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09/07/2007

Hubert - Jacques - J.B.

Quelques rencontres imposées : Hubert – Jacques – J.B.

Autre co-détenu, Hubert, plus jeune, moins de quarante ans, 36 si je me souviens bien, beaucoup plus intéressant au niveau humain. Il m’a bien accueilli et c’est lui qui m’a initié sur Jacques, pour éviter les conflits, et sur les habitudes de la cellule. Ils étaient, ensemble, depuis plus de six mois, tous les deux, sans un troisième, donc ma venue n’était pas désirée.
Hubert était là aussi pour agressions sexuelles et avait du prendre 7 ans, il en avait déjà fait 2 et attendait son transfert. Il avait un frère « surveillant » dans un centre de détention. Son ancienne profession était « éducateur » ou, en tout cas, il travaillait dans un centre où étaient accueillies des jeunes filles… d’où le délit. Lui ne niait pas une partie des faits mais prétendait qu’ils avaient été amplifiés par ses collègues de travail… va savoir…
Bref, pour moi, ce fut un compagnon d’infortune. J’avais plaisir à discuter avec lui, lorsque Jacques n’était pas là, car lorsque Jacques était là, il était le maître et pour éviter tout conflit, les échanges verbaux se limitaient aux banalités de la vie quotidienne de la cellule, de l’étage, de la maison d’arrêt… mais Jacques était souvent « absent » puisqu’il avait des permanences à tenir à la bibliothèque, même si ces »clients » étaient rares (rappel : JA = 18/21 ans, délinquants souvent en échec scolaire, donc la lecture…)
Avec Hubert, je m’entendais bien et nous nous entendions bien. Il était d’un abord facile et dès mon arrivée, il m’a mis à l’aise en me prodiguant conseils et aides. Lui, il travaillait, donc il quittait la cellule pour aller dans une salle (à côté de notre cellule qui nous servait aussi de salle d’activité-détente pour les week-ends et les jours sans travail – c'est-à-dire souvent) où avec quelques autres (vieux), il travaillait – en fait, ils faisaient des espèces de flots avec du ruban attaché par un morceau de scotch…il m’est arrivé d’aller les aider (mais nous en reparlerons), mais ce n’était pas vraiment passionnant et je préférais, de beaucoup, lire et écrire, pendant les longues heures où j’étais seul : Hubert au travail ( !) et Jacques à la bibliothèque.
Quand il nous a quitté, après plusieurs mois de cohabitation, j’étais un peu triste… surtout que je me retrouvais seul avec Jacques… ce qui m’était pas pour me remonter le moral. Mais cela ne dura pas longtemps. Lorsqu’ Hubert quitta Metz, il me laissa plusieurs de ses affaires (de confort, bricoles et autres) dont j’ai encore certaines. Il était très concret et bricoleur, astucieux et grâce à lui, notre cellule était pas mal aménagée et rendue plus pratique, rationnelle.
Il est donc en centre de détention, et je corresponds un peu avec lui… Il faut reconnaître que cet échange, c’est beaucoup de banalités, mais cela a l’air de lui faire plaisir, alors…
J.B. remplaça Hubert. Son prénom est Jacques, mais comme on avait déjà un Jacques, et comme il nous avait dit qu’il aimait bien le JB (whisky). D’ailleurs, c’était ses initiales. Lui, par contre, était bien plus âgé que nous, puisqu’il avait 72 ans. Je lui ai donc laissé mon lit (en effet, au départ d’Hubert, j’avais pris son lit (au Rdc du 2ième lit superposé) et j’ai repris ma place au dessus de Jacques… ce qui ne lui a pas trop plu, mais au dessus de J.B., j’aurais été en plein courant d’air et de plus, la vision couchée de la TV n’était pas bonne, aussi, je ne lui ai pas laissé le choix…
J.B. est un calme, très calme, trop calme, peu bavard, mais au demeurant, très blagueur et il nous sortait toujours des plaisanteries bien distrayantes… Je me suis bien entendu avec lui, et ce, d’autant plus que, bien que peu pratiquant, il accepta de prendre en charge la tenue de notre orgue (électronique) pendant les offices (messe) du dimanche et les préparations du samedi… donc, nous avions quand même quelques points communs.
Lui était là, il venait d’être jugé, en correctionnelle, pour agression sexuelle sur une de ses élèves (il était prof de piano, à domicile, de métier) dans des circonstances assez floues. Il nous a prétendu que c’était une machination : accusation de la fille (plusieurs années après) parce qu’il avait refusé les avances de la mère… Tout un programme : résultat = 1 an de prison ferme (à 73 ans) et 5 ou 7 années avec sursis (donc, non faites, s’il n’y a pas de récidive). Avec les grâces, il ne ferait que 9 mois et devait nous quitter en décembre 2002.
Départ qui a été fêté (à l’aumônerie)… et il n’est pas sorti… Une seconde affaire s’étant déclanchée, pour la même accusation… il espérait sortir en provisoire (en attente du 2ième jugement)… mais il était encore là, plusieurs mois après… J’espère, pour lui, qu’il sera innocenté… autrement il lui faudra faire sa nouvelle peine et la révocation du sursis (5 ou 7 ans, je ne sais plus…) et vu son âge… Par la suite, j’ai appris qu’il avait, de nouveau, été condamné, et il doit être, encore, en prison.
Il était vraiment sympa et même si nos échanges de conversation n’étaient pas d’un intérêt fondamental, c’était toujours distrayant et « intelligent », ce qui est déjà « exceptionnel », en milieu carcéral.
Vis-à-vis de nous, il n’a pas été très franc, car, par la suite, j’ai appris qu’il savait, dès juillet qu’il avait été mis en examen pour une autre affaire, mais je lui pardonne ce mensonge « pieux », car vraiment, en détention, il n’aurait pas (n’a pas) fait de mal à une mouche. Il était sûrement plus compréhensif que moi, en ce sens, que même si je n’avais pas d’animosité contre quiconque, j’évitais la « fréquentation » de certains, lui restait lui-même et savait s’adapter à chacun. Il est vrai que nous étions peu de vieux (une dizaine) et que nous vivions « en vase clos », sans nous mêler aux autres du JA. Mais parmi notre petit groupe, il y avait des cas… que je vais vous passer un peu en revue.
Tout d’abord, vis-à-vis de J.B., en fait, à son arrivée au JA, il n’était pas avec nous, il avait été mis dans l’autre cellule de 4, et ils étaient 4, nous 3. Dans cette cellule de 4, il a un peu souffert, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, il ne fumait pas, les trois autres, oui, comme des pompiers, il se couchait tôt, les trois autres, non et même ils travaillaient en cellule, donc, même parfois (et souvent) la nuit, pour gagner plus, et ils lui faisaient de petites « vacheries », pas véritablement méchantes, mais « gênantes », stressantes… D’ailleurs, ces trois-là, je les connais peu, ils sortaient rarement de leur tanière enfumée.
Bref, quand Hubert a été transféré, avec Jacques, nous nous sommes bien rendu compte qu’ « ils » n’allaient pas nous laisser à deux, et avec la complicité d’un surveillant qui est intervenu chez notre chef de bâtiment, il a fait déménagé J.B.
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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent…
et des solutions proposées…


Vous trouverez ci-dessous, les dates de parution de mes articles…
Sur la journée du 17 mai 2007. Nous serons donc ensemble jusqu’au nouvel an 2008… si vous le souhaitez…

A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index sur la journée du 14 janvier)
Clémence et Paul Denis avaient tenté de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus.
Vous avez l’intégral de ce bouquin en début de blog, complété par vos questions / remarques et mes réponses…

A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.

Nota : Sur la journée du 21 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…



1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie
Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir sa version papier, vous pouvez l’acquérir en envoyant un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 7 Bld d’Alsace à 57070 METZ. Pour 13 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4).

"Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…" est en cours de relecture…. Peut-être sera-t-il publié ? En attendant, vous le découvrirez dans les jours qui suivent… Dès qu’une version « papier » sera faite, je vous l’indiquerai.

16/03/2007

La récup...

Voici un mot qui fait vraiment partie du vocabulaire (ou plutôt, du fait) carcéral.

Tout se récupère…

Je vais essayer de t’expliquer pourquoi et l’usage qui en est fait.
Pourquoi ? C’est bien simple, un certain nombre de choses ne sont pas « cantinables ».
Nous n’avons donc pas la possibilité de les acheter, ou, les acheter « coûterait cher » et « le nombre à acheter », hors de proportion avec le besoin.
Ainsi, on (je) récupère tout. Dire « on », mot général, n’est pas d’actualité, car beaucoup préfèrent quémander, coup par coup, à un de leur co-détenu…
. trombone : c’est bien pratique,
. élastique (de toutes tailles) : cela peut servir et cela sert. Ainsi, pour fermer la porte de mon placard, j’ai mis un élastique, car l’aimant (d’origine) n’existe plus. Si je n’avais pas mis cet élastique, la porte resterait ouverte en permanence, donc, poussière, esthétique, etc…
. ficelle : ça peut aussi servir. En théorie, c’est interdit… mais en cantine, on te vend des lacets de 1,60 m… aussi l’interdiction de la ficelle (objet pouvant servir à se suicider) ne me semble pas tout à fait réaliste…
Bref, pour moi avec la jonction : ficelle + élastique + crochets (vendus en cantine), j’ai réussi à faire une espèce de ressort (groom) pour que la porte de ma cellule reste fermée-ouverte, lorsqu’il y a peu de vent… Par grand vent, c’est inefficace. Mais en temps ordinaire, cela fait une barrière quasi naturelle.
Ainsi, la porte ne reste pas ouverte, en permanence, mais elle n’est pas fermée (verrou ouvert) et celui qui veut venir et en a une raison, peut le faire, peut entrer, mais cela évite, quand même, et c’en est un des buts, les curieux et les sans-gênes…
. agrafes : il n’est pas possible d’acquérir une agrafeuse, ou pour le moins, personne n’en a. Un détenu m’a donné l’astuce de récupérer l’agrafe qui est mise pour fermer l’enveloppe de votre courrier (après son ouverture pour contrôle). Avec une aiguille (cantinable), il est très facile de faire des pré-trous et donc de « remettre » une agrafe déjà utilisée…
Là, il me faut faire une parenthèse. Il est dans les traditions, coutumes carcérales que celui qui est libéré, « distribue » à ses anciens co-détenus « amis »… ce dont il n’a pas (plus) besoin, et en particulier ce qu’il a acquis en prison. Et s’il est vrai qu’en général, le linge personnel est ramené « dehors », « le reste » (ou ce qui peut rappeler de mauvais souvenirs) reste en prison, à l’exception, peut-être, des objets d’une certaine valeur, comme un poste de radio… et encore, cela se négocie et se revend (échange).
Pour ma part, j’ai, plusieurs fois, bénéficié de ces « largesses ». Ainsi, j’ai : aiguilles, fil blanc, scotch, colle, crochets, cintres, cuvettes, vaisselle (en plus), cruche pour chauffage de l’eau (avec toto), claquettes pour douche, couverture et linge de maison (en surplus), bloc de papier à lettres, enveloppes, bic, timbres (de la part de ceux qui ont bénéficié de mes écritures), rallonge électrique, multiprise, toto, etc… que je n’ai jamais « acquis », mais que l’on m’a donné.
. les échanges : il est fréquent que l’on te propose un échange : timbre contre…, tabac contre…, unités téléphoniques contre…

Mais si l’échange n’est pas fait sur le champ, s’il ne s’agit que d’une promesse : « je te le rendrais »… il vaut mieux ne pas trop compter dessus… car le retour arrive si rarement que j’aurais tendance à dire « jamais »… ce qui t’oblige à dire des « mensonges pieux » du style : « j’ai pas »… « je n’ai que ce que j’ai besoin pour moi »…
. ce qui se donne fréquemment (et sans retour), ce sont les produits d’hygiène qui nous sont fournis, et dont l’usage n’est pas nécessaire (surnombre) ou demandé afin de rendre service à d’autres.
. les boîtes (flacons) de toutes sortes : moi, je les garde toutes, et souvent, elles sont bien utiles, pour moi, et pour d’autres, ainsi :
. les boîtes de Ricoré (grand modèle) sont idéales pour surélever le frigo et permettre un peu de rangement en dessous (camouflage = réserve de conserves).
. les barquettes (lavées et gardées – celles qui servent à nous apporter nos repas), et divers emballages : souvent, je les décore.
Ainsi avec des emballages du style tube de dentifrice, je me suis fait un présentoir pour brosse à dents, dentifrice, rasoir, etc… assez esthétique et pour le moins pratique et hygiénique… Je les utilise pour conditionner un certain nombre de petits objets : exemple : médicaments de la semaine, élastique, trombone, etc…).
. un certain nombre de flacons : ainsi, à Metz, il était possible de « cantiner » de grands flacons de Maxwell, qualité filtre de 200 g. Je m’en sers comme décoration (après y avoir collé une carte postale (reçue) et comme lieu de stockage, à l’abri de la chaleur et de l’humidité, de bonbons, petits gâteaux secs, sucre, etc… J’en ai un certain nombre (et j’en ai donné pas mal), c’est bien pratique et permet une meilleure conservation.
. bouteilles vides d’eau minérale. Encore une parenthèse : à mon arrivée, à Saint Mihiel, le hasard a fait que j’ai pu bénéficié d’un second matelas. Certes, il ne m’était nullement nécessaire pour « bien » dormir, mais, il avait l’avantage de surélever l’autre matelas et permettait de s’asseoir sur le lit, sans « sentir » la barre de pourtour (rambarde basse) du lit. Lors d’une fouille générale, destinée à « récupérer » tous ces objets « utiles », mais en double et qui, à force, devaient manquer ailleurs, il m’a donc été repris.
Un détenu m’a donné l’idée de remplacer ce matelas par des bouteilles d’eau, type Contrex, bien remplies. Il en faut 50… ce qui a été un peu long au départ (7 par semaine), mais une fois fait, c’est parfait et remplace le matelas sans inconvénient majeur. Depuis, ma consommation d’eau m’a permis d’équiper, déjà, deux autres détenus…
. récup d’atelier. Ce n’est pas une révélation que d’affirmer que de l’atelier arrive dans les unités un certain nombre de produits utilitaires (ou alimentaire, ou de luxe), échantillons conditionnés par les travailleurs.
Et s’il est vrai qu’en fin de chaîne (série), le retour en cellule du surplus est autorisé… ce retour ne se limite pas à ce surplus… et donc, circulent des pochettes de shampoing, après-rasage, parfum, bricoles de toutes sortes, gâteaux, même des choses qui nous sont, tout à fait, inutiles ( !), etc… et aussi des produits servant au conditionnement.
Ainsi, à Metz, j’avais « récupéré » : scotch double face, colle type UHU ou express, rouleau de scotch brun pour fermer les colis, clous ou crochets en L, etc…


1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie (voir nos précédents échanges : index sur la journée du 14 janvier 2007, sur la journée du 21 janvier : un lexique vous donne quelques définitions de termes qui méritent une explication et/ou un commentaire).
Au fil des jours qui vont suivre, je vous mettrai sur ce blog, le texte de mon bouquin, n’hésitez pas à me mettre des commentaires, vos impressions, posez-moi des questions, il n’y en a pas d’indiscrète…

Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous n’avez pas la patience de le découvrir au fil des jours, vous pouvez l’acquérir en envoyant un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 31 rue des Allemands à 57000 METZ. Pour 13 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4).



Je dois avouer qu’à mon arrivée, ici, un sérieux tri a été fait et je n’ai pas tout « récupéré »…
Encore aujourd’hui, il m’arrive de chercher quelque chose que j’étais sûr d’avoir, cela a été retenu et pourtant, j’avais pris la précaution de ne pas « transférer » le plus « interdit – non toléré »…
. papier déjà imprimé sur une face : la collecte est, pour moi, systématique, en effet, j’en utilise (pour l’impression en brouillon) beaucoup (autant que nécessaire) pour la (les) relecture(s) des textes et courriers faits pour moi-même, le journal ou un détenu. En effet, le papier « blanc » (ramette) est distribué au compte-goutte et donc, nous le réservons, au « tirage définitif ». Ainsi, à la surprise de beaucoup, je récupère aussi, souvent, les feuilles qui servent à nous indiquer le menu (composition) de notre repas (1/2 A4), dont le dos est vierge… je m’en sers comme brouillon et j’en fais un large usage pour toutes… mes petites notes, pense-bêtes, etc…
. il y a, aussi, quelques récups moins avouables (qui ne sont pas dans mes habitudes), telle que prendre le balai de l’unité et le réserver à son usage personnel, parfois, le démonter pour s’en servir comme d’une « antenne » pour son poste de radio, avec comme élément métallique, un cintre (fil de fer) et/ou un fil électrique…
. en théorie, et c’est le cas à Metz, il était « interdit » de garder (récupérer) des emballages (cartons) pouvant être utiles pour stocker, comme je le fais, du linge non utilisé en cette saison, une réserve de « vivres » et/ou de produits d’entretien… et/ou des bouquins à lire ou lus… bref, faire en sorte qu’il soit plus facile de ranger le bazar individuel. Il est vrai qu’en cellule, à 2 dans 9 m², c’est plus hard que seul, où même si tu as ton petit bazar… il ne gène personne.
. il est sûr qu’être un peu débrouillard a du bon, et savoir se faire aider n’est pas inutile, en détention.
. je dois te dire que je suis rentré dans des cellules où, outre l’odeur « douteuse », l’ordre et la propreté n’étaient pas au rendez-vous.
. à cet égard, ma politique, mon attitude sont claires : « je ne vais pas chez les autres », car, a priori, je n’ai pas besoin d’eux et c’est eux qui viennent chez moi, et seulement si c’est nécessaire… et mon souhait… autrement, il y a les couloirs… pour discuter.

Pour être à l’aise en détention, il est souvent utile d’être débrouillard. Je t’en donne deux exemples.
Je m’étais fabriqué un système de chauffage (vapeur) avec des bouteilles d’eau vides et le chauffage d’eau avec deux totos. Certes j’étais un peu victime de buée et donc d’humidité latente, mais avec un peu d’aération en hauteur, c’était tout à fait appréciable et mes rares visiteurs (auxi lors des repas et surveillants) en constataient l’efficacité, moi aussi…
En effet, comme je te l’ai déjà dit, à Metz, nous n’avions que le chauffage par le sol et celui-ci était quelque peu (beaucoup) déficient ou insuffisant.
Toujours à Metz, pour l’été, ma cellule étant en plein sud, je m’étais fabriqué un pare-soleil avec des capsules de pots de yaourt que j’avais collés sur du carton et que j’installais pendant les après-midis. C’était aussi très efficace, pour me protéger de la chaleur torride (pas de courant d’air possible).

07/03/2007

4 mois en Meuse...

"Mon" unité (25 gars maxi, en ce moment 24) est calme et mixte (jeunes et vieux), pas de tête de turc, pas de conflits, une bonne ambiance et une bonne entente, un respect mutuel et pas trop de "quémandeurs"… Bref, ce que l'on peut souhaiter de mieux, et ce, d'autant plus que malgré le mélange "français + étrangers", l'entente et la propreté sont de rigueur… Pourvu que cela dure…
En ce qui me concerne, mes journées sont bien occupées avec mon emploi d'écrivain. J'ai, donc, repris une activité qui me convient… et m'intéresse.
Par rapport à Metz, c'est plus intéressant, dans la mesure où il y a moins de courriers répétitifs, et plus de courriers "personnalisés", du type "lettre de motivation" qui nécessite un peu de réflexion et un dialogue avec l'intéressé.
En règle générale, mes "clients" savent ce qu'ils veulent dire, mais ils ne savent pas comment cela doit être dit et c'est là que j'interviens, pour mettre "en forme" leurs souhaits. Je ne fais pas de censure.

Nous avons annoncé "ma présence", à travers le bulletin interne du CD, des affichettes ont été mises sur le panneau d'affichage de chaque unité, l'information est passée auprès des travailleurs sociaux et du centre de formation et le bouche à oreille fonctionne bien…
En plus de cette activité, à temps plein, j'ai accepté d'être aide-auxi (bénévole) d'unité pour aider l'auxi en place (rémunéré) et ma "fonction" se limite à l'aider lors de la distribution des repas… Nous sommes passés "au tout barquette" pelliculée – normes européennes exigent, paraît-il !
L'inconvénient, ma nouvelle fonction me prend un peu de temps, à un moment de la journée où, en général, j'étais tranquille et "isolé" : autour des repas (avant et après). L'avantage : nous nous partageons les "restes", ce qui me permet d'exclure de mon alimentation ce qui ne me convient pas trop et de choisir ce qui me plait le plus, et ce, je l'espère, en ne provoquant pas une reprise de poids… (j'ai déjà perdu 10 kgs, encore 5, serait bien…).
Comme autres activités, je suis pris, presque chaque jour de 17h à 18h15, par une activité "pour moi"… Ce qui fait que tout compte fait… je suis bien occupé.
Il n'en demeure pas moins que j'essaie d'écrire, très régulièrement à vous, mes enfants, … et, parfois, le week-end, … à mes correspondants… Je ne laisse pas de lettre sans réponse, mais parfois, je tarde, car j'essaie de respecter l'ordre de réception…
En fait, ce sont la TV et la lecture qui souffrent le plus de mon activité… effrénée… qui a le pouvoir d'occuper mon temps… mais ai-je d'autres obligations…


1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie (voir nos précédents échanges : index sur la journée du 14 janvier 2007, sur la journée du 21 janvier : un lexique vous donne quelques définitions de termes qui méritent une explication et/ou un commentaire).
Au fil des jours qui vont suivre, je vous mettrai sur ce blog, le texte de mon bouquin, n’hésitez pas à me mettre des commentaires, vos impressions, posez-moi des questions, il n’y en a pas d’indiscrète…

Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous n’avez pas la patience de le découvrir au fil des jours, vous pouvez l’acquérir en envoyant un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 31 rue des Allemands à 57000 METZ. Pour 13 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4).



Ici, nous arriverons (bientôt) au maxi : 400, et ce, en tenant compte des sorties (-20) et entrées (+45) par mois, au courant de l'été, si mes calculs sont justes.

Pour moi, cela ne devrait pas changer, au quotidien, grand chose.
Mais pour ceux qui veulent travailler ou aller en formation (stage rémunéré), cela va être plus difficile (délicat), car il semble que le "travail" commence à manquer… C'est souvent par à-coups (heures en plus + samedis), avec des périodes "sans travail du tout"…
Mais quand ils travaillent, ils sont mieux payés qu’en maison d’arrêt (200 à 500 euros/mois), mais ils se plaignent de la cadence et de longues journées (7 heures). Cela ne laisse pas de place pour d'autres activités…sport, détente, cuisine…
Si le travail manque, l'ambiance va s'en ressentir… plus d'énervement, moins d'argent, et comme beaucoup ne savent pas "s'occuper", plus de bêtises, en vue…
Heureusement qu'au niveau "sport", le CD est bien équipé, c’est peut-être insuffisant, mais le matériel semble de qualité. Nombreux sont ceux qui y vont et l'activité fonctionne par roulement du matin jusqu'au soir (18h15).
Pour ce qui est de la promenade (je n'y vais que, parfois, lorsque je trouve un compagnon de "marche", avec lequel je pourrais marcher (tourner en rond), en échangeant nos opinions sur les évènements du jour et sur nos vies, en confiance…), il y a deux cours (1 par bâtiment d'hébergement, donc pour 200 gars). Elles sont 4 à 5 fois plus grandes qu'à Metz (soit la surface d'un terrain de foot) avec bancs (en béton), un peu d'herbe, un préau avec une table de ping-pong (béton) et WC.
Ici, je suis obligé de faire pas mal de déplacement (à l'air libre), puisqu'il n'y a aucune activité (et services) dans les bâtiments d'hébergement, il faut donc, sans cesse, se déplacer, d'un bâtiment à l'autre, pour participer aux activités…

Au fait que, chaque fois, je prends un peu d'air, tu rajoutes que nous avons (en cellule) une grande fenêtre qui s'ouvre à 100 %, avec vue sur la campagne, donc mon besoin de m'échapper à l’extérieur, se fait moins sentir……, d’où mon « parfois, je vais en promenade ».

Rappel : les activités (donc la promenade) sont les seuls lieux où l’on peut discuter « longuement » avec un autre détenu qui n’est pas de son unité.

A propos de mon avenir… rien de neuf, pour le moment ; pour moi, le mieux est d'attendre et de m'occuper du moment présent, au mieux de mes intérêts, et, en ne tirant pas de plan sur la comète… "A chaque jour, suffit sa peine"…
Il est vrai qu’il est important de "se" prendre en charge. Ici, on cultive l'indépendance et la prise en responsabilité. Tu choisis, on accepte, et tu décides… Ainsi, il suffit de s'inscrire à une activité (ou travail) pour y participer… C'est à toi de le prévoir dans ton emploi du temps, comme ta porte est ouverte (en permanence), c'est à toi à ne pas "louper" l'heure…
Il est vrai que si tu "refuses" plusieurs fois (sans motif valable) d'aller "travailler" aux ateliers… ensuite, tu disparais de la liste des "autorisés" et, il est évident que pour t'y faire ré-inscrire, ce n'est pas facile…
C'est pareil pour les auxi. Une fois que tu es en place, il faut faire "correctement" ton boulot.
Ici, tout est fait pour que tu y sois bien.
Ce n'est que ton attitude qui peut t'empêcher de profiter de la "libre circulation"… et celui qui est remis en régime "semi-ouvert" (ouvert les après-midis) ou "fermé" (comme en Maison d'Arrêt), se trouve doublement frustré.

En effet, il subit un régime différent des autres et voit la "liberté" des autres… mais il faut reconnaître qu'en étant "objectif", c'est sa propre attitude qui l'a remis dans ce régime et sa situation est revue, chaque quinzaine, en commission d'affectation… donc, rien n'est définitif… mais il est sûr que pour certains, se prendre en charge, c'est dur.

 
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