26.11.2007

Ma prison (coût)

Post-scriptum :

Coût d’une telle réforme.


Il est vrai que j’ai laissé sous silence, le coût de « Ma prison ». Je l’ai fait volontairement, parce que je pense que c’est un faux problème.

Actuellement, il est admis qu’une journée de détenu coûte entre 90 à 120 €, selon la structure (neuf, vieux, gestion privée) et son régime (Maison d’Arrêt, Centre de détention, Centrale).
Ce coût comprend, outre ce que coûte le détenu (alimentation, entretien), les frais des personnels de surveillance et administratifs et les coûts de structure (amortissement des bâtiments).

Les statistiques (chiffres pris sur PRISON.EU.ORG) nous disent, qu’en 2005, il y a eu :
. 81.629 entrées, dont :
. 29.466 entrées de condamnés en comparution immédiate,
. 28.387 entrées de prévenus (non encore jugés),
. 3.907 condamnés à plus d’un an,
.19.860 condamnés à 1 an ou moins.
Ces chiffres me semblent assez bizarres, car elles ne nous indiquent pas à quelle durée ont été condamnés les 29.466 condamnés en comparution immédiate.

Mais, en fait pour mon propos, cela n’a pas d’importance. Je garde le chiffre de 81.600 entrées dont 28.400 prévenus et le chiffre de 30.000 (sur 53.400 condamnés) condamnées à environ 8 mois (moyenne de la durée de détention).

Ces chiffres montrent qu’avec ma conception de la prison (maxi 6 mois), il y a largement assez de places de prison (54.000) même si on admet que 15.000 détenus seront maintenus en prison pour de longues peines.
Comme le nombre d’entrée est relativement stable, d’une année à l’autre, on peut admettre que le nombre de sorties est quasiment équivalent au nombre d’entrées, puisque le nombre de détenus reste stable, autour de 60.000.

Ce qui veut dire que, avec 6 mois de détention maxi, on va gagner (30 jours x 6 mois x 40.000 détenus) 7.200.000 journées de détention par année, à un coût moyen de 100 €, soit 720.000.000 €.

Le surcoût de « Ma prison » ne réside que dans l’obligation que je fais, pour l’ancien détenu, d’un suivi, pendant un certain temps, parfois long, par un tuteur – éducateur.
Un tel emploi coûtera à la société 35.000 €/an (salaire et charges et structure d’encadrement)). Avec le nombre de journées en moins, on peut financer 20.500 emplois, donc suivre (1 pour 10) 205.000 anciens détenus, comme il y en a 40.000 à aider/surveiller, cela fait que nous avons le financement de 5 années de suivi… !

Personnellement je pense que cette durée est tout à fait excessive, dans mon esprit, un suivi de 2 à 3 ans serait déjà pas mal. Si en deux ans, l’ancien délinquant n’est pas remis sur les bons rails… sa cause me semble désespérée et il risque de se retrouver en prison…

Ces chiffres ne tiennent pas compte du fait que « Ma prison » est susceptible de réduire considérablement le nombre de récidivistes (ceux qui sur 10 ans de leur vie, en passe 5 ou 6 en prison, avec une dizaine de condamnations), donc le nombre d’entrées, chaque année, va se réduire puisque plus de 40 % (chiffre officiel, à mon avis sous-estimé) sont récidivistes.

A cela, vous devez rajouter un effet non négligeable, c’est lui qui va désengorger les tribunaux, puisqu’il y aura moins de récidivistes. De plus, pour les condamnés qui ne contestent pas leurs délits, pourquoi faire des investigations supplémentaires qui n’apportent aucun élément susceptible de faire modifier la peine encourue : 6 mois de prison ferme (maxi) et un programme de réinsertion avec suivi (efficace).


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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent…
et des solutions proposées…


Vous trouverez, sur la journée du 17 mai 2007, les dates de parution de mes articles…
. Nous serons donc ensemble jusqu’au nouvel an 2008… si vous le souhaitez…

A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis avaient tenté de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus.
Vous avez l’intégral de ce bouquin en début de blog, complété par vos questions / remarques et mes réponses…

A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.

Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…



1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie
Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir sa version papier, vous pouvez l’acquérir en envoyant un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 7 Bld d’Alsace à 57070 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4).

"Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…" Peut-être sera-t-il publié ? En attendant, vous le découvrirez dans les jours qui suivent… Une version « papier » en auto-édition, est disponible, au prix de 17 €uros (frais d’envoi compris). Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (200 pages A4).

23.11.2007

Ma prison

MA PRISON…

Je pense qu’elle ne plaira pas à tout le monde.


Nota : pour ne pas alourdir mon texte, je vous ai fait des renvois pour expliquer pourquoi je pense que cela doit être comme cela.

Cellule individuelle (1) de 7 à 9 m² avec un lit, une table, une armoire, une chaise, un cabinet de toilette (2) avec lavabo et eau froide, WC (3),
Toute décoration, toute personnalisation interdites (4),
Pas de TV, pas de poste de radio ou CD, pas de DVD, pas de Playstation (5),
Musique de fond (ambiance), flash d’informations audio, chaque heure ou 3 fois par jour, avec possibilité pour le détenu de l’éteindre (6),
Bien sûr, porte fermée 24 h/24, sauf pour certaines activités,
Interdiction de fumer en cellule (7),
Interdiction d’y cuisiner, pourraient être toléré une bouilloire, du nescafé, sucre, etc et un peu de nourriture (type biscuits),
Au niveau confort et hygiène, bien sûr, il faut un lit correct et une literie propre, désinfectée entre chaque occupant, draps changés chaque quinzaine, maxi,
Si le coût n’en était pas trop excessif, j’envisagerai bien le retour au vêtement banalisé, type bleu de travail, avec seule possibilité de linge personnel dans les sous-vêtements, chaussettes et chaussures (8),

Cet environnement, quelque peu spartiate, devrait produire un effet d’isolement, un sentiment de non – bien-être avec cependant un confort digne du XXI° siècle.

Il est important que la prison ne soit pas un facteur de dé-sociabilisation. Donc, je pense qu’il faut y créer une vie sociale, et la possibilité de côtoyer d’autres individus, sans pour cela favoriser la trop bonne cohabitation – confraternité.
Ainsi, je pense que toute prison devrait être divisée en secteur regroupant au maximum 20 à 25 cellules.
Dans chaque secteur, on trouverait douche individuelle à laquelle chacun pourra aller une fois par jour, une salle d’activité–fumoir, un réfectoire.
Attenante à cette salle, parce que chacun doit se prendre en charge, à disposition, évier pour la vaisselle, machine à laver et sèche-linge. On peut même imaginer que les draps et serviettes sont lavés par le détenu (9).
En effet, dans ma prison, tous les repas (les 3) sont pris en commun, par table de 4 ou 6, pour un semblant de cellule familiale où parler est possible (10). Dans cette salle, on pourrait y trouver des casiers (comme dans les gares) où le détenu mettrait ses couverts, serviette, sel, poivre, etc… et son tabac. Il serait autorisé à fumer qu’après les repas, pendant un laps de temps court. La pose repas + rangement + tabac serait limité à 30 + 15 minutes.

Parmi les activités possibles : 1 h maximum le matin, et 1 h l’après-midi.

Ce qui est proposé ; promenade à l’extérieur (air libre),
salle d’activité avec jeux de société,
sport individuel (muscu),
sport collectif (11),

En sus de ces activités, seraient possible l’accès à la bibliothèque (2 ou 3 fois par semaine), les activités scolaires et bien sûr, l’accès à tous les soins – suivis médicaux nécessaires, et aux activités cultuelles.

J’envisage de réduire la possibilité d’échanges avec la famille : un seul parloir d’une demi-heure par semaine (pas de prolongation) (12), courrier libre et contrôlé (si vous voulez), pas d’accès au téléphone sauf nécessité et donc sous contrôle du travailleur social (et avec lui). Pas d’échange de linge, que des apports, rappel : le détenu lave son linge.

Au niveau des cantines : tabac (13), produits d’hygiène (de qualité, mais pas forcément de marque prestigieuse), produits alimentaires dits de confort : nescafé, sucre, gâteaux secs.

Le non respect du règlement, des consignes et de la sécurité serait sanctionné par la suppression de toute activité collective (y compris douche (14), parloir, activités, courrier), les repas seraient pris en cellule (15).
Ce régime d’isolement devrait être limité à une semaine.

Voilà ma prison idéale…

Je pense qu’elle vous a bien choqué et que vous n’avez pas envie d’y goûter…

Pour ma part, j’ai bien déliré (comme disent les jeunes), mais je pense qu’il y a du bon là dedans et qu’une telle prison serait efficace…

Avant de conclure et pour répondre à certains qui ne jurent que par la détention préventive.
Je ne suis pas contre la détention préventive, mais contre la forme qu’elle a aujourd’hui. Elle peut se justifier si les faits reprochés sont très graves et les preuves quelque peu minces, mais les présomptions grandes.
Cependant, si détention il y a, le prévenu doit avoir la possibilité de présenter tout ce qui peut être en sa faveur et avoir la possibilité de communiquer avec l’extérieur (téléphone, courrier fermé) et même on doit lui donner la possibilité de « sortir ». Pour cela le bracelet électronique (avec GPS) est tout à fait adapté. Le prévenu fait son itinéraire et le respecte.

A ce jour, ce qui est catastrophique, c’est que le prévenu n’a pas accès à son propre dossier, il ne lui est pas possible de rechercher par lui-même documents, témoignages, etc…
Actuellement, l’instruction se fait à charge, souvent mal, mais jamais à décharge, même les affirmations ne sont pas vérifiées.
Comme il s’agit de détenu, non encore reconnu comme coupable, on pourrait imaginer leur accorder un régime de type centre de détention, c'est-à-dire, régime ouvert (sauf nuit) et libre circulation.
Il est indispensable qu’il soit isolé des autres détenus condamnés qui purgent leur 6 mois (maximum).

Notes :


(1) : un par cellule, comme déjà expliqué dans mon bouquin (1019 jours de détention), le plus pénible pour beaucoup de détenu, c’est de se retrouver seul. S’il y a cohabitation imposée et/ou choisie, ce n’est pas pour cela que cette cohabitation ne sera pas source de conflits. De plus, beaucoup de détenus, surtout parmi les plus jeunes, recherche la compagnie 24 h/24 d’autres détenus. Pourquoi lui offrir ce plaisir… ?

(2) : cabinet de toilettes : au XXI° siècle et parce que tout homme a droit à un minimum de respect et d’intimité. Je pense que l’on doit au détenu, un cabinet de toilettes fermé, à l’abri des regards et de l’œilleton. En cas de besoin, une interpellation peut permettre de s’assurer que tout va bien.

(3) : eau froide : l’eau chaude n’est pas nécessaire et peut être considérée comme superflu et un luxe. Il est très sain de se laver à l’eau froide…

(4) : décoration : il n’est pas bon que le détenu se sente bien « moralement » dans sa cellule. Il ne faut pas qu’il puisse se recréer un chez soi.

(5) : la TV permet trop de s’évader. Pouvoir la regarder en permanence permet de faire passer le temps. On est en prison pour subir, ce luxe n’est pas nécessaire. Les postes de radio ou CD sont, à ce jour, plus source de bruit et de conflits que de convivialité.

(6) : musique : les psychologues sont à même de sélectionner des musiques qui calment les esprits, tout en étant variées et distrayantes. Pour éviter un trop grand isolement avec l’extérieur, il faut qu’il soit prévu des flashs d’informations afin que l‘actualité soit connue du détenu. Autrement, à sa sortie, il va être déphasé. Celui qui ne veut pas en profiter, peut éteindre cette source sonore.

(7) ; linge : dans le respect de l’individu, il peut garder certains effets personnels de confort. En effet, il n’est pas nécessaire d’imposer le slip à celui qui préfère le caleçon et vice-versa. Il n’est pas nécessaire de faire marcher un individu dans des chaussures qu’il ne supporte pas…

(8) : le tabac tue… alors pourquoi en favoriser la consommation en prison. Celui qui voudrait se faire aider pour quitter la cigarette devrait y être aidé, sans réserve.

(9) : on peut imaginer que chaque détenu aurait accès à la machine à laver – sèche-linge :1/3 journée par semaine (9h à 12h – 12h à 15h – 15h à 18h).

(10) : pour éviter tout débordement et respecter l’hygiène, on peut imaginer qu’à l’issue du sport, les intéressés auraient accès à des douches collectives – limitées dans le temps. Pas de possibilité de prendre une douche à l’issue du sport dans le secteur d’habitation.

(11) : tabac en quantité limité, pour éviter tout trafic et racket… et favoriser l’arrêt de consommation.

(12) : il me semble indispensable (surtout si faire semblant de cuisiner est interdit) qu’une alimentation suffisante et équilibrée soit donnée au détenu. Celle-ci devrait être sous le contrôle permanent et journalier de diététiciens indépendants (hors administration) – établissement des menus, contrôle des produits utilisés et préparation.

(13) : cela limitera aussi l’introduction de substances interdites et donc leur consommation. A ce sujet, à l’issue du parloir, je serai assez favorable à un examen médical plus approfondi pour s’assurer que les anciens consommateurs ne consomment plus. Bien sûr, une aide médicale au sevrage sera mise en place. Je ne suis pas opposé à des vérifications sur les non-consommateurs avant.

(14) : si on est seul en cellule, on peut se laver très bien, sans avoir de douche et d’eau chaude…

(15) : on peut même imaginer un repas plus frugal, moins varié, ne contenant que le nécessaire et indispensable. Et même, suppression de la tolérance : nescafé + gâteaux secs cantinés.


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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent…
et des solutions proposées…


Vous trouverez, sur la journée du 17 mai 2007, les dates de parution de mes articles…
. Nous serons donc ensemble jusqu’au nouvel an 2008… si vous le souhaitez…

A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index sur la journée du 14 janvier)
Clémence et Paul Denis avaient tenté de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus.
Vous avez l’intégral de ce bouquin en début de blog, complété par vos questions / remarques et mes réponses…

A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.

Nota : Sur la journée du 21 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…



1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie
Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir sa version papier, vous pouvez l’acquérir en envoyant un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 7 Bld d’Alsace à 57070 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4).

"Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…" Peut-être sera-t-il publié ? En attendant, vous le découvrirez dans les jours qui suivent… Une version « papier » en auto-édition, est disponible, au prix de 17 €uros (frais d’envoi compris). Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (200 pages A4).

29.10.2007

Utilité et/ou Inutilité de la prison.... (suite 1)

Utilité et/ou inutilité de la prison ? (2)

Le condamné, il y en a de nombreuses catégories…

Très souvent, le CONDAMNÉ se considère TROP CONDAMNÉ, et cela pour de nombreuses raisons.
Tout d’abord, il n’était l’auteur principal, il n’était qu’un complice, ce n’est pas de sa faute, c’est de la faute d’un autre, c’est la faute à pas de chance, c’est lui qui a été pris, etc.
Malgré ce sentiment d’injustice, il accepte souvent sa détention comme un passage obligé, comme le résultat d’un faux pas, comme une mauvaise passe qui aura une fin.
Il a souvent le sentiment que la prochaine fois, il fera mieux, il ne sera pas pris… Il n’a, en général, aucun sentiment de véritable culpabilité. Il a raté son coup, il paie…
Il donne l’impression d’avoir l’intime conviction que ce qu’il a fait, il reste en capacité de le refaire, l’important restant de n’être pas repris.
C’est dans cette catégorie que l’on retrouve le plus grand nombre de récidivistes.
Souvent, j’ai entendu la réflexion suivante : « A 35 ans, j’arrêterai mes conneries, mon business ». Je pense qu’il était sincère ou pour le moins qu’il essayait de s’en convaincre. Pour ma part, je pense qu’il ne s’arrêtera pas… il évoluera, mais restera un délinquant, si la société ne sait pas lui proposer autre chose…

Son passage en prison se justifie, ne serait-ce que pour mettre un frein, un arrêt dans une délinquance réelle. En prison, il se sent bien, car il ne manque de rien, en général, faisant « dehors » partie d’un clan, son clan ne le laisse pas tomber et chacun de ses membres a conscience que c’est lui qui aurait pu être à sa place. Sa famille et son clan le soutiennent moralement, le soutiennent financièrement, il ne manque de rien, si ce n’est la liberté. Il attend que le temps passe.
Il est et restera un révolté contre la société qui l’a condamné « injustement ». S’il ne l’était pas déjà, il deviendra aigri et en conflit avec tout ce qui lui apparaîtra comme l’image de l’autorité (police, justice, hommes politiques).

Ce qui est grave, c’est qu’à sa sortie, aucun suivi sera mis en place pour le « surveiller », pour s’assurer que ce séjour lui aura été d’une quelconque utilité pour l’empêcher de continuer sa délinquance. Aussi, tant que la société ne se préoccupera pas de l’après-sortie, ce passage en prison n’aura été d’aucune utilité. Au mieux ou au pire, selon le choix, on peut redouter qu’en prison, il aura trouvé de nouvelles méthodes de délinquance…

Le CONDAMNÉ, emprisonné par LASSITUDE de la Justice.
Il est, en général, jeune, très jeune, et pourtant, il connaît bien les commissariats de police, les couloirs des tribunaux, les juges pour enfants, les éducateurs, les foyers.

Il est, aujourd’hui, en prison pour une « petite » affaire, parce qu’il vient d’avoir 18 ans, mais il a déjà été condamné de nombreuses fois.
Souvent, il arrive pour 6 mois, mais il y reste 2 ou 3 ans, car les peines (condamnations ) antérieures sont mises à exécution et pendant sa détention, il repasse au tribunal pour d’autres affaires « en cours ».
En fait, c’est un raté de notre système éducatif et de notre société. Il n’a pas su, pu y trouver sa place. Son milieu familial est souvent « nul », famille désunie et à problème, scolarité interrompue, laisser-aller permanent, vie dans la rue et sans aucune contrainte sociale.
Souvent inconsciemment, il s’est rendu coupable d’infractions, en soit, minimes, mais qui par leur répétition, le rende condamnable et condamné.
Il me semble évident que sa « petite » délinquance aurait du, pour son entourage familial et éducatif (école et socio-éducatif de quartier), être considéré comme un appel au secours « Occupez-vous de moi », un signe que quelque chose ne collait pas, dans sa tête et que sans aide, il allait dériver.
Il n’aurait pas du se trouver en prison. Il aurait du être pris en charge, avant qu’il ne soit trop tard. Souvent, il a été placé en foyer vers 10/11 ans… mais le surnombre et parfois, le manque de capacités, ont fait que l’encadrement n’a pas été en mesure de le prendre en charge, de la comprendre et de le remettre sur la bonne route. Le foyer n’a fait, au mieux, que du gardiennage…, et l’a éloigné, momentanément d’un milieu qui n’était pas en mesure de l’aider.

Son attitude en prison est tout à fait révélatrice de son état d’esprit.
Il accepte la prison, c’est un mauvais moment à passer. Il considère la prison, un peu comme un foyer (« quand on veut faire quelque chose, il faut demander l’autorisation »), il y a ou retrouve, ou trouve des copains (« il manque les filles »). Il s’y amuse bien, il fait en sorte que le temps passe avec le minimum de pression.
Le seul moment qu’il redoute, et plusieurs m’en ont fait la confidence, c’est le soir et les nuits, au moment où il se retrouve seul, face à lui-même. A ce moment-là, il se rend compte de l’absurdité de la situation, de sa situation.
Il ne s’assimile pas aux autres détenus, plus délinquants que lui, d’ailleurs il ne les fréquente pas.
Souvent, il a la ferme attention d’arrêter, de repartir sur de nouvelles bases, recommencer ou commencer de vivre normalement, sans délinquance. Cette attitude m’a semblé sincère, et venant du fond de lui-même.
Il ne devrait pas faire partie des récidivistes, ce premier passage en prison devrait être le dernier. Il semble avoir compris. Il a compris.
Mais son attitude extérieure, à sa sortie, sera en fonction de ce que l’on aura réussi à lui offrir (saura lui offrir).
Il ne faut pas oublier que sa délinquance lui a permis, souvent, de bien vivre, avec des revenus (certes illégaux) confortables. Repartir sur des bases saines, sera synonyme de se restreindre, de travailler honnêtement, de refuser les excès, la vie facile.

Aussi, il apparaît évident que si la société et son entourage ne sont pas en capacité de le soutenir… il rechutera, souvent « en pire », car, en prison, il aura été en contact de délinquants qui auront su lui apprendre leur délinquance souvent plus pernicieuse que la sienne.

Parfois, j’ai eu l’impression que le détenu « jeune » voyait en son premier séjour en prison, le moyen de s’affirmer, vis-à-vis de ses copains. Il avait besoin de ce passage, pour montrer son influence…, sa supériorité sur les autres…, sa capacité à braver les interdits… Il est sur que pour lui la prison n’aura été d’aucune utilité, bien au contraire, puisqu’elle va lui servir de tremplin… pour son avenir… délinquant.
La condamnation a eu l’effet inverse de ce qui était recherché (punir). C’est là que l’on voit la nécessité de trouver des peines plus adaptées.

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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent…
et des solutions proposées…


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Sur la journée du 17 mai 2007. Nous serons donc ensemble jusqu’au nouvel an 2008… si vous le souhaitez…

A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index sur la journée du 7 janvier)
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Vous avez l’intégral de ce bouquin en début de blog, complété par vos questions / remarques et mes réponses…

A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.

Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…



1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie
Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
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"Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…" est en cours de relecture…. Peut-être sera-t-il publié ? En attendant, vous le découvrirez dans les jours qui suivent… Une version « papier » en auto-édition, est disponible, au prix de 17 €uros (frais d’envoi compris). Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (200 pages A4).

17.10.2007

La Prison et la TV....!

Les prisons et la TV

Il est vrai que la TV nous (vous) bombarde d'émissions… Comme dans tout, il y a du bon et du mauvais…, mais, en règle générale, d'après ce que j'ai appris de ceux qui ont déjà fait plusieurs établissements, la situation générale n'est pas digne d'un pays civilisé qui se veut être un pays "moralisateur" : aucun bien-être, aucune sécurité en cas de sinistre…, aucune considération (respect) de l'être humain (à Nancy, ils sont, pour certains, à 14 dans une cellule… Imaginez l'intimité et le respect possibles… Imaginez les "sources" de conflit possibles.

A Metz, ce n'était pas "merveilleux", mais ce n'était pas l'enfer que connaissent (supportent) certains : délabrement des installations, cafards, pas d'hygiène + le surpeuplement "généralisé".

Etre en surnombre n'est pas, en théorie, une catastrophe, mais ce qui est grave et désastreux, ce sont les structures (douches, cuisines, salles, etc.…et peut-être même le nombre de surveillants (si on les écoute) qui sont prévues pour le nombre prévu : 439 places pour plus de 640 détenus à Metz… Il ne suffit pas de mettre un lit (matelas) de plus…

En Centre de détention, nous sommes ce que le nombre de places prévoit et les conditions "matérielles" légales (1 détenu par cellule) sont plus acceptables et respectées. Nous sommes privilégiés par rapport aux Maisons d'Arrêt qui ont l'obligation de "recevoir" ce que la "Justice" leur envoie…

N'en doutez pas, les mutineries, pétitions internes et évasions ont "toujours" existées… mais on n'en parlait pas… De plus, les "discours" et "déclarations" ne reflètent que rarement la réalité… on ne vous dit pas tout… on pèche par omission…

Et si on ne laissait "en prison" que les délinquants "dangereux" et/ou "non récupérables", croyez-moi, il y aurait de la place… et cela coûterait moins cher (coût de revient d'un détenu entre 90 et 120 euros/jour…! (chiffre officiel, selon les structures…).

Très souvent, une détention longue, plusieurs dizaines de mois, ne sert à rien et donc ne se justifie pas… Pour moi, au moins 1/3 des 60.000 détenus (actuels) pourrait être "dehors" "surveillé et contrôlé"…

L'adage qui veut que "la prison soit l'école du crime" ne me semble pas tout à fait hors de la réalité.
Celui qui souhaite (ou veut) être initié… l'est, facilement.
A ce niveau là, la solidarité existe et tu es vite informé des techniques bonnes et moins bonnes de te faire une vie "facile", dehors.
De plus, les mauvaises habitudes (pratiques) sont vite prises…
Je ne crois pas que la violence physique soit un des problèmes majeurs de la vie carcérale. Ce qui est néfaste à notre société, c'est que celui qui est "irrécupérable", pourrit celui qui aurait pu être "récupéré".
J'ai vu un petit voleur à la tire, sortir au bout de six mois, complètement "accroc" au haschisch…, alors qu'il ne consommait pas avant…
Moi-même, je ne peux dénombrer le nombre de fois où sa consommation m'a été proposée (offerte)… en remerciement du service rendu…. Que va-t-il faire à sa sortie, ce "petit" voleur, si ce n'est revoler, non plus pour permettre à sa petite famille de survivre (de toutes façons, sa copine et leur enfant l'ont quitté – une des conséquences "indirectes" et fréquentes de toute détention), mais pour s'alimenter en cannabis…

Post-scriptum : Soyez sans crainte, je n'y ai jamais goûté… un spécialiste (Vincent) m'a dit, sur ma demande, ne voulant pas mourir idiot : "Si elle était bonne, peut-être, je te laisserais y goûter, une fois, pour voir, mais, ici, elle est tellement "dégueulasse" que j'en aurais honte…".

Et cela, je pense que c'est notre système judiciaire et pénitentiaire qui en est responsable… A ce stade, la politique de l'autruche n'a pas lieu d'être… Et les efforts faits pour éviter les échanges "illicites" ne portent pas de fruit, car en amont, il n'y a aucune volonté "réelle" de voir "changer" quelque chose.
En effet, je suis et reste persuadé, au moins à Metz, et, ici, aussi, qu'il serait facile d'éviter les mélanges néfastes aux plus faibles et influençables.
La topographie des lieux s'y prête et/ou a été prévue pour… En tout cas, rien n'est fait dans ce sens et c'est au coup par coup, souvent après l'incident que des modifications sont apportées…
En fait, l'état actuel des prisons (tensions, surpeuplement, etc…) tient au fait que, faute de réelle volonté (et capacité) de réinsertion et de suivi (après libération), les récidivistes sont "nombreux", à Metz, plus de 50 %, malgré une très grande majorité de – de 35 ans…!

Et parmi les "récidivistes", on trouve beaucoup de consommateurs de stupéfiants et cela me semble inévitable puisqu'en prison, ils ne sont pas "obligés" de se désintoxiquer…
On leur donne des produits de substitution, tout au long de leur incarcération et à la sortie… re-trafic, et c'est reparti…, et cela revient…
Pour moi, cette méthode de "préserver" un calme relatif me semble scandaleux. Quand vous en parlez, entre quatre yeux, avec un membre du personnel pénitentiaire et/ou médical, c'est le motif que l'on vous donne : "préservation du calme", ce qui laisse entendre que l'intérêt de l'individu (et de la société) passe après… ou, on ne s'en préoccupe pas… en prison.

Tout ce qui précède et mes autres textes / constats, devraient vous faire "sentir" que les nombreux "reportages TV" ne montrent et ne disent que ce que l'on veut vous montrer (démontrer…)… C'est si souvent incomplet que la vérité s'en trouve "déformée"…

En fait, lorsque l'on parle des prisons, il faut ne pas faire d'amalgame. Il y a les Maisons d'Arrêt (comme Metz) avec le surpeuplement et ses conséquences et les Centres de Détention ou Centrales (+ de 10 ans).

En Maison d'Arrêt, c'est du "gardiennage", du "parcage", tu es en attente, tu es sans cesse "encadré", contrôlé, je dirais même "canalisé". Tu ne peux que subir.
Aucune initiative vous est permise (ex.: tel jour, telle heure : douche).

En Centre de Détention et/ou Centrale, tout est fait et dirigé vers la réinsertion (et ce, même si tous les moyens d'une bonne et réelle réinsertion ne sont pas mis en place (ex.: équipement insuffisant, pas assez de travail ou par à coup (il faut tout finir en 3 jours, et ensuite, ne rien faire pendant 10).
Cette réinsertion passe par la prise en charge "personnelle" de sa propre destinée. Cela passe par le choix de ce que tu veux faire : travail, formation, ne rien faire et du choix de tes activités (sport, bibliothèque, école, activités diverses).
On ne te demande que de manifester ton intention en t'y inscrivant. Après, tu y vas si tu veux. Si tu n'y vas pas, personne ne te dira rien : aucune réflexion, aucun blâme (nota : pour le travail et la formation, les absences doivent être motivées. Même si ce n'est pas très bien vu, tu peux demander de ne pas aller travailler tel jour, pour convenance personnelle).

On te propose, tu disposes. On te laisse "libre" jusqu'au moment où il apparaît clair que tu n'es pas capable de gérer toi-même, cette autonomie.
Et cela fait (provoque) des crises (conscience d'une injustice) de la part de ceux qui se retrouvent en régime fermé, ou semi-fermé alors que si tu discutes avec eux, tu te rends compte que l'origine de leur situation restrictive n'est que le fruit de leur non-autonomie qui passe par le respect des consignes (interdits) et des autres (détenus et surveillants).

Aux ateliers (ou formation), la même politique de prise d'autonomie est appliquée. Tu t'écartes de la normale (ou sécurité), tu es éjecté.
Pour ma part, je pense que c'est une attitude (de l'administration) saine, et ce, d'autant plus que chaque mesure de restriction est revue, chaque quinzaine, sur décision collective des intervenants (évidemment, les détenus ne sont pas représentés dans cette instance interne, il ne faut pas trop demandé…).

Mais tranquillisez-vous, je ne suis pas parmi ceux qui sont le plus à plaindre, le plus malheureux, mon "mental" pallie et masque les désagréments de ma vie carcérale…

Je sais m'occuper et ainsi le temps passe…, mais il faut avouer qu'ici, nous vivons au ralenti… le temps ne compte pas… Nous sommes là et il s'écoule et nous rapproche de la sortie… alors, laissons-le couler…


A la relecture de ce texte, sur les "Prisons et la TV" : une réflexion n'est revenue, qui peut vous faire comprendre l'accueil reçu, et surtout l'état d'esprit dans lequel on est accueilli :
En effet, une des premières questions que l'on (l'administration) te pose quand tu arrives, est : "Etes-vous déjà venu, ici". Il est vrai qu'en cas de réponse positive, le questionnement (informations à donner) peut être différent… mais le fait que ce soit la préoccupation première de ton "premier" interlocuteur est quelque peu surprenante, pour ne pas dire traumatisante.
D'ailleurs, à notre niveau (détenus), à l'arrivée à l'étage, en quelques secondes, nous comprenions à qui nous avions à faire. Ce questionnement "direct" est tout à fait inutile et ne peut que déstabiliser (perturber) l'arrivant qui n'a pas besoin de cela pour l'être, croyez-moi.
Il ne faut pas oublier que lors de ton arrivée en prison : soit, tu as subi 48 h (ou plus) de "garde à vue", dans des conditions matérielles et psychologiques "déplorables", soit, tu viens de sortir du tribunal qui t'a condamné, en "comparution immédiate" à x mois de prison et donc, "cassé" ta vie présente.
A la vue de ton désarroi, il ne faut pas être fin psychologue pour "savoir", si tu connais les lieux…
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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent…
et des solutions proposées…


Vous trouverez ci-dessous, les dates de parution de mes articles…
Sur la journée du 17 mai 2007. Nous serons donc ensemble jusqu’au nouvel an 2008… si vous le souhaitez…

A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index sur la journée du 14 janvier)
Clémence et Paul Denis avaient tenté de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus.
Vous avez l’intégral de ce bouquin en début de blog, complété par vos questions / remarques et mes réponses…

A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.

Nota : Sur la journée du 21 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…



1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie
Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir sa version papier, vous pouvez l’acquérir en envoyant un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 7 Bld d’Alsace à 57070 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4).

"Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…" est en cours de relecture…. Peut-être sera-t-il publié ? En attendant, vous le découvrirez dans les jours qui suivent… Une version « papier » en auto-édition, est disponible, au prix de 17 €uros (frais d’envoi compris). Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (200 pages A4).

15.10.2007

La sécurité... (suite)

La Sécurité – Suite –

Revenons à la sécurité : Je pense que bon nombre de détenus doivent être atteints du syndrome de la nuit (tombée de la nuit) : à savoir que les angoisses se manifestent, souvent, à ce moment de la journée et se manifestent par une excitation particulière, cela, je l’ai constaté et surtout « entendu », à travers la « frappe » de portes…. A Metz, la nuit, c’est le moment où les « risques » sont les plus nombreux. Comme déjà évoqué, les moyens de prévention et d’alarme ne sont plus en état… de fonctionnement : ce qui a pour conséquence qu’en cas de besoin, il faut « guetter » le passage (silencieux) des surveillants lors de leur ronde, il doit en avoir 3 ou 4, à des heures irrégulières. En cas de nécessité, comme indiqué plus après, pour Saint Mihiel, toute une procédure doit être mise en place et donc, les secours arrivent toujours tard, parfois trop tard… ! A Metz, un motif d’interpellation pouvait être bénin, comme le fait que les plombs (fusibles) ont sauté (et ils sautaient souvent) – soit 4 cellules sans courant électrique, donc pas de TV, pas de lumière, etc… et de l’énervement dans l’air, la frappe contre les portes pour alerter quelqu’un qui ne peut vous entendre… etc…
Pour conclure sur Metz, si « le pétage de plomb », et les agressions « verbales » étaient fréquentes, les agressions physiques « graves » étaient rares, ou, pour le moins, pas plus fréquentes et graves que dans un quartier populaire, et ce, avec moins de moyens d’agressions, en effet, tout objet tranchant ou dangereux (bombe contenant des gaz - cf… laque, bombe à raser, spray, etc…) sont interdits, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y avait aucun objet tranchant « fait maison » qui circulait…
A Saint-Mihiel : les murs d’enceinte « béton » sont moins hauts, en raison d’une partie grillagée, surmontée de fil de fer barbelé, il n’y a pas de miradors, mais des caméras (il y en aurait 26). Au niveau de l’enceinte, elle est surveillée par un véhicule qui tourne « fréquemment », jour et nuit.
Contrairement à Metz, il n’y a pas de filins, au dessus des cours de promenade, aires de sport ou cheminement… Mais penser qu’il pourrait y avoir « évasion par hélicoptère » me semble hors de propos, en raison du fait que les gars sont jugés et les détenus qui sont ici, le sont pour une durée, en théorie, relativement courte (- de 5 ans). Certes si le nombre des peines « longues » devait augmenter, il y aurait lieu de revoir le système de sécurité.
Comme à Metz, les lumières sont allumées, en permanence, la nuit, à l’extérieur et dans les parties communes. Au niveau « sécurité individuelle », je pense que les risques sont, peut-être, plus grands qu’en maison d’arrêt, parce qu’il y a, aussi, plus de déplacements permis. Et en plus, les déplacements non autorisés sont souvent « tolérés » : visite à la grille d’une unité qui n’est pas la sienne.
En théorie, et c’est ce que personnellement, je fais, j’indique « toujours » au surveillant où je vais.
En théorie, ce devrait être inutile puisque pour participer à une activité, il faut y être au préalable « inscrit », ce qui fait, en pratique, que l’on sait où tu es (tu devrais être) si on consulte la liste.
Et en pratique, en général, on te trouve « rapidement » pour aller à un RDV non prévu ou pour une signature. A Metz, tous les mouvements étaient inscrits et il y avait des appels « théoriques » pour savoir où étaient les détenus : à l’école, à l’infirmerie, en promenade, en sport, etc… Ici, ce doit être la même chose, mais les résultats doivent être moins fiables car, il me paraît « certain » que de nombreux surveillants se préoccupent fort peu de savoir où sont les détenus sous leur responsabilité…
Les appels « sûrs » sont ceux qui ont lieu, à l’heure des repas et surtout, au début et à la fin de chaque service (de surveillants). Ainsi, à 7 h, le surveillant ouvre ta cellule pour s’assurer que tu es « encore » vivant, à 13 h (changement d’équipe), même assurance. A 12 h 30 et à 19 h 30, un nouveau tour pour s’assurer que la porte de la cellule est bien « fermée ».
La nuit à Saint-Mihiel, il y a aussi 4 à 5 rondes dont deux contrôles visuels, pour notre unité, vers 21 h, pour s’assurer que l’œilleton (de la porte) est bien dégagé et que le lit est visible (il est vrai que comme beaucoup, je mets un cache (bouchon) sur l’œilleton pendant la journée, car s’il est vrai qu’il ne me gêne pas de laisser ma porte ouverte, je n’apprécierai pas d’être « espionné » par un détenu
Rappel : le surveillant a la clef, donc, s’il veut y entrer, je ne peux lui en refuser l’accès, bien sûr. En ce qui concerne le lit, il se peut qu’il soit quelque peu masqué, si la porte du cabinet de toilettes est ouverte à 100 %. Deuxième contrôle visuel, autour de 5 h du matin, avec allumage de la lumière + « regard », quelques secondes (en général, je l’entends).

Chez les plus jeunes (détenus), la violence est souvent latente et, pour un rien, une pécatille, un mot de travers, un coup est vite parti, souvent sans gravité , mais il est là, parfois avec gravité, et il fait l’objet d’un « rapport » et de sanction, et même l’objet d’une « plainte officielle ».
En réalité, il est difficile d’éviter, malgré les efforts visibles et sincères de l’administration, tout conflit.
Si tu as la volonté d’éviter tel ou tel de tes co-détenus, tu y arrives, mais il faut être vigilant, éviter les mouvements « de foule », car « ton » protagoniste peut donner mission à un autre de te porter un mauvais coup.
A Saint-Mihiel, comme partout, maintenant, je pense, tout le personnel pénitentiaire et tous les intervenants extérieurs sont équipés de ce fameux boîtier d’alarme, évoqué lorsque j’ai parlé de Metz. Sa mise en route est relativement récente, je pense, fin 2002. Mais, pour l’avoir vu fonctionner et m’en être fait expliquer le fonctionnement, il est d’une efficacité exemplaire : trois moyens d’alerte (bouton poussoir, tirette, mousqueton de sécurité – en fait, il est prévu pour être mis en ceinture et le fait d’arracher ce cordon de sécurité déclanche l’alarme – je dois avouer que de nombreux intervenants extérieurs ne le mettent pas en ceinture et le tiennent dans leur déplacement à la main et qu’il est, souvent, sur le bureau, pour les surveillants, même attitude « légère »…
Par contre lorsqu’il est déclanché, en quelques secondes – minutes (mais peu) cinq ou six, surveillants et chefs (équipés) arrivent sur les lieux exacts, de l’appel, et les perturbateurs sont maîtrisés, manu militari.
Comme déjà évoqué, à Saint Mihiel, il y a aussi des portes à ouverture électro-magnétique, mais je ne suis pas sûr que, malgré nos 26 caméras, ces ouvertures se fassent, toujours de visu. La majorité des portes s’ouvre, avec l’intervention d’un surveillant (ouverture électrique à l’entrée du bâtiment), ailleurs, ouverture manuelle, donc, pour nous, un confort moindre et souvent des « attentes »…
J’ai entendu dire que certains établissements étaient équipés 100 % « portes à ouverture électrique », y compris les cellules. Je dois dire que ce système aurait l’avantage d’alléger le travail « fastidieux » des surveillants, d’en réduire, peut-être, le nombre (hélas) ou mieux, ils les rendraient plus disponibles pour aider (écouter) les détenus… qui sont, souvent, demandeurs d’écoute. A suivre…

La Sécurité…, la nuit …

A Saint-Mihiel, je peux vous confirmer, hélas, que les interphones que nous avons en cellule, fonctionnent bien.
En effet, j’en ai eu la confirmation lors de tentatives de suicide ou d’accident dont si je n’ai pas été le témoin oculaire (puisque cela s’est passé la nuit), j’en ai été le témoin auditif et j’en ai entendu les « confidences ».
Donc, il y a interphone et possibilité de dialoguer avec le PC (poste de commandement), au moins la nuit. En cellule, nous n’avons qu’un bouton d’appel qui, de jour, actionne un voyant lumineux extérieur à la cellule et visible (de loin) par le surveillant qui passe.
La nuit, je pense que le système est relié au PC, et alors, c’est lui (eux) qui interroge la cellule et essaie de savoir ce qui se passe… On peut lui répondre… Mais il faut avouer que le temps de la mise en route d’éventuels secours, peut être long.
En effet, la nuit, les cellules sont fermées et les surveillants (qui ne font que des rondes) n’ont pas la clef (rappel : les portes sont équipées de trois fermetures : une clef de confort, celle que j’ai, une clef de sécurité (passe) qui ne se manœuvre que de l’extérieur et qui fait coulisser deux pennes d’un bon 1,5 cm de diamètre, et un loquet sur lequel peut être fixé un cadenas, par exemple, en attente d’expertise ou du passage de la police, en cas de décès douteux).

Bref, la nuit, seul un gradé, appelé par les surveillants, peut intervenir et ouvrir la cellule. Cela prend donc, un certain temps, et c’est lui qui décide de l’appel ou non du SAMU, en sachant que dans les prisons que je connais (Metz, Saint-Mihiel, Nancy, Bar le Duc, Epinal, par ouie dire), il n’y a pas de service médical « de nuit ».
Et c’est aussi pour cette raison, je pense, que l’infirmerie n’est pas équipée de chambre-cellule-lit de nuit et que le cas échéant, tu es soigné en cellule ou à l’hôpital, il n’y a pas de lieu intermédiaire…
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12.10.2007

La sécurité...

La Sécurité

Je vais vous parler « Sécurité » en prison. Pour ma part, je pense qu’elle existe et je ne me suis jamais senti en insécurité, je n’ai eu connaissance que de peu de cas de violences « physiques » graves… mais il y en a…

Voyons tout d’abord ce que l’administration met en place.
En Maison d’arrêt : Le régime général (et exclusif) est « fermé », c’est à dire que l’on demeure, en cellule, tout le temps sauf si on a une bonne raison d’en sortir : on vient te chercher et/ou tu dois manifester ton intention de participer à telle ou telle activité (sport, promenade, douches, bibliothèque, école, etc… non, il n’y a pas de « etc »).
Il y a beaucoup de portes à ouverture electro-magnétique, actionnées par un surveillant qui te voit. Une porte ne peut pas être ouverte si une autre est ouverte…

Tous les espaces « à l’air libre » (promenade, sport, cheminement vers…) sont équipés de filins anti-hélicoptères.
Le tour d’enceinte est équipé de 4 ou 5 miradors avec un surveillant dedans 24 h/24 qui a, à sa disposition, un fusil (sous vitre à briser) + téléphone + moyen d’alarme. Il doit, jour et nuit, appeler le PC (poste de commandement) à heures prévues d’avance (pour s’assurer qu’il ne dort pas… !).

Les seuls lieux où « l’agression » est facile, ce sont les aires de promenade et de sport, car la promiscuité y règne et il est rare que quelqu’un s’interpose (détenu ou surveillant seul) – on attend que le renfort arrive. A priori, le mélange des étages était évité, mais ce n’est pas systématique…

Les surveillants étaient équipés de boîtier « anti-agression » qui leur permettait de lancer « la cavalerie », il était possible d’identifier celui qui avait déclenché l’alarme et son emplacement lors du déclanchement.

Quand tu es en cellule (rappel : à deux), plus rien ne te protège de ton co-détenu, au moins à mon époque. En effet, d’une part, les boutons d’appel (interphone) ne fonctionnaient plus, les œilletons étaient masqués (noircis). Seuls tes cris pouvaient faire intervenir un surveillant qui passerait par là…
Je pense que le « danger » est réel… Mais il est vrai que, sur demande double (du sortant et du receveur), il est possible de changer de cellule et c’est relativement fréquent, jusqu’au moment où tu trouves quelqu’un avec qui tu t’entendes bien, mais tu n’es jamais à l’abri d’un « conflit », d’un « pétage de plomb » qui peut avoir des conséquences fâcheuses et laisser des marques… Il est vrai, qu’alors, à moins que cela ne soit manifeste, les deux protagonistes sont punis (prétoire)…

Faisons une parenthèse, pour parler du prétoire. Il s’agit, en fait, d’un tribunal interne à la prison. Jusqu’à une période rapprochée (2000-2001, je pense), tu ne pouvais pas t’y faire assister par un avocat, aujourd’hui, oui – par ton avocat ou un avocat, commis d’office (choisi par le bâtonnier, volontaire et payé par la Justice). Le prétoire est présidé par le chef d’établissement ou son représentant, y participent un représentant des travailleurs sociaux et un chef qui fait office de rapporteur. Avant le prétoire, il doit y avoir un « rapport d’incident », mais tout « rapport d’incident » ne donne pas lieu à un passage au prétoire… On te dit, par écrit, ce que l’on te reproche, tu peux y relater comment l’incident a commencé, s’est déroulé, s’est terminé. Donc, il y a souvent deux rapports, celui du plaignant (victime – surveillant ou détenu) et celui de l’accusé. Il fait référence au Code de Procédure Pénale (CPP) et/ou au règlement intérieur, et il t’est indiqué ce que tu risques : cela passe par la « relaxe », par un avertissement, par une peine de mitard (cachot, isolement) avec sursis, par une peine de mitard ferme de 1 à 45 jours (maxi), si plus, (rare) avec une interruption « obligatoire » de quelques jours. C’est souvent 3-4 à 7-15 jours. En cas de découverte de produits stupéfiants ou de violence avec dégât physique ou matériel, l’affaire peut être et se concrétise, en plus, par des mois de prison, infligés par le Tribunal correctionnel, 6 – 12 mois ou 2 ans, etc…
De toutes les façons, le passage au prétoire est toujours synonyme de prolongation de détention, parce que le passage en ce lieu est toujours « assorti » d’une suppression de RP (Remise de peines) : s’il y a « sursis », le double de nombre de jours de sursis, s’il y a mitard, le triple du temps de mitard. Le maximum étant, bien sûr, ce qui peut être accordé (3 mois + 2 mois (RPS).
Cette parenthèse est valable pour toutes les prisons.

Deuxième parenthèse : le mitard (cachot). Je ne connais pas (je n’ai pas vu) ceux de Saint Mihiel (mais ce doit être un peu près équivalent), mais j’ai vu ceux de Metz, pour y être allé faire des courriers. Il s’agit donc de cellule d’isolement, tu ne peux prendre aucune de tes affaires personnelles, si ce n’est un ou des livres, du papier et un crayon. Si tu fumes, « en principe », on (le surveillant) te donne ta cigarette, sur demande, idem pour l’allumer. Tu as droit à une heure quotidienne de promenade (seul) dans un local quasi fermé de 30 m², pour la douche, ce doit être plusieurs fois par semaine, mais je ne pense pas tous les jours, mais cela doit dépendre aussi (comme souvent) du détenu et du surveillant.
La cellule est de la même taille qu’une autre, mais elle est imputée d’un sas en grille afin d’avoir aucun contact entre le détenu et le visiteur. Les repas sont « passés » par un guichet avec des couverts en plastique. La cellule est nue avec un WC à la turque, et un robinet avec eau froide (bouton poussoir) au dessus (pas de lavabo), le lit (très étroit) est en pierre avec une table en pierre. A priori, le matelas n’est donné que la nuit. Il n’y a pas de chauffage. C’est donc assez spartiate et, l’hiver, très pénible. Le plus dur doit être le fait de ne pouvoir parler, échanger… Il y a des combines, mais elles sont dures à mettre à exécution et risquées… Et malgré cela, le mitard a ses « habitués »… difficile, pour moi, à comprendre…
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11.05.2007

2. Ambiance en goêle lors de l’« avant jugement » et la « garde à vue »

Ambiance :

Y ayant séjourné à plusieurs reprises (au moins trois), ces dix dernières an-nées. Je peux te dire que cela n’a guère changé. Tout d’abord, je dois te préciser qu’à Metz, il y a, juxtaposé, (même entrée) un lieu appelé « centre de rétention » qui reçoit les individus étrangers, en situation irrégulière, qui attendent leur expulsion (maximum 7 jours, je crois). Eux, par contre, ont, à ce qu’il m’a semblé, un confort acceptable : lits, couvertures, distributeur de boissons, TV, cabine de téléphone, etc… Par contre, ils sont très bruyants (jour et nuit) et donc le silence, en ce lieu, est rare.
Cela dit, la geôle est donc entièrement vide, parfois on te retire tes chaussu-res, tu te retrouves donc en chaussettes, sur un sol en pierre (donc froid, l’hiver). Pour ma part, je n’ai jamais connu ce lieu l’été, mais en fait, vu l’absence d’ouverture, je pense que le mauvais air et les odeurs (transpiration) doivent être les mêmes. Donc, tes seules activités possibles sont : soit de marcher 4 m + 4 m (AR), t’asseoir, te coucher si tu es seul ou s’il y a assez de place (rappel, largeur du banc : 40 cm). Le bruit y est permanent : interpellation entre geôles d’individus dans la même affaire et l’éternel « Taisez-vous », appel au gardien pour avoir une cigarette, pour aller aux toilettes, pour demander l’heure, allers et venus de nouveaux et départs de l’un ou l’autre, et ce, jour et nuit. Il faut reconnaître que les « interpellations » ne volent pas « haut » et sont souvent d’une agressivité gratuite, de part et d’autre… ce qui est un peu inquiétant, c’est que, aux dires de certains, le résultat de ces échanges se ter-mine, parfois, par une « constatation » de rébellion, parfois avec violence, ce qui provoque un « délit » de plus, et pour le délinquant, au final, l’impossibilité de bénéfi-cier des grâces présidentielles du 14 juillet, « la rébellion contre les forces publi-ques » étant une des 28 exclusions.
Il est, donc, compte tenu du confort, quasi impossible d’avoir un moment de calme, y dormir me semble une prouesse (ne serait-ce qu’en raison des conditions matérielles). Sur les 3 fois que j’y ai passé une ou plusieurs nuits, une fois, j’ai eu une couverture (à la propreté douteuse) et ce devait être à la seconde nuit consécu-tive, après ma demande au médecin d’une telle faveur et d’un cachet pour dormir (que j’ai obtenu, mais je n’ai pas souvenir qu’il m’ait permis de dormir)…
En effet, j’ai oublié de vous dire qu’en général, il me semble, en soirée, si tu es là au moment de son passage, tu « peux » voir un médecin (moi, je l’avais vu en cours d’interrogatoire, mais nous en reparlerons plus après) qui te demande si tu suis un traitement, si tu es drogué (et en manque), etc… et qui peut donc te donner une aide médicale… mais encore faut-il être là, lors de son passage. Ses questions sont limitées, et ce, pour « éviter », je pense, d’avoir trop à connaître tes « autres » conditions physiques, et éviter d’avoir à « exiger » des mesures appropriées…
Donc, ce passage, en ce lieu, qui est d’une durée très variable (mais a priori, réglementée, en ce qui concerne la fréquence et le minimum de durée) est tout à fait impropre à un temps de repos, aussi bien le jour que la nuit. De toutes façons, comme tu n’as pas (plus) de montre, ta seule occupation est d’attendre.
Il me faut vous préciser qu’à chaque arrivée/retour, il y a re-fouille. Certes cela va plus vite puisque l’inventaire ayant été fait et la restitution des objets personnels non faite, il n’y a que la fouille à corps et donc le déshabillage / re-habillage… Sait-on jamais qu’un policier-enquêteur t’ait donné son arme…

Je dois vous préciser, pour être honnête, que l’ambiance est fonction du (des) gardien(s), et de leur sens du devoir et de leur disponibilité, de leur savoir-faire. Je me rappelle avoir dit, une fois, à l’inspecteur-enquêteur (qui devait m’interroger) que je plaignais ses collèges chargés de ce « travail ». Avec surprise, il me répondit que certains s’y trouvaient bien, depuis longtemps et qu’a priori, il y avait assez de « vo-lontaires »… Réponse qui me laisse encore perplexe : comment peut-on supporter à longueur de journée et de nuit une telle atmosphère et une telle ambiance…
Au niveau des repas. Le terme « repas » est tout à fait impropre. Si on ne t’a pas oublié et si ton maintien (le temps des repas) a été prévu, tu as droit à un casse-croûte = sandwich = une demi-baguette avec de la crème de gruyère (fait maison, emballé sous cellophane), un fruit, un verre d’eau (a priori, de l’eau du robinet), et cela, deux fois par jour, rien le matin (mais tu n’en es pas prévenu), mais la veille, tu as un peu plus de pain sec.
La nuit, outre le bruit (mouvements, appels), tu ne peux dormir, toute lumière allumée, sur un banc, pas de couverture, pas d’oreiller (bien sûr), pas seul (parfois). Inutile de préciser l’état dans lequel tu te retrouves, le matin… Tu es content d’en sortir… même si c’est pour être, de nouveau, interrogé…

Nota : dans les mesures « annoncées » et qui, à ce jour, devraient avoir été mises en place (peut-être), il est prévu (j’ai vu un reportage TV, là-dessus) que le détenu aurait droit à un matelas (type : tapis de sol de salle de sport, à ce qu’il m’a semblé, donc quasiment aussi dur qu’un banc), matelas qu’il faudra déposer à même le sol, puisqu’il ne tient pas sur le banc (cf largeur et équilibre impossible), donc un matelas et des repas « chauds », c’est à dire en barquette, réchauffés par micro-ondes. J’en ignore le mode de fabrication, ni la composition, mais, a priori, il faudra que ce soit, passe-partout, donc œufs durs (ou poisson) et pâtes ou riz ou purée… je ne vois pas autre chose pouvant convenir à tous.

Une précision : à Metz, cela ne m’a jamais été proposé, mais je sais que dans certains lieux de « garde à vue », les familles peuvent apporter des repas, et/ou, si tu as de l’argent, tu peux te faire apporter un menu, type Mc Donald’s, et acheter des boissons fraîches ou chaudes. A moi, on m’a déjà proposé un ou des cafés, lors des interrogatoires, mais cela fait partie d’une autre stratégie dont nous reparlerons plus tard.
Voilà pour la description des lieux et de l’ambiance de la geôle. A la relecture, je la trouve bien « soft »… je n’ai pas su t’en faire sentir l’horreur (le mot n’est pas trop fort). Dans ma mémoire, c’est bien plus horrible que ce que je vous en ai dé-crit… il te manque les sensations…
Pour beaucoup, et pour moi, c’est vraiment la hantise, le fait d’y séjourner longtemps, plusieurs nuits, est vraiment une situation inhumaine, inacceptable, révol-tante. Grâce à lui, souvent les aveux sont facilités. Pour ne pas « craquer », il faut vraiment être « costaud » ou « habitué », le deuxième qualificatif est assez adapté à bon nombre de mes co-détenus.
De là, tu ressors, fatigué, fourbu, plein de courbatures, déshydraté, ayant faim, bref, tout ce que tu ne peux te permettre de souhaiter à ton pire ennemi…

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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent…
et des solutions proposées…


Vous trouverez ci-dessous, les dates de parution de mes articles…
Sur la journée du 17 mai 2007. Nous serons donc ensemble jusqu’au nouvel an 2008… si vous le souhaitez…

A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index sur la journée du 14 janvier)
Clémence et Paul Denis avaient tenté de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus.
Vous avez l’intégral de ce bouquin en début de blog, complété par vos questions / remarques et mes réponses…

A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.

Nota : Sur la journée du 21 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…



1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie
Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir sa version papier, vous pouvez l’acquérir en envoyant un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 7 Bld d’Alsace à 57070 METZ. Pour 13 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4).

"Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…" est en cours de relecture…. Peut-être sera-t-il publié ? En attendant, vous le découvrirez dans les jours qui suivent… Dès qu’une version « papier » sera faite, je vous l’indiquerai.

09.05.2007

1. Conditions matérielles de l'« avant jugement » et la « garde à vue »

Conditions matérielles :

L’actualité parle, régulièrement, de ce que l’on appelle « la garde à vue ».
Pour moi, c’est le moment, c’est le lieu le plus infect, celui qui m’a laissé le plus de mauvais souvenirs… Je vais essayer de vous décrire ces heures avec objectivité.
Ici, en détention, c’est un sujet fréquent de conversation, je n’ai jamais entendu quelqu’un me dire que c’était un moment « pas pénible » et ce, pour plusieurs rai-sons.
Ce qui va suivre, bien sûr, au niveau des lieux, ne concerne que l’Hôtel de Po-lice de Metz que j’ai connu, en ce qui concerne les faits, j’utiliserai ce que j’en ai en-tendu par d’autres.
Tout d’abord, je tiens à vous préciser qu’en théorie, c’est au moins ce que le ministre de l’Intérieur et le ministre de la Justice nous ont dit, ce que je vais vous dé-crire n’existe plus…
Cependant, je vous dirai qu’à ma connaissance, il y a mieux, mais il y a aussi pire… ce que j’ai du mal à imaginer…
Voyons comment « une garde à vue » se déroule, j’aurai l’occasion de faire plusieurs digressions pour vous en expliquer un peu plus.

La durée :

C’est elle, en fait, qui me décide à te faire ce topo, aujourd’hui. En effet, il a été annoncé que la durée de garde à vue passerait à 4 jours (96 heures), au lieu de 48 h (mais dans 48 h, il peut y avoir 3 nuits – nous en reparlerons). Jusqu’à maintenant les 4 jours existaient déjà lorsqu’il s’agissait de procédure mettant en cause le trafic de stupéfiants et le grand banditisme. Certaines fois, je crois, « la garde à vue » pou-vait être prolongée à 3 jours, mais c’est l’exception qui confirme la règle.

Conditions matérielles :

C’est là que se posent les problèmes, 24 h (1 nuit), ce n’est déjà pas agréable, 4 jours, cela devient, dans les conditions que j’ai connues, tout à fait inhumain, inac-ceptable, indigne de notre société dite humanitaire, dite civilisée… « La garde à vue », c’est en fait un temps d’interrogatoires, coupés par des temps dits de repos, et je vais, d’abord, vous parler de ces périodes de repos.
Elles ont lieu dans ce que l’on appelle une geôle (c’est le terme employé par la police), le dictionnaire vous donne comme définition : cachot, prison… Et c’est bien le cas…
En général, elles se trouvent (et c’est le cas à Metz) en sous-sol, souvent sans fenêtre, donc, sans air, sans chauffage, avec parfois des hublots qui te permettent de savoir si tu es en période de jour et de nuit.
Faisons une parenthèse : dans les séries TV françaises (et elles sont nom-breuses), l’on voit toujours (ou très souvent), des cellules où l’on voit les personnes mises en « garde à vue », à la vue de tout le monde, dans des cages à barreaux, où ils « reçoivent » des visites de policiers. Cela, ça n’existe pas, ou c’est réservé à ce que l’on appelle « cellule de dégrisement » où l’on met les personnes alcoolisées… et en général… elles dorment…
Reprenons : Dès ton arrivée, dans cette cave, le calvaire commence. Fouille à corps (c’est à dire avec mise à nu) + retrait de tout objet : ce que tu as dans tes po-ches, mouchoir en tissu, ceinture, souvent chaussures, toujours, lacets, parfois lunet-tes, toujours bijoux, montre… bref, il ne te reste que tes vêtements. Le tout est mis dans un casier, le tout est répertorié (listé et décrit) sur un registre : étape néces-saire, mais longue, interrompue par un appel venant d’une geôle et de la réponse (en gueulant) : « Attends, je suis occupé »… et cela, toutes les 2 minutes. D’autant plus longue que la première fois que tu y descends, tu as déjà derrière toi, 2 ou 3 heures d’interrogatoires. Les retours ultérieurs sont plus rapides car on ne t’a rendu que l’indispensable (ceinture, lunettes, etc…) Si par malheur, tu as de l’argent sur toi, c’est encore pire : inventaire complet des billets et pièces, signature d’un reçu, trans-port (sur le champ), dans un coffre, par deux gardiens (souvent le gardien étant seul, il doit faire appel à deux acolytes pour effectuer cette mission).
J’ai oublié de te dire qu’avant d’arriver dans ce lieu, c’est un peu la première descente aux enfers : passage de plusieurs portes ou grilles à ouverture par code. Là, tu as vraiment l’impression que tout est fait pour que tu ne t’évades pas…
Après ce passage de la fouille + inventaire (une bonne demi-heure). Tu es mis en geôle. C’est un espace fermé sur 3 côtés (pas de fenêtre), un côté muni de grille (et de la porte) et équipé de vitres en plexi, devenu non translucide, en raison de la crasse et des rayures (graffitis). Bien sûr, les murs sont dans le même état, couverts de graffitis « éloquents » que la décence m’interdit de te communiquer…
Le mobilier de ladite geôle est très limité : sur 2 côtés : un banc de 40 cm de large, en bois ou pierre, je ne sais plus, mais, je pense en bois - (en pierre, c’est à la geôle du tribunal). Source lumineuse : un ou des néons, allumés 24 h/24. Il y a, à Metz, 6 ou 8 geôles de ce style, d’inégale grandeur, mais dirons-nous de 4 m x 2,5 m. S’il y a de la place, tu es seul, s’il n’y a pas de places (donc, plus de 8), tu peux te retrouver avec quelqu’un ou plusieurs autres, que tu ne connais pas, bien sûr, qui sont, donc, pour toi « une danger » latent… (j’ai entendu à la TV qu’à Metz, il y aurait 30 places… !)
Tout cela ressemble plus à un cachot qu’à une cellule. Au niveau propreté, c’est limite, en tout cas, c’est nettoyé, j’y ai croisé une femme de ménage… Au ni-veau sanitaire : rien = un WC à la turque pour l’ensemble des détenus, un minuscule lavabo (lave-mains) dans les WC, porte qui ferme mal ou pas du tout, à l’odeur plus proche des vespasiennes d’autrefois qu’à celle d’un lieu où l’hygiène devrait régner. A Metz, il y a une salle d’eau avec douche et lavabo (je l’ai vu), mais je n’y ai jamais eu droit…

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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent…
et des solutions proposées…


Vous trouverez ci-dessous, les dates de parution de mes articles…
Sur la journée du 17 mai 2007. Nous serons donc ensemble jusqu’au nouvel an 2008… si vous le souhaitez…

A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index sur la journée du 14 janvier)
Clémence et Paul Denis avaient tenté de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus.
Vous avez l’intégral de ce bouquin en début de blog, complété par vos questions / remarques et mes réponses…

A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.

Nota : Sur la journée du 21 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…



1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie
Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
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"Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…" est en cours de relecture…. Peut-être sera-t-il publié ? En attendant, vous le découvrirez dans les jours qui suivent… Dès qu’une version « papier » sera faite, je vous l’indiquerai.

03.05.2007

Peinabilité de la prison

Nous arrivons à la fin de « 1019 jours de détention... ou la vie en prison… comme si vous y étiez… ».
Je vous avais promis un article supplémentaire sur « la peinabilité de la prison », vous le trouverez ci-dessous, mais avant cela, j’ai une bonne nouvelle à vous annoncer… ce n’est pas fini… j’ai encore quelques informations à vous donner et en particulier, ce que je pense de la Justice, ce que je pense qu’il faut modifier, des pistes de réflexion afin d’améliorer notre Justice…
Tout ce que je vais vous écrire, est inédit et fera l’objet d’un second bouquin qui trouvera peut-être, un éditeur… Je compte sur vous pour l’améliorer avec vos remarques… en positif ou en négatif…et vos questions / objections… Faisons de lui une œuvre collective…. !!!
Ce nouveau texte paraîtra, à compter du 7 mai 2007, par un long article sur « la garde à vue »…, sur la journée du 17 mai, je vous mettrai un index afin qu’il vous soit possible de repérer les sujets qui vous intéressent le plus.



Je vais essayer de vous indiquer en quoi la prison est et restera pénible.

Comme je vous l’ai déjà dit, pour ma part, si les conditions matérielles font partie des choses pénibles, ce n’est pas l’essentiel… Du matériel, on s’adapte… avec un peu de bonne volonté et de philosophie…

Ce qui est pénible (dans le désordre – comme cela me vient) :

Surnombre = insécurité : La surpopulation carcérale fait que, à tout moment, quand vous êtes hors de votre cellule, vous êtes confronté à d’autres que vous ne connaissez pas et qui peuvent (au moins, vous le pensez) être un danger pour soi.
Le fait d’être obligé de côtoyer des inconnus (qui l’on juge pire que soi-même et qui méritent d’être en prison, on le pense) fait qu’un sentiment d’insécurité s’installe et demeure en permanence. Vous ne retrouvez le calme qu’en cellule et/ou lorsque vous êtes avec d’autres détenus connus. La recherche de détenus connus est, chaque fois que possible, une préoccupation. On va en activités que si un tel y va, pour aller aux douches, on essaie d’y aller lorsque des connus y vont, etc…

Promiscuité imposée : c’est la vie en cellule avec un ou des autres détenus. C’est plus que galère… pour tout ce qui impose une certaine intimité. Même si chacun, en ces moments, essaie d’être discret, se laver est possible, aller uriner n’est pas facile, aller à la selle, je n’ai jamais pu, lors de la présence d’un tiers… si vraiment, dans la journée je ne me retrouvais pas un moment seul, la nuit, je me relevais pour.
Outre ces problèmes vitaux, être sans cesse avec quelqu’un vous oblige à l’écouter, et certains racontent toujours la même chose, dix fois par jour… à longueur de semaine… et comme il ne faut pas vexer, on s’oblige à écouter, à répondre toujours la même chose, à ne pas prendre partie…

L’attente, c’est ce qu’il y a de plus pénible… tu attends tout le temps et en 1er lieu… ta sortie qu’on espère la plus proche, on rêve qu’on va t’annoncer que cette date va se rapprocher parce que…
Outre cette attente viscérale… il faut toujours attendre, devant une porte, avant un parloir, on attend l’arrivée du courrier, on attend l’arrivée des repas, on attend…, on attend…, on attend que le temps passe…

Bruits… Le niveau sonore d’une prison est relativement élevé, et ce, jour et nuit… Certes, on vit la vie de la prison, de sa cellule, en fonction des bruits que l’on entend, les portes, les clefs, les gars qui passent et interpellent à travers la porte, et inconsciemment, on guette ces bruits qui apportent … un réconfort… mais qui, aussi, importunent…
A part ces bruits désirés, il y a tout le bruit provoqué par les autres : les TV écoutées trop fort, les musiques de chacun qui se mêlent, les appels à travers les fenêtres… tout cela a lieu le jour, mais surtout la nuit… parce que les sons passent mieux et que la maison est calme, et surtout parce que les surveillants sont « absents » ou pas sur place…
Bizarrement, lorsque vous êtes dehors (après votre libération) ce sont encore les bruits de la vie normale qui agressent le plus.

Isolement. Malgré les bruits et la présence de tant de gars dans un si petit bâtiment, on ressent un sentiment d’isolement… On se retrouve seul avec personne avec qui partager, au moins avec personne avec qui on a un minimum d’affinité si ce n’est de l’affection… Il manque ce quelque chose qui fait que la présence d’êtres aimés rassure, et fait que l’on est bien… même si aucun échange verbal ou physique ne se produit.

Souvent je me suis senti mal à l’aise entre ces murs qui ne renfermaient rien qui me rappelait mon passé, mes activités professionnelles, mes goûts, mes préoccupations…. La vie, quoi… Heureusement que sur les 34 mois faits, j’ai fait une formation de 9 mois et 23 mois comme écrivain… sans ces activités dans lesquels je me suis investi, corps et cœur, je crois que j‘aurais très mal supporté ces conditions matérielles acceptables. En fait, c’est ce qui se produit dans la tête de nombreux détenus qui ne font rien et ne veulent rien faire… un rien les agresse et ils ne réagissent jamais en positif.

Un autre sentiment ressenti, c’est le sentiment de n’être plus rien, d’être un numéro, un pion que la Justice et les autres ballottent à leur gré… Un sentiment d’impuissance contre tout ce que d’autres te reprochent… Aucune initiative personnelle n’est possible, tout doit passer par un autre et selon son bon vouloir…

Il existe aussi une crainte permanente du lendemain, de la sortie… Vous avez le sentiment que votre avenir ne vous appartient plus, que votre volonté ne peut l’influencer. Pour l’intérieur, c’est très vite une lassitude et un sentiment de résignation. Pour la sortie, on s’en préoccupe très vite, en imaginant ce qui devrait être, ce qu’elle sera et en se rendant compte que cet avenir ne vous appartient plus et qu’il sera ce que les autres le feront. Je pense principalement au travail (à retrouver et à reprendre) mais aussi à l’entourage proche qui s’est passé de toi, pendant un temps parfois long, alors tu appréhendes ce retour : y aurais-je encore ma place... ?

Pour ma part, j’ai eu aussi la souffrance psychologique d’être impuissant, vis-à-vis, des proches laissés « dehors ». J’avais beau tout mettre en œuvre pour ne pas les inquiéter, je savais que tant bien que mal, ils viendraient à bout des problèmes matériels rencontrés, mais une inquiétude viscérale a persisté tout au long de ma détention qui faisait que j’étais souvent mal à l’aise, même en leur présence réconfortante…

Voilà ce que je voulais rajouter pour répondre et faire comprendre, à vous lecteurs, qu’en prison, même si on s’y sent bien (matériellement), on n’y est pas bien, parce que ce n’est pas un lieu de vie « normale » que l’on choisit…, que l’on peut influencer…, que l’on peut s’approprier… pour qu’il nous soit familier et propre à s’intégrer à son moi…

Je pense vous avoir transmis un peu des sentiments que j’ai ressentis pendant ces 34 mois… Y ai-je réussi ? Je ne sais, car ressentir est une chose, arriver à l’exprimer, à le faire vivre avec des mots est plus délicat.

Première fin…

Je vous donne rendez-vous, au 7 mai 2007. Le nouveau texte commencera par un long article sur « la garde à vue »…
Sur la journée du 17 mai, je vous mettrai un index afin qu’il vous soit possible de repérer les sujets qui vous intéressent le plus.

01.05.2007

Coût de "Ma Prison"...

Il est vrai que j’ai laissé sous silence, le coût de « Ma prison ». Je l’ai fait volontairement, parce que je pense que c’est un faux problème.

Actuellement, il est admis qu’une journée de détenu coûte entre 90 à 120 €, selon la structure (neuf, vieux, gestion privée) et son régime (Maison d’Arrêt, Centre pour peines, Centrale).
Ce coût comprend, outre ce que coûte le détenu (alimentation, entretien), les frais des personnels de surveillance et administratifs et les coûts de structure (amortissement des bâtiments).

Les statistiques (chiffres pris sur PRISON.EU.ORG) nous disent, qu’en 2005, il y a eu :
. 81.629 entrées, dont :
. 29.466 entrées de condamnés en comparution immédiate,
. 28.387 entrées de prévenus (non encore jugés),
. 3.907 condamnés à plus d’un an,
.19.860 condamnés à 1 an ou moins.
Ces chiffres me semblent assez bizarres, car elles ne nous indiquent pas à quelle durée ont été condamnés les 29.466 condamnés en comparution immédiate.

Mais, en fait pour mon propos, cela n’a pas d’importance. Je garde le chiffre de 81.600 entrées dont 28.400 prévenus et le chiffre de 30.000 (sur 53.400 condamnés) condamnées à environ 8 mois (moyenne de la durée de détention).

Ces chiffres montrent qu’avec ma conception de la prison (maxi 6 mois), il y a largement assez de places de prison (54.000) même si on admet que 15.000 détenus seront maintenus en prison pour de longues peines.
Comme le nombre d’entrée est relativement stable, d’une année à l’autre, on peut admettre que le nombre de sorties est quasiment équivalent au nombre d’entrées, puisque le nombre de détenus reste stable, autour de 60.000.

Ce qui veut dire que, avec 6 mois de détention maxi, on va gagner (30 jours x 6 mois x 40.000 détenus) 7.200.000 journées de détention par année, à un coût moyen de 100 €, soit 720.000.000 €.


1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie (voir nos précédents échanges : index sur la journée du 14 janvier 2007, sur la journée du 21 janvier : un lexique vous donne quelques définitions de termes qui méritent une explication et/ou un commentaire).
Au fil des jours qui vont suivre, je vous mettrai sur ce blog, le texte de mon bouquin, n’hésitez pas à me mettre des commentaires, vos impressions, posez-moi des questions, il n’y en a pas d’indiscrète…

Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
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Le surcoût de « Ma prison » ne réside que dans l’obligation que je fais, pour l’ancien détenu, d’un suivi, pendant un certain temps, parfois long, par un tuteur – éducateur.
Un tel emploi coûtera à la société 35.000 €/an (salaire et charges et structure d’encadrement)). Avec le nombre de journées en moins, on peut financer 20.500 emplois, donc suivre (1 pour 10) 205.000 anciens détenus, comme il y en a 40.000 à aider/surveiller, cela fait que nous avons le financement de 5 années de suivi… !

Personnellement je pense que cette durée est tout à fait excessive, dans mon esprit, un suivi de 2 à 3 ans serait déjà pas mal. Si en deux ans, l’ancien délinquant n’est pas remis sur les bons rails… sa cause me semble désespérée et il risque de se retrouver en prison…

Ces chiffres ne ti