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23/03/2007

Initiation...

Initiation et/ou « échanges » :

Par nature, je sais écouter et je ne pose pas de question.
En prison, sache-le, et tu en comprendras la nécessité, c’est une attitude à avoir en permanence.
Pourquoi ? C’est simple. Tu ne connais pas celui avec qui tu parles, tu ne le connais que dans un milieu bien précis qui lui permet, s’il le souhaite, de te mentir sans que tu puisses le contredire.
En effet, tu ne le connaissais pas auparavant. Il est probable qu’après ta sortie, tu ne le rencontreras « jamais »… alors…
Bref, l’attitude à adopter est d’écouter. Pour ma part, dès les premiers jours, j’ai été initié par un « ancien » (pas en âge) qui m’a parlé ouvertement de l’attitude à prendre.
Il faut privilégier les « échanges » à deux. Un troisième peut mal interpréter et être un témoin gênant. Il faut écouter, ne pas se révéler, ne pas chercher à en savoir plus que ce que l’on te dit. Vivre avec la vérité donnée, même si on sent (d’intuition) qu’elle est fausse. Ne pas contredire, éviter donc tout conflit.
Ce premier échange sera peut-être le dernier ou le premier d’une longue suite, suivant le feeling qui passe ou ne passe pas d’où l’importance de ce premier contact qui doit te laisser toute ta « liberté » et ta vérité.
En prison, les échanges à deux ne sont pas proscrits, bien au contraire, ce sont les seuls que tu peux avoir. Tu es en cellule à deux. Le plus souvent, en promenade, tu marches avec un seul de tes co-détenus. Les conflits naissent toujours (souvent) lorsque la « galerie » est là… pour voir… pour arbitrer.

Humour :

« Dehors », l’humour est souvent un allié qui permet de faire passer beaucoup de critiques.
Pour ma part, en prison, j’ai toujours évité de l’utiliser comme moyen de communication, car très souvent, il peut être mal compris et provoquer l’effet contraire de celui escompté…
Au tribunal, lors du jugement, c’est une arme souvent utilisée par le juge ou le procureur pour déstabiliser le futur condamné… mais à quoi sert-il… lorsque l’on sait bien et que l’on est persuadé que tout jugement possède sa part de scènes théâtrales… qui n’a rien à voir avec une justice « vraie »… ?



1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie (voir nos précédents échanges : index sur la journée du 14 janvier 2007, sur la journée du 21 janvier : un lexique vous donne quelques définitions de termes qui méritent une explication et/ou un commentaire).
Au fil des jours qui vont suivre, je vous mettrai sur ce blog, le texte de mon bouquin, n’hésitez pas à me mettre des commentaires, vos impressions, posez-moi des questions, il n’y en a pas d’indiscrète…

Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous n’avez pas la patience de le découvrir au fil des jours, vous pouvez l’acquérir en envoyant un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 31 rue des Allemands à 57000 METZ. Pour 13 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4).



Confidences :

Peut-on parler de confidences en prison ? Je ne sais pas trop. Pour ma part, je n’en ai pas faite ou à si peu de gars… Par contre, j’en ai reçu, et je crois que ma fonction d’écrivain et mon âge (avancé) en ont été la raison.
Celui qui s’adresse à toi, veut parler.
Veut-il être écouté ? Je ne suis pas sûr.
Veut-il être compris, pas certain.
Attend-il une réponse, je ne le crois pas.
Il veut parler et il parle, peut-être plus pour lui-même que pour toi.
Tu es là, tu en garderas ce que tu voudras.
Parfois, dans la même demi-heure, il se contredira. Peu importe. Son besoin n’est que de parler.
Si le feeling passe, tu pourras approfondir. Autrement, vous en resterez là. Pour ma part, j’en retirais ce qui m’était nécessaire pour l’aider, rien de plus.
Rentrer dans son intimité, je n’étais pas demandeur, loin de là.
D’ailleurs, à propos de certains que je côtoyais le plus, je me rends compte, avec le recul que je les connais fort peu. Je ne connais rien ou presque de leur affaire. Je me suis rendu compte qu’ils ne m’ont pas dit la vérité… et cela m’importe peu. J’ai fait un bout de chemin avec eux, en harmonie, et c’est la seule chose qui me semble importante.
Par contre, dans de (très) rares cas, les échanges ont été plus profonds.
Je dirai même qu’il y a eu un besoin réciproque de communication qui sera, à mon avis, déterminant pour notre avenir commun.

Il est difficile de prévoir, en détention, l’avenir d’une relation amicale qui y naît.
Cela peut être expliqué par le fait qu’il est difficile de revivre les moments passés, même s’ils n’ont pas été toujours tristes.
Je crois, par contre, qu’une relation vraie peut demeurer « dehors », si chacun y trouve ce qu’il y recherche. Pour l’un, ce peut être le besoin d’un soutien, pour un autre, ce peut être le besoin de donner et de recevoir ce qui lui a manqué, jusqu’alors.

Pour conclure sur cet aspect « relationnel », je te dirai que j’ai reçu des confidences « inimaginables » qui m’ont bouleversé. J’aurais bien voulu que ce soit de l’affabulation, mais, hélas, je crains (crois) fort que ce soit la vérité…

21/03/2007

Transport de détenus…

Parlons du transport de détenus…

Il est assuré, selon les lieux, soit par la police, soit par la gendarmerie. Il se fait menotté (en principe, menottes dans le dos), en pratique, pour quasi tout le monde, surtout si le « voyage » est un peu long, menotté, par devant. Quant à moi, je n’ai jamais été menotté dans le dos pour aucun transport long, mais cela est pratiqué et c’est assurément une pratique qui est particulièrement pénible et douloureuse, à la longue. Parfois, si l’attitude du détenu peut laisser craindre quelques problèmes, les jambes sont entravées (donc, menottes aux chevilles). Cela ne m’est arrivé qu’une fois, entre Metz et Saint-Mihiel, mais nous étions « entravés », 2 par 2, et nous étions dans le minibus du CDR, donc pas en « cage à poules ».
Et c’est, de ce que j’appelle « cage à poules » dont je voulais te parler.
C’est vraiment infect. Il s’agit de cabines de 60 x 80 cm (maxi) où il est, à peine, possible de s’asseoir sur une plaque métallique, il n’y a pas d’air, pas de lumière, seuls quelques trous dans la porte métallique.
Ceux utilisés à Metz : 8 cages par « fourgon » de type Trafic Renault, étaient vraiment « galère », on y était à l’étroit. A Saint-Mihiel, il n’y a que 4 cages, j’ai, par deux fois, fait des voyages « seul », la cage y est plus grande (60 x 100 cm), mais le confort y est identique, c’est-à-dire nul.
En plus, on est ballotté, et n’ayant aucune vision sur l’extérieur, on supporte mal, on ne peut anticiper les virages, l’arrêt aux Stop, etc… et sur cette petite route, ils sont nombreux. L’éclairage y est limité, il est donc, impossible d’y lire.
De plus, les mouvements « intempestifs » ont plutôt tendance à favoriser les nausées.
Pour ma part, j’ai pris « l’habitude », le mot est un peu fort, je n’ai pas fait tant de transports : 4 allers ou retours – Metz – Saint Mihiel, + sur Metz, Maison d’arrêt – Tribunal…j’ai pris l’habitude de fermer les yeux, non pas pour dormir, car cela me semble impossible, mais j’ai alors l’impression d’y supporter mieux les mouvements incontrôlables et imprévisibles…
Par temps chaud, on est au bord de l’asphyxie, par temps froid, on « caille »…, j’ai goûté les deux… Bref, c’est vraiment un moment pénible et même si la bonne volonté des convoyeurs (2 pour 1 détenu ou plus) n’est pas mise en doute, la réglementation est assez contraignante et a, pour mission, d’éviter les évasions… !
C’est ainsi que les itinéraires ne sont, si possible, pas connus des détenus, et variés, quitte à faire plus de kms. Les déplacements (extractions) ne sont pas communiqués au détenu à l’avance, pour des questions de sécurité, cela se comprend, mais quand vous avez une convocation au tribunal, vous connaissez au moins le jour si ce n’est l’heure. Mais en particulier, pour les extractions « médicales » et/ou transfert (d’une prison à l’autre), on est prévenu au dernier moment… en tout cas, l’heure n’est jamais connue d’avance, sauf « complicité active ou passive ou involontaire d’un surveillant ».



1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie (voir nos précédents échanges : index sur la journée du 14 janvier 2007, sur la journée du 21 janvier : un lexique vous donne quelques définitions de termes qui méritent une explication et/ou un commentaire).
Au fil des jours qui vont suivre, je vous mettrai sur ce blog, le texte de mon bouquin, n’hésitez pas à me mettre des commentaires, vos impressions, posez-moi des questions, il n’y en a pas d’indiscrète…

Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
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Comment cela se passe ?

Toujours la même chose : au départ, fouille à corps, au retour, fouille à corps… Sait-on jamais.
Il faut avouer que l’approfondi de la fouille dépend du détenu (connu – inconnu du surveillant) et du surveillant (novice, ou confirmé, humain ou scrupuleux, honnête ou quelque peu vicieux…).

Cette fouille reste, quand même théorique, puisque le surveillant qui l’exécute n’a pas le droit de te toucher (ce qui permet, aux dires de certains, quelques caches faciles que par décence, je ne t’expliciterai pas, mais que je te laisse imaginer – mais l’imagination est grande, crois-moi). Si le surveillant (l’administration) veut une fouille plus complète, il doit passer par le service médical… Je n’ai eu connaissance d’aucune fouille approfondie, mais les textes en prévoient la possibilité… Une précision, ce même type de fouille a lieu à l’issue de chaque fin de parloir (retour en cellule), dans les mêmes conditions d’ambiance (connu – inconnu, etc…).
Je t’avouerai qu’au début, ces fouilles me gênaient. Mais, je me suis résigné, et comme à Metz, c’était toujours les mêmes surveillants (et que ma cote était au beau fixe), cela a facilité les choses. Ici, c’est toujours une nouvelle équipe, mais avec le temps, tu es connu et comme je n’ai rien à cacher, cette opération, dans mon esprit, s’est banalisée et elle m’indiffère… mais ce n’est pas le cas de certains que j’ai du mal de comprendre…
C’est une étape « obligatoire », alors, autant la passer « décontractée »… surtout si on n’a rien à se reprocher…
Alors, soyons fous. Faisons une parenthèse dans la parenthèse…
Un jour, j’ai discuté avec un gars qui m’affirmait qu’il voulait être indépendant « financièrement » de sa famille, mais qu’il acceptait, néanmoins, de « prendre le risque » de passer des cartes téléphoniques (les puces) (la carte téléphonique est, ici, un produit « cher » et un produit d’échange, de trafic…, aussi lorsqu’on nous les vend, elles sont identifiées par notre numéro d’écrou).

Rappel : en dehors de la période de Noël, nous ne pouvons recevoir que du linge, et sur demande spéciale, des livres et/ou CD, DVD et quelques objets de décoration et de confort (rideau, tapis, etc…). Dans le courrier, seuls les timbres sont tolérés.
Bref, il passait donc, par le parloir, des puces de cartes téléphoniques, et ce, avec le risque d’être surpris, de voir ladite puce « confisquée », de faire l’objet d’une sanction disciplinaire pouvant aller jusqu’à 15 jours de régime disciplinaire avec ou sans sursis (récidive = 2ème fois = sans sursis) + perte de RP (Remise de peines) : 30 jours.
Alors, je lui ai dit : « Ne serait-il pas plus simple et moins risqué de recevoir un mandat et que tu cantines les dites cartes téléphoniques ».
Eh bien, non ! , pour lui, recevoir ainsi ses cartes téléphoniques, ce n’était pas dans son esprit, recevoir une aide financière de sa famille…
Et pourtant, il était de ceux que je considère comme tout à fait « conscients de la réalité ». Tu vois que parfois, en détention, les esprits sont troublés et quelque peu rendus « maladifs »… J’ai eu beau le raisonner plusieurs fois, il n’en démordait pas… Aujourd’hui, il n’est plus ici, mais je crains bien que son état d’esprit n’ait pas évolué beaucoup…
Pour ma part, je pense que le risque d’être pris, un jour au l’autre, était, pour lui, réel. Car, s’il est vrai que la fouille à corps est quelque peu « superficielle », la fouille des vêtements enlevés (palpage) est faite minutieusement et toute boursouflure ou surépaisseur « visitée ».
Je pense donc, qu’en fait, il devait mettre « les » dites puces, dans la bouche, en risquant de les avaler par mégarde… !

De plus, le recollage de la puce, ainsi rentrée, sur une carte usagée, ne se fait pas sans risque de dommage qui la rend inutilisable (paraît-il).
Alors, tout cela me semble bien enfantin et manque de réalisme et de « prise en responsabilité » individuelle. Son choix d’indépendance était louable, mais sa mise en pratique quelque peu « inadaptée »…

Pour revenir au transport
, en théorie, tu n’as pas le droit d’emmener quelque chose.
Mais en pratique, c’est sous la responsabilité et au bon vouloir du chef de convoi (gradé).
Je sais que les cigarettes et briquets sont pris et la distribution est faite au fur et à mesure de la demande.
Pour ma part, j’ai toujours pris un livre, pour « meubler » les attentes (il y en a toujours, et parfois de longues), cela ne m’a pas été interdit.
Souvent aussi, les convoyeurs se renseignent, discrètement, sur le ou les détenus transportés et les conditions de transport s’en ressentent, bien sûr…
Pour ma part, ces « voyages » n’ont jamais été un moment agréable, souvent un moment pénible, très pénible, mais, j’y ai « survécu »…
Les transports, à plusieurs, sont parfois pénibles, car, ces contraintes (attentes, conditions matérielles) ne sont pas acceptées, par certains, et ils « pètent les plombs » + les dialogues entre détenus…
Pour les trajets longs, il y a aussi les bus (en groupe), avec entraves aux pieds et menottes ou les transports en voiture banalisée (menottes + entraves, quand même) dans une voiture de tourisme.
Je n’ai connu, ni l’un, ni l’autre, mais il est vrai qu’en voiture, cela doit être plus « agréable ».
Et ce, d’autant plus que l’on peut dialoguer avec les convoyeurs qui, s’ils sont là, pour assurer ton transport en sécurité et ta non-évasion, ils n’en demeurent pas moins des hommes (ou femmes) et donc, un dialogue, ne serait-ce que pour dire des banalités, est possible…
Il me faut te préciser que le but de ces « transports » est, en général, de se rendre au tribunal, pour ma part, à Metz.
En fait, sécurité oblige, du tribunal, on ne voit que les sous-sols et la salle où l’on se rend (juge d’instruction ou audience).
A Metz, l’arrivée se fait par le côté du tribunal.
Les portes s’ouvrent et se referment sans que tu aies vu l’air extérieur, et tu es emmené, pour attendre, dans des geôles, il y en a 6 ou 8, en forme de morceau de camembert, avec une porte vitrée (plastique épais « rayable » et rayé) sur la pointe. A priori, selon le nombre « d’attendants », on peut se retrouver seul ou à plusieurs. Lorsque j’ai été avec d’autres, ils étaient là pour le même motif : demande de libération provisoire.
Pour le décor, béton peint et couvert de graffiti, banc de pierre, pas de chauffage, pas d’air, pas de fenêtre, peu de lumière (mais assez pour lire), des mégots au sol, une propreté médiocre, mais cela est plus du fait des personnes utilisatrices que d’un manque d’entretien.
De là, tu peux être appelé, pour rencontrer ton avocat dans un petit parloir, ou, tu es emmené dans le service concerné (par ascenseur), toujours menotté (devant ou derrière le dos, cela dépend), tu es accompagné par les convoyeurs.
Cette attente est souvent pénible, car souvent longue, j’ai déjà été, sur place à 14 h pour un RDV à 16 h 30.

D’où la nécessité de s’y occuper, pour beaucoup, c’est des appels au gardien pour une cigarette, aller aux toilettes, essayer de parler à d’autres, dans les geôles d’à côté, etc…
Bref, ce n’est pas un moment agréable, et ce, d’autant plus, que cette attente est souvent synonyme d’une demande et/ou d’un résultat qui peut être positif ou négatif, d’où une certaine excitation (tension) pour ne pas dire nervosité, voire agressivité.

19/03/2007

Les nuisances sonores - La TV

La « TV », et, les nuisances sonores, en prison :

Son arrivée est relativement récente, dans les années 85. En général, la gestion du parc de postes est assurée par l’association socio-culturelle qui existe dans chaque prison.
Le détenu qui souhaite avoir la TV, doit la « louer » relativement cher : 32 à 40 €, selon les lieux. Dans ce prix sont inclus les abonnements à des chaînes payantes telles que Canal +, Ciné-Cinémas, Eurosport, … Ici, les indigents (ceux qui n’ont pas de moyen de la louer – pas de mandat – pas de travail) sont susceptibles d’avoir « gratuitement », les chaînes françaises et le canal interne qui reprend certains films, en plus de diffuser des informations internes.
En cas de détérioration « volontaire », on fait « payer » le poste à l’auteur des dégâts… ce qui me semble logique.
Je dois dire que la TV est devenue un « organe » indispensable à la quasi totalité des détenus. Pour ma part, elle est allumée du matin jusqu’au soir, même quand je suis absent, et même la nuit quand j’écris… Quand je retourne en cellule, l’entendre dès mon arrivée, me fait une présence… Dire que je l’écoute (regarde) en permanence ne serait pas juste. Mais, elle est là en bruit (léger) de fond…
Chacun y trouve ou n’y trouve pas ce qu’il en attend.
Pour moi, c’est une ouverture sur l’extérieur, le moyen de ne pas « rester dans l’ignorance » de ce qui se passe « dehors » et je privilégie les infos, dès le lever, à midi et le soir. Souvent, c’est FR3 qui me donne des nouvelles locales.

En général, passant d’une chaîne à l’autre, il n’est pas rare de « voir » plusieurs fois les mêmes images, parfois commentées différemment… !
A cela, je rajoute, de préférence, les films et certaines séries. N’étant pas fan de variétés et de reality-shows, je n’y vais que par zapping (pour ne pas mourir idiot).
Il faut avouer que malgré le nombre de chaînes (13, ici – 16 à Metz), il est parfois difficile de trouver quelque chose d’intéressant (d’inédit), et ce d’autant plus que les films passent d’une chaîne à l’autre, et sont repris sur chaque chaîne (payante) plusieurs fois… !
Mais le but du présent est de te parler de l’importance de la TV pour certains détenus.
D’emblée, je te dirai qu’ils n’ont pas, pour une très large majorité, les mêmes choix que les miens.
Ce qui est le plus regardé, entendu, je ne dirai pas « écouté », c’est MTV Trace (chaîne musicale à 100 %, plutôt hard et dans le vent), Eurosport, pour les matches de foot, M6 (musique, flash d’infos très court, séries), tout ce qui est reality-show (Star Academy, Co-locataires, bref, il y en a un presque chaque jour… !)
La 5 a ses adeptes (très peu), mais nous n’avons pas ici, le relais ARTE, en soirée, et beaucoup (peu) et moi, nous le regrettons, car il est vrai que l’on passe à côté de quelques bonnes soirées à thème.
Donc la TV est devenue pour la quasi totalité des détenus, un élément indispensable à la vie carcérale (il est vrai qu’ils sont nés « dedans », ce qui n’est pas le cas de ceux de ma génération…).
Je sais que certains « dehors » pensent que sa présence en prison est scandaleuse « Ils ont même la TV… ».


1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie (voir nos précédents échanges : index sur la journée du 14 janvier 2007, sur la journée du 21 janvier : un lexique vous donne quelques définitions de termes qui méritent une explication et/ou un commentaire).
Au fil des jours qui vont suivre, je vous mettrai sur ce blog, le texte de mon bouquin, n’hésitez pas à me mettre des commentaires, vos impressions, posez-moi des questions, il n’y en a pas d’indiscrète…

Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
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Elle est devenue tellement indispensable que son retrait, au mitard (cachot) est ressenti comme une « vraie » peine, plus que l’isolement et l’inconfort matériel.
Entre nous, on parle rarement du contenu de la TV et des programmes vus. On y fait parfois référence, mais sans plus. Ce n’est pas un sujet de polémique »…
Mais il est vrai que ce que la majorité y recherche, c’est des variétés, de la distraction, des fictions d’un goût plus ou moins douteux.
Mais pour être honnête, avec le nombre de chaînes et donc la variété des choix…, y compris les chaînes payantes (payées) : Canal + et Ciné-Cinémas, il est possible de satisfaire la majorité des souhaits individuels (qui ne vont pas du côté de la culture…).
La TV a, ici, une alliée : la « Playstation » (qu’il est possible de « cantiner : 200 € environ) qui permet de « jouer » aux jeux vidéo, mais aussi, pour les nouvelles générations de consoles, de regarder des films en DVD.
Aussi, certains (une bonne majorité de « jeunes ») ont déjà vu les films récents (donc, avant la TV).
Il est possible, en théorie, de faire rentrer 5 DVD (et d’en faire sortir, autant), par semaine, au parloir.
Et avec un système d’échange bien organisé (pour cela, on peut leur faire confiance), cela fonctionne très bien… et toutes les nouveautés sont « parmi nous »…
Un deuxième équipement quasi généralisé est le combi radio-CD-K7 et il tient une place importante dans la vie d’un détenu.
Je me souviens t’avoir dit que j’avais été « agréablement » surpris par le calme retrouvé, ici.
En fait, à ce jour, je pense que j’ai apprécié cette non-nuisance, parce qu’à Metz, j’étais vraiment saturé.

Les interpellations y étaient permanentes et surtout la nuit, la musique « boum-boum » aussi, avec un sur-volume en soirée et en nuit, amplifiée par le calme et la non-activité de tout le monde.
Ici, cette nuisance, en réalité, existe aussi, et à la limite, elle est parfois plus gênante, parfois moins.
Tout d’abord, une précision technique :
A Metz, l’achat d’un poste « très puissant » n’était pas possible, et si un détenu arrivait, lors d’un transfert, avec un tel poste, celui-ci était retenu à la fouille. Ici, le choix semble plus vaste et certains ont vraiment des « monuments ».
Le vrai problème, aussi bien à Metz qu’ici, c’est que les murs sont en béton coulé, et donc, très porteurs des vibrations causées par « les basses »… !
De plus, ici, les portes sont ouvertes, ce qui veut dire que le gars, non seulement écoute « fort » sa musique, mais il sort de sa cellule et laisse sa musique, parfois porte grande ouverte…
Et puis, chacun a « sa » musique, certains étrangers ont « leur » musique. Tu peux imaginer le mélange.

A vrai dire, pour le moment, cette nuisance sonore, je l’imagine, je l’entrevois, plus que je ne la subis, en fonction de ce qui se passe pendant les week-ends, car, en journée, je suis absent de l’unité (puisque je suis en cours ou en salle informatique). Reste, l’entre-midi et les soirées. Entre-midi, à cette saison, c’est acceptable, en début de soirée 19-21 h, c’est plutôt pénible, mais on s’habitue un peu et il me faut augmenter le volume de la TV et fermer la fenêtre, c’est un peu pénible, mais bon, pas plus qu’autre chose.

Dernièrement, j’ai eu une partie de l’explication.
Comme je te l’ai déjà dit, ma cellule (ma fenêtre) se trouve à 15 m du mitard (cachot). Une partie de la peine réside dans le retrait de tout objet personnel et donc pas de TV, pas de lecteur CD.
En fait, que se passe-t-il ? Si tu as un copain au mitard, eh bien, tu fais « ta » musique pour lui aussi, d’où l’augmentation du volume pour que ce dernier puisse entendre du lieu où il se trouve…
Vous dire que cela le satisfait, je n’en suis pas persuadé, mais cela a lieu et semble leur apporter un certain réconfort… alors…
Mais ce qui, pour nous, est quand même gênant, c’est cette résonance dans les murs « béton »… et aussi, un certain « laxisme » de la part de l’administration qui laisse faire. Il est vrai que le volume est amplifié pendant l’absence de surveillants, mais lorsqu’ils font leur ronde vers 21 h, rares sont les surveillants qui font baisser le volume (mais cela arrive).
Pour être honnête, je vais conclure par une note « optimiste ».
Il faut reconnaître que la quasi-totalité des détenus sont , dirons-nous, raisonnables… c’est-à-dire que cette musique s’arrête ou se réduit d’une façon vraiment significative vers 21 h, donc au début des programmes de soirée.
Autre phénomène surprenant (dans le bon sens), c’est le silence de la nuit, à vrai dire après minuit, mais un silence surprenant, on ne croirait pas que 400 gars vivent (dorment) ici. Pas un bruit, pas de circulation sur la route qui passe derrière la prison. Le seul bruit que l’on entend est l’arrivée (le passage) des surveillants pendant leur ronde (ou plutôt le bruit des portes et serrures des grilles). Au petit matin, maintenant qu’il fait jour, on se réveille au chant des oiseaux.

Nous ne connaissions pas cela à Metz. Il y avait beaucoup d’insomniaques, ou en tout cas, beaucoup de dialogues permanents entre fenêtres, tout au long de la nuit.
Et comme il était plus facile (audible et non réprimandé) de dialoguer la nuit, ils le faisaient… et dormaient le jour…

 
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