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16/07/2007

Ecrivain = confident

Les différents types de détenus…

Ecrivain = confident ( ?)

En prenant mes fonctions d'écrivain, je changeais de secteur et surtout de public, de fréquentation et ce rôle d'écrivain m'a fait "fréquenter" par obligation, un public des plus divers et des personnages vraiment exceptionnels et typiques.

Avant de passer à ceux-ci, je voudrais vous parler encore de ceux avec qui j’ai vécus. Il est vrai qu’en devenant « écrivain », je devais bénéficier de certains avantages dont le principal, à mes yeux, était de bénéficier d’une cellule où j’y serai « seul ». Cet avantage, nous l’avons perdu… (cf. surpeuplement), et j’ai donc séjourné quelque temps avec un autre détenu, par deux fois. Ensuite j’ai quitté la Maison d’arrêt, sans regret… et dans ce sans regret, il faut y trouver les conditions matérielles de logement… Nous aurons l’occasion d’en reparler.

Comme « écrivain », par obligation, je suis souvent rentrer dans la vie intime de mes co-détenus…
Il est vrai que le plus dur est de comprendre et de faire le tri entre ce qui paraît, ce qui se dit et ce qui est la réalité.
La prison est un lieu où le mensonge est "roi".
Pour chacun, c'est un passage, plus ou moins long, avec parfois un ou des retours, et donc, de l'extérieur, de sa vie à l'extérieur, on n'en connaît que ce qui t'est dit. Et une fois qu'il est sorti, tu n'entends plus parler de lui, et cela ton interlocuteur le sait et souvent, il en use...
Au départ et par force, souvent, il me fallait connaître un peu mieux mes "clients" et "leur affaire". Sur eux-mêmes et leur extérieur (famille, passé), j'ai toujours pris ce qu'ils me disaient.
Après avoir été "pris" et avoir "écrit" des informations "fausses", à propos de "leur affaire", j'ai toujours essayé (et obtenu) de voir "un document" qui me permettait de rédiger "sans erreur" et c'est là que je me suis rendu compte que la façade était bien différente de l'intérieur.
Le plus surprenant est la faculté qu'a un individu de se contredire lui-même et cela sans honte, sans hésitation, sans regret, en fait en ne s'en rendant pas compte. Discrétion oblige, je ne le faisais pas remarquer, mais je n'acceptais plus de rédiger n'importe quoi... même si, en fait, je n'étais pas très concerné.

Voilà pour le cadre général... On se trouve, là, plus qu'en tout autre endroit, dans un monde plein de mystères, de mensonges, tout à fait irréel... où le paraître n'a rien à voir avec le réel.
Il est sûr qu'il ne faut pas généraliser, mais ceux qui avaient le plus besoin de soutien et d'aide, étaient souvent les plus mystérieux.

Cette fonction m’a appris beaucoup… sur l’être humain et ses mystères…

Je me suis « amusé » à les « classer »…

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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent…
et des solutions proposées…


Vous trouverez ci-dessous, les dates de parution de mes articles…
Sur la journée du 17 mai 2007. Nous serons donc ensemble jusqu’au nouvel an 2008… si vous le souhaitez…

A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index sur la journée du 14 janvier)
Clémence et Paul Denis avaient tenté de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus.
Vous avez l’intégral de ce bouquin en début de blog, complété par vos questions / remarques et mes réponses…

A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.

Nota : Sur la journée du 21 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…



1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie
Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir sa version papier, vous pouvez l’acquérir en envoyant un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 7 Bld d’Alsace à 57070 METZ. Pour 13 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4).

"Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…" est en cours de relecture…. Peut-être sera-t-il publié ? En attendant, vous le découvrirez dans les jours qui suivent… Dès qu’une version « papier » sera faite, je vous l’indiquerai.

13/07/2007

Hervé - Maurice

Quelques rencontres imposées : Hervé - Maurice

Encore un cas, mais cette fois sympathique, c’est Hervé, un vieux de 70 ans, un ancien garçon de café, en retraite,…accusé et condamné pour attouchements sexuels sur sa petite fille. Il prétend que non… Mais il a été condamné et accepte cette condamnation. Il était peu bavard, mais il voyait son avenir, avec son épouse qui venait le voir, une fois par semaine depuis de nombreux mois, années… et surtout loin de tout ce qui était… « jeune ». Il était brouillé avec tout le reste de sa famille et n’espérait pas d’amélioration. En fait, il était résigné, ne demandait rien à personne, souhaitait qu’on le laisse en paix…
Il avait une passion ou une occupation, peut-être l’avait-il démarrée en prison, celle de créer des mots croisés. Il en faisait du matin jusqu’au soir, sa seule sortie était la promenade, entre midi. N’étant pas adepte de ce sport cérébral, je ne pouvais qu’admirer sa ténacité. Chaque semaine, il envoyait sa production à son épouse qui s’efforçait de les résoudre. Sa seule ambition était de passer son temps et de réaliser cet échange avec son épouse.
En vous parlant de lui, je vais vous donner un exemple de ce que l’on peut parfois faire, avec un rien, pour combler un autre détenu. Je savais qu’il avait comme seul outil de travail : un dictionnaire. Lorsque j’ai été à la bibliothèque du grand quartier, j’y ai trouvé un dictionnaire/répertoire de mots en 2, 3, 4, 5 et plus lettres… J’en ignorais l’usage lorsque, au bout d’une année, j’ai eu un flash et je me suis dit que ce devait être bien utile pour les cruciverbistes… Je ne m’étais pas trompé et je lui ai « offert » (au nom de la collectivité ignorante et qui n’en avait nul usage). Je crois que je ne pouvais pas lui faire plus plaisir, il m’a semblé qu’il en ignorait également l’existence, ce qui me confirmait son goût nouveau (et en prison) pour les mots croisés… A ce jour, comme il doit être encore en prison, il doit encore me remercier, chaque matin…

Je ne peux pas quitter le JA, sans vous parler de Maurice. En fait, je ne l'ai connu qu'après mon départ du JA. A priori, je n'avais aucune raison d'y revenir. Mais en pratique, certains dimanches, sous prétexte d'aller y prendre des informations ou documents pour ma fonction d'écrivain, j'y suis retourné jouer aux cartes avec les anciens et c'est là que je l'ai connu. Puis par la suite, j'y suis revenu, toujours les dimanches après-midis, pour discuter avec lui et "revoir" mon dossier, mon affaire et la sienne. Il m'était agréable de dialoguer avec lui, car il avait de la conversation et on pouvait parler de tout et de rien, de l'actualité, de nos problèmes réciproques, "avec intelligence et intérêt", ce qui est un fait assez rare pour être "noté".

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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent…
et des solutions proposées…


Vous trouverez ci-dessous, les dates de parution de mes articles…
Sur la journée du 17 mai 2007. Nous serons donc ensemble jusqu’au nouvel an 2008… si vous le souhaitez…

A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index sur la journée du 14 janvier)
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Nota : Sur la journée du 21 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…



1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie
Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir sa version papier, vous pouvez l’acquérir en envoyant un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 7 Bld d’Alsace à 57070 METZ. Pour 13 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4).

"Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…" est en cours de relecture…. Peut-être sera-t-il publié ? En attendant, vous le découvrirez dans les jours qui suivent… Dès qu’une version « papier » sera faite, je vous l’indiquerai.

11/07/2007

David - Ali

Quelques rencontres imposées : David - Ali

Donc, au JA, j’ai encore côtoyé, David, un intello, Bac + 5, un procédurier, copain ou amant d’une étudiante en droit… bref, la grosse tête, il était dans l’informatique, il a fait un procès à son employeur, aux flics qui sont venus l’arrêter, etc… Bref, vraiment le casse-pieds pour la justice et l’administration, jamais content, toujours à demander quelque chose, à râler parce que le journal qu’il cantinait, était lu, souvent par les surveillants avant lui. Pour se distraire (ou …) il s’était inscrit à des cours de… à Grenoble.
Avant le moment où je l’ai connu, il avait, déjà, été libéré en provisoire, et il est revenu après jugement + appel + … Bref, c’était un féru du Code pénal et du CPP…, prêt à donner des conseils, j’ai beaucoup appris avec lui, parce que, autant il était casse-pieds pour l’administration, autant il était sympa et prêt à rendre service à un autre détenu. Il y en a qu’un qu’il ne pouvait pas voir, mais nous en reparlerons.
Il avait vraiment le cœur sur la main et même, il était prêt à aider « financièrement », celui qui n’avait rien, en cantinant pour lui. Chaque semaine, il faisait la distribution de croissants... Lorsque nous jouions au tarot, il apportait toujours café et Choco BN. Plusieurs fois, j'ai voulu le "devancer", non, c'était lui... et il le faisait de bon coeur, sans arrière pensée.
Par la suite, pour je ne sais quelle raison, mais peut-être qu'il n'y en avait aucune..., il a été "sorti" du JA, pour être mis sur notre étage, donc je le voyais souvent à la bibliothèque, il n'avait pas changé, sauf que là, au grand quartier, il n'était pas question de tarot et de croissants, mais il était toujours aussi aimable et prévenant avec ceux qu'ils connaissaient et ses voisins. Toujours aussi casse-pieds pour l'administration.
Je ne sais par quel mystère, il a réussi à obtenir, en un temps record, une "libération conditionnelle" pour suivre ses études à Grenoble... Je pense qu'en fait, l'administration était contente de s'en débarrasser. Certes, il était "chicaneur", mais en fait, il était toujours "dans son droit", pour tout dire, il avait comme réflexe et obsession de mettre l'accent sur tous les dysfonctionnements (et ils sont nombreux) qu'il subissait ou dont il avait connaissance.
Il est vrai qu'être avec lui, en cellule, je crois que je ne l'aurai pas supporté, car il était un peu "m'as-tu vu" et employait le "je" et nous n'avions qu'à écouter.
J'ai oublié de vous dire qu'il était là aussi pour une affaire de moeurs consentis (à ses dires) ou non, je ne sais.

Un autre personnage du JA, c'est Ali. Un pauvre type, SDF ou presque, pas de famille, pas de métier, niveau CP, tout à fait inculte. Il était impliqué dans un meurtre d'un gamin de 12 ans qui a effrayé les journaux, en son temps.
Bref, il avait pris perpette, donc à vie, donc 30 ans maxi... Il avait autour de 35 ans... vous voyez l'avenir. Et autant David était ouvert à tous, autant Ali ramenait tout à lui, et était très égocentrique, à l'excès... je pense même qu'il ne s'en rendait pas compte, mais à force de faire, il énervait tout le monde... et avec le temps, plus personne, sauf J.B., ne lui parlait, pour beaucoup dont moi, la conversation se limitait à "Bonjour"... mais David, je ne sais pour quelle pécatille, tout à coup, l'a rejeté. Mais il avait l'art de se faire détester...

Quand "ils" ont commencé à vider le JA pour faire de la place pour les jeunes, il a été mis au grand quartier et je l'ai retrouvé et le voyais en promenade "protégé". Il s'était un peu calmé... mais j'ai cru comprendre qu'il avait reçu quelques coups et que cela l'avait calmé et que, maintenant, il ne se mêlait plus de ce qui ne le regardait pas... mais il a encore 25 ans à faire !
Il est vrai que si nous l'avons rejeté, cela me revient, nous en avions eu une bonne raison, pour cela, et je vais vous l'expliquer, pour vous faire comprendre comment, en milieu carcéral, tout peut changer, du jour au lendemain, et ce, pour peu de choses.
Donc, au JA, notre petit groupe de "vieux" avait quelques privilèges, dont le principal était, et ce n'était pas le moindre, de pouvoir utiliser la salle de détente, matin et après-midi, tous les jours, une grande salle pour nous dix, en fait 5 ou 6, car les autres ne sortaient pas de leur cellule. Donc, dans cette salle spacieuse, avec moquette, chauffeuses, petites tables, on pouvait y aller pour lire (le journal ou autre) et/ou pour jouer aux cartes, ou pour simplement discuter. Les 3-4 qui travaillaient "en cellule" s'étaient faits un coin pour travailler, ensemble, en musique, c'était plus sympa et convivial. Il m'est même arrivé d'aller les aider "bénévolement"...
Or, il s'est trouvé qu'Ali a eu à supporter les affronts de jeunes adultes (cousins de sa victime), il a même pris des coups, en cette occasion, il me semble.
Bref, cela a fait une histoire pas possible, et après cela, on pouvait aller dans cette salle mais pour notre sécurité ou plutôt pour celle d'Ali, la porte a été fermée par le surveillant et il fallait respecter les horaires et "devoir" aller au WC, était tout un problème... Et cet imbécile, je ne trouve pas d'autre mot, mais je crois qu'il faut le prendre au sens propre "faible d'esprit", cet imbécile d'Ali a continué et cela, malgré nos demandes et supplications, à narguer ses protagonistes (bourreaux), bien protégé, par la porte fermée, et les barreaux de la salle...
Bien sûr, notre "privilège" s'est su. Eux n'avaient qu'une salle "pourrie", plus petite que la nôtre avec une table de ping-pong... bref... ils se sont plaints (à mon avis, à juste titre). On ne pouvait pas leur donner tort. Résultat : salle réservée au travail, à la détente des vieux, les samedi après-midi et dimanche matin et après-midi, moquette retirée, chauffeuses retirées, radiateur mobile retiré, donc une salle bien banale, de surcroît froide (c'était l'hiver), même trop froide pour jouer aux cartes ou presque... On (David, surtout) avait essayer de négocier, et je pense que nous aurions pu obtenir satisfaction, à condition qu'Ali "accepte" de n'y plus paraître. Il n'a jamais voulu entendre raison. C'était son droit, au même titre que nous, c'est vrai... mais, il nous a fait bien "souffrir" et c'est une des raisons pour lesquelles, j'ai quitté le JA sans regret car les "avantages" d'y être, n'étaient plus ceux que j'avais connus, l'ambiance non plus. A cause de lui, chacun était replié dans son coin (sa cellule) et le seul moment où nous nous retrouvions, était la promenade. Et là, Ali marchait avec J.B., complaisant et compatissant, nous autres, en représailles, nous le tenions à l'écart...

Il y aurait peut-être encore d'autres choses à dire sur les détenus du JA, mais cela risquerait d'être lassant. Je vous ai "dépeint" ceux qui m'ont été les plus proches et les plus typiques...!

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Nota : Sur la journée du 21 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…



1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
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