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09/02/2007

Qelques questions... intéressantes 1

Les questions que tu ne me poses pas, mais qui méritent une réponse…

Peut-on cuisiner ?

Oui, mais c’est aussi une galère.
Oui, si on a les moyens de s’acheter de quoi mettre dans la poêle.
L’usage du réchaud est interdit, donc, il faut utiliser de l’alcool solidifié et/ou des moyens moins réglementaires. Mais tout cela est long (peu efficace) et sent mauvais… !
En cantine, on trouve de tout, des plats cuisinés, des produits de base à cuisiner ou prêts à la consommation.
Pour qui en a les moyens financiers, tout est possible.
Les prix des produits sont sensiblement les mêmes qu’en grande surface, il t’est donc facile d’imaginer ce que cela coûte à celui qui se refuse à manger la gamelle.
Il est vrai que « le raisonnable » peut y trouver ce qui lui manque pour équilibrer son alimentation. La gamelle étant sur ce point, mal adaptée à ses consommateurs « jeunes » et désireux de variétés… Mais, je l’ai déjà dit : si ce n’est pas bon, c’est souvent mangeable.
Il est à préciser que l’activité « cuisine », outre son côté utile et agréable, permet de bien occuper le temps… le temps de préparation étant, de loin, plus important que le temps de consommation…

En Centre de détention, des moyens sont mis à la disposition des détenus. Certaines maisons d’arrêt autorisent les réchauds électriques…
Une fois de plus, il faut donc tomber au bon endroit…


1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie (voir nos précédents échanges : index sur la journée du 14 janvier 2007, sur la journée du 21 janvier : un lexique vous donne quelques définitions de termes qui méritent une explication et/ou un commentaire).
Au fil des jours qui vont suivre, je vous mettrai sur ce blog, le texte de mon bouquin, n’hésitez pas à me mettre des commentaires, vos impressions, posez-moi des questions, il n’y en a pas d’indiscrète…

Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous n’avez pas la patience de le découvrir au fil des jours, vous pouvez l’acquérir en envoyant un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 31 rue des Allemands à 57000 METZ. Pour 13 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4).



L’habit :

L’usage de l’uniforme est, depuis de nombreuses années, aboli…
Celui qui est dépourvu de vêtement (indigent et souvent étranger) peut en obtenir par l’intermédiaire du Secours Catholique qui est habilité à fournir ces vêtements (de base).
Il n’est pas autorisé de recevoir des vêtements par l’envoi d’un colis postal.
La plus grande majorité des détenus se font apporter, par leur famille, ce dont ils ont besoin, et cela passe du simple, de l’utile, au dernier cri qui vient de sortir en boutique…
Il est vrai que si l’usage de l’uniforme paraît un peu « barbare », il avait au moins l’avantage d’éviter un certain nombre de conflits (moqueries) et de convoitises.
Malgré que ce soit interdit, les échanges sont fréquents. Lorsqu’il n'y a pas échange, il y a parfois « vol », pas toujours facile à déceler, la tenue des jeunes s’apparentant à un « uniforme », et l’on retrouve le même sur de nombreux sujets…
Il y a aussi ce que j’appelle : les concours d’élégance, certains détenus n’étant privés de rien…
Le faire-voir est une « activité » à part entière, pour certains, cela passe par la culture de son corps, mais aussi par l’aspect vestimentaire.
Certains ont sur eux plusieurs (nombreuses) centaines d’euros, en vêtements de marque… !

La religion :

Chacun devrait être en mesure de pratiquer sa religion, s’il le souhaite.
La religion islamique est pratiquée, souvent, individuellement, il y a peu d’aumôniers « iman ». Les protestants et les juifs sont encore plus mal lotis.
Seule la religion catholique est véritablement présente. Et en fait, elle s’adresse à tous.
Les intervenants sont plus ou moins nombreux. Des offices (messes) sont organisés, souvent, chaque semaine. Des rencontres collectives ont lieu, à jour fixe, une ou deux fois par semaine.
Toute cette activité dite religieuse, certes, reste religieuse, mais c’est aussi l’occasion de se rencontrer, de discuter, d’échanger quelques réflexions sur la vie de « dehors » et de « dedans ».
Il est vrai qu’on y trouve toujours les mêmes qui, parfois, ne sont pas de religion catholique. Très souvent, la pratique religieuse antérieure (à la prison) est inexistante et l’inculture chrétienne déconcertante.
Tu l’as compris, le rôle de cette aumônerie est plus d’amener un peu d’«humanité » entre ces murs que de « convertir » ou même que d’«entretenir ». Le but principal me semble la communication et les échanges que ces rencontres peuvent apporter.
A aucun moment, je n’ai senti une agressivité contre les catho. Il paraît que ce ne fut pas toujours le cas, et il y a quelques années, c’est tout juste s’il ne fallait pas se cacher pour aller à l’aumônerie…
En fait, je pense qu’une certaine tolérance (indifférence) est de mise.
Pour l’administration, c’est une activité comme les autres qui a l’avantage de ne pas faire de vague…

Il est à noter qu’une « fonction » importante de l’aumônerie est de rencontrer (en individuel) tous les arrivants qui le souhaitent, peu importe leur passé et leur conviction religieuse (s’il y en a une). Cela permet à certains de s’exprimer et en cela, ce ne peut être que positif.
D’ailleurs, toute facilité est accordée par l’administration, aux membres de l’aumônerie, qui voit, en eux, des alliés et des interlocuteurs « utiles » pour aider ceux qui en ressentent le besoin.
L’aumônier est un des rares intervenants « extérieurs » (peut-être le seul), qui soit autorisé à rencontrer un détenu dans sa cellule…

07/02/2007

Hygiène, il faut en parler

Les questions que tu ne me poses pas, mais qui méritent une réponse…

Hygiène :

C’est assurément ce qui pêche le plus. Outre le fait que les locaux s’ils ne sont pas vétustes (20 ans), ne sont pas entretenus comme il le faudrait, en ce sens que les dégradations (volontaires ou non) ne sont pas réparées « au plus tôt », il faut tenir compte du fait que l’entretien général est laissé à l’initiative des auxi (détenus rémunérés 120 €/mois) qui assurent les services de l’étage (repas et l’entretien des parties communes (couloirs, escaliers, salles d’activités, douches).
Et c’est dans les douches que cela se voit le plus, pour plusieurs raisons :
. tout d’abord, « on » y espère une « réelle » propreté afin de ne pas y attraper des maladies de peau ou autre...
. une cinquantaine de gars les fréquentent, chaque jour (rappel : 3 x par semaine + au retour de l’activité « sport » (donc 2 à 3 x par semaine supplémentaire) + les auxi (privilège), chaque jour et plus, ce qui fait du monde et immanquablement une certaine négligence « individuelle » (emballages vides laissés sur place, etc…).
. les installations (mal conçues, au départ) ont mal vieilli, l’écoulement est difficile, à cause des cheveux, poils, débris de savon.

Il s’agit de douches individuelles (groupées par 2 ou 5), fermées sur 3 côtés, de taille limitée (un peu plus d’aisance aurait évité le frottement accidentel aux murs « douteux »).

De plus, de perpétuelles rénovations font que la capacité maximale n’est jamais au top niveau…
Au niveau du lavabo de la cellule qui sert aussi de lave-linge et de lave-vaisselle, tout dépend des occupants, mais, a priori, des produits sont distribués pour que l’entretien soit fait dans de bonnes conditions. Il s’agit donc, là, plus de la responsabilité et de l’initiative de chacun…

Une remarque : même si les douches sont semi-collectives (non en cabine individuelle fermée), on peut dire que le voyeurisme est peu fréquent, ce serait plutôt le contraire, des manifestations d’exhibitionnisme pour montrer « leur » belle musculature (et le reste), due à la pratique (parfois) effrénée de la musculation… !!!


1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
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Au fil des jours qui vont suivre, je vous mettrai sur ce blog, le texte de mon bouquin, n’hésitez pas à me mettre des commentaires, vos impressions, posez-moi des questions, il n’y en a pas d’indiscrète…

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Et le linge, la lessive…

Pour une bonne partie de détenus, le problème se trouve résolu par la sortie régulière du linge sale, lors des parloirs – famille, donc, le linge est lavé « hors détention ».
Pour ceux qui n’ont pas cette chance, c’est la galère… Certes le linge de maison (draps, serviette de toilette) est pris en charge par l’administration, mais pour le linge perso, il faut se débrouiller en tenant compte du fait qu’il n’y a pas d’eau chaude en cellule, du fait qu’habituellement, les surveillants autorisent la prise d’eau chaude dans les douches. Le lavage est souvent confié à un seau et à « Génie sans bouillir ». Les plus raisonnables changent de linge souvent afin qu’il soit plus facile à laver. Les plus crades se changent rarement et sentent mauvais, et ceci est d’autant plus pénible, pour les autres, que ce sont les mêmes qui ne fréquentent pas les douches… !
Il est vrai que le règlement impose le passage aux douches, mais, en ce point, les contrôles sont rares. J’ai, cependant, vu des détenus qui, avec l’accord tacite des surveillants, mettaient de force, un tel sous la douche tout habillé… il devait donc s’exécuter… le plus dur étant fait…
Les crades sont quand même des cas. La majorité des détenus souhaiterait plus de douches (à volonté) et des moyens techniques pour faire leur lessive. Nota : ces commodités et moyens existent en Centre de détention, nous en reparlerons.
Pour revenir au linge lavé, son séchage pose problème et des « étendards » sont présents, en permanence, dans les cellules.

05/02/2007

Anniversaire... ça se fête, oui et non

Un an déjà, ou, douze mois seulement…

Tous les anniversaires sont-ils à souhaiter ?

En tous cas, pour mon premier anniversaire en prison, je tiens à te faire un petit bilan, ne serait ce que pour t’expliquer et te faire comprendre que dans chaque situation difficile, on peut y trouver le bien que l’on veut y mettre.

En ce jour anniversaire, j’ai envie de faire un petit point sur ma situation actuelle.
Si ma situation était exceptionnelle, je pourrais me révolter, mais crois-moi, je constate et j’ai connaissance de situations vraiment plus critiques et irréalistes que la mienne, que la nôtre.
Néanmoins, il est bien clair que mon souhait le plus cher (fort) et le plus réel est de sortir d’ici, au plus tôt afin qu’il me soit possible de rejoindre les miens et nos amis, et je fais et ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour réduire ce temps de « captivité ».
Comme tu le comprends facilement, l’essentiel, ici, est de savoir « occuper » son temps.
Pour ma part, j’ai, à ce jour, eu un parcours sans faute : au début, la vie collective (à 3), pour s’adapter et prendre le temps de faire le point sur soi-même et sur mon affaire.
Après 4 mois et alors que l’inutilité de mon temps, l’ennui et le désœuvrement commençaient à se faire sentir, cet emploi d’écrivain m’est proposé avec d’autres conditions intellectuelles et matérielles de vie.
Au niveau « travail », bien sûr, aucune difficulté particulière, mais, à chaque instant, l’impression d’être utile et de rendre service.

Souvent, après coup, la satisfaction d’avoir été, d’être celui qui a permis à tel de mes co-détenus, de mieux se sentir et de répondre à ses attentes. Il est vrai que je ne fais aucun effort pour m’impliquer d’une manière ou d’une autre dans leur « affaire ». J’aide, je m’investis, je retranscris leurs souhaits et m’efforce (sans mal) à ne pas mémoriser le cas de chacun. Ainsi, je peux ne pas me sentir « complice » ou « participant », l’être rendrait ma vie mentale « insupportable », je le crains.
Comme tu le vois, j’essaie de passer au mieux cette épreuve, en faisant en sorte que ma présence n’y soit pas entièrement négative.

Si je devais analyser ma situation, je ne te dirais pas que mes nouvelles conditions matérielles de vie sont bonnes, mais pour le moins, au risque de choquer certains, je dirais qu’elles sont supportables.
Au niveau « matériel », le fait d’être seul, en cellule, m’a permis de m’isoler quelque peu et d’organiser un semblant de vie personnelle, et à aucun moment, je ne souffre de la solitude, ce qui ne m’empêche pas de m’ennuyer parfois…

Comme je le pense et il me plait de le dire maintenant : Ici, « la journée passe vite, mais les jours ne passent pas… ».



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