15.10.2007
La sécurité... (suite)
La Sécurité – Suite –
Revenons à la sécurité : Je pense que bon nombre de détenus doivent être atteints du syndrome de la nuit (tombée de la nuit) : à savoir que les angoisses se manifestent, souvent, à ce moment de la journée et se manifestent par une excitation particulière, cela, je l’ai constaté et surtout « entendu », à travers la « frappe » de portes…. A Metz, la nuit, c’est le moment où les « risques » sont les plus nombreux. Comme déjà évoqué, les moyens de prévention et d’alarme ne sont plus en état… de fonctionnement : ce qui a pour conséquence qu’en cas de besoin, il faut « guetter » le passage (silencieux) des surveillants lors de leur ronde, il doit en avoir 3 ou 4, à des heures irrégulières. En cas de nécessité, comme indiqué plus après, pour Saint Mihiel, toute une procédure doit être mise en place et donc, les secours arrivent toujours tard, parfois trop tard… ! A Metz, un motif d’interpellation pouvait être bénin, comme le fait que les plombs (fusibles) ont sauté (et ils sautaient souvent) – soit 4 cellules sans courant électrique, donc pas de TV, pas de lumière, etc… et de l’énervement dans l’air, la frappe contre les portes pour alerter quelqu’un qui ne peut vous entendre… etc…
Pour conclure sur Metz, si « le pétage de plomb », et les agressions « verbales » étaient fréquentes, les agressions physiques « graves » étaient rares, ou, pour le moins, pas plus fréquentes et graves que dans un quartier populaire, et ce, avec moins de moyens d’agressions, en effet, tout objet tranchant ou dangereux (bombe contenant des gaz - cf… laque, bombe à raser, spray, etc…) sont interdits, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y avait aucun objet tranchant « fait maison » qui circulait…
A Saint-Mihiel : les murs d’enceinte « béton » sont moins hauts, en raison d’une partie grillagée, surmontée de fil de fer barbelé, il n’y a pas de miradors, mais des caméras (il y en aurait 26). Au niveau de l’enceinte, elle est surveillée par un véhicule qui tourne « fréquemment », jour et nuit.
Contrairement à Metz, il n’y a pas de filins, au dessus des cours de promenade, aires de sport ou cheminement… Mais penser qu’il pourrait y avoir « évasion par hélicoptère » me semble hors de propos, en raison du fait que les gars sont jugés et les détenus qui sont ici, le sont pour une durée, en théorie, relativement courte (- de 5 ans). Certes si le nombre des peines « longues » devait augmenter, il y aurait lieu de revoir le système de sécurité.
Comme à Metz, les lumières sont allumées, en permanence, la nuit, à l’extérieur et dans les parties communes. Au niveau « sécurité individuelle », je pense que les risques sont, peut-être, plus grands qu’en maison d’arrêt, parce qu’il y a, aussi, plus de déplacements permis. Et en plus, les déplacements non autorisés sont souvent « tolérés » : visite à la grille d’une unité qui n’est pas la sienne.
En théorie, et c’est ce que personnellement, je fais, j’indique « toujours » au surveillant où je vais.
En théorie, ce devrait être inutile puisque pour participer à une activité, il faut y être au préalable « inscrit », ce qui fait, en pratique, que l’on sait où tu es (tu devrais être) si on consulte la liste.
Et en pratique, en général, on te trouve « rapidement » pour aller à un RDV non prévu ou pour une signature. A Metz, tous les mouvements étaient inscrits et il y avait des appels « théoriques » pour savoir où étaient les détenus : à l’école, à l’infirmerie, en promenade, en sport, etc… Ici, ce doit être la même chose, mais les résultats doivent être moins fiables car, il me paraît « certain » que de nombreux surveillants se préoccupent fort peu de savoir où sont les détenus sous leur responsabilité…
Les appels « sûrs » sont ceux qui ont lieu, à l’heure des repas et surtout, au début et à la fin de chaque service (de surveillants). Ainsi, à 7 h, le surveillant ouvre ta cellule pour s’assurer que tu es « encore » vivant, à 13 h (changement d’équipe), même assurance. A 12 h 30 et à 19 h 30, un nouveau tour pour s’assurer que la porte de la cellule est bien « fermée ».
La nuit à Saint-Mihiel, il y a aussi 4 à 5 rondes dont deux contrôles visuels, pour notre unité, vers 21 h, pour s’assurer que l’œilleton (de la porte) est bien dégagé et que le lit est visible (il est vrai que comme beaucoup, je mets un cache (bouchon) sur l’œilleton pendant la journée, car s’il est vrai qu’il ne me gêne pas de laisser ma porte ouverte, je n’apprécierai pas d’être « espionné » par un détenu
Rappel : le surveillant a la clef, donc, s’il veut y entrer, je ne peux lui en refuser l’accès, bien sûr. En ce qui concerne le lit, il se peut qu’il soit quelque peu masqué, si la porte du cabinet de toilettes est ouverte à 100 %. Deuxième contrôle visuel, autour de 5 h du matin, avec allumage de la lumière + « regard », quelques secondes (en général, je l’entends).
Chez les plus jeunes (détenus), la violence est souvent latente et, pour un rien, une pécatille, un mot de travers, un coup est vite parti, souvent sans gravité , mais il est là, parfois avec gravité, et il fait l’objet d’un « rapport » et de sanction, et même l’objet d’une « plainte officielle ».
En réalité, il est difficile d’éviter, malgré les efforts visibles et sincères de l’administration, tout conflit.
Si tu as la volonté d’éviter tel ou tel de tes co-détenus, tu y arrives, mais il faut être vigilant, éviter les mouvements « de foule », car « ton » protagoniste peut donner mission à un autre de te porter un mauvais coup.
A Saint-Mihiel, comme partout, maintenant, je pense, tout le personnel pénitentiaire et tous les intervenants extérieurs sont équipés de ce fameux boîtier d’alarme, évoqué lorsque j’ai parlé de Metz. Sa mise en route est relativement récente, je pense, fin 2002. Mais, pour l’avoir vu fonctionner et m’en être fait expliquer le fonctionnement, il est d’une efficacité exemplaire : trois moyens d’alerte (bouton poussoir, tirette, mousqueton de sécurité – en fait, il est prévu pour être mis en ceinture et le fait d’arracher ce cordon de sécurité déclanche l’alarme – je dois avouer que de nombreux intervenants extérieurs ne le mettent pas en ceinture et le tiennent dans leur déplacement à la main et qu’il est, souvent, sur le bureau, pour les surveillants, même attitude « légère »…
Par contre lorsqu’il est déclanché, en quelques secondes – minutes (mais peu) cinq ou six, surveillants et chefs (équipés) arrivent sur les lieux exacts, de l’appel, et les perturbateurs sont maîtrisés, manu militari.
Comme déjà évoqué, à Saint Mihiel, il y a aussi des portes à ouverture électro-magnétique, mais je ne suis pas sûr que, malgré nos 26 caméras, ces ouvertures se fassent, toujours de visu. La majorité des portes s’ouvre, avec l’intervention d’un surveillant (ouverture électrique à l’entrée du bâtiment), ailleurs, ouverture manuelle, donc, pour nous, un confort moindre et souvent des « attentes »…
J’ai entendu dire que certains établissements étaient équipés 100 % « portes à ouverture électrique », y compris les cellules. Je dois dire que ce système aurait l’avantage d’alléger le travail « fastidieux » des surveillants, d’en réduire, peut-être, le nombre (hélas) ou mieux, ils les rendraient plus disponibles pour aider (écouter) les détenus… qui sont, souvent, demandeurs d’écoute. A suivre…
La Sécurité…, la nuit …
A Saint-Mihiel, je peux vous confirmer, hélas, que les interphones que nous avons en cellule, fonctionnent bien.
En effet, j’en ai eu la confirmation lors de tentatives de suicide ou d’accident dont si je n’ai pas été le témoin oculaire (puisque cela s’est passé la nuit), j’en ai été le témoin auditif et j’en ai entendu les « confidences ».
Donc, il y a interphone et possibilité de dialoguer avec le PC (poste de commandement), au moins la nuit. En cellule, nous n’avons qu’un bouton d’appel qui, de jour, actionne un voyant lumineux extérieur à la cellule et visible (de loin) par le surveillant qui passe.
La nuit, je pense que le système est relié au PC, et alors, c’est lui (eux) qui interroge la cellule et essaie de savoir ce qui se passe… On peut lui répondre… Mais il faut avouer que le temps de la mise en route d’éventuels secours, peut être long.
En effet, la nuit, les cellules sont fermées et les surveillants (qui ne font que des rondes) n’ont pas la clef (rappel : les portes sont équipées de trois fermetures : une clef de confort, celle que j’ai, une clef de sécurité (passe) qui ne se manœuvre que de l’extérieur et qui fait coulisser deux pennes d’un bon 1,5 cm de diamètre, et un loquet sur lequel peut être fixé un cadenas, par exemple, en attente d’expertise ou du passage de la police, en cas de décès douteux).
Bref, la nuit, seul un gradé, appelé par les surveillants, peut intervenir et ouvrir la cellule. Cela prend donc, un certain temps, et c’est lui qui décide de l’appel ou non du SAMU, en sachant que dans les prisons que je connais (Metz, Saint-Mihiel, Nancy, Bar le Duc, Epinal, par ouie dire), il n’y a pas de service médical « de nuit ».
Et c’est aussi pour cette raison, je pense, que l’infirmerie n’est pas équipée de chambre-cellule-lit de nuit et que le cas échéant, tu es soigné en cellule ou à l’hôpital, il n’y a pas de lieu intermédiaire…
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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent…
et des solutions proposées…
Vous trouverez ci-dessous, les dates de parution de mes articles…
Sur la journée du 17 mai 2007. Nous serons donc ensemble jusqu’au nouvel an 2008… si vous le souhaitez…
A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index sur la journée du 14 janvier)
Clémence et Paul Denis avaient tenté de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus.
Vous avez l’intégral de ce bouquin en début de blog, complété par vos questions / remarques et mes réponses…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Nota : Sur la journée du 21 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
…
1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie
Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir sa version papier, vous pouvez l’acquérir en envoyant un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 7 Bld d’Alsace à 57070 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4).
"Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…" est en cours de relecture…. Peut-être sera-t-il publié ? En attendant, vous le découvrirez dans les jours qui suivent… Une version « papier » en auto-édition, est disponible, au prix de 17 €uros (frais d’envoi compris). Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (200 pages A4).
03:05 Publié dans Ambiance, Vie privée , Description des lieux , Justice , Règlementation , Vie quotidienne | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Justice, Prison, Détention, Maisond'Arret, Centrede Detention
12.10.2007
La sécurité...
La Sécurité
Je vais vous parler « Sécurité » en prison. Pour ma part, je pense qu’elle existe et je ne me suis jamais senti en insécurité, je n’ai eu connaissance que de peu de cas de violences « physiques » graves… mais il y en a…
Voyons tout d’abord ce que l’administration met en place.
En Maison d’arrêt : Le régime général (et exclusif) est « fermé », c’est à dire que l’on demeure, en cellule, tout le temps sauf si on a une bonne raison d’en sortir : on vient te chercher et/ou tu dois manifester ton intention de participer à telle ou telle activité (sport, promenade, douches, bibliothèque, école, etc… non, il n’y a pas de « etc »).
Il y a beaucoup de portes à ouverture electro-magnétique, actionnées par un surveillant qui te voit. Une porte ne peut pas être ouverte si une autre est ouverte…
Tous les espaces « à l’air libre » (promenade, sport, cheminement vers…) sont équipés de filins anti-hélicoptères.
Le tour d’enceinte est équipé de 4 ou 5 miradors avec un surveillant dedans 24 h/24 qui a, à sa disposition, un fusil (sous vitre à briser) + téléphone + moyen d’alarme. Il doit, jour et nuit, appeler le PC (poste de commandement) à heures prévues d’avance (pour s’assurer qu’il ne dort pas… !).
Les seuls lieux où « l’agression » est facile, ce sont les aires de promenade et de sport, car la promiscuité y règne et il est rare que quelqu’un s’interpose (détenu ou surveillant seul) – on attend que le renfort arrive. A priori, le mélange des étages était évité, mais ce n’est pas systématique…
Les surveillants étaient équipés de boîtier « anti-agression » qui leur permettait de lancer « la cavalerie », il était possible d’identifier celui qui avait déclenché l’alarme et son emplacement lors du déclanchement.
Quand tu es en cellule (rappel : à deux), plus rien ne te protège de ton co-détenu, au moins à mon époque. En effet, d’une part, les boutons d’appel (interphone) ne fonctionnaient plus, les œilletons étaient masqués (noircis). Seuls tes cris pouvaient faire intervenir un surveillant qui passerait par là…
Je pense que le « danger » est réel… Mais il est vrai que, sur demande double (du sortant et du receveur), il est possible de changer de cellule et c’est relativement fréquent, jusqu’au moment où tu trouves quelqu’un avec qui tu t’entendes bien, mais tu n’es jamais à l’abri d’un « conflit », d’un « pétage de plomb » qui peut avoir des conséquences fâcheuses et laisser des marques… Il est vrai, qu’alors, à moins que cela ne soit manifeste, les deux protagonistes sont punis (prétoire)…
Faisons une parenthèse, pour parler du prétoire. Il s’agit, en fait, d’un tribunal interne à la prison. Jusqu’à une période rapprochée (2000-2001, je pense), tu ne pouvais pas t’y faire assister par un avocat, aujourd’hui, oui – par ton avocat ou un avocat, commis d’office (choisi par le bâtonnier, volontaire et payé par la Justice). Le prétoire est présidé par le chef d’établissement ou son représentant, y participent un représentant des travailleurs sociaux et un chef qui fait office de rapporteur. Avant le prétoire, il doit y avoir un « rapport d’incident », mais tout « rapport d’incident » ne donne pas lieu à un passage au prétoire… On te dit, par écrit, ce que l’on te reproche, tu peux y relater comment l’incident a commencé, s’est déroulé, s’est terminé. Donc, il y a souvent deux rapports, celui du plaignant (victime – surveillant ou détenu) et celui de l’accusé. Il fait référence au Code de Procédure Pénale (CPP) et/ou au règlement intérieur, et il t’est indiqué ce que tu risques : cela passe par la « relaxe », par un avertissement, par une peine de mitard (cachot, isolement) avec sursis, par une peine de mitard ferme de 1 à 45 jours (maxi), si plus, (rare) avec une interruption « obligatoire » de quelques jours. C’est souvent 3-4 à 7-15 jours. En cas de découverte de produits stupéfiants ou de violence avec dégât physique ou matériel, l’affaire peut être et se concrétise, en plus, par des mois de prison, infligés par le Tribunal correctionnel, 6 – 12 mois ou 2 ans, etc…
De toutes les façons, le passage au prétoire est toujours synonyme de prolongation de détention, parce que le passage en ce lieu est toujours « assorti » d’une suppression de RP (Remise de peines) : s’il y a « sursis », le double de nombre de jours de sursis, s’il y a mitard, le triple du temps de mitard. Le maximum étant, bien sûr, ce qui peut être accordé (3 mois + 2 mois (RPS).
Cette parenthèse est valable pour toutes les prisons.
Deuxième parenthèse : le mitard (cachot). Je ne connais pas (je n’ai pas vu) ceux de Saint Mihiel (mais ce doit être un peu près équivalent), mais j’ai vu ceux de Metz, pour y être allé faire des courriers. Il s’agit donc de cellule d’isolement, tu ne peux prendre aucune de tes affaires personnelles, si ce n’est un ou des livres, du papier et un crayon. Si tu fumes, « en principe », on (le surveillant) te donne ta cigarette, sur demande, idem pour l’allumer. Tu as droit à une heure quotidienne de promenade (seul) dans un local quasi fermé de 30 m², pour la douche, ce doit être plusieurs fois par semaine, mais je ne pense pas tous les jours, mais cela doit dépendre aussi (comme souvent) du détenu et du surveillant.
La cellule est de la même taille qu’une autre, mais elle est imputée d’un sas en grille afin d’avoir aucun contact entre le détenu et le visiteur. Les repas sont « passés » par un guichet avec des couverts en plastique. La cellule est nue avec un WC à la turque, et un robinet avec eau froide (bouton poussoir) au dessus (pas de lavabo), le lit (très étroit) est en pierre avec une table en pierre. A priori, le matelas n’est donné que la nuit. Il n’y a pas de chauffage. C’est donc assez spartiate et, l’hiver, très pénible. Le plus dur doit être le fait de ne pouvoir parler, échanger… Il y a des combines, mais elles sont dures à mettre à exécution et risquées… Et malgré cela, le mitard a ses « habitués »… difficile, pour moi, à comprendre…
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Nota : Sur la journée du 21 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
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1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie
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10.10.2007
Fausses affirmations...
Fausses… affirmations…
Aussi bien à Metz qu’ici et qu’ailleurs, d’après ce que j’en ai appris, il est « d’usage » de ne pas dire la vérité aux « détenus »…
A cela, il y a plusieurs raisons que j’entrevois, même si je ne peux les accepter.
Soit, on ignore la vérité, mais pour « ne pas le paraître », on raconte n’importe quoi et on n’a pas le courage de dire « Je vais me renseigner ».
Soit, on connaît la vérité, mais on ne veut pas la dire, parce que l’on sait qu’elle va fâcher… Est-ce une lâcheté ou une stratégie pour « ménager » la chèvre et le chou, car la vérité apparaîtra toujours un jour ou l’autre… mais en attendant « le calme » a été maintenu…
Soit, on ne dit pas la vérité, en raison de son incompétente et de son incapacité à l’assumer…
Ce qui est grave, c’est que c’est cette troisième hypothèse qui est la plus répandue dans l’esprit des détenus, et le détenu rajoute même que son interlocuteur « s’en fout » et que sa seule préoccupation est d’attendre la fin du mois et sa fiche de paie…
En réalité, pour ma part, mon sentiment est que, par tradition, par habitude, peut-être, par nécessité, pour éviter tout conflit, nos différents interlocuteurs ont pris « l’habitude » (fâcheuse, certes…) de ne dire la vérité que lorsque cela est indispensable et au dernier moment et tout cela, au nom du « calme » que l’on souhaite « obtenir » (maintenir).
Cette attitude est d’autant plus fâcheuse qu’elle ne permet pas au détenu de connaître ses droits et, en particulier, ses réelles possibilités de réinsertion.
On ne sait pas mettre « cartes sur table » et dire : « C’est ainsi », « Voilà les possibilités qui s’offrent à toi. Tu fais cela, tu auras droit à cela ».
Sans cesse, en interrogeant les autres, le détenu apprend que l’information donnée est fausse (erronée ou incomplète). Même lorsque l’on lui présente une situation, tout ne lui est pas dit « en même temps ».
Cette attitude ne peut être admise.
Certes, certaines fois, pour dire la vérité, il y a des formes à respecter et il faut tenir compte du « récepteur »… mais ce n’est pas une raison, pour lui cacher « sa vérité ». Même le détenu, le plus primaire, avec les formes, est capable de comprendre ce qu’il a fait, qu’il a des droits et qu’il a des devoirs… Il est vrai que parfois, cela peut prendre un certain temps et nécessiter un peu de diplomatie…
Ce qu’il y a de sûr, et cela je l’affirme, haut et fort, je n’ai jamais induit en erreur un détenu, venu interroger l’écrivain. Il m’est arrivé de dire « je ne sais pas », mais je n’ai jamais donné des informations en sachant qu’elles étaient fausses et/ou « tronquées ».
Et c’est, peut-être, ce qui n’a pas plu… à certains…
Ce qui me semble, également, inquiétant, c’est qu’un certain nombre d’avocats, je dirai même une bonne majorité, tiennent le même langage.
Pourquoi ? Pour ne pas inquiéter son « client » !!!
Et pourtant, il est, en général, payé pour assister le prévenu. Alors, pourquoi ne pas lui dire ce qui l’attend, son intime conviction, ce que son passé et son expérience lui font redouter… Ainsi, il serait, peut-être, plus facile de se défendre, de se préparer « psychologiquement » et cela éviterait, à mon avis, le stress qui fait partie prenante de tout jugement et vous fait perdre vos moyens… Si vous savez ce qui vous attend, vous pouvez réagir, et donc, vous défendre, au risque d’être insolent…
Quand j’ai été écrivain, j’ai connu un prévenu, accusé d’attouchements et/ou de pratiques pédophiles, sur allié (beau-fils). Certes, quelque peu primaire et naïf, son avocat lui disait et il le croyait (plus qu’il me croyait), qu’il allait « sortir » en libération provisoire, qu’il allait être « blanchi »… Par expérience, dans ce type d’affaire, je peux vous affirmer que, s’il y a doute, il bénéficie toujours à la victime ou pseudo victime « mineure », jamais à l’auteur présumé… Et il vient, après 2 ans et demi d’attente, d’être condamné à 10 ans de prison : peine « moyenne », mais qui prouve que sa responsabilité avait, quand même, été retenue, le minimum étant 5 ans…
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1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
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08.10.2007
La vie en société...
LES PARTIES CIVILES
C’est ce qui est du aux « victimes »…
Le paiement des parties civiles (ou plutôt son non-paiement) est souvent un argument utilisé par l’administration et/ou le JAP (donc la loi), pour « mesurer » la bonne volonté du condamné. Il paraît que la réinsertion passe par là… J’en doute pour les raisons suivantes :
. Si le détenu ne travaille pas, le paiement est, en fait, assurer par la famille… !
. S’il travaille : déjà, il ne gagne pas beaucoup, pour de nombreuses heures de travail, alors lui demander de faire plus, me semble du « sadisme »… il est vrai qu’un versement « volontaire » de 10 €/mois n’est pas trop pénalisant, mais à quoi sert-il lorsque l’on en doit des centaines de milliers… Si on était payé « normalement », ce paiement volontaire pourrait être plus conséquent.
Rappel : sur toutes les rémunérations (travail, formation, auxi) et sur les sommes reçues de l’extérieur (et ce, au delà de 200 € par mois), 10 % sont « automatiquement » (prévu par la loi) retenus pour les parties civiles. Mais en fin de détention, cela ne fait pas des sommes « énormes » : à ce jour, après 20 mois de « travail », je n’ai que 326,23 €. Croyez-moi…, en faire une carotte… un argument de réinsertion me semble quelque peu excessif.
LA VIE EN SOCIETE
Ce n’est pas ce qui est mis « en avant » dans les bienfaits possibles de la détention. Mais, pour ma part, je pense que la prison pourrait être une « bonne » école d’insertion sociale.
Mais, en pratique, cela ne se passe pas ainsi, et, à mon grand regret, j’applique et j’essaie de faire appliquer le principe suivant : « Il n’y a autour de nous que deux sortes de détenus : ceux dont tu apprécies la compagnie, et ceux que l’on doit ignorer ». En réalité, il n’y a pas de « milieu », et pour ce milieu, « l’échange » doit et se limite souvent à « Salut » et une poignée de mains et un « Comment cela va ? ». La réponse n’est pas attendue (entendue), et de toutes façons, elle ne créera pas un dialogue constructif…
La cohabitation « agréable » et « sans ennui » est à ce prix.
Chacun pour soi, ne te préoccupe que de toi-même et de ceux dont tu apprécies la présence… Et encore, cela semble bien éphémère, puisqu’une fois dehors, malgré ses promesses, le « sorti » ne pense plus à toi et ne t’écrit même pas un petit mot… Cela se comprend, mais c’est souvent assez déprimant… En cas de transfert (changement de lieu de détention), il existe souvent un échange épistolaire, ne serait-ce que pour comparer les conditions de détention, mais tout cela semble bien superficiel… et en tout cas, cela ne prépare pas à une nouvelle vie sociale… et sortir n’est pas toujours un moment « agréable »… Et je reste persuadé que pour certains… c’est le début d’autres difficultés qui commence… Difficultés « prévisibles » et qui auraient pu être « évitées » s’il y avait eu « réinsertion » et, je crains fort, que la « récidive » sera pour lui, la seule solution de survie… Et le cycle reprend… Ici, certains en sont à leurs 4ème ou 5ème allers-retours en 10 ou 15 ans…
Et aussi, je crois que l’on est en droit de se poser la question. A quoi sert la prison ? N’y a-t-il pas d’autres solutions « plus contraignantes », « plus propices » à l’apprentissage de la vie en société, « plus susceptibles » d’éviter la récidive.
Pour ma part, avant pour l’éviter ou après une courte période de prison, je verrai :
. L’obligation de travailler « normalement » et « légalement »…
. La semi-liberté (prison, la nuit, travail, le jour)…
. L’obligation d’indemniser « les victimes »…
. Et surtout, la surveillance « en milieu ouvert » des condamnés, par des éducateurs qui ont le temps d’écouter, de suivre, de poursuivre, de surveiller, et quelques pouvoirs…
. L’obligation de juger « vite ». J’ai en tête, le cas d’un jeune (- de 30 ans) qui avait commis un délit (stup), mais qui, entre temps, s’était, on peut le dire « réinsérer » : travail régulier + compagne + enfant…, et que, 4 ans après… on l’enferme pour deux ans… Tout a été cassé : plus de boulot, copine et enfant, partis avec un autre… Quelle réinsertion pourra-t-il avoir ? On (ou je) comprend son amertume et son sentiment de haine, vis à vis de cette justice « aveugle »… et mal adaptée.
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Sur la journée du 17 mai 2007. Nous serons donc ensemble jusqu’au nouvel an 2008… si vous le souhaitez…
A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index sur la journée du 14 janvier)
Clémence et Paul Denis avaient tenté de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus.
Vous avez l’intégral de ce bouquin en début de blog, complété par vos questions / remarques et mes réponses…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Nota : Sur la journée du 21 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
…
1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie
Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir sa version papier, vous pouvez l’acquérir en envoyant un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 7 Bld d’Alsace à 57070 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4).
"Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…" est en cours de relecture…. Peut-être sera-t-il publié ? En attendant, vous le découvrirez dans les jours qui suivent… Une version « papier » en auto-édition, est disponible, au prix de 17 €uros (frais d’envoi compris). Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (200 pages A4).
03:05 Publié dans Ambiance, Vie privée , Justice , Règlementation , Vie quotidienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Justice, Prison, Détention, Maisond'Arret, Centrede Detention
05.10.2007
La Formation professionnelle...
LA FORMATION PROFESSIONNELLE
A priori, selon ce que j’en ai appris par d’autres, de la « formation professionnelle », en Maison d’arrêt, il n’y en a pas ou très peu. La seule formation assurée passe par l’Ecole, et elle s’agit, surtout, de remise à niveau scolaire et de l’initiation à certaines langues (anglais et espagnol), à l’informatique, beaucoup d’illettrisme, et du FLE (Français langue étrangère – pour les étrangers) et préparation à certains diplômes : CEG (certificat d’enseignement général = niveau certificat d’études), et autres. Par correspondance, il est possible de faire à peu près tout. Le plus souvent, la totalité des frais s’il y en a, est prise en charge par l’Ecole (et/ou l’administration pénitentiaire). Ne rêvez pas… cela ne concerne, néanmoins, qu’une trentaine de détenus / 400 et on retrouve, comme toujours, les mêmes détenus, dans plusieurs cours… et l’absentéisme est fréquent.
Au niveau formation professionnelle « vraie », elle n’a lieu que dans les Centres de détention, et cela peut se comprendre, car, pour exister et être efficace, elle ne peut s’adresser qu’à des détenus, ayant une certaine durée de peine… Ici, par exemple, elle concerne environ (maxi) 45 détenus, en 4 formations. Comme pour l’Ecole, on passe de l’une à l’autre…. ! La seule « qualifiante » réelle avec passage d’un diplôme « officiel » est le CAP de Pâtissier-Confiseur.
Les groupes sont de 15 maxi – beaucoup d’absentéisme, et cependant, ces formations (contrairement à l’Ecole) sont rémunérées et les absences non justifiées ne sont pas payées (bien sûr). Ce qui est moins « compréhensible », c’est que quand ce sont les profs qui sont absents… on n’est pas payé, non plus…
Ce qui « pèche », dans les formations, c’est la motivation des participants… Elle peut être de plusieurs ordres… Mais ce qui apparaît, en premier, est le fait que ces formations sont rémunérées et plusieurs ne sont là que pour cela… Aucun ou presque n’a « réellement » un projet professionnel en rapport avec la formation suivie, ce qui explique le passage d’une formation à l’autre, l’une après l’autre… Ainsi, dans ma promo CAP, sur les 27 détenus qui sont passés par elle, seuls 3, dont moi, estimaient que celle-ci pourrait leur être utile, un jour. Et dans les 3, il y a avait un boulanger… !
Ce qui y est un peu pénible, c’est le manque d’intérêt « évident
Une partie du manque d’intérêt peut être justifié par la diversité des détenus et de leur niveau initial qui fait que certains « décrochent » très vite, malgré le niveau du CAP. De plus, il faut tenir compte du facteur « détention » avec ses hauts et ses bas, ses moments de « blues », l’incertitude de l’avenir, les problèmes familiaux, les problèmes d’intendance (cantines qui n’arrivent pas, etc…), problèmes de personnes (individualisme ou problème d’intégration), de parloirs « fantômes » (quand le visiteur n’est pas là), etc…
Il est vrai qu’il est, peut-être, un peu facile, pour moi, de critiquer la formation professionnelle dispensée en milieu carcéral… Mais ceux qui sont chargés de la mettre en pratique, ne recherchent pas toujours, à mon avis, l’intérêt pour le détenu et les critères de « sélection » semblent me manquer d’objectivité… Mais, suis-je moi-même « impartial »…
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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent…
et des solutions proposées…
Vous trouverez ci-dessous, les dates de parution de mes articles…
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Nota : Sur la journée du 21 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
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1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie
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03.10.2007
Le Travail...
LE TRAVAIL
Le travail : le « sésame » de l’indépendance de tout détenu. C’est lui qui permet d’être indépendant de sa famille et/ou d’un tiers. C’est lui qui permet de survenir à nos propres besoins. Certes, ils sont « limités », mais en prison, on a besoin d’un minimum, pour être en mesure d’améliorer ce qui doit être amélioré… afin que « la vie » y soit supportable…
La loi prévoit que le travail est un droit pour tout détenu.
La réalité est bien éloignée de la loi…
A l’exception de quelques prisons, toutes les prisons manquent de travail.
De plus, sachez que le salaire moyen net annuel tourne autour de 2.000 €, soit 170 €/mois. De cette somme, vous devez retirer, des dépenses quasi obligatoires, telle que la TV et (éventuellement) un frigo : l’ensemble : 50 €/mois… il ne reste plus que 120 €.
Pour un fumeur, ce n’est pas assez.
L’octroi du travail n’est pas « objectif ». Certes, il faut en faire la demande, mais toute demande n’est pas prise en compte, dans le même délai, selon l’individu demandeur. Et une fois que vous ayez été « classé » (c’est comme cela que c’est appelé), cela ne veut pas dire que l’on va vous « appeler ».
Le travail en ateliers (que je ne connais pas directement) est très fluctuant… un jour, il y en a, un autre, il n’y en a pas. Le début du travail est à 7 h 30… j’ai déjà vu des travailleurs revenir, en leur unité, à 9 h 30… il manque tel ou tel produit.
Rappelons-le, le travail « en atelier » est souvent du conditionnement qui demande aucune qualification (et qui n’apporte aucun goût au travail). Son seul intérêt est d’occuper les mains (et l’esprit) et d’apporter un peu d’argent. Ce travail est payé à la pièce (pas de congés pour maladie, pas de chômage, pas d’indemnisation en cas d’accident de travail – pour des raisons que l’on comprend aisément).
Donc, malgré cela, le travail est « recherché », mais il est donné, en priorité, à celui qui ne pose pas de problème, même si ce n’est pas lui qui en a besoin le plus… et cela favorise les étrangers et ceux qui parlent peu, ne se rebiffent pas et travaillent… Quand il n’y a pas de travail pour tous les demandeurs : ce qui est la majorité du temps, ce sont ces détenus qui sont « appelés ».
Pour ce qui est des auxi (auxiliaires, chargés de l’entretien des parties communes), la rémunération y est plus régulière (pas d’arrêt), mais pas plus élevée, ce serait plutôt le contraire, mais annuellement, on arrive à peu près au même résultat.
Comme je l’ai indiqué dans mon étude du rapport du Sénat (que vous trouverez dans le chapitre suivant) sur le travail en milieu carcéral, ce qui serait nécessaire, pour assurer « la paix » dans les esprits, c’est de garantir, à tout détenu, qui veut « travailler », un revenu minimum mensualisé qui lui permet d’être « indépendant », et de « vivre » avec un minimum.
La situation actuelle provoque des jalousies et des conflits, et je dirai même des scandales : j’ai vu un détenu d’origine étrangère (clandestin – passeur de produits stupéfiants) sortir avec 7.000 € dans sa poche (3.500 en pécule libérable, 3.500 en pécule « parties civiles » non versé aux dites parties civiles), … et en plus, la France lui a payé son billet d’avion de retour au pays… C’est peut-être une exception, mais je n’en suis pas sûr. Il venait d’une prison où il y avait beaucoup de travail, bien rémunéré, il vivait bien, sans se priver et je pense même que, de son pécule disponible (après les - 10 % + - 10 %), il devait envoyer à sa famille des mandats… Ici, quand il y avait du travail, il était toujours « appelé »… !
Le travail (ateliers + auxi) occupe, ici, je pense, environ au mieux, 160 détenus sur 400.
Avec le manque de réinsertion qualifiante, le travail mal rémunéré et mal réparti est, à mon avis, la chose qui pèche le plus, en milieu carcéral… Et ce doit (devrait) être, la préoccupation principale de nos politiques s’ils veulent éviter la « récidive »…
Personnellement, s’ils l’ont compris, je ne suis pas sûr que ce soit, pour eux, une priorité… hélas…
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01.10.2007
Des mots... qui fâchent...
Quelques sujets qui me tiennent à cœur…
J’ai découvert que tout le malheur des hommes vient d’une seule chose,
qui est de ne pas demeurer en repos, dans une chambre.
(Blaise PASCAL - 1623/1662)
Des « mots » … qui « fâchent »…
En prison, il y a un certain nombre de « sujets » qui prêtent à controverse, au moins, dans leur application si ce n’est pas dans leur sens… Je vous en soumets quelques uns.
REINSERTION :
Voilà le mot clef que tout détenu connaît, sous toutes ses formes : en négatif, dans la bouche de l’administration pénitentiaire et du JAP (Juge d’application des peines), précédé de « pas de », en positif, dans la bouche du détenu, précédé de « pour ma ».
Il est décliné de toutes les façons, et reflète ou devrait être le « mot clef » de toute détention.
Il a une très belle théorie, mais, une mise en application « déplorable »…
Il devrait être l’objet principal de toute détention et permettre au détenu de rendre son temps d’isolement « utile » et de se préparer à la sortie afin que toute « récidive » soit évitée, voire « impossible »…
Pour l’administration, elle passe par un suivi médical et psychologique, capable de guérir le corps et l’esprit, apprendre un métier, payer les parties civiles (somme due aux « victimes »), favoriser la vie en société, en bref, mettre tout en œuvre pour favoriser une « non-récidive ».
Les objectifs sont louables, mais, c’est leur mise en application qui est « catastrophique ». Je m’explique…
SUIVI MEDICAL et PSYCHOLOGIQUE :
La Justice impose, souvent, pour certains délits, un suivi médical et psychologique et les structures, devant réaliser cette tâche, sont là, mais leur caractère « obligatoire » leur enlève tout « attrait » et « efficacité ».
Seul « l’alcoolique » ressort, après une véritable cure de désintoxication forcée… mais est-il préparé à ne pas récidiver… Il « doit » suivre des séances collectives avec l’association « Vie Libre »…
Le « toxicomane » est « entretenu » dans sa « toxicomanie », et le médical lui fournit toutes sortes de produits de substitution. Celui qui veut « se désintoxiquer » y arrivera peut-être, mais ce ne sera pas « grâce au médical » ou « à l’administration », bien au contraire, puisque on va lui fournir des produits qu’il ne prendra plus, mais qu’il pourra « échanger » et donc, on en facilitera le trafic. Trafic, bien sûr, réprimé, à mon avis, plus pour la forme qu’avec la réelle volonté de se débarrasser de ce fléau du siècle.
Et j’ai, à l’esprit, plus de non-toxicomanes à l’arrivée qui sont devenus « toxicomanes » en prison… que de toxicomanes « guéris ». A moi-même, on a proposé « en remerciement d’un service », du cannabis ou autre produit…
Autour de la toxicomanie, s’est créé tout un commerce (échange), toute une délinquance (racket), toute une activité de chaque instant… cela occupe…
Je n’en dirai pas plus, mais je reste persuadé que « la prison » ne prend pas en charge le « toxicomane » et même « favorise » la toxicomanie, malgré quelques « actions » d’éclat…
Les « délits à caractère sexuel » sont traités par un suivi psychologique et psychiatrique, d’une efficacité que je ne suis pas à même de juger, mais qui ne me semble pas « perdurer », si je me fie au taux de récidive « officiel » ou « non officiel ». Ce qu’il y a de sûr, c’est que les auteurs de tels actes, sont rejetés par les autres détenus, et ce, au point que très souvent, pour éviter des « agressions physiques », l’administration est obligée de les « séquestrer » entre eux : ce qui est, bien sûr, « pervers »… La manifestation la plus visible du rejet se manifeste par un refus de leur « serrer la main » pour leur dire « bonjour » (alors que le serrage de mains est une coutume établie et respectée par tous), on ne leur parle pas…
Ainsi, si un détenu refuse de te serrer la main, c’est qu’il te considère comme « pointeur » (mot familier qui regroupe les auteurs de délits sexuels), il faut donc y réagir, et si le dialogue est « impossible » (ce qui est la majorité des cas), il te faut faire intervenir un tiers, pour faire reconnaître la vérité.
Si les « jeunes » sont souvent « trafiquants de stup », les « vieux » sont souvent « pointeurs ». Pour ma part, je n’ai pas eu à subir cette suspicion. Mais par contre, à Metz, avec un certain « effroi », j’ai appris que certains jeunes ne venaient plus prendre de livres à la bibliothèque parce que les deux bibliothécaires étaient des « pointeurs »… Vous voyez que cela peut aller loin, et, au jeune, à qui je pense actuellement, je lui ai proposé d’aller prendre des livres (à sa place)… ce qu’il a accepté, alors qu’il n’a pas accepté ma démonstration de l’absurdité de son attitude qui lui faisait plus de tort à lui qu’aux autres…
Vous avez, ci-dessus, les trois catégories de détenus qui bénéficient de la majorité du temps et des services du personnel médical.
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29.08.2007
Portrait de Mes Arabes (suite et fin)
Mes arabes : (suite et fin)
Mon autre « arabe » est l’exemple type de ce qui se produit souvent :
Quand je l’ai connu, il avait une bonne cinquantaine.
Il est algérien, parlait presque bien le français, mais l’écrivait très mal, phonétiquement, et donc, il m’appelait de nombreuses fois, pour écrire et/ou lui lire ce qu’il recevait du tribunal.
En fait, ce qu’il souhaitait aussi, c’était parler et se confiait, je l’ai vu pleurer…
Bref, il arriva de France, il y a 25 ou 30 ans. Il travaillait à la SNCF, et gagnait bien sa vie.
Il était marié, mais pendant longtemps, lui vivait en France, sa femme, au pays, avec leurs enfants, et chacun de ses séjours en Algérie se soldait, neuf mois plus tard, par une naissance.
Bref, la vie « harmonieuse » de nombreux ressortissants du Magreb.
Il avait au moins, 5 ou 6 enfants, garçons et filles.
Arriva ce qui arrive souvent et devait arriver. Bon bricoleur, il racheta une ruine dans un petit village, et avec des copains, il refit toute la maison et la rendit plus que confortable… et il fit venir sa famille.
C’était il y a, au moins, 15 ans, puisque l’aîné de ses enfants avait une dizaine d’années et, à l’époque des faits, il en avait 25 ou 26, je ne sais plus.
Ce qui veut dire qu’en fait, assez facilement et normalement, ils ont fait une scolarité « moyenne » et une bonne intégration.
Mais la génération du dessus, les parents, n’a pas suivi.
La mère trouvait ce mari bien encombrant, visiblement, elle ne l’avait pas choisi, lorsqu’il venait en Algérie pour un ou deux mois, et qu’il envoyait des mandats, c’était le meilleur des hommes.
Lui, le père, était le père, et à ses dires, je résume, il était le maître absolu de sa femme et de ses enfants, comme au pays, comme il y a 50 ans… Ce qui veut dire qu’il a toujours été fidèle à sa femme et à sa famille.
Pour lui, cette famille, c’est tout, sa seule raison de vivre, et les faire venir en France, leur apporter le confort, était dans son esprit, la preuve de sa réussite.
Tant que les enfants ont été petits, même si, au village, il n’y avait que peu d’étrangers, et peut-être à cause de cela, et parce que, lui, travaillait, 20h/24 ou presque, il ne les vit pas grandir et n’a pas su s’adapter à cette nouvelle vie familiale.
En fait, l’intégration des « arrivants » me semble mieux réussie que celle du père qui, lui, pourtant, était là depuis plus longtemps.
Il me semble même qu’un de ses enfants est marié à un (une) français (e)… un scandale… familiale…
Le motif, je ne le connais pas, mais ce qu’il y a de sûr, c’est que sa femme a demandé le divorce et l’a obtenu, deux ans avant les faits. Mais le partage des biens n’avait pas été fait. Ce nouveau statut, en fait, n’a rien changé dans sa vie quotidienne. Il n’a jamais quitté la maison familiale, il a toujours continué à travailler et à amener son argent à la famille. Les comptes bancaires sont restés communs et/ou sa femme garda la procuration.
Certes un divorce, mais pas de changement, si ce n’est « chambre à part », mais je ne suis pas sûr que cet état n’était pas « déjà » antérieur au divorce.
Qu’est ce qui a basculé ?
En fait, il ne supporta « jamais » que ses enfants (et sa femme) s’intègrent, les aînés, avec l’âge, ont quitté le foyer familial, ce qui ne se fait pas avant le mariage et même souvent, les premiers mois (années) de mariage se passent sous le toit familial.
Cela fit que, parfois, l’ambiance était chaude… et les éclats de voix et les coups se sont multipliés, bien vite regrettés, de part et d’autre.
Il avait un fusil de chasse, et il l’avait même, une nuit, amené à la Gendarmerie, pour être sûr de ne pas s’en servir…
Mais quelques jours, plus tard, ce fusil lui fut rendu… Allez savoir pourquoi… ?... !!!
La goutte qui a fait débordé le vase…
Un jour, il apprit, constata, que sa fille aînée (24 ans) qui était infirmière ou aide-soignante, s’était fait installé une ligne téléphonique « perso », dans sa chambre…
Ce fut la crise, le ton est monté. Sa femme l’a jeté dehors avec ses affaires, mises dans sa voiture…
Mais lui ne voulait pas partir. En pleine nuit, c’est l’affrontement entre les époux… Il s’installe dans sa voiture, au garage.
Voici les faits, comme ils apparaissent dans son dossier pénal :
Sa femme serait intervenue pour qu’il sorte du garage. Des éclats de voix ont été entendus par les enfants présents, sa fille « fautive », un fils, âgé alors de 16/17 ans, la plus jeune dormait. La fille apparaît, à la porte intérieure, dans le garage, un coup de feu part, un deuxième, la fille est blessée gravement par le premier coup de feu (elle risque d’être handicapée à vie).
Le fusil était bien dans le coffre de sa voiture, il prétend que ce n’est pas lui qui l’a chargé, il voulait faire peur, en menaçant, c’est un coup parti tout seul. Le jeune fils n’a rien vu, arrivé trop tard, mais c’est lui qui a prévenu les secours et la gendarmerie qui sont arrivés sur les lieux rapidement.
La jeune fille est transportée à Metz, puis Toul.
Il a, bien sûr, conscience de la gravité des faits, mais il ne peut les expliquer, ce n’est pas ce qu’il voulait, loin de là.
Son amour pour ses enfants est toujours aussi vif. Il souffre beaucoup de leur silence. Personne ne venait le voir, mais il avait correspondu avec son fils, quelques temps. Il écrivait à sa plus jeune fille (une dizaine d’années) qui lui avait répondu, il m’a montré ses lettres qu’il conservait amoureusement, mais il n’avait plus de réponses… et il pensait que son ex-épouse faisait le barrage et ne lui donnait pas ses lettres. D’ailleurs, il pensait que c’était elle qui manoeuvrait ses enfants contre lui… A la limite, je ne sentais même pas de haine, vis à vis de son ex-épouse…
C’était la faute à pas de chance… un accident…
Ses seules relations, avec l’extérieur, étaient les courriers qu’il avait envoyés à sa banque, à son avocat et ceux qu’il adressait à un copain qui venait le voir, de temps en temps, et surtout qui lui achetait les vêtements qui lui étaient nécessaires et qu’il payait, bien sûr. Il lui envoyait des mandats.
Il souffrait de cet isolement, de ce rejet familial, et ce, d’autant plus qu’il avait le sentiment d’avoir été et d’être un « bon père ».
Mes arguments pour lui faire comprendre que ce qui se passait, il y a 50 ans, en Algérie, ne pouvait pas se passer en 2000, en France… ont été vains. Il écoutait, semblait être d’accord, mais ne pouvait se les approprier, les appliquer à son propre cas, à sa propre famille…
Ce qui le faisait, visiblement, le plus souffrir, c’est de ne pas avoir des nouvelles de sa plus jeune fille… Du reste, il s’accommodait et il le subissait, avec résignation.
Outre la côté judiciaire et sa condamnation qui n’a pas retenu le thèse de l’accident : 15 ans + expulsion du territoire français (il a fait appel et je n’en connais pas le résultat)… Ce qui est déplorable, c’est l’attitude de son ex-femme qui a retiré de « leurs » comptes, plus de 400.000 francs en 12 mois… alors qu’il avait un crédit sur la maison et que l’organisme prêteur lui réclamait, à lui, les échéances non payées… depuis son incarcération.
En fait, elle lui a tout piqué, en un temps record, et hélas, en pure légalité puisqu’elle avait la procuration… ! Après coup, je me dis qu’elle a, peut-être, bien fait, si elle a utilisé cet argent pour ses enfants, c’est ce qu’elle affirmait. Sa part, à lui, aurait été prise par d’autres créanciers…
A priori, il va tout perdre, mais je ne suis pas sûr qu’il s’en soit déjà rendu compte : famille, biens, même la maison qui sera, avec vraisemblance, vendu pour payer la CPAM qui lui réclame, à juste titre, les frais d’hospitalisation et de soins de sa fille.
A l’issue de sa peine, il va être expulsé, en Algérie. J’ai cru comprendre qu’il y avait encore des frères… et une maison. Il aura largement plus de 65 ans.
A vouloir bien faire, il a tout perdu… je ne dis pas qu’il ne pourra pas y finir « agréablement » ses jours, mais il aura assurément le sentiment d’avoir raté sa vie et de cela, il va souffrir…
En prison, il a su se faire une vie frugale, mais bien « huilée », il travaillait « sans bruit » (ce qui est apprécié, par les chefs), il avait peu de contact avec les autres (ce qui est apprécié, par les chefs), et surtout pas d’ennemis… (ce qui est apprécié, par les chefs). Jamais une vague… il avait assez d’argent pour vivre et payer ses frais (cantine, avocat, etc…).
Sa tristesse était intérieure et s’il la supportait, ce n’était pas sans mal… Mais un avenir « heureux » me semble lui être interdit… (refusé) à moins que le temps fasse son œuvre et qu’un retour se produise…
A l’avoir côtoyé pendant de longues heures, je pense que la thèse de l’accident n’est pas à exclure… mis je ne suis pas la Justice…
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Nota : Sur la journée du 21 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
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1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie
Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir sa version papier, vous pouvez l’acquérir en envoyant un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 7 Bld d’Alsace à 57070 METZ. Pour 13 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4).
"Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…" est en cours de relecture…. Peut-être sera-t-il publié ? En attendant, vous le découvrirez dans les jours qui suivent… Une version « papier » en auto-édition, sera disponible à partir de Septembre 2007, au prix de 17 €uros (frais d’envoi compris). Pour 13 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (200 pages A4).
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03:05 Publié dans Ambiance, Vie privée , Justice , Livre , Règlementation , Vie quotidienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Justice, Prison, Détention, Maisond'Arrêt, Centrede détention
03.08.2007
Le braqueur...., Le grand voleur...
« Le braqueur » et/ou « le grand voleur » :
J’ai plus souvent rencontré des complices, des co-auteurs, plutôt que des « meneurs », cerveaux, ceux-là s’ils ont été pris, ce qui n’est pas toujours le cas, sont en Centrale… Mais, j’ai fréquenté de « petit braqueur » (de bureaux de tabac, pharmacie, bijouterie, etc…).
Si je mélange ces deux catégories, ce n’est pas pour faire vite, mais parce qu’ils se ressemblent bien.
Certes le « braqueur » est souvent plus violent, au moins dans sa manifestation, il n’agit pas à couvert, mais en plein jour.
Le « grand voleur », ils s’appellent, eux-mêmes, les « détrousseurs de château » agissent la nuit, en l’absence de leurs victimes, le plus souvent, il n’y a pas de violence, pas de menace sur personne.
Certes leur butin n’est pas le même, la braqueur recherche essentiellement de l’argent « liquide » ou le précieux (bijouterie), le voleur, tout ce qui se vend le mieux.
Tous les deux font partie de réseaux internationaux pour écouler leur butin. Chez eux, on retrouve que rarement quelque chose. Ils ont des planques. Leur arrestation nécessite souvent de longues et minutieuses filatures… afin qu’il y ait « flag ». Pour les confondre, la prise sur le fait est indispensable, tout autre arrestation si rien n’est découvert, et c’est le plus souvent le cas, se termine par un non-lieu… alors que la police est « sûre » qu’ils en sont les auteurs…
Leur véritable problème, c’est qu’ils ne savent pas faire « autre chose ». Ils n’ont jamais fait autre chose. Les récidivistes sont fréquents. Les peines souvent courtes – 2 à 5 ans. En général, ils ne sont pas dans « la misère », à la sortie.
Souvent, ils sont réceptifs à un changement de vie. Ils en manifestent l’intention, en formation, on en retrouve beaucoup. Ils sont souvent pleins de bonne volonté.
Mais je crains qu’entre le vœu et la réalité, il y ait un fossé… ce qui me fait penser cela, est le taux de récidive dans cette catégorie. J’aurai tendance à penser qu’il s’agit d’un état quelque peu « maladif » et que le seul remède serait le suivi et la contrainte à une vie « normale ». En discutant avec eux, on peut comprendre qu’ils ne souhaitent pas « recommencer », mais ils se voient mal capables de faire une activité dite « normale ».
Je viens, dernièrement, de discuter avec un jeune (35 ans) qui était, ici, pour braquage, et un peu avant sa sortie, je lui ai demandé. Que vas-tu faire ? J’ai été « surpris » de sa réaction et de la rapidité de sa réponse : « J’ai tout prévu ». Il avait un peu de « réserve ». Il avait décidé de faire au moins « un », peut-être, 2 ou 3 voyages vers la Hollande, pour y acheter un ou 2 kilos d’héroïne. Il avait en poche : adresse où acheter bien et pas cher. Il savait à qui il devait la revendre « en gros ».
En fait, ici et ailleurs, je ne sais : il avait obtenu tous les renseignements nécessaires. Et je pense, sincèrement, qu’il le fera. Son programme était simple. Faire quelques voyages et ensuite aller s’installer, au calme, dans le midi, avec un petit job, pour s’occuper, dans un bar ou un snack… Il avait « fait » tous ses calculs. Et je le crois capable de les mettre en pratique…
Et quand on connaît les marges dans ce « commerce »… il y a de quoi rêver. Par rapport au producteur, c’est du 3 à 4.000 %. Je ne connais pas tous les chiffres et intermédiaires (mais ils sont nombreux…, pour brouiller les pistes) mais le petit revendeur vend 10 fois plus cher, ce qu’il a, lui-même, acheté « cher » à son chef de réseau. (A la lecture d’un dossier pénal, j’ai vu que les douanes estimaient le bénéfice du transporteur/grossiste à 30 € par gramme, pour 1 kg, cela fait 30.000 €… A raison de 2 kg par voyage et 2 voyages par mois… cela laisse rêveur…). Information confirmée à travers de nombreux témoignages. Vous voyez la marge, et je ne suis pas sûr que le revendeur soit le plus grand bénéficiaire de ce trafic… !
Pour revenir à mon « braqueur » ou « grand voleur » et parler de leur lien avec leurs attaches familiales, je dirai que souvent ils travaillent « en famille », dans ce sens que ne pouvant agir « seul », ils privilégient la famille (frère, père, cousin), car il existe entre eux, une solidarité qu’ils n’obtiennent pas toujours avec d’autres qui risquent de les « donner » en cas d’arrestation, et pour le partage, c’est plus facile, il n’y a pas de rivalité : « On travaille ensemble ».
Ici, ils restent unis à leur famille et ne souffrent pas d’un rejet familial. Ils sont attendus. La prison n’est pas une fatalité, elle fait partie des risques « calculés ». Les allers et retours sont fréquents.
Pour leur éviter la récidive, très souvent, il leur est interdit de retourner dans leur région d’origine… ce qui n’est pas forcément une bonne décision… la Justice leur offre un nouveau terrain de conquête… !
Leur souhait, malgré les risques certains, est de pouvoir revenir dans leur région d’origine… Et pourtant, il est bien évident que les services de police… vont avoir l’œil, sur eux…
Réaction quelque peu incompréhensible… pour moi… Mais je ne suis pas « eux »…
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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent…
et des solutions proposées…
Vous trouverez ci-dessous, les dates de parution de mes articles…
Sur la journée du 17 mai 2007. Nous serons donc ensemble jusqu’au nouvel an 2008… si vous le souhaitez…
A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index sur la journée du 14 janvier)
Clémence et Paul Denis avaient tenté de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus.
Vous avez l’intégral de ce bouquin en début de blog, complété par vos questions / remarques et mes réponses…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Nota : Sur la journée du 21 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
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1019 Jours de détention… en Maison d’Arrêt
Extrait de la correspondance adressée à ma fille, pour lui présenter mes conditions de détention et mon « nouveau » cadre de vie
Le bouquin de Paul DENYS n’a pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir sa version papier, vous pouvez l’acquérir en envoyant un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 7 Bld d’Alsace à 57070 METZ. Pour 13 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4).
"Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…" est en cours de relecture…. Peut-être sera-t-il publié ? En attendant, vous le découvrirez dans les jours qui suivent… Dès qu’une version « papier » sera faite, je vous l’indiquerai.
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03:05 Publié dans Ambiance, Vie privée , Justice , Règlementation , Vie quotidienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Justice, Prison, Détention, Maisond'arrêt, Centrede détention


