quand, je suis dans le coin « sanitaires », je peux voir la TV (à l’envers) dans la glace, en effet, en règle générale, je laisse la porte des sanitaires ouvertes, et je l’ai accrochée au lit, mais la nuit, elle doit être fermée, car autrement, son ouverture gêne la vision à partir de l’œilleton (et donc, la sécurité). Encore une précision, la table étant petite (57 x 63), je l’ai « libérée » au maximum et je me sers du dessus du frigo pour y déposer ma cruche qui me sert à chauffer l’eau du café et ma boîte à courrier… + Ricoré (l’ami du petit prisonnier) + bouteille d’eau, etc…

Journée – type en Centre de détention

Je m'étais dit que je pouvais aussi, te parler de ma semaine "type", en Centre de détention.
Avant que je sois "écrivain", mes journées étaient simples : ouverture de la porte à 7 h + lever pour la refermer de l'intérieur, je me recouchais jusqu'à 8 h 30 avec France 2, en fond sonore. 8 h 30 : lever + petit-déjeuner + toilette + un peu de rangement, nous arrivons à 9 h 30. A partir de là : TV ou écriture ou lecture jusqu'à 15 h 30 (avec interruption pour le repas de midi). 15 h 45 à 17 h : travail à l'infirmerie (nettoyage). 17 h à 18 h (activités : voir ci-dessous), 18 h 15 : douche + repas + fermeture de la cellule (vers 19 h) + TV couché + dodo…


1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie (voir nos précédents échanges : index sur la journée du 14 janvier 2007, sur la journée du 21 janvier : un lexique vous donne quelques définitions de termes qui méritent une explication et/ou un commentaire).
Au fil des jours qui vont suivre, je vous mettrai sur ce blog, le texte de mon bouquin, n’hésitez pas à me mettre des commentaires, vos impressions, posez-moi des questions, il n’y en a pas d’indiscrète…

Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous n’avez pas la patience de le découvrir au fil des jours, vous pouvez l’acquérir en envoyant un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 31 rue des Allemands à 57000 METZ. Pour 13 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4).



Depuis quelques mois, j'ai donc "repris" l'activité d'écrivain que j'avais abandonnée, avec regret, en quittant Metz. Dès mon arrivée, il était prévu que ce "poste" me serait confié et ne voyant rien venir, j'ai pris contact avec le directeur de l'école d'ici qui m'a autorisé à venir en salle d'informatique et nous avons discuté de mon futur "emploi" et en particulier des conditions matérielles. D'emblée, il est apparu que, sans problème particulier, je pourrais utiliser un ordinateur pour la réalisation de courriers « importants ».
Donc, fin avril, le chef de détention me confirme que mon poste est créé et que je commence dès lundi et qu’ainsi, je quitte le poste d'auxi-infirmerie.
Mais, comme c'était encore les vacances scolaires et donc, de certains de mes "interlocuteurs" susceptibles de mettre en place, concrètement, mon "emploi", pendant encore 20 jours, j'ai été "écrivain officiel", non connu, puisque l'information et les définitions de l'emploi n'avaient pas été faites… ce qui ne m'a pas empêché de répondre aux demandes spontanées.

A ce jour, tout le monde étant là, il a été décidé :
. que j'assurerai une permanence (aux heures de bibliothèque),
. que, pour "ma sécurité", je n'irais pas dans les unités,
. que, si la situation (la confidentialité) l'exigeait, je pourrais utiliser une salle de l'école.
Voilà les bases actuelles qui pourront être revues, en fonction de l'évolution de la demande.
Donc, cela roule… et occupe mes journées qui se partagent entre un temps en bibliothèque et le reste, en salle informatique…
Comme autres activités, je vais 2 fois par semaine (en principe, les mardis et jeudis) en "Santé par le sport", en fait (pour moi) : 1 heure de vélo d'appartement, pour affiner ma ligne, le mercredi : 1h15 de "relaxation" (essentiellement des exercices respiratoires, des étirements et de maîtrise du corps (sentir chaque partie de notre corps, à la demande), cela détend… : voilà pour l'activité physique…
Je participe, également, à l'équipe de rédaction (six ou sept gars) du bulletin interne du CD (réunion hebdomadaire, chaque vendredi) qui s'appelle : "L'Escapade" : tout un programme… Il n’est pas mal fait, mais il passe à la "censure" et ne reflète que partiellement ce que nous voudrions qu'il soit : plus complet, plus pratique et plus intéressant pour nos co-détenus…
Toutes ces activités ont lieu de 17h à 18h15, afin que tous (y compris ceux qui travaillent) puissent y participer… Mais, en fait, les travailleurs ont quelques difficultés à y participer pleinement, car de 17h à l’heure du repas, c’est aussi, pour eux, le moment de la douche, du téléphone, de la préparation du repas (ou complément) et en tout cas, un moment où ils sont un peu libre…

Pour te préciser encore un peu la "bonne" ambiance qui règne dans notre "unité de vie", je te dirais (aux dires des surveillants) que nous sommes une unité "calme" dans laquelle ils aiment bien venir.
Ce qui implique que, comme on ne leur casse pas la tête, ils ne nous cassent pas les pieds par toutes sortes de tracasseries, même si celles-ci sont réglementaires…
Ils nous font donc confiance et on leur rend en n'en abusant pas… et en nous "gérant" nous-mêmes, en particulier, lors des repas qui, en général, subissent un certain rituel : retour en cellule, porte refermée, puis réouverture (4 par 4), puis re-fermeture… Cela peut te sembler bizarre que nous considérions que le fait de ne pas «réintégrer » (rentrer en cellule) soit considéré comme une « faveur », alors que c’est la règle… et pourtant, le fait de nous laisser nous organiser dans la distribution des repas est ressenti par la totalité des membres de notre unité comme un signe de "reconnaissance" de notre "sérieux". Je pense que tu as saisi…

02/03/2007

Programme 13.000

Spécificité du Programme 13.000 :

Revenons à la structure. Elle date, à ce que l’on m’a dit, de 1989 (Metz en 1979). Elle fait partie du programme « 13.000 », c’est à dire 13.000 cellules construites et gérées par des sociétés privées (donc avec capital, actionnaires et bénéfice).
Tout ce qui est bâtiment et gestion (repas, hôtellerie (linge de maison), entretien général et travaux, cantine, formation professionnelle, ateliers) est assuré par du personnel non administration pénitentiaire.
Ici, la prison est prévue pour 400, mais nous ne sommes que 250 ; en effet, une restructuration a eu lieu, fin 2002.
Les surveillants et gradés ne font que de la surveillance et sécurité.
Donc, nous côtoyons des « civils » et des « hommes en bleu » (administration pénitentiaire). Le fait que la gestion soit privée, fait que tout est en bon état et que le matériel adéquat est fourni aux auxi pour qu’ils puissent assurer l’entretien dans de bonnes conditions et avec sérieux… Ayant un double regard (administration + privé) sur nous, fait que cela tourne bien… et les places étant chères (et recherchées), la sanction d’un laisser-aller serait le « déclassement » (renvoi du poste).
Au niveau des surveillants et gradés, ils font leur travail dans les règles et, en particulier les visites-contrôle obligatoires : ouverture de la porte et quelques mots au lever et au coucher + plusieurs visites « nocturnes » (œilleton + allumage lumière quelques secondes) pour voir si tout va bien…
La cellule est équipée d’un bouton « d’appel », pour manifester notre demande de voir un surveillant arriver. Il y a un système d’écoute et/ou d’interphone…

Je peux vous confirmer, hélas, que les interphones fonctionnent bien.
En effet, j’en ai eu la confirmation lors de tentatives de suicide ou d’accident dont, si je n’ai pas été le témoin oculaire (puisque cela s’est passé la nuit), j’en ai été le témoin auditif et j’en ai entendu les « confidences ».
En cellule, nous n’avons qu’un bouton d’appel qui, de jour, actionne un voyant lumineux extérieur à la cellule et visible (de loin) par le surveillant qui passe.
La nuit, le système est relié au PC (poste de commandement), et alors, c’est lui (eux) qui interroge la cellule et essaie de savoir ce qui se passe… On peut lui répondre… Mais il faut avouer que le temps de la mise en route d’éventuels secours, peut être long.
En effet, la nuit, les cellules sont fermées et les surveillants (qui ne font que des rondes) n’ont pas la clef (rappel : les portes sont équipées de trois fermetures : une clef de confort, celle que j’ai, une clef de sécurité (passe) qui ne se manœuvre que de l’extérieur et qui fait coulisser deux pennes d’un bon 1,5 cm de diamètre, et un loquet sur lequel peut être fixé un cadenas, par exemple, en attente d’expertise ou passage de la police en cas de décès douteux).
Bref, la nuit, seul un gradé, appelé par les surveillants, peut intervenir et ouvrir la cellule. Cela prend donc un certain temps et c’est lui qui décide de l’appel ou non du SAMU, en sachant que dans les prisons que je connais (Metz, Saint-Mihiel, Nancy, Bar le Duc, Epinal, par ouie dire), il n’y a pas de service médical « de nuit ».
Et c’est aussi pour cette raison, je pense, que l’infirmerie n’est pas équipée de chambre-cellule-lit de nuit et que le cas échéant, tu es soigné en cellule ou à l’hôpital, il n’y a pas de lieu intermédiaire…


1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie (voir nos précédents échanges : index sur la journée du 14 janvier 2007, sur la journée du 21 janvier : un lexique vous donne quelques définitions de termes qui méritent une explication et/ou un commentaire).
Au fil des jours qui vont suivre, je vous mettrai sur ce blog, le texte de mon bouquin, n’hésitez pas à me mettre des commentaires, vos impressions, posez-moi des questions, il n’y en a pas d’indiscrète…

Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous n’avez pas la patience de le découvrir au fil des jours, vous pouvez l’acquérir en envoyant un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 31 rue des Allemands à 57000 METZ. Pour 13 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4).



Un environnement campagnard…

La première fois que ton frère Victor est venu ici, il a eu, alors, m’a-t-il dit, vraiment l’impression de rentrer dans un « camp ».
Cette réflexion m’a laissé perplexe, parce que, en fait, elle ne correspond pas du tout à l’impression que, moi, j’ai, de l’intérieur.
Il est vrai que de l’extérieur, ce que l’on voit, me semble-t-il, c’est avant tout des murs, surmontés d’un grillage, et lui-même, de fil de fer barbelé, enroulé sur le haut du grillage. Le tout doit faire 6 m de haut. A Metz, nous avions un mur de 6 m, également, qui masquait les bâtiments jusqu’au 2ème étage. L’accès aux parloirs « famille » était simple et direct, quelques mètres, la traversée d’une cour. Ici, il me semble que c’est un long couloir, un long cheminement « abrité » avec un mur d’un côté et un grillage de l’autre, le trajet se fait « accompagné » par un surveillant.
Vu de l’intérieur, et compte-tenu du fait que « nous » sommes « habitués » aux grillages et barbelés (il y en a partout), nous ne les voyons plus, ou en tout cas, ils ne sont pas gênants. Ils sont là et divisent les différents espaces (promenade, sport, accès bâtiment) et canalisent les mouvements. Ils sont là, autant pour protéger que pour sécuriser les lieux.
A Metz, il était tout à fait possible, et cela m’est arrivé, de faire en sorte de ne pas mettre le nez dehors, pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Aller dehors était associé à une démarche volontaire pour aller en promenade et/ou en sport. J’ai connu des détenus qui ne sortaient jamais… et qui étaient, en apparence, très heureux…, ce qui me semble tout à fait « inhumain »…

Ici, aller dehors est « obligatoire », et ce, par tous les temps. En effet, comme déjà dit, la prison se divise en trois bâtiments, tout à fait indépendants. Deux bâtiments à usage « exclusif » de logement. Pour toutes les autres démarches et besoins, il faut aller à « La Rue », le bâtiment d’entrée qui contient tous les services communs et/ou administratifs. Ce qui fait que, pour ne pas sortir, il faut vraiment ne rien faire, ne pas être malade, ne pas avoir de parloir, vivre en reclus…
Il est sûr que l’essentiel nous est apporté : repas, cantine, courrier, médicaments, etc..., et cela pose même des problèmes matériels, car pour eux, les auxi et le personnel, il faut, chaque fois « aller » dans les bâtiments d’hébergement. Rassure-toi, il y a des ascenseurs et tout arrive en contenairs réfrigérés, ou, pour le moins « fermés », et d’ailleurs, ces ascenseurs ne servent qu’à cet usage, nous n’avons pas le droit de les utiliser. Ils sont réservés aux charges et au personnel pénitentiaire. Il est vrai qu’ils sont parfois « en panne », pendant quelques heures… aussi, ne pas les utiliser, ne me prive pas…
Donc, pour revenir à notre vue de l’intérieur, le fait que la prison soit sur une colline, avec un mur béton (peu haut), fait que nous avons une vue directe sur l’extérieur. A Metz, il fallait être au 4ème ou 5ème étage pour bien voir l’extérieur. De plus, la présence des miradors faisait qu’on se savait « surveillé ». Ici, il n’y a pas de miradors, mais des caméras vidéo, il y en aurait 17. En fait, elles surveillent les murs d’enceinte + tous les lieux stratégiques (passages importants (principaux). Certains ont du mal de « supporter » cet œil du XXI° siècle. Pour ma part, leur présence ne me gêne pas du tout, bien au contraire, et certaines fois, les portes s’ouvrent avant même que tu en demandes l’ouverture.

En effet, au niveau des portes, ce n’est pas du tout organisé de la même façon qu’à Metz.
A Metz, et cela me semblait logique et « primordial », toutes les portes ne pouvaient être ouvertes que « de visu », le surveillant qui ouvrait la porte, voyait celui qui arrivait. Ici, beaucoup de portes sont ouvertes « électriquement », sur appel (bouton sonnette qui actionne un voyant lumineux au PC) et/ou surtout, sur appel d’un surveillant par « talkie-walkie », entre lui et le PC, et d’autres portes, et c’est peut-être la majorité, c’est le surveillant qui ouvre la porte, mais là (comme c’est mal prévu), il n’y a pas de bouton d’appel et il faut « tambouriner » la porte pour que le surveillant « préposé » t’entende et vienne… et là… parfois, c’est « long » et toujours « bruyant ». Autrement, le bruit des portes et l’impression ressentie ne sont pas comparables à ceux de Metz, et ce, pour plusieurs raisons, d’abord parce que « notre » porte est très souvent ouverte, et les autres portes sont éloignées de ma cellule et donc, j’entends « mal » (moins) leur ouverture.
Pour revenir à l’extérieur, comme à Metz, il y a double rangée de grillage : le mur d’enceinte + un grillage et entre les deux, un espace de six mètres qui est goudronné et qui sert à la circulation d’un véhicule (type 4 x 4) qui passe de « nombreuses » fois dans la journée et la nuit pour « surveiller » les murs.
Il y a, bien sûr, un éclairage conséquent qui évite les points d’ombre, certains espaces sont équipés de détecteurs de présence (rayons infrarouges ou autres).
Pour parler de mon environnement immédiat, il y a donc deux bâtiments identiques, le passage d’un bâtiment à l’autre est « interdit ».
Chaque bâtiment contient 8 unités de 25 détenus, il est en croix, l’accès se fait par le milieu.

Il y a deux entrées, chacune desservant 4 unités (2, au RDC, 2, en étage), étage contrôlé par un escalier (accès autorisé par le surveillant qui autorise l’accès au bâtiment). Ainsi, donc, pour moi qui suis en hauteur, je n’ai pas moins de 4 portes pour arriver à mon unité (2 au RDC + 2 à l’étage).
L’accès à l’unité est « protégé » par une grille (porte) qui dessert 2 niveaux de 12 + 13 détenus, moi, je suis donc au niveau supérieur, donc je monte quelques marches (10), ceux d’en bas, en descendent 4.
Sur chaque niveau, il y a, en son milieu une grande fenêtre, (vue de l’extérieur sur la même face que mon côté), et un espace libre avec une grande table. C’est là que nous jouons au tarot et/ou certains mangent, ensemble, les plats qu’ils se sont faits… (à l’office).
Au niveau inférieur, il n’y a pas de table, mais un baby-foot, et il y a un autre espace avec deux tables qui servent au service des repas. Au-dessus de cet espace : rien, donc d’en haut, nous voyons un trou, entouré, bien sûr, d’une rampe, mais, en théorie, on pourrait « sauter ». Tu vois, ce n’est pas le schéma habituel de la prison, avec les cellules autour d’un grand trou.
Il y a un surveillant pour 2 unités (50 détenus, maxi) et, en fait, 2 surveillants (pour 100), car, à notre niveau, les deux entrées communiquent, si bien que parfois, il peut n’y avoir, pendant quelques minutes, qu’un surveillant pour 100 détenus…
A l’heure du repas, surtout lorsqu’il s’agit d’un « novice », un surveillant vient en renfort, pour la fermeture + ouverture + re-fermeture des portes de cellules.
Les repas sont amenés dans des chariots isothermes. Sur place, il y a un « four » qui sert à chauffer (chaleur maxi : 70 °), donc il ne cuit pas. L’auxi va chercher le chariot vers 10 h 30 et vers 16 h 30.

Il met ce qui doit être réchauffé dans le four et en assure le « réchauffage », par module de ½ heure (souvent 2 modules) : ce qui fait que parfois, ce n’est pas assez chaud, suivant le zèle et/ou le respect des consignes de l’auxi… Mais, dans l’ensemble, c’est correct.

28/02/2007

S'occuper

Je trouve tes écrits très intéressants et très instructifs.
Même si je ne peux espérer appréhender quelles sont tes émotions ressenties durant cette période. Il est sûr que nous sommes incapables de ressentir ce que sent l’autre. Néanmoins, ces écrits ont le mérite de me permettre de les imaginer, de me les représenter avec l’objectivité dont tu as fait preuve en les décrivant.
Tu entames un nouveau départ, un nouveau style de vie, dans un nouveau lieu.
Accoutumons-nous. D’ailleurs, j’ai bien retenu tes propres dires, à savoir que l’on s’habituait à tout.
Même si, dans le cas présent, cette réflexion est plutôt malvenue puisque nous y sommes contraints, je vois néanmoins en ceci la suprématie de l’homme car si nous avons bien des défauts, notre intelligence est avant tout une adaptation.



Vivre en Centre de détention = s’occuper…

Comme prévu, j’ai donc changé de secteur et, en fait, de bâtiment. Avant cette affectation, comme on nous l’avait proposé, on pouvait faire part de nos souhaits. Occasion que je n’ai pas manquée. J’ai donc demandé un secteur calme, en hauteur, et face à la nature. Et voici le résultat.
La perspective… est presque la même que celle que j’avais à mon arrivée…
Je suis donc, au 4ème niveau, (le plus haut), plein sud, je pense, à cette saison, j’ai le soleil du matin jusqu’à 14 h 30. Au loin (un petit km), une forêt mixte (sapins et feuillus) qui apparemment, a souffert de la tempête de décembre 99 (un couloir est entièrement libre). En me rapprochant, je revois la route, mais je ne l’entends plus… et toujours des champs cultivés. Ce bâtiment B étant quelque peu en contrebas, par rapport au Bâtiment A, je vois un peu mieux, grillages et murs d’enceinte. J'ai également, vue sur le « mitard », secteur disciplinaire qui est bien isolé des autres bâtiments, ce qui évite les dialogues « hauts et forts », entre ceux qui sont au mitard et les autres. Ce qui est « agréable ». A Metz, il était au RDC, et pour les étages du dessus, c’était le calvaire. Moi, j’étais loin d’eux et je n’ai pas souffert de cette nuisance.

Je n’ai vue, en direct, sur aucune des parties communes (promenade, aires de sport, chemin d’accès aux bâtiments), je suis donc au calme. De plus, je suis dans l’avant-dernière cellule, donc, peu de passages devant ma porte… de nouveau, le calme.
A priori, cette cellule m’est affectée jusqu’à ma libération… il n’y a pas de raisons que j’en change, même si mon emploi changeait. En effet, ici, en Bât. B (200 détenus, en 8 unités) tout le monde est en « ouvert » (rappel : porte ouverte de 7 h à 19 h, sauf entre midi (12 h à 13 h 30) et circulation libre dans le secteur (25 détenus) et libre également pour aller où on doit ou veut aller (en particulier vers les locaux communs).
Ma cellule est identique à celle décrite, mais par contre, elle était d’une propreté douteuse, pour ne pas dire très sale et j’ai eu fort à faire pour la rendre « habitable ». Au bout de 8 jours, je n’ai pas encore fini de nettoyer les 4 murs, mais l’essentiel est fait et mes affaires personnelles ont été replacées que dans du propre. Cette phrase est écrite, en pensant, particulièrement, à ta mère… et à son souci de l’hygiène « en tout lieu »…
Pour le moment, je ne l’ai pas personnalisée, mais c’est autorisé et ce sera fait dès que possible (dès que le nettoyage complet sera fini).


1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie (voir nos précédents échanges : index sur la journée du 14 janvier 2007, sur la journée du 21 janvier : un lexique vous donne quelques définitions de termes qui méritent une explication et/ou un commentaire).
Au fil des jours qui vont suivre, je vous mettrai sur ce blog, le texte de mon bouquin, n’hésitez pas à me mettre des commentaires, vos impressions, posez-moi des questions, il n’y en a pas d’indiscrète…

Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
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Il faut s’occuper :

Comme déjà annoncé, en Centre de détention (CD) sont privilégiées les attitudes qui permettent la réinsertion (retour à la vie libre) dans les meilleures conditions et cela passe, en particulier par la formation professionnelle et le travail.
Donc, dès les premiers jours, nous avons été reçus en séance collective et en entretien individuel. Voilà ce qui est proposé : en formation professionnelle qualifiante (avec diplôme et/ou attestation reconnus dehors) : maintenance bâtiment et nettoyage industriel (formation (en 3 niveaux) d’une durée totale de 9 mois), métiers de bouche (pâtissier, traiteur) avec CAP (formation de 9 mois / au lieu de 18, dehors), informatique – bureautique (en 2-3 mois) – usage des logiciels de base – Word – Excel – Power Point, il y a aussi initiation « soudure », il me semble. Ces formations sont rémunérées (2,26 €/heure sur la base de 120 h/mois (maximum) et financées par le CNASEA.
Au niveau travail (possible et recommandé en attente de formation) sont proposés les ateliers divisés en 3 : 1 secteur « assemblage, façonnage », ne nécessitant aucune qualification et d’un intérêt plus que douteux (c’est mon avis), on est payé à la pièce et pour 5 jours à 7 heures, un salaire moyen de 100 à 150 €. Comme autres ateliers, il y en a deux, plutôt réservés à des manuels avertis : 1 atelier de menuiserie et 1 atelier de ferronnerie –soudure, où là, la rémunération, toujours à la pièce, peut atteindre 500 €, pour un bon et rapide…
Comme autre travail, sont proposés les services communs, les auxi, comme on les appelle, qui assurent l’entretien des parties communes.

Certains assistent les professionnels dans certains services (cuisine, lingerie, entretien des bâtiments), mais c’est principalement de l’entretien (nettoyage).
Pour ma part, en formation, j’ai demandé, en priorité « Métiers de Bouche », me souvenant de mes années de célibat où certains appréciaient ma cuisine et mes spécialités, mais cette formation ne pourra commencer qu’en septembre (pour 9 mois).
Je pense faire aussi, avant, « bureautique-Informatique ». Mais, en fait, je n’en fais pas une priorité, car je ne pense pas que j’y apprendrai « véritablement » plus que je ne sais et il n’est pas certain que cela m’aiderait pour les quelques trimestres qui me resteront à faire avant la « retraite »….
De toutes façons, j’ai déjà eu de très bons contacts, en vue de prendre une place d’écrivain (comme à Metz), en plus cool, car il y a moins de demandes, mais elles sont plus « ardues » (cf. lettre de motivation pour aménagement de peines et/ou procédures en cours). Ce « poste » répond à une demande des détenus et correspond à un souhait de l’administration, donc, il ne reste plus qu’à le mettre en place, maintenant que le candidat « capable » et « motivé » est là… mais cela peut prendre un « certain temps »… alors… en attendant, on m’a proposé, j’ai accepté et j’ai été « classé » au poste d’auxi « infirmerie ». On recherchait quelqu’un de « calme et de sérieux », on a trouvé… En fait, il s’agit de faire l’entretien général de 3 bureaux, 2 salles de soins, d’une cuisine et d’un WC (réservé à l’usage du personnel), et tout cela avec du matériel « pro », gants et produits adéquats, en sachant que le matériel médical « usagé » n’est pas de mon ressort… Je ne risque donc rien, ne t’inquiète pas…

Les horaires de travail sont flexibles, mais, en principe, fin d’après-midi (15 h 30 – 17 h) ou le matin de 9 h à 10 h. Pour ce faire, je serai rémunéré, nombre d’heures et d’euros, je ne sais, à cette heure.
Mon souhait premier étant « écrivain », il m’a été garanti que ce poste m’est réservé, dès sa mise en place…

 
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