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24/10/2007

Tristesse

Tristesse :

Mes écrits… Je ne vous dirai pas qu’ils sont objectifs, mais je suis sincère et j’essaie de vous transmettre ce que je ressens… Il est sûr qu’un autre pourrait vous en faire une description tout autre.
Parfois, vous pouvez y ressentir de la « tristesse »… certes mon sort m’en fait ressentir, mais il y a pire, moi, j’ai la joie d’avoir une famille et des amis, ce qui n’est pas le cas de tous, ici. Et je pense que l’on peut être triste et quelque peu « nostalgique », lorsque l’on se rend compte que notre société et son système carcéral sont nuls… et dans plus de 80 % des cas, je pense que ce n’est pas la meilleure solution, ni pour le délinquant, ni pour la société.
Ce qui est sûr, c’est que c’est la solution de facilité, celle qui, peut-être, fait peur, parfois, mais une fois qu’il est « dedans », le délinquant prend de l’assurance, et croyez-moi, il en ressort plus « corrompu »…
Je ne sais s’il y a des statistiques « annoncées »… mais le nombre de mes co-détenus pour qui la prison n’était pas un lieu « inconnu » est considérable (pour ma part, je l’évalue à près de 80 %...) et certains « envisagent » d’y revenir… Vous voyez : parler de « réinsertion », ce n’est que de l’hypocrisie… ou de la philosophie.

Dépassée le stade des 6 mois, cette détention est tout à fait inutile… le mal est fait et quand je me rends compte que passer le cap des 36 mois… cette détention peut compromettre tous les jours qu’il me reste à vivre, vous comprendrez que je peux avoir une certaine rage car je suis conscient que si je ne veux pas végéter, il me faudra faire ce que l’on m’a reproché de faire alors que je ne l’ai pas fait !...
Vous voyez où nous mène l’absurdité du système qui ne s’occupe pas des individus. La répression est peut-être bonne et « utile » (mais la forme reste à trouver), mais la prévention – éducation, c’est mieux, croyez-moi.

L’ambiance, ici, comme partout, il nous faut la supporter, et le plus simple est, quand même, de l’accepter et de vivre avec, car s’y opposer n’est jamais « bon » et cela te retombe toujours « dessus », donc, il faut jouer avec diplomatie, faire croire qu’on adhère même si cela te laisse indifférent…
Mais en général, je pense être bien « intégré », j’avoue (et pense) ne pas avoir d’ « ennemi ». Cela se passe assez bien, peut-être plus en raison de mon âge et des services que je peux rendre en conseil et/ou écriture qu’en raison d’une acceptation de mon opinion.
Donc, l’ambiance, même si elle n’est pas celle que j’aurai souhaitée (notamment au niveau du bruit) est acceptable. Il faut dire que tout compte fait, il y a beaucoup de « mouvements » dans les unités, c’est à dire beaucoup de changement de cellules. Il est vrai qu’il y a des départs (sorties ou transfert vers un autre CD, ou transfert disciplinaire (en Maison d’Arrêt) que l’attitude du détenu devenu insupportable nécessite, là, c’est une vraie sanction…) et des arrivées, mais il y a aussi des changements internes, d’une unité à l’autre au gré des humeurs, des choix et des goûts de chacun. Moi, je suis depuis plus d’un an dans la même cellule et je suis le 2ème plus ancien /25. Il y a un bon mélange de jeunes et de moins jeunes, mais je dois avouer que les plus jeunes, même s’ils sont plus casse-pieds, ils sont les plus distrayants et les plus surprenants…


L’insécurité :


… en voilà, un faux problème… elle n’existe pas, on la fabrique, le « on » étant notre société qui ne sait pas « éduquer », à la base.
La répression est un combat perdu d’avance, si on ne s’efforce pas de combattre les inégalités et la misère « à la base »… il n’y a pas de fatalité… pour moi, mais je ne suis pas sociologue, mais seulement « réaliste », si notre société, nos dirigeants ne décident pas de mettre le paquet sur l’éducation, dès le plus jeune âge, avant même le primaire et ensuite.
On le dit souvent, c’est par les enfants que la culture remonte dans les familles. Mais il faut mettre le paquet, faire des classes de 10 à 15, pas à 30 – 35, faire des classes pour ceux qui ont des difficultés. Si on ne veut pas faire cela, la situation ne fera qu’empirer. Je suis prêt à prendre le pari…
Il faut renforcer (aider) tout le milieu éducatif, même si, au départ, on est obligé de se substituer à la famille. Par pitié, arrêtons le massacre, arrêtez de construire des armes et d’aller sur Mars, juste quelques années, et employons ces hommes et ces moyens à nous créer « une jeunesse dynamique et sans problème ».
Quand j’ai entendu (à la TV) que l’Armée avait, encore, au budget, la 2ème place avant l’enseignement et l’éducation… je suis resté abasourdi… quelle aberration !
J’ai du mal à comprendre, à admettre que nos politiques ne se rendent pas compte de la réalité… ou… y voit-il, dans la politique, qu’une occasion de se faire plaisir, lorsqu’il ne s’agit pas de s’enrichir… Je n’ai pas de réponse…

Je suis et reste (encore pour beaucoup de temps, je le crains) un marginal ! Tant pis, mais il y a des choses qui ne passent pas, que je n’arrive pas à accepter quoiqu’il advienne… !
Ai-je raison ? Suis-je un têtu ? Suis-je vraiment hors des vraies valeurs ? Je ne sais, d’ailleurs, la réponse n’importe pas. Malgré mes désagréments actuels… je ne regrette pas ma vie… Mon seul regret est d’avoir entraîné dans mes « délires »… certains qui auraient pu attendre mieux de moi.
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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent…
et des solutions proposées…


Vous trouverez ci-dessous, les dates de parution de mes articles…
Sur la journée du 17 mai 2007. Nous serons donc ensemble jusqu’au nouvel an 2008… si vous le souhaitez…

A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index sur la journée du 14 janvier)
Clémence et Paul Denis avaient tenté de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus.
Vous avez l’intégral de ce bouquin en début de blog, complété par vos questions / remarques et mes réponses…

A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.

Nota : Sur la journée du 21 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…



1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie
Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir sa version papier, vous pouvez l’acquérir en envoyant un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 7 Bld d’Alsace à 57070 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4).

"Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…" est en cours de relecture…. Peut-être sera-t-il publié ? En attendant, vous le découvrirez dans les jours qui suivent… Une version « papier » en auto-édition, est disponible, au prix de 17 €uros (frais d’envoi compris). Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (200 pages A4).

22/10/2007

La justice ressentie... (suite)

Y aurait-il plusieurs « justices » ?

Ou, est-il normal que l’interprétation des textes soit régi par la « seule » interprétation d’un petit nombre ?
Lorsque j’étais à Metz, j’ai lu un article édifiant, dans VSD ou L’EXPRESS ou ailleurs qui faisait une étude comparée des différentes « Cour d’assises ». En fait, je n’ai retenu peu de choses, si ce n’est qu’il fallait mieux être condamné en Corse ou à Nancy qu’à Metz…

Tout ce qui précède ne concerne, en fait, principalement que le Tribunal correctionnel (tous les délits, sauf ce qui est pris en compte par une Cour d’Assises, à savoir : meurtres, viols, braquages, agressions avec armes, terrorisme, etc…)
Pour ce qui se passe en Cour d’assises, l’instruction est, en théorie, de 2 ans ou plus, si nécessaire. Il y a des jurés (jury populaire).
Les peines sont plus lourdes, en général, avec une période dite de sûreté, pendant laquelle aucun aménagement de peines n’est possible.

Ce qui est et reste le plus choquant dans notre « Justice » française, c’est qu’il n’y a pas de justice ou plutôt « d’égalité » devant la justice.
Cela est particulièrement flagrant lorsqu’il s’agit de trafiquants (principalement les « passeurs » = convoyeurs) de produits illicites. Ce devrait être simple. En fonction de la quantité saisie, c’est telle peine, telle amende. Il n’en est rien, selon le tribunal, le « tarif » n’est pas le même, selon le service des « douanes », l’amende n’est pas la même.
Et on ne peut pas dire que le passé de l’individu influe sur la décision, puisque pour 98 % des cas, il s’agit d’étrangers, inconnus de la justice.
A juste titre, vous pourrez me dire que le propre de la Justice est justement de tenir compte de l’individu, de ses antécédents, des risques de récidive, etc…
J’en conviens, mais si certains facteurs « individuels » doivent influencer toute décision, il n’est pas normal qu’il y ait de telles différences, et je vous assure, elles sont souvent considérables, d’un tribunal à un autre.

Pour ce qui est des « conditions de détention », il semblerait que c’est bien la même chose. Au niveau de l’admission, les « Maisons d’Arrêt » sont « obligés » d’accepter tout ce qui « arrive ».
En CD (centre de détention), les places sont limitées au nombre de places.
Mais pourquoi, à Metz, pour être transféré en CD, il faut au minimum 6 mois, alors qu’à Nancy, 1 mois après le jugement, le transfert peut avoir lieu…
Pourquoi, un détenu (de plus, prévenu, donc considéré comme présumé innocent), devrait-il être logé dans des conditions, dirons-nous, précaires qui frisent l’inhumain et le manque d’hygiène, et qui « violent » l’intimité à laquelle, au XXIième siècle, tout être humain devrait avoir droit.
Pourquoi mélanger toutes sortes de délinquants au risque (réel) de transformer la prison en école de la délinquance.

Et il faut évoquer, aussi, les conditions dans lesquelles est attribué le « travail ». C’est avant tout du « copinage », en fait, ce terme est impropre, car, travaillent, en priorité, ceux qui ne « disent rien ». C’est humain, mais cela ne peut provoquer que des tensions dans les étages, car la priorité « aux ateliers » (puisqu’il n’y a pas de travail pour tout le monde) ne se fait pas selon des critères de besoins financiers et/ou psychologiques.
Ici, il semble qu’ils sont un peu plus réalistes, et, compte tenu de la « pénurie » de travail due, nous l’espérons, à la période estivale, ils ont organisé un roulement afin que, dans le mois, ceux « en place » travaillent quand même un peu.

Aux dires de certains, certains CD sont mieux qu’ici : plus de liberté ( !), plus d’équipements, plus d’activités, plus de travail.
Certainement, il y a mieux, mais il doit bien y avoir pire, aussi, je pense que l’important est d’arriver à s’adapter à chaque lieu, à chaque circonstance, à chaque étape de ta détention.

Ceci est ma devise, et c’est ce que j’arrive, ou pour le moins, je m’emploie à mettre en pratique…

Pour conclure, et parce qu’il voyait juste (c’est mon intime conviction), je vous citerai une réflexion d’un de mes ancêtres :

« La Justice, loin d’être absolue, peut varier, suivant l’humeur momentanée
de celui qui la rend. Cette pensée me remplit de mélancolie »

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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent…
et des solutions proposées…


Vous trouverez ci-dessous, les dates de parution de mes articles…
Sur la journée du 17 mai 2007. Nous serons donc ensemble jusqu’au nouvel an 2008… si vous le souhaitez…

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Clémence et Paul Denis avaient tenté de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus.
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Nota : Sur la journée du 21 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…



1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie
Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
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19/10/2007

La justice ressentie...

La Justice ressentie…

« L’ennemi de la vérité n’est pas le mensonge, mais l’intime conviction »

Cette pensée de Friedrich NIETZSCHE (philosophe allemand – 1844-1900) vous annonce le « ton » de mon propos.

Aujourd’hui, je veux vous parler de la Justice et surtout, comment elle est ressentie par le, les condamnés que nous sommes.

Je ne reviendrai pas sur les conditions matérielles et psychologiques de la garde à vue, de la comparution immédiate et du déroulement de l’instruction quand elle a lieu. Je vous en ai longuement parlé au début de cet ouvrage.

A l’issue de tout jugement, il y a une sentence, une condamnation et c’est là que cela commence à pécher.

En effet, la sentence, c’est la seule inconnue, c’est la loterie, il y a bien des bases (Code pénal), mais il ne s’agit que de maximum, selon le cas et les faits reprochés…, à multes reprises, j’ai pu constater que c’était vraiment à la tête du client et selon l’humeur (du jour) des juges. A cela, vous rajoutez, le lieu, Thionville n’est pas Nancy qui n’est pas Metz. Pour un même délit, la « peine » peut aller du simple au double. Tout peut influencer et peut provoquer une hausse ou une baisse du « tarif ».
Et cette constatation (affirmation) est ce que l’on (les détenus) reproche le plus à la Justice…
C’est de ne pas être « juste » et « équitable » et cela donne un sentiment d’inégalité, insupportable. Il n’y a qu’un texte, le même pour tous, mais selon les lieux, et les individus, et les juges, il n’est pas interprété « pareil »…
Qu’en penser ?
Au niveau de la « détention », je pense que c’est un peu la même chose.
Outre les différences entre les lieux et leur « qualité de vie » (conditions matérielles et conditions psychologiques), il y a encore le rôle du JAP (Juge d’Application des Peines) qui régit, en dictateur, sans aucun contrôle, (tout le monde en a peur), les conditions dans lesquelles tu feras ton temps de détention (permission de sortie, remise de peines, aménagement de peines, etc…).
C’est pareil, il y a des textes et surtout leur application qui manque, pour le moins, d’objectivité et surtout d’uniformité. C’est au bon vouloir du JAP qui, pour certains, se permettent de te rejuger alors que leurs décisions ne devraient être motivées que par l’attitude du détenu en détention.
Alors, dans ces conditions, que penser de la Justice.
Elle a, certes, son rôle et sa nécessité, mais, quoi qu’en disent certains, elle subit des pressions politiques (il suffit de voir « les affaires » et leur déroulement / aboutissement).
Il y a aussi beaucoup de copinage entre procureur (représentant de la Loi et de l’Etat), juges (interprètes des textes législatifs), et avocats (défenseurs de l’accusé ou de l’accusateur).
Le prévenu (ou condamné) n’est qu’un « petit » pion, dont peu de monde se préoccupe, en réalité, mais c’est bien lui qui subit.

Il est bien sûr clair que le cas de chacun est « unique », mais ce qui apparaît comme le plus évident, c’est que beaucoup de condamnés considèrent qu’ils n’ont pas eu la possibilité de prouver la réalité et de présenter ce qui était « à leur avantage » et/ou les vraies motivations de leur geste.

La Justice se fait sur des apparences et sur l’intime conviction, tout d’abord du policier-enquêteur, du juge d’instruction (souvent la même intime conviction), puis celle des juges, en sachant, en fait, après réflexion, je pense que c’est encore le policier-enquêteur qui passe le plus de temps sur ton dossier.
Aussi, est-il déplorable de constater, savoir que c’est le moment le plus pénible et le plus inhumain, aussi. On te questionne sur des faits qui se sont parfois passés plusieurs années auparavant… tu n’y es pas préparé… tu subis une pression psychologique « forte », inacceptable… Reprendre les faits (= se contredire) chez le juge d’instruction, c’est « normalement » possible, mais c’est « difficilement » accepté…
Tu n’es plus entendu…, et les juges n’ont pas le temps de vérifier, de faire vérifier, et qui va vérifier : le policier-enquêteur ? …
Reste le problème de « l’application de la peine » : c’est encore toute une suite de circonstances qui nous échappent…
Même si au tribunal, tu es condamné à une peine de prison ferme avec ou sans X mois de sursis, cela ne veut pas dire que tu vas aller en prison. Certes, si tu y es déjà, tu y restes. Une « majorité » des peines inférieures à 6/12 mois, ne sont pas mises en exécution. C’est à dire que tu ne vas pas en prison… Mais, en fait, c’est un piège (nous en reparlerons).

En pratique, ta peine doit être mise en application, par, comme son nom l’indique, le Juge d’Application des Peines (JAP) (pas le même que celui qui t’a jugé et qui s’occupe de la prison, en théorie), qui, avec toi, devrait étudier la meilleure des solutions pour que tu puisses exécuter ta peine, sans « trop » perturber ta vie familiale et professionnelle, c’est là qu’apparaissent les aménagements tels que la semi-liberté (nuit en prison + journée et week-end libres) : 70 places à Metz ( !), bracelet électronique (combien ?) (mise en route lente) et dans de nombreux cas, tu n’es jamais convoqué chez le juge, et avec le jeu des grâces (14/07) : 2 mois de grâce par année, si tu n’es pas incarcéré (rappel : 14 jours/mois avec maxi 4 mois, si tu es incarcéré), la peine s’éteint…
Ce décalage, ce laxisme ou plutôt, cette incapacité a exécuté ce que la Justice a décidé, est bien connu des petits délinquants : petit voleur, chèques falsifiés, petit consommateur de stupéfiants, etc… en fait de tous ceux pour qui leur délinquance ne prévoit pas de peines « importantes ».
Et c’est là que le piège se met en place… Il est évident et réaliste de constater que « parfois » le même juge retrouve les mêmes « clients » pour les mêmes faits. Et là, il en a marre, s’énerve un peu et déclare (lors du jugement) : « mise en détention à la barre », ce qui veut dire qu’il est arrivé « libre » et qu’il ressort du tribunal entre deux policiers pour rejoindre la prison.
Et à partir de là, eh bien, toutes les condamnations antérieures non mises en exécution ou « avec sursis » « tombent » (sont mises en exécution) et celui qui est arrivé avec 6 mois, se retrouve là pour 2 ans ou plus…
Et le vice aidant, et la mémoire faisant défaut, bien sûr, tout ne « tombe » pas en même temps. J’ai vu certains, prêts à « sortir », se voir « signifier » (annoncer) la mise en exécution d’un jugement ou la révocation d’un sursis, c’est surtout dans ce dernier cas, car, les condamnations, on y pense, on oublie plus facilement le « sursis », car en théorie, il n’est pas exécuté, sauf si tu as une autre condamnation postérieurement.
Un de mes travaux épistolaires, le plus important (en nombre), ici, est de rédiger des demandes et « lettres de motivation » en vue d’une confusion des peines. J’ai vu jusqu’à 8 peines de 2 à 6 mois pour le même type de délits !
Pour tout dire, l’issue d’une telle confusion de peines est quelque peu aléatoire, en fait, il s’agit d’un nouveau jugement, en général, le condamné n’y est pas présent ( !) et les motivations de la demande doivent être présentées par écrit et/ou par un avocat.
Le Code pénal prévoit la révocation « automatique » du sursis, en cas de seconde condamnation.
Qui le sait ? Même les avocats vous disent que ce n’est pas systématique.
Par expérience et de visu, je vous dirai que c’est, quand même, la généralité.
En 15 mois d’écrivain, je n’ai connu que 2 cas (détenus) qui sont sortis en gardant leur sursis.

Quand vous êtes détenu, vous êtes censé pouvoir bénéficier d’un certain nombre d’aménagements de peines, une fois que ta (tes) peine(s) (éventuellement cumulées) sont faites à moitié ou à 2/3 (pour récidiviste).
Il s’agit, principalement, de la « libération conditionnelle ». Pour l’obtenir, il faut avoir un hébergement, une promesse d’embauche et avoir manifesté des « efforts » de réinsertion par une bonne conduite en prison et le travail et/ou la formation, par le paiement des parties civiles.
Il y a aussi, comme aménagement possible, quand il reste moins de 12 mois à faire, la semi-liberté et le bracelet électronique, il y a encore « placement extérieur », c’est à dire, toujours sous contrôle judiciaire, un contrat de CES (1/2 temps) dans et/ou sous la responsabilité d’une association agréée (cf cas de José BOVE, c’est cela qu’il a eu pour aller manifester au Larzac et ailleurs (!)…).

Voilà. Je pense avoir fait le tour des possibilités. Mais il n’est pas négligeable de répéter que tous ces aménagements sont assujettis au « bon vouloir » du JAP qui est censé tenir compte de l’avis de l’administration pénitentiaire… mais je ne suis pas sûr que cet avis influence sa décision…
Ce qui me permet de répéter que certains détenus pensent, peut-être pas sans bonnes raisons, qu’il vaut mieux être « prisonnier » dans telle ou telle prison, car on sait que là, le JAP est plus cool…

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